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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dégât des eaux par la toiture en octobre 2026 : qui paie, expertise et recours à Paris

Les premières pluies soutenues de l’automne viennent de traverser l’Île-de-France et, avec elles, le retour d’un sinistre que chaque copropriété parisienne connaît bien : l’eau qui s’infiltre par la toiture, ruisselle le long d’un conduit, tache un plafond puis finit par endommager les peintures, les parquets et parfois les installations électriques du logement situé en dessous. Le locataire du dernier étage appelle son bailleur, le bailleur renvoie vers le syndic, le syndic parle d’un joint de terrasse à reprendre au prochain vote de travaux, et l’assurance demande un constat que personne n’a dressé. Pendant ce temps, l’humidité progresse et la facture gonfle. Cet article répond aux questions que les lecteurs tapent réellement dans un moteur de recherche quand le plafond se met à goutter : qui doit payer la recherche de fuite et les réparations, comment déclarer le sinistre à l’assurance dans les délais, quelles preuves réunir avant que les traces ne soient effacées par une réfection, et quels recours engager quand chacun se renvoie la responsabilité. Le raisonnement suit le droit applicable au 1er octobre 2026 : responsabilité du fait des choses et du bâtiment, obligations respectives du bailleur, du locataire et du syndicat des copropriétaires, garanties d’assurance et recours entre assureurs, expertise préventive et référé, prescription de cinq ans. Une section dédiée à Paris et à l’Île-de-France précise les réflexes propres aux immeubles anciens de la capitale, aux toitures-terrasses et aux délais pratiques des syndics parisiens.

I. Dégât des eaux par la toiture : qui doit payer la recherche de fuite et les réparations

A. Infiltration par la toiture en copropriété : le syndicat répond des parties communes et le propriétaire du dessus répond de ses équipements

Quand l’eau entre par le toit, la première opération consiste à localiser l’origine exacte de l’infiltration, car c’est elle qui désigne le payeur. En copropriété, la toiture, la couverture, l’étanchéité d’une terrasse à jouissance privative et les souches de cheminée relèvent en principe des parties communes, dont la conservation incombe au syndicat des copropriétaires. Lorsque l’expert établit que l’eau a traversé une partie commune défaillante, le syndicat supporte le coût de la remise en état de cette partie commune ainsi que la réparation des désordres qui en sont la conséquence directe dans les lots, sauf à se retourner ensuite contre un tiers dont la faute serait démontrée. Cette logique prolonge le principe général posé par l’article 1240 du code civil, aux termes duquel « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer », et celui de l’article 1244 du code civil selon lequel « Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine, lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa construction ». Un défaut d’entretien durable de la couverture, des gouttières bouchées depuis des mois ou une étanchéité de terrasse signalée en assemblée générale puis laissée en l’état caractérisent ce défaut d’entretien. Le copropriétaire du dessus dont la terrasse à jouissance privative est le siège du désordre n’échappe pas pour autant à tout examen : les aménagements privatifs qu’il a posés lui-même, comme des jardinières percées, un abri vissé dans l’étanchéité ou une évacuation qu’il a déplacée, engagent sa responsabilité personnelle sur le fondement de l’article 1240 du code civil précité et de la garde de la chose qu’il a sous son contrôle, l’article 1242 du code civil rappelant que « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde ». En pratique parisienne, cette distinction nourrit l’essentiel des litiges d’automne : dans les immeubles haussmanniens, une noue engorgée par des feuilles relève de l’entretien des parties communes, tandis qu’une douche à l’italienne installée sans autorisation par l’occupant du dessus et dont le siphon fuit dans le plancher relève du privatif. Le lecteur qui constate une auréole au plafond doit donc exiger du syndic, par écrit, la date du dernier entretien de la couverture et le rapport de la dernière visite de toiture, et demander au voisin du dessus la nature des travaux qu’il a réalisés dans les douze derniers mois. Ces deux courriers simples, envoyés en recommandé avec accusé de réception dès le premier jour, fixent le cadre de la recherche de fuite : ils obligent chaque interlocuteur à se positionner et fournissent au juge, plus tard, la preuve que le demandeur a cherché l’origine au lieu de laisser le dommage s’aggraver. Le coût de la recherche de fuite elle-même, facturée entre 300 et 900 euros par les entreprises franciliennes selon la technique employée, suit le même sort que la réparation : elle incombe à celui dont la partie d’immeuble est à l’origine du sinistre, et l’assurance du responsable la prend en charge lorsque la garantie dégât des eaux est souscrite. Quand l’origine reste discutée entre le syndicat et un copropriétaire, la convention d’assurance applicable organise une prise en charge sans attendre la fin du débat sur les responsabilités, ce qui évite au lésé d’avancer des milliers d’euros pendant des mois. Il faut donc déclarer vite, écrire vite et faire constater vite, avant que la toiture ne soit bâchée sommairement et que toute trace utile à l’expertise ne disparaisse.

B. Locataire ou bailleur : qui déclare le dégât des eaux à l’assurance et dans quel délai agir pour être indemnisé

Dans un logement loué, la survenance d’une infiltration par la toiture déclenche deux chaînes d’obligations distinctes qu’il ne faut pas confondre : celle du bail, entre locataire et bailleur, et celle de l’assurance, entre chaque assuré et son assureur. Le locataire doit d’abord informer le bailleur du désordre sans délai, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception accompagnée de photographies datées, en décrivant l’emplacement exact des traces, la date d’apparition et les circonstances atmosphériques, car tout retard dans l’information peut être retenu contre lui si le dommage s’aggrave. Le bailleur, de son côté, doit transmettre l’information au syndic et mettre en demeure, toujours par écrit, de faire cesser une infiltration qui rendrait le logement impropre à un usage normal, notamment lorsque l’humidité atteint les installations électriques ou développe des moisissures dans une chambre. Les lecteurs qui louent à Paris sous un bail d’habitation à Paris doivent savoir que la répartition des travaux entre le propriétaire et l’occupant suit l’origine du désordre : une toiture fuyarde ne relève jamais de l’entretien courant du locataire, et le remplacement d’une couverture ou la reprise d’une étanchéité ne peut pas être mis à sa charge. En revanche, l’aération quotidienne du logement et le signalement rapide restent attendus de l’occupant, et un locataire qui constate une tache en novembre puis attend le printemps pour prévenir paiera une part de l’aggravation. Sur le front de l’assurance, chaque protagoniste déclare le sinistre à son propre assureur : le locataire à son assurance habitation au titre de sa responsabilité envers le bailleur et de son mobilier endommagé, le bailleur non occupant à son assurance propriétaire non occupant pour les embellissements et le recours contre le responsable, le syndicat à l’assurance de l’immeuble pour les parties communes. L’article L113-2 du code des assurances impose à l’assuré « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur », et précise que « Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés ». Concrètement, le lecteur dispose donc au minimum de cinq jours ouvrés à compter de la découverte, mais la plupart des contrats exigent une déclaration sous cinq jours et la jurisprudence sanctionne les déclarations tardives lorsque le retard a causé un préjudice à l’assureur, comme l’impossibilité d’organiser une expertise contradictoire. La déclaration doit mentionner les références du contrat, la date et les circonstances du sinistre, la description des dommages, les coordonnées des tiers impliqués et, si le montant s’y prête, un premier chiffrage accompagné de devis. Les assureurs appliquent ensuite entre eux des conventions qui répartissent la gestion selon le montant : en dessous des seuils conventionnels, l’assureur du lésé indemnise son propre assuré puis exerce un recours contre l’assureur du responsable, ce qui explique pourquoi le locataire est indemnisé rapidement pour ses meubles même quand la toiture relève du syndicat. Une fois l’indemnité versée, l’article L121-12 du code des assurances dispose que « l’assureur qui a payé l’indemnité d’assurance est subrogé, jusqu’à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l’assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l’assureur ». Le lésé n’a donc pas à poursuivre lui-même le voisin ou le syndic pour la part déjà indemnisée, mais il conserve l’action pour le surplus, comme la franchise restée à sa charge, le préjudice de jouissance ou la perte de loyers. Les montants à documenter dès le départ comprennent la franchise contractuelle, souvent comprise entre 150 et 400 euros, le coût de relogement temporaire si une pièce devient inhabitable, estimé en région parisienne entre 80 et 150 euros par nuit pour un hébergement équivalent, et la dépréciation du mobilier, calculée vétusté déduite sauf garantie en valeur à neuf. Le lecteur qui photographie chaque pièce, conserve les tickets de pressing, d’hôtel et de garde-meuble, et fait établir deux devis de remise en peinture par des entreprises différentes se place dans la meilleure situation pour obtenir une indemnisation complète et pour contester, pièces à l’appui, une proposition d’indemnité minorée.

II. Prouver l’infiltration et obtenir réparation : expertise, référé et prescription de cinq ans

A. Comment faire constater l’infiltration par la toiture et obtenir une expertise avant que les preuves ne disparaissent

Le talon d’Achille des dossiers de dégât des eaux tient à la volatilité des preuves : une toiture est rebâchée en urgence, un plafond est repeint par le voisin du dessus, le syndic fait passer une entreprise qui « nettoie les traces », et six mois plus tard l’expert judiciaire ne voit plus qu’un plafond immaculé dont personne ne peut dire s’il a jamais été humide. Le lecteur doit donc construire son dossier dès la première goutte, avec une méthode simple que les tribunaux comprennent immédiatement. Premièrement, photographier et filmer le désordre en activité, c’est-à-dire pendant ou juste après la pluie, avec un journal du jour ou un écran d’horodatage visible dans le champ, en balayant du point d’entrée supposé vers les dommages apparents, sans oublier les extérieurs accessibles comme les gouttières débordantes ou les solins décollés. Deuxièmement, faire dresser un constat par un commissaire de justice, qui se déplace sous quarante-huit heures à Paris et dont le procès-verbal décrit les traces, mesure l’humidité au testeur et annexe les photographies : ce constat, facturé entre 300 et 500 euros, vaut comme preuve loyale devant toutes les juridictions et impressionne durablement les assureurs. Troisièmement, adresser les mises en demeure nécessaires, au bailleur s’il y a lieu, au syndic avec copie au conseil syndical, et au copropriétaire du dessus, en exigeant l’arrêt de la cause dans un délai précis de quinze jours et la conservation des lieux en l’état jusqu’à expertise. Quatrièmement, demander une expertise amiable contradictoire en convoquant par écrit toutes les parties et leurs assureurs à une date précise, avec un expert d’assuré ou un expert indépendant dont le rapport, même non judiciaire, pèse lourd quand il est contradictoire. Si une partie refuse l’amiable ou si les lieux risquent d’être modifiés, le droit processuel offre une arme spécialement conçue pour ce cas de figure : l’article 145 du code de procédure civile prévoit que « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ». La demande d’expertise sur le fondement de ce texte se présente devant le président du tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble, par assignation en référé délivrée aux adversaires éventuels, et le juge désigne un expert inscrit sur la liste de la cour d’appel avec une mission précise : décrire les désordres, déterminer leur origine, distinguer les parties communes des parties privatives, chiffrer les reprises et dire si les désordres rendent les lieux impropres à leur destination. Le coût de la consignation, généralement compris entre 1 500 et 3 500 euros pour ce type de dossier parisien, est avancé par le demandeur mais le juge en décidera la charge définitive dans le jugement au fond, et l’expertise obtenue sert ensuite à tous, y compris aux assureurs qui y participent. En cas d’urgence caractérisée, par exemple une infiltration qui menace un tableau électrique ou qui rend une chambre d’enfant inhabitable en pleine vague pluvieuse, l’article 835 du code de procédure civile permet au président du tribunal judiciaire de « prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite », et d’accorder une provision « Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable ». Concrètement, le lecteur peut obtenir en quelques semaines une ordonnance qui ordonne au syndic de bâcher et de réparer provisoirement la couverture, qui alloue une provision de plusieurs milliers d’euros sur les travaux de reprise intérieure, et qui réserve le surplus à l’expertise. Les juridictions parisiennes, rompues à ces référés d’automne, exigent toutefois un dossier propre : constats, photographies datées, courriers de signalement et devis. Celui qui assigne sans avoir jamais écrit au syndic s’expose à une consignation majorée ou à un renvoi à l’amiable, tandis que celui qui produit la chronologie complète obtient l’expert et souvent la provision. Un point souvent négligé mérite d’être souligné : l’expert, amiable ou judiciaire, doit pouvoir accéder à la toiture et aux combles, ce qui suppose l’autorisation du syndic et parfois une nacelle ou un échafaudage facturé entre 800 et 2 000 euros en zone dense. Le demandeur a intérêt à solliciter dans sa mise en demeure initiale l’accès aux parties communes et à prévoir ce poste dans sa demande de provision, car un défaut d’accès constaté par l’expert retarde le rapport de plusieurs mois et laisse l’humidité travailler les bois de charpente.

B. Contester une indemnité insuffisante, agir contre le vendeur ou le constructeur et gérer les délais à Paris et en Île-de-France

Lorsque l’expertise a parlé, le conflit se déplace vers l’argent : l’assureur propose une indemnité calculée avec un abattement de vétusté que le contrat ne prévoit pas, le syndic vote un appel de fonds que le copropriétaire du dessus refuse de rembourser, ou le propriétaire qui vient d’acheter découvre que la toiture fuyait depuis des années et que le vendeur le savait. Chaque situation obéit à un régime de contestation précis qu’il faut activer dans les délais. La contestation d’une offre d’indemnité commence toujours par une réclamation écrite et chiffrée, adressée au service des réclamations de l’assureur, qui oppose le rapport d’expertise, les deux devis de reprise et les justificatifs du préjudice de jouissance à la proposition initiale. Si la réponse ne satisfait pas, la médiation de l.assurance offre un réexamen dans un délai de quatre-vingt-dix jours, puis le tribunal judiciaire tranche, le demandeur disposant à cet égard d’un délai confortable puisque l’article 2224 du code civil dispose que « Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer ». Ce délai de cinq ans court à compter de la connaissance du dommage et de son origine, ce qui laisse au lésé le temps de mener l’expertise, mais il serait imprudent d’attendre la dernière année : les traces s’effacent, les entreprises disparaissent et les témoins déménagent. L’acquéreur récent qui découvre une infiltration chronique dispose d’une arme supplémentaire : l’article 1641 du code civil énonce que « Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il les avait connus ». Une toiture dont l’étanchéité est structurellement défaillante, camouflée par un coup de peinture avant la vente, entre dans ce champ, et l’acheteur peut demander la résolution de la vente ou une réduction du prix, outre des dommages et intérêts si le vendeur connaissait le vice. Quand l’immeuble est récent, la garantie décennale prend le relais : l’article 1792 du code civil dispose que « Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, le rendent impropre à sa destination ». Une étanchéité de toiture-terrasse qui lâche dans les dix ans de la réception relève typiquement de cette garantie, et l’assurance dommages-ouvrage, lorsqu’elle a été souscrite, doit préfinancer les réparations sans attendre la recherche des responsabilités, selon un calendrier procédural dont les délais se comptent en jours, comme le rappelle l’analyse des délais applicables à l’assurance dommages-ouvrage et son délai de réponse de soixante jours. À Paris et en Île-de-France, plusieurs particularités commandent des réflexes adaptés. D’abord, la juridiction compétente pour l’expertise et le référé est le tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble, soit le tribunal judiciaire de Paris pour un sinistre parisien, avec des audiences de référé hebdomadaires qui permettent d’obtenir une date en deux à quatre semaines à l’automne, période de pointe qu’il faut anticiper en assignant tôt. Ensuite, les syndics parisiens gèrent des portefeuilles de plusieurs dizaines d’immeubles et répondent lentement en octobre, mois des assemblées générales de rentrée : le lecteur doit donc adresser sa mise en demeure à la fois au syndic et au conseil syndical, dont un membre parisien joignable débloque souvent l’intervention d’urgence en quarante-huit heures. Puis, les toitures parisiennes cumulent les fragilités, zincs anciens, noues engorgées par les platanes, terrasses des étages intermédiaires créées lors de surélévations, ce qui rend la recherche de fuite plus technique et justifie le recours à des entreprises munies de caméras thermiques et de tests au fumigène, facturés 500 à 900 euros mais déterminants pour distinguer une condensation interne d’une véritable infiltration. Enfin, les pièces à préparer pour un dossier parisien complet comprennent le règlement de copropriété avec l’état descriptif de division, les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale pour vérifier si la réfection de la toiture a été votée, refusée ou reportée, le carnet d’entretien de l’immeuble, le bail et l’état des lieux d’entrée pour les locataires, les attestations d’assurance de chaque partie, et l’ensemble des photographies, constats et devis classés par ordre chronologique. Le point d’attention propre au ressort parisien tient aux délais de relogement : lorsqu’une pièce devient inhabitable, le locataire peut demander une réduction de loyer proportionnée pendant la durée des travaux, et le bailleur qui tarde à agir s’expose à voir le juge ordonner la consignation des loyers jusqu’à remise en état. Chaque courrier doit donc rappeler l’urgence sanitaire autant que patrimoniale, moisissures dans une chambre d’enfant ou infiltrations au-dessus d’un tableau électrique, car ces éléments accélèrent les décisions de référé et les déblocages d’assurance.

Conclusion

Face à une infiltration par la toiture en ce début d’automne 2026, le lecteur retient l’essentiel : écrire immédiatement au bailleur, au syndic et au voisin concerné avec photographies datées, déclarer le sinistre à chaque assureur dans le délai contractuel qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, faire dresser un constat par commissaire de justice avant toute réfection, provoquer une expertise amiable contradictoire puis, en cas de blocage, saisir le président du tribunal judiciaire sur le fondement de l’expertise préventive ou du référé conservatoire, et chiffrer chaque poste de préjudice avec deux devis et des justificatifs. L’origine du désordre désigne le payeur, partie commune pour le syndicat ou aménagement privatif pour son auteur, l’assureur du lésé indemnise puis se retourne contre le responsable par subrogation, et l’action en réparation se prescrit par cinq ans à compter de la connaissance des faits. L’acquéreur trompé par un vice caché et le maître d’ouvrage confronté à une étanchéité défaillante disposent en outre des garanties propres à la vente et à la construction. À Paris comme dans toute l’Île-de-France, la rapidité du signalement et la qualité des constats font la différence entre un sinistre indemnisé en quelques mois et un litige qui dure des années.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».