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Dossier de surendettement et dettes fiscales : impôts, SATD du Trésor et huissier — déclarer, suspendre, effacer et contester devant le juge, que faire ?

Votre compte vient d’être bloqué par le Trésor public. Un avis à tiers détenteur ou une saisie administrative à tiers détenteur a absorbé votre salaire, vos allocations ou vos économies, alors que vos crédits à la consommation, votre prêt immobilier ou vos loyers restent dus. Vous vous demandez si un dossier de surendettement déposé à la Banque de France peut arrêter ces poursuites du fisc, si vos impôts peuvent être étalés, réduits ou effacés, et ce que l’huissier du Trésor a encore le droit de faire après la recevabilité. La réponse tient en trois idées simples. D’abord, les dettes fiscales des particuliers entrent normalement dans la procédure de surendettement : l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation ou la taxe foncière se déclarent comme les autres dettes, et seules les dettes fiscales sanctionnées pour fraude sont exclues de toute remise. Ensuite, la recevabilité suspend et interdit les voies d’exécution sur vos biens, ce qui frappe aussi les poursuites du comptable public, avec des recours précis devant le juge des contentieux de la protection en cas de contestation. Enfin, selon votre situation, la commission oriente vers un plan conventionnel, des mesures imposées ou un rétablissement personnel qui efface même les dettes fiscales ordinaires. Ce dossier explique, pas à pas, comment déclarer vos dettes fiscales, comment suspendre le SATD et l’huissier du Trésor, et comment obtenir un étalement ou un effacement devant le juge, avec les textes et les décisions de la Cour de cassation à l’appui.

I. Dossier de surendettement et dettes fiscales : quels impôts déclarer pour être recevable devant la commission de la Banque de France

La première bataille se joue au dépôt du dossier : tout ce qui n’est pas déclaré ne sera ni vérifié, ni traité, ni effacé. Les dettes fiscales obéissent à des règles propres qu’il faut connaître avant de remplir le dossier, car la frontière entre l’impôt ordinaire, qui se traite comme une dette classique, et la dette fiscale frauduleuse, qui ne s’efface jamais, détermine toute la suite de la procédure.

A. Impôt sur le revenu, taxes locales, TVA et majorations : quelles dettes fiscales déclarer et lesquelles sont exclues de toute remise ou effacement ?

Le point de départ est rassurant et la doctrine officielle de l’administration fiscale range les dettes fiscales des particuliers dans le champ de la commission de surendettement. Concrètement, l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, la taxe foncière, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, les amendes fiscales ordinaires et les majorations de retard classiques se déclarent dans le dossier de surendettement exactement comme un crédit ou une dette de loyer. Le comptable public sera informé par la commission, invité à déclarer sa créance, et lié par les mesures adoptées. Déclarez donc chaque avis d’imposition, chaque mise en demeure du Trésor, chaque avis de saisie administrative, avec les montants en principal, majorations et frais : l’état du passif dressé par la commission ne retient que ce qui a été déclaré et vérifié.

La nature de la dette fiscale conditionne ensuite son traitement. L’article L. 711-1 du code de la consommation ouvre « le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement » aux « personnes physiques de bonne foi », caractérisées par « l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir ». Cette définition large inclut vos impôts dès lors qu’ils pèsent sur votre budget personnel. Mais attention à la distinction que la Cour de cassation impose entre les différentes dettes fiscales. Dans un arrêt du 4 novembre 2021, la deuxième chambre civile a jugé que « l’impôt sur le revenu, qui frappe le revenu annuel net global d’un foyer fiscal, quelle que soit la source de ce revenu, selon des modalités prenant en considération la situation propre de ce foyer fiscal, n’est pas une dette professionnelle, mais personnelle » (Cass. 2e civ., 4 nov. 2021, n° 20-15.008). En revanche, dans la même décision, la Cour a distingué « la dette due au titre de la TVA, de nature professionnelle », qui relève d’une autre logique. Si vous êtes salarié, retraité ou sans activité, vos impôts sont des dettes personnelles et entrent pleinement dans le dossier. Si vous êtes ou avez été indépendant, micro-entrepreneur ou gérant, séparez soigneusement l’impôt sur le revenu, personnel, de la TVA et des dettes nées pour les besoins de l’activité : la frontière entre surendettement des particuliers et procédure collective des entreprises passe par cette qualification.

Reste l’exception qui fait mal : certaines dettes fiscales ne peuvent jamais être remises, rééchelonnées ni effacées. L’article L. 711-4 du code de la consommation dispose que « Sauf accord du créancier, sont exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement », notamment « Les dettes fiscales dont les droits dus ont été sanctionnés par les majorations non rémissibles ». Le II de l’article 1756 du code général des impôts précise le mécanisme : en cas de rétablissement personnel, « les majorations, frais de poursuites et pénalités fiscales encourus en matière d’impôts directs dus à la date à laquelle la commission recommande un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou à la date du jugement d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire sont remis, à l’exception des majorations prévues aux b et c du 1 de l’article 1728 ainsi qu’aux articles 1729 et 1732 ». En langage courant : les pénalités pour retard ou défaut de déclaration ordinaires sont remises dans le cadre du rétablissement personnel, mais les majorations pour manquement délibéré, abus de droit, manœuvres frauduleuses ou opposition à contrôle fiscal ne le sont pas. Si votre dette fiscale provient d’un redressement pour fraude établie par une décision de justice ou une sanction, elle restera due même après un effacement général. Vérifiez donc vos avis de mise en recouvrement : la nature des majorations appliquées, inscrite sur l’avis, détermine si l’effacement sera total ou partiel. En cas de doute sur la lecture de ces majorations, faites vérifier chaque avis avant le dépôt, car une dette présentée à tort comme effaçable fausse tout le plan.

En pratique, constituez dès maintenant un dossier fiscal complet : trois derniers avis d’imposition sur le revenu, avis de taxe foncière et de taxe d’habitation, mises en demeure et avis de saisie du comptable public, échéanciers en cours, décisions de remise gracieuse déjà sollicitées, et tout redressement notifié. Si vous avez déposé une réclamation contentieuse contre un avis d’imposition, signalez-la : la créance fiscale contestée reste déclarée pour son montant, et l’issue de la réclamation ajustera ensuite le passif. Ce travail de tri préalable évite les deux erreurs les plus fréquentes : oublier une dette fiscale, qui continuerait alors d’être poursuivie hors procédure, ou déclarer comme ordinaire une dette frauduleuse exclue, ce qui exposerait la recevabilité à une contestation du comptable public pour défaut de bonne foi.

B. Recevabilité, bonne foi et état du passif : comment faire vérifier les créances du Trésor et contester un montant devant le juge ?

Une fois le dossier déposé, la commission examine d’abord la recevabilité : bonne foi, impossibilité manifeste de faire face aux dettes, domicile en France et absence de procédure collective applicable. La présence de dettes fiscales importantes ne fait pas obstacle à la recevabilité, bien au contraire : elle caractérise souvent l’impossibilité manifeste elle-même. La bonne foi s’apprécie au moment du dépôt : avoir accumulé des impayés d’impôts par insuffisance de ressources n’est pas de la mauvaise foi. En revanche, organiser son insolvabilité, dissimuler des revenus au fisc puis demander l’effacement, ou aggraver sciemment son endettement en fraude des droits des créanciers peut faire écarter le dossier. La simple négligence ou l’imprévoyance ne suffit pas à caractériser la mauvaise foi : il faut une conscience d’aggraver l’endettement en fraude des droits des créanciers. Si le comptable public ou un autre créancier conteste la recevabilité, le recours se porte devant le juge des contentieux de la protection, et le débiteur comme les créanciers sont convoqués pour exposer leurs observations.

Après la recevabilité, la commission dresse l’état du passif et le notifie : chaque créance fiscale y figure pour le montant déclaré par le comptable public. C’est le moment de contrôler. Comparez ligne par ligne les montants retenus avec vos avis d’imposition et vos paiements : acomptes déjà versés, mensualités prélevées, remises gracieuses obtenues, majorations contestées. Si un montant est inexact, si une dette déjà payée figure encore au passif, ou si une créance prescrite est réclamée, contestez l’état du passif devant le juge des contentieux de la protection dans le délai indiqué sur la notification. La contestation des créances est une arme puissante contre les créances fiscales gonflées : le juge vérifie le bien-fondé des titres, l’exactitude des majorations et l’absence de prescription de l’action en recouvrement. Faites-vous assister pour cette audience, pièces en main : relevés de compte prouvant les prélèvements, attestations de paiement, décisions de dégrèvement. Chaque euro retiré du passif allège le plan et rapproche, le cas échéant, le rétablissement personnel.

Le comptable public dispose des mêmes voies de recours : il peut contester la recevabilité, discuter l’orientation ou contester les mesures. Ne vous laissez pas intimider par une contestation du Trésor : elle est normale et le juge tranche. Préparez un budget mensuel rigoureux, avec justificatifs de ressources et de charges, car le juge apprécie la réalité de l’impossibilité de payer et la cohérence du dossier. Si vos revenus ont baissé depuis l’établissement des impôts réclamés, demandez parallèlement au service des impôts un réexamen gracieux ou une modulation : même si la remise gracieuse reste à la discrétion de l’administration, elle réduit le passif et démontre votre bonne foi. Et si la commission déclare votre demande irrecevable, exercez le recours devant le juge des contentieux de la protection sans tarder : le recours formé contre la décision de recevabilité ne suspend pas ses effets, comme le rappelle l’article R. 722-3 du code de la consommation, aux termes duquel « Le recours formé à l’encontre de la décision de recevabilité ne suspend pas ses effets », ce qui signifie que la protection attachée à la recevabilité continue pendant que le juge examine le recours.

II. Avis à tiers, SATD et huissier du Trésor : suspendre les poursuites, obtenir un plan et effacer les impôts

Pour un foyer poursuivi par le Trésor, l’enjeu le plus urgent n’est pas théorique : c’est le compte bloqué, le salaire amputé, la vente du logement menacée. La procédure de surendettement apporte des protections immédiates, puis un traitement de fond qui s’impose au comptable public comme aux autres créanciers. Encore faut-il savoir ce qui est suspendu, ce qui ne l’est pas, et comment transformer la suspension en solution durable.

A. Recevabilité et suspension des voies d’exécution : que deviennent le SATD, la saisie du compte et la saisie du logement après le dépôt ?

L’effet le plus concret de la recevabilité tient en une phrase de l’article L. 722-2 du code de la consommation : « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » Les poursuites du comptable public sont des procédures d’exécution au sens de ce texte : la saisie administrative à tiers détenteur notifiée à votre banque ou à votre employeur, la saisie-attribution pratiquée par l’huissier du Trésor, la saisie-vente de vos meubles ne peuvent plus être engagées ni poursuivies après la recevabilité, pour les dettes incluses dans la procédure. Si un SATD a été notifié avant la recevabilité, ses effets futurs sont paralysés : la banque ne doit plus reverser au Trésor les sommes qui arriveraient après la suspension, et les sommes déjà appréhendées avant la recevabilité restent en principe acquises, sauf contestation de la régularité de la mesure. Vérifiez les dates avec vos relevés : toute somme reversée au comptable public après la date de recevabilité doit être réclamée.

Lorsqu’un acte de poursuite est accompli en violation de cette interdiction, la loi organise sa sanction. L’article L. 761-2 du code de la consommation précise que tout acte accompli en violation de ces interdictions « peut être annulé par le juge des contentieux de la protection, à la demande de la commission, présentée pendant le délai d’un an à compter de l’acte ou du paiement de la créance ». La Cour de cassation a précisé la portée de ce dispositif dans un arrêt du 28 mars 2024 : « tout acte effectué en violation de l’article L. 722-2 du même code, posant le principe de l’interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur, peut être annulé par le juge des contentieux de la protection, à la demande de la commission de surendettement » (Cass. 2e civ., 28 mars 2024, n° 22-12.797). Le même arrêt ajoute que cette faculté reconnue à la commission « ne fait pas obstacle au droit du débiteur de contester une mesure conservatoire devant le juge de l’exécution » : vous n’êtes pas dessaisi de votre droit d’agir. Concrètement, si le Trésor fait pratiquer une saisie après la recevabilité, signalez-le immédiatement à la commission pour qu’elle saisisse le juge des contentieux de la protection, et contestez vous-même la mesure devant le juge compétent, avec la décision de recevabilité et le relevé de la mesure litigieuse.

Le cas du logement mérite une attention particulière. Si le comptable public ou un créancier hypothécaire a engagé une saisie immobilière, la recevabilité ne reporte pas automatiquement la vente forcée : l’article L. 722-4 du code de la consommation dispose qu’« En cas de saisie immobilière, lorsque la vente forcée a été ordonnée, le report de la date d’adjudication ne peut résulter que d’une décision du juge chargé de la saisie immobilière, saisi à cette fin par la commission, pour causes graves et dûment justifiées ». Demandez donc à la commission, dès la recevabilité, de saisir le juge de la saisie immobilière pour obtenir le report de l’adjudication : ce n’est pas automatique, il faut des causes graves et justifiées, comme l’imminence d’un plan permettant de désintéresser les créanciers ou la vente amiable en cours à un meilleur prix. Parallèlement, si une procédure d’expulsion locative est en cours alors que vos dettes de loyer figurent au dossier, la commission peut saisir le juge des contentieux de la protection pour suspendre l’expulsion. Pendant toute la procédure, continuez à payer vos impôts courants, votre loyer et vos charges courantes : la suspension ne concerne que les dettes nées avant le dépôt, et tout nouvel impayé fragilise la bonne foi et peut conduire à la déchéance du plan.

B. Plan conventionnel, mesures imposées et rétablissement personnel : rééchelonner, suspendre et effacer les dettes fiscales devant le juge

La suspension n’est qu’un répit : c’est l’orientation décidée par la commission qui règle durablement le sort de vos dettes fiscales. Lorsque vos ressources ou votre actif réalisable le permettent, la commission cherche d’abord un plan conventionnel de redressement, négocié avec vos principaux créanciers dont le comptable public. Si vous êtes propriétaire d’un bien immobilier, l’article L. 732-1 du code de la consommation impose à la commission de s’efforcer « de concilier les parties en vue de l’élaboration d’un plan conventionnel de redressement approuvé par le débiteur et ses principaux créanciers ». Le comptable public peut accepter un étalement ou des remises dans ce cadre, et l’expérience montre qu’un dossier fiscal clair, avec un budget sincère, facilite son accord. Préparez une proposition réaliste : mensualité compatible avec votre reste à vivre, durée limitée, engagement de payer l’impôt courant. Un plan conventionnel accepté par le Trésor évite les mesures imposées et stabilise la situation plus vite.

En l’absence de conciliation ou en cas d’échec, la commission peut imposer des mesures, y compris au comptable public. L’article L. 733-1 du code de la consommation permet notamment de « Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature », avec un report ou un rééchelonnement qui peut atteindre sept ans ou la moitié de la durée restant à courir des emprunts en cours. Les dettes fiscales ordinaires se rééchelonnent donc jusqu’à sept ans, avec imputation des paiements d’abord sur le capital, réduction possible du taux d’intérêt jusqu’au taux légal, et suspension de l’exigibilité des créances pour deux ans au plus. Seules les dettes exclues par l’article L. 711-4, dont les dettes fiscales frauduleuses, échappent à ces mesures : elles restent dues et continuent d’être poursuivies. Si les mesures imposées vous semblent intenables, ou si le comptable public les conteste, le juge des contentieux de la protection tranche : exposez précisément votre budget, l’évolution de vos revenus et le caractère raisonnable de la mensualité. Notre article sur les mesures imposées sans l’accord des créanciers détaille ces recours.

Lorsque votre situation est irrémédiablement compromise, c’est-à-dire que même un rééchelonnement sur sept ans ne permettrait pas de rembourser, la commission s’oriente vers le rétablissement personnel. L’article L. 724-1 du code de la consommation prévoit que la commission peut imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si vous ne possédez que des biens meublants nécessaires à la vie courante, ou saisir le juge aux fins d’ouverture d’un rétablissement personnel avec liquidation judiciaire dans le cas contraire. L’effet est radical : l’article L. 741-2 du code de la consommation dispose que « le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l’effacement de toutes les dettes, professionnelles et non professionnelles, du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission, à l’exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 et L. 711-5 ». Vos dettes fiscales ordinaires, impôt sur le revenu, taxes locales, majorations de retard classiques, sont donc effacées ; seules les dettes fiscales frauduleuses visées par l’article L. 711-4 subsistent. La date exacte de l’effacement compte : la Cour de cassation a cassé une cour d’appel qui retenait la date du dépôt du dossier, en jugeant qu’« alors que l’effacement des dettes concernait le passif existant au jour de la décision de la commission de surendettement qui n’avait pas fait l’objet d’une contestation, soit le 27 août 2019 », c’est cette date qui devait s’appliquer (Cass. 2e civ., 23 nov. 2023, n° 22-11.535). Vérifiez donc que toutes vos dettes fiscales nées jusqu’à la décision de la commission figurent au passif effacé, et contestez toute poursuite postérieure du comptable public sur une dette effacée en produisant la décision de rétablissement personnel devenue définitive. Pour la frontière entre dettes effaçables et dettes exclues, reportez-vous à notre analyse des dettes exclues du surendettement.

Deux points de vigilance ferment ce tableau. D’abord, l’inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers suit la procédure : elle conditionne votre accès futur au crédit et dure plusieurs années après l’effacement, ce qui impose de reconstruire une épargne et de payer l’impôt courant par mensualisation. Ensuite, un nouveau crédit ou un nouvel impayé d’impôt pendant le plan peut entraîner la déchéance des mesures : la mensualisation de l’impôt sur le revenu et de la taxe foncière est la meilleure protection contre une rechute. Si votre situation évolue favorablement, un emploi retrouvé ou une rentrée d’argent, signalez-le à la commission plutôt que de laisser le comptable public le découvrir : la transparence préserve la bonne foi et permet d’ajuster le plan au lieu de le voir dénoncé.

Conclusion

Les dettes fiscales ont toute leur place dans un dossier de surendettement : impôt sur le revenu, taxes locales et majorations ordinaires se déclarent, se vérifient et se traitent comme les autres dettes, avec cette précision apportée par la Cour de cassation que l’impôt sur le revenu du foyer fiscal reste une dette personnelle, distincte de la TVA professionnelle. La recevabilité bloque les poursuites du Trésor sur vos biens, et tout acte accompli en violation de cette interdiction peut être annulé par le juge des contentieux de la protection. Seules les dettes fiscales sanctionnées pour fraude, visées par l’article L. 711-4, échappent à tout rééchelonnement et à tout effacement. Selon vos ressources, la commission fera aboutir un plan conventionnel accepté par le comptable public, imposera des mesures de rééchelonnement jusqu’à sept ans, ou orientera vers un rétablissement personnel qui efface les dettes fiscales ordinaires arrêtées à la date de sa décision. Pour y parvenir, déclarez chaque avis d’imposition dès le dépôt, contrôlez l’état du passif ligne par ligne, contestez toute mesure postérieure à la recevabilité, et payez l’impôt courant pendant toute la procédure. Face à un SATD qui vient de tomber ou à une saisie du Trésor qui menace votre logement, chaque semaine compte : faites vérifier votre passif fiscal et saisissez la commission avec un dossier complet.

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Vous venez de recevoir un avis à tiers détenteur, une saisie du comptable public ou une mise en demeure du Trésor et vous envisagez un dossier de surendettement. Le cabinet vous propose une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet, première analyse facturée 80 EUR TTC. Appelez Maître Reda Kohen au 06 46 60 58 22 ou écrivez via la page contact du cabinet en joignant vos avis d’imposition et l’acte de poursuite reçu.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».