Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

La mairie refuse votre surélévation à Paris : permis, hauteur du PLU, copropriété, architecte des Bâtiments de France et recours en 2026

Vous voulez ajouter un étage à votre maison, rehausser un immeuble ou créer des mètres carrés en toiture, et la mairie vient de vous notifier un refus de permis de construire. La déception est d’autant plus grande que le projet semblait simple : construire au-dessus de l’existant, sans acheter un mètre de terrain. Pourtant la surélévation concentre à elle seule presque tous les motifs de refus que l’urbanisme connaît : dépassement de la hauteur autorisée par le plan local d’urbanisme, désaccord de l’architecte des Bâtiments de France dans une ville comme Paris où les périmètres de protection couvrent des quartiers entiers, et opposition de la copropriété quand le projet porte sur un immeuble collectif. Chacun de ces verrous obéit à des règles propres, à des délais propres et à des juges différents, et les confondre fait perdre des mois.

Ce guide explique comment lire un refus de surélévation, quelles règles la mairie peut vous opposer et lesquelles elle ne peut pas inventer, comment verrouiller le volet copropriété et le volet patrimonial avant de déposer ou de redéposer, puis par quelles voies contester utilement : recours gracieux, recours devant le préfet contre l’avis de l’architecte des Bâtiments de France, et recours devant le tribunal administratif. L’analyse s’appuie sur les textes en vigueur en 2026 et sur des décisions rendues dans des affaires de surélévation ou de refus de permis, dont plusieurs jugées à Paris.

I. Comprendre le refus : la règle d’urbanisme que la mairie peut vous opposer

Un refus ne se discute jamais dans l’abstrait. Il faut identifier le terrain, la décision et sa date, le document local appliqué et la qualité du demandeur, puis vérifier chaque motif un par un. La loi impose d’ailleurs à l’administration une discipline stricte : lorsque la décision rejette la demande, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l’intégralité des motifs justifiant la décision de rejet, notamment l’ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions mentionnées à l’article L. 421-6. Concrètement, une mairie ne peut pas se contenter d’une formule générale ni ajouter après coup des motifs que le refus ne mentionnait pas ; tout ce qui justifie le rejet doit figurer dans la décision, et c’est sur ce texte que le juge exercera son contrôle. Si votre refus cite une règle de hauteur, un avis de l’architecte des Bâtiments de France ou une pièce manquante, chacun de ces points devra être examiné séparément.

A. Le permis, la hauteur du PLU et la méthode exacte de calcul

La surélévation relève presque toujours du permis de construire. Le code dispose que sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l’exception des travaux d’entretien ou de réparations ordinaires, au premier rang desquels les travaux ayant pour effet la création d’une surface de plancher ou d’une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés. En zone urbaine du plan local d’urbanisme, le seuil passe à quarante mètres carrés, sauf lorsque l’opération porte la construction totale au-delà des seuils qui imposent le recours à un architecte. Ajouter un étage dépasse dans la quasi-totalité des cas ces surfaces : le permis est donc la voie normale, avec un dossier architectural complet, et non une simple déclaration préalable.

Pour les projets plus modestes, la frontière entre déclaration préalable et permis mérite un examen attentif. Les travaux sur construction existante qui créent entre vingt et quarante mètres carrés en zone urbaine relèvent en principe de la déclaration préalable, sauf lorsqu’ils portent la surface totale au-delà des seuils qui imposent le recours à un architecte. Une surélévation qui ajoute une simple pièce sous combles peut ainsi, dans certains cas, relever de la déclaration, tandis qu’un étage complet bascule dans le permis. Si la mairie vous oppose que votre déclaration préalable était irrecevable et exige un permis, ou inversement si elle refuse un permis alors que le projet relevait d’une procédure plus légère, ce désaccord sur la procédure constitue en lui-même un moyen de contestation : l’administration doit appliquer le bon régime et instruire la demande dans le délai correspondant. Vérifiez donc le seuil applicable à votre zone avant de redéposer, et conservez le récépissé de dépôt qui fait courir les délais.

Le motif de refus le plus fréquent est ensuite la hauteur. Chaque règlement de plan local d’urbanisme fixe ses propres plafonds par zone, parfois complétés par des règles de gabarit, de prospect ou d’insertion, et c’est ce règlement local, dans sa version applicable à la date de la décision, qui décide du sort du projet. Deux enseignements jurisprudentiels méritent ici toute votre attention. D’abord, le Conseil d’État juge que si un permis de construire ne peut être délivré que pour un projet qui respecte la réglementation d’urbanisme en vigueur, il ne constitue pas un acte d’application de cette réglementation, de sorte qu’un demandeur d’annulation ne peut pas se borner à soutenir que le permis aurait été délivré sous l’empire d’un document illégal ou inapplicable. Cette solution, rendue dans une affaire où le permis autorisait la surélévation d’un bâtiment existant à Saint-Bon-Tarentaise et où le tribunal administratif avait annulé l’autorisation au visa d’un document qui n’était plus applicable, a conduit la cour administrative d’appel de Lyon à annuler le jugement : par un arrêt du 2 juin 2020, elle a jugé que le document intermédiaire n’étant pas applicable et que le permis n’étant pas entaché d’illégalité au regard du plan local d’urbanisme de 2011, c’est à tort que le tribunal administratif avait annulé l’arrêté. Retenez-en qu’un refus ou une annulation fondés sur le mauvais document, sur une version périmée du règlement ou sur un simple visa erroné ne tiennent pas : seule compte la conformité réelle du projet à la règle applicable le jour de la décision.

Ensuite, la hauteur se mesure exactement comme le règlement local le prévoit, ni plus ni moins. Dans une affaire de surélévation d’une maison à Buc, le règlement imposait une hauteur plafond de neuf mètres calculée façade par façade, depuis le sol existant au point médian de chaque façade jusqu’au point le plus élevé de la construction. Le tribunal administratif avait validé le permis en retenant une moyenne sur l’ensemble des façades, et le Conseil d’État a censuré cette méthode : en prenant en compte, pour déterminer si la règle de hauteur avait été respectée, non la hauteur de chaque façade calculée conformément à la règle mais la différence entre le point médian de l’ensemble des façades et le point le plus élevé, le tribunal administratif a commis une erreur de droit. Le jugement a été annulé et l’affaire renvoyée. Pour votre dossier, la leçon est pratique : avant de contester un refus fondé sur la hauteur, faites mesurer le projet exactement selon la définition du règlement applicable, point de référence et points hauts compris, et joignez un plan de masse coté dans les trois dimensions. Un écart de quelques dizaines de centimètres, ou une moyenne là où le texte exige un calcul par façade, change l’issue du litige. Si vous envisagez de contester un refus de permis de construire à Paris, cette vérification métrique constitue le préalable indispensable, car le juge tranchera sur les chiffres du règlement et non sur l’impression générale du projet.

B. L’architecte des Bâtiments de France, verrou fréquent des surélévations parisiennes

À Paris, une grande partie des refus de surélévation repose sur l’avis de l’architecte des Bâtiments de France. Dans le périmètre d’un site patrimonial remarquable comme aux abords d’un monument historique, les travaux extérieurs sont subordonnés à un accord, et le code du patrimoine prévoit que l’autorisation est subordonnée à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. Le permis tient alors lieu d’autorisation patrimoniale lorsque cet accord a été donné. Un avis défavorable fait échec au projet, et un avis favorable assorti de prescriptions impose des contraintes, par exemple sur les matériaux, les ouvertures en toiture ou le traitement des façades, auxquelles le pétitionnaire doit se conformer.

Un contentieux parisien illustre le fonctionnement concret de ce verrou. Des propriétaires du seizième arrondissement avaient obtenu un permis pour réaménager leur maison, mais l’article du permis reprenait une prescription imposée par l’architecte des Bâtiments de France sur les lucarnes en toiture. Ils ont contesté cette prescription et la décision implicite du préfet rejetant leur recours, et la cour administrative d’appel de Paris a examiné, par un arrêt du 29 décembre 2022 statuant sur le jugement du tribunal administratif de Paris du 17 septembre 2021, la recevabilité de leur demande au regard du recours préalable : les juges ont rappelé que, dans sa rédaction applicable, le code de l’urbanisme ouvrait au demandeur, en cas de refus de permis fondé sur un refus d’accord de l’architecte des Bâtiments de France, la saisine du préfet de région dans le délai de deux mois, et que ce recours avait des effets propres sur le délai contentieux. La version du texte en vigueur en 2026 a depuis été enrichie, notamment par le décret du 27 juillet 2026 : le demandeur peut désormais saisir le préfet, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, d’un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l’opposition ou du refus, en précisant s’il souhaite l’intervention d’un médiateur, et le préfet statue à nouveau par l’autorité compétente dans le délai d’un mois suivant la réception de la décision du préfet lorsqu’il infirme le refus d’accord. Trois conséquences pratiques en découlent. Premièrement, face à un refus fondé sur l’avis défavorable, le recours devant le préfet dans les deux mois constitue la voie naturelle avant tout contentieux, et il peut aboutir à une médiation. Deuxièmement, une prescription de l’architecte des Bâtiments de France reprise dans le permis doit elle-même être motivée et proportionnée : une lucarne imposée à la place d’une autre, un matériau substitué à celui du projet, tout cela se discute au regard de l’intérêt patrimonial invoqué. Troisièmement, le silence du préfet pendant deux mois vaut confirmation de la décision, ce qui rouvre alors la voie du tribunal.

Notez aussi que tout avis défavorable de l’architecte des Bâtiments de France doit comporter une mention informative sur les possibilités de recours et leurs modalités. L’absence de cette mention dans un avis défavorable fragilise la procédure et peut être soulevée devant le préfet puis devant le juge. Par ailleurs, lorsque le projet combine surélévation et changement de destination, par exemple la transformation de combles non habitables en logement, chaque règle s’applique cumulativement : la hauteur, l’aspect extérieur et la destination doivent être conformes ensemble, et le refus qui ne viserait que l’un de ces fondements alors que les autres font également obstacle ne serait que partiellement purgé par une annulation. C’est pourquoi la lecture complète de la motivation, exigée par l’article L. 424-3, conditionne toute la stratégie : un motif oublié dans votre recours survivra à l’annulation des autres et justifiera un nouveau refus.

II. Sécuriser votre position puis contester utilement

Contester un refus sans avoir verrouillé le reste du dossier expose à gagner sur un point pour perdre sur un autre. La surélévation cumule en effet les conditions : qualité du demandeur, autorisation de la copropriété le cas échéant, complétude du dossier face aux délais d’instruction, puis choix de la voie de recours et respect des délais. Chacun de ces étages doit être traité dans l’ordre.

A. Copropriété et dossier : les deux verrous à lever avant tout recours

En immeuble collectif, la première question n’est pas l’urbanisme mais la propriété. La loi du 10 juillet 1965 règle la surélévation avec précision : la surélévation ou la construction de bâtiments aux fins de créer de nouveaux locaux à usage privatif ne peut être réalisée par les soins du syndicat que si la décision en est prise à la majorité prévue à l’article 26, et la décision d’aliéner le droit de surélever exige la même majorité, avec confirmation par une assemblée spéciale des copropriétaires du bâtiment concerné lorsque l’immeuble en comprend plusieurs. Lorsque le bâtiment se trouve dans un périmètre de droit de préemption urbain, la décision d’aliéner relève de la majorité des voix de tous les copropriétaires. Les copropriétaires situés sous la surélévation projetée disposent en outre d’un droit de priorité lors de la vente des locaux créés ou de la cession du droit de surélever, et cette notification vaut offre de vente pendant une durée de deux mois à compter de sa notification. Vérifiez donc le procès-verbal d’assemblée générale, la majorité réellement atteinte, la tenue de l’assemblée spéciale si elle était requise et la purge du droit de priorité avant de déposer : un permis obtenu sans ces autorisations reste fragile, non pas face à la mairie mais face aux copropriétaires devant le juge judiciaire.

Pour autant, l’absence d’autorisation de l’assemblée générale n’empêche pas de déposer la demande de permis. Le code de l’urbanisme permet le dépôt par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux, et la demande comporte l’attestation du ou des demandeurs qu’ils remplissent les conditions définies à l’article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. Le Conseil d’État l’a jugé dans une affaire parisienne où un copropriétaire avait transformé un garage en logement rue d’Aumale sans l’accord de l’assemblée : le pétitionnaire qui fournit l’attestation prévue à l’article R. 431-5 doit être regardé, sous réserve de la fraude, comme ayant qualité pour présenter sa demande, et une contestation relative au défaut d’autorisation des travaux par l’assemblée générale ne saurait caractériser une fraude ni être utilement invoquée pour contester l’autorisation délivrée. La raison tient à la séparation des ordres : le permis est délivré sous réserve du droit des tiers, il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d’urbanisme, il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. En pratique, déposez avec une attestation sincère, obtenez en parallèle l’autorisation de l’assemblée à la bonne majorité, et sachez que le syndicat des copropriétaires devra porter son éventuelle contestation civile devant le juge judiciaire, sans pouvoir faire annuler le permis pour ce seul motif.

Le droit de priorité des copropriétaires situés sous le projet mérite une attention particulière dans les immeubles parisiens, où la surélévation se vend cher. Le syndic doit notifier à chaque bénéficiaire l’intention de vendre en indiquant le prix et les conditions, et cette notification vaut offre pendant deux mois. Une vente conclue sans cette purge expose l’opération à une contestation judiciaire de la part du copropriétaire évincé, avec à la clé l’annulation de la cession et des dommages et intérêts. Si vous êtes acquéreur du droit de surélever, exigez la preuve de ces notifications avant de signer et avant de déposer le permis : un permis régulier ne vous protégera pas contre l’annulation civile de votre titre d’occupation du dessus. Symétriquement, si vous êtes le copropriétaire du dernier étage et que le syndicat vend le droit de vous coiffer sans vous en informer, faites constater l’irrégularité par écrit dès que vous en avez connaissance et agissez dans les délais de contestation des décisions d’assemblée, qui sont brefs et impératifs.

Le second verrou est le dossier lui-même face aux délais d’instruction. L’administration dispose, pour un dossier complet, de deux mois pour une maison individuelle et de trois mois pour les autres projets, à compter du dépôt du dossier complet en mairie. Si le dossier est incomplet, la mairie doit réclamer les pièces manquantes dans le mois de la réception, et le demandeur dispose ensuite de trois mois pour les fournir, faute de quoi la demande est réputée rejetée. Ces délais figurent sur la fiche officielle du permis de construire. Pour une surélévation, les demandes de pièces complémentaires portent classiquement sur les plans cotés en trois dimensions, le document d’insertion paysagère, l’étude des raccordements et, à Paris, les pièces patrimoniales. Répondez vite et complètement : chaque aller-retour décale le point de départ du délai, et un refus pris pour dossier incomplet se conteste mal si la pièce réclamée faisait partie des pièces limitativement exigibles.

B. Les voies de recours, les délais impératifs et le cas particulier de Paris et de l’Île-de-France

Face à un refus exprès, le premier réflexe utile est le recours gracieux adressé au maire dans les deux mois de la notification. Il ne coûte rien, il invite l’administration à réexaminer le dossier, et il proroge le délai du recours contentieux : tant que le gracieux n’est pas rejeté, le délai pour saisir le tribunal ne court pas contre vous, puis un nouveau délai de deux mois s’ouvre à compter du rejet exprès ou implicite. L’intérêt du gracieux est aussi tactique : joignez-y la pièce qui manquait, le plan corrigé qui ramène la hauteur sous le plafond, ou l’autorisation de copropriété obtenue entre-temps, et certaines mairies rapportent leur refus sans contentieux. La jurisprudence rappelle toutefois la rigueur des délais : dans une affaire de refus de permis à Bourg-en-Bresse, la cour a appliqué la règle selon laquelle la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée, et a examiné à la loupe les avis de réception pour déterminer si la demande de première instance était tardive. Conservez donc les accusés de réception, les récépissés de dépôt et toute preuve de la date de notification : un recours déposé le soixante-deuxième jour est irrecevable, même si le fond du dossier est excellent.

Lorsque le refus repose sur l’architecte des Bâtiments de France, ajoutez le recours devant le préfet dans le même délai de deux mois, par lettre recommandée avec avis de réception, en demandant si besoin la médiation prévue par les textes de 2026. Si le préfet infirme l’avis défavorable, la mairie doit statuer à nouveau dans le mois. Si le préfet confirme expressément ou garde le silence deux mois, la voie du tribunal administratif s’ouvre contre l’ensemble. À défaut de passer par le préfet, le juge administratif contrôlera directement la légalité du refus, y compris l’erreur d’appréciation sur l’atteinte au patrimoine, mais vous aurez perdu une chance de règlement rapide.

Le recours contentieux lui-même se porte devant le tribunal administratif dans les deux mois de la notification du refus ou du rejet du gracieux. Demandez l’annulation du refus et, lorsque le projet le permet, envisagez de déposer parallèlement une demande modifiée ou un permis modificatif qui corrige le point bloquant : hauteur réduite, matériaux conformes à la prescription, emprise ajustée. Le juge peut annuler le refus et, dans certains cas, enjoindre à la mairie de réexaminer la demande, mais il ne délivre pas lui-même le permis. Préparez aussi l’hypothèse des recours de tiers : une fois le permis obtenu, les voisins disposent d’un délai qui court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l’article R. 424-15. Affichez donc sans attendre, en continu, avec un constat d’huissier de justice en début et en fin de période, car un affichage interrompu ou incomplet laisse la porte ouverte aux contestations tardives.

À Paris et en Île-de-France, ce schéma général appelle quatre précisions. D’abord la juridiction : les refus parisiens relèvent du tribunal administratif de Paris, comme l’illustrent les deux affaires parisiennes citées, jugées en première instance par cette juridiction avant de monter devant le Conseil d’État ou la cour administrative d’appel de Paris. Ensuite le plan local d’urbanisme parisien, qui fixe par zone les plafonds de hauteur et des règles d’insertion strictes : identifiez la zone exacte de la parcelle et la version du règlement applicable à la date du refus, et faites vérifier le calcul mètre par mètre selon la méthode de la décision du Conseil d’État sur la mesure par façade. Troisièmement, l’omniprésence des périmètres patrimoniaux dans la capitale rend l’avis de l’architecte des Bâtiments de France quasi systématique pour une modification de toiture visible depuis l’espace public : anticipez-le par une note patrimoniale jointe au dossier plutôt que de le découvrir dans le refus. Enfin les pièces pratiques : relevé de copropriété et procès-verbaux d’assemblée pour les immeubles collectifs, plans cotés en trois dimensions, document d’insertion avec angles de vue honnêtes, et attestations de raccordement pour un bâtiment existant déjà desservi. Un dossier parisien complet dès le dépôt évite la demande de pièces complémentaires qui fait perdre un mois et décale tout le calendrier du recours.

Enfin, préparez le terrain d’après-refus dès le dépôt du recours. Photographiez l’état existant de la toiture et des façades, conservez les plans du projet refusé et chaque version modifiée, et archivez tous les échanges avec le service instructeur, y compris les rendez-vous et les courriers informels qui ont pu orienter le projet. Ces pièces serviront à démontrer, devant le préfet comme devant le tribunal, que le projet a évolué de bonne foi pour tenir compte des objections, et que le refus persistant ne repose plus sur une analyse actualisée. Lorsqu’un permis modificatif ou une nouvelle demande corrigée est déposée en cours de contentieux, signalez-la au tribunal : le juge apprécie l’acharnement procédural et, surtout, une autorisation obtenue entre-temps peut rendre sans objet la fin du litige et économiser des mois de procédure. À l’inverse, ne construisez jamais pendant le contentieux sans autorisation purgée : des travaux exécutés sur le fondement d’un permis contesté exposent à une démolition si le permis est annulé, et les voisins qui attaquent le permis peuvent assortir leur recours d’une demande de suspension en référé qui paralysera le chantier.

Conclusion

Un refus de surélévation n’est jamais une fin en soi : c’est une décision motivée qui doit indiquer l’intégralité de ses motifs, et chacun de ces motifs se vérifie. La hauteur se mesure selon la définition exacte du règlement local, comme le Conseil d’État l’exige façade par façade lorsque le texte le prévoit ; l’avis de l’architecte des Bâtiments de France se conteste devant le préfet dans les deux mois, avec une médiation possible depuis 2026 ; l’autorisation de la copropriété se vote à la majorité de l’article 26 avec, le cas échéant, assemblée spéciale et priorité des voisins du dessous, sans conditionner pour autant la qualité pour déposer la demande ; et le refus lui-même se combat par un gracieux rapide puis, si nécessaire, devant le tribunal administratif dans les deux mois. Vérifiez les textes applicables à la date de votre décision, mesurez, faites constater l’affichage, conservez chaque accusé de réception, et ne laissez aucun délai passer : en urbanisme, un bon projet déposé ou contesté trop tard devient un mauvais dossier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».