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Assurance de prêt immobilier refusée en septembre 2026 : sauver votre achat, changer d’assurance et contester à Paris

Votre compromis est signé, le notaire a fixé la date de l’acte authentique, puis la banque vous appelle : l’assurance de votre prêt immobilier coince. Questionnaire de santé jugé inquiétant, surprime vertigineuse, exclusion qui vide la garantie de son sens, ou refus pur et simple d’assurer votre profil. Sans assurance, la banque ne débloque pas les fonds, et votre achat menace de s’effondrer à quelques semaines de la signature. Cette situation, vécue chaque semaine par des acheteurs à Paris et en Île-de-France, arrive au moment où l’assurance emprunteur change de visage : en septembre 2026, le Comité consultatif du secteur financier pousse trois évolutions majeures, sur le calcul du seuil de 200 000 euros qui dispense du questionnaire médical, sur la fin des trous de garantie lors d’un changement d’assurance, et sur l’encadrement des exclusions liées aux maladies préexistantes. Ces changements prolongent la loi Lemoine qui a supprimé le questionnaire de santé sous conditions et ouvert la résiliation à tout moment. Concrètement, un refus d’assurance n’est plus une fatalité : la loi vous donne des armes pour changer d’assureur, imposer à la banque un contrat équivalent, et protéger votre compromis grâce à la condition suspensive d’obtention du prêt. Encore faut-il agir vite, dans les bons délais, avec les bons documents. Ce dossier explique pourquoi votre assurance bloque, comment la remplacer ou la contester point par point, et comment sécuriser votre achat à Paris quand le financement vacille.

I. Pourquoi votre assurance de prêt bloque votre achat en septembre 2026

A. Questionnaire de santé, plafond de 200 000 euros et refus d’agrément : ce que l’assureur peut exiger

Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, le questionnaire médical n’est plus une étape obligatoire pour tous les emprunteurs. L’article L. 113-2-1 du Code des assurances prévoit que, pour un crédit immobilier, « aucune information relative à l’état de santé ni aucun examen médical de l’assuré ne peut être sollicité par l’assureur, sous réserve du respect de l’ensemble des conditions suivantes : 1° La part assurée sur l’encours cumulé des contrats de crédit n’excède pas 200 000 euros par assuré ; 2° L’échéance de remboursement du crédit contracté est antérieure au soixantième anniversaire de l’assuré ». À Paris, où un appartement familial dépasse couramment 500 000 euros, beaucoup d’acheteurs restent au-dessus du seuil, surtout lorsqu’ils empruntent seuls. Mais les couples qui se répartissent la quotité d’assurance passent souvent sous la barre des 200 000 euros par tête, et peuvent alors échapper légalement au questionnaire. Vérifiez ce calcul avant de remplir le moindre formulaire médical : si vous êtes éligible à la dispense, l’assureur ne peut pas vous interroger sur votre santé, et tout refus fondé sur un état de santé non déclaré dans ce cadre devient contestable.

Le problème pratique de septembre 2026 tient au calcul même de ce plafond. Certains assureurs ajoutaient au total les prêts à la consommation ou des financements professionnels sans lien avec le projet immobilier, ce qui faisait artificiellement dépasser les 200 000 euros et rouvrait l’obligation du questionnaire. Les nouvelles recommandations du Comité consultatif du secteur financier visent précisément à harmoniser ce calcul pour que seuls les encours concernés comptent de la même façon partout. Si votre assureur vous a imposé un questionnaire alors que votre seul crédit immobilier assuré reste sous le seuil et se termine avant vos 60 ans, demandez par écrit le détail de son calcul et contestez chaque encours ajouté à tort. Conservez tous les échanges : en cas de litige, c’est à l’assureur de justifier qu’il pouvait vous interroger.

Lorsque le questionnaire reste légalement exigible, chaque réponse compte, car l’article L. 113-2 du Code des assurances oblige l’assuré à répondre exactement aux questions posées. La cour d’appel de Pau l’a rappelé le 24 février 2026 dans un litige d’assurance emprunteur : « l’assuré est obligé de répondre exactement aux questions posées par l’assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque par lequel l’assureur l’interroge lors de la conclusion du contrat, sur les circonstances qui sont de nature à faire apprécier par l’assureur les risques qu’il prend en charge ». Dans cette affaire, l’emprunteur avait coché « non » à la question sur les antécédents psychiatriques des dix dernières années alors qu’il avait été suivi pour ces troubles, et l’assureur invoquait la nullité du contrat. La cour a confirmé que « La preuve de la mauvaise foi de l’assuré incombe à l’assureur » : sans mauvaise foi démontrée, pas de nullité. La leçon pour les acheteurs parisiens est double. D’abord, ne minimisez jamais une pathologie dans le questionnaire en pensant que l’assureur ne le découvrira pas : les expertises médicales et les dossiers de soins finissent presque toujours par révéler l’antécédent en cas de sinistre. Ensuite, si l’assureur crie à la fausse déclaration, exigez qu’il prouve votre intention de tromper : une simple omission ou une réponse imprécise de bonne foi ne suffit pas à annuler votre garantie.

Le troisième scénario de blocage est le refus d’agrément : l’assureur examine votre dossier médical et refuse de vous couvrir, ou ne vous accepte qu’avec une surprime et des exclusions qui rendent le crédit impayable. Sachez alors que le Code de la consommation organise une porte de sortie. L’article L. 313-29 prévoit que « Lorsque l’assureur a subordonné sa garantie à l’agrément de la personne de l’assuré et que cet agrément n’est pas donné, le contrat de prêt est résolu de plein droit à la demande de l’emprunteur sans frais ni pénalité d’aucune sorte ». Autrement dit, si aucun assureur ne veut de votre profil aux conditions du marché, vous pouvez demander la résolution du contrat de prêt sans frais, ce qui fait jouer la condition suspensive du compromis et vous permet de récupérer votre acompte. Ce mécanisme protège l’acheteur de bonne foi : un refus médical d’assurance ne doit pas se transformer en perte sèche de 5 à 10 % du prix de vente. Pour l’actionner, présentez votre demande dans le délai prévu au contrat et conservez les refus écrits des assureurs, car ils constituent la preuve que l’agrément n’a pas été donné.

Enfin, les emprunteurs présentant un risque aggravé de santé disposent d’un dispositif dédié, la convention AERAS, qui organise l’accès à l’assurance et au crédit pour les personnes malades ou anciennement malades, avec un mécanisme de mutualisation et, dans certains cas, le droit à l’oubli pour d’anciens cancers. Si votre banque vous oppose un refus sec sans vous orienter vers l’examen AERAS de second et troisième niveaux, signalez-le par écrit et saisissez le médiateur : un dossier médical lourd doit suivre cette voie avant tout refus définitif. Les associations de consommateurs et les courtiers spécialisés en risques aggravés connaissent ces circuits et obtiennent régulièrement des accords là où une banque généraliste avait fermé la porte.

B. Exclusions de garantie et fausse déclaration : quand l’assureur peut refuser de payer

Obtenir l’assurance ne suffit pas toujours : c’est parfois au moment du sinistre, arrêt de travail, invalidité ou décès, que l’assureur dégaine une exclusion de garantie et refuse de prendre en charge les échéances. Le principe légal est strict et protège l’assuré. L’article L. 113-1 du Code des assurances dispose que l’assureur prend en charge les pertes et dommages « sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police ». Une exclusion floue, générale ou fourre-tout ne peut donc pas vous être opposée. La Cour de cassation applique cette exigence avec une sévérité constante en matière d’assurance emprunteur. Dans un arrêt de la deuxième chambre civile du 17 juin 2021, rendue sous le numéro 19-24.467 et publiée au Bulletin, elle juge « Il résulte de ce texte que les exclusions de garantie doivent être formelles et limitées ». En l’espèce, la clause excluait les incapacités résultant de lombalgies, sciatalgies, dorsalgies, cervicalgies « et autre « mal de dos » ». La cour d’appel avait validé l’exclusion en écartant seulement le membre de phrase vague. La Cour de cassation a censuré ce raisonnement : « alors que cette clause d’exclusion de garantie […] n’est pas formelle et limitée et ne peut recevoir application […] ». Une seule expression vague contamine donc la clause entière, même si votre pathologie figure dans la liste précise.

Ce précédent change concrètement la donne pour les acheteurs parisiens confrontés aux exclusions de dos, de troubles psychiques ou de pathologies chroniques. Relisez vos conditions générales et traquez les formules ouvertes : « et autres affections similaires », « notamment », « y compris sans s’y limiter », « tout trouble de même nature ». Chacune de ces tournures rend la clause contestable dans son ensemble. Lorsque l’assureur refuse une prise en charge sur ce fondement, répondez par lettre recommandée en citant l’arrêt du 17 juin 2021 et l’article L. 113-1, et demandez la prise en charge intégrale. Les services de réclamation des assureurs connaissent cette jurisprudence et révisent fréquemment leur position face à un assuré qui l’invoque précisément. Si le refus persiste, la médiation de l’assurance puis le tribunal judiciaire tranchent, et les juges appliquent strictement l’exigence d’exclusion formelle et limitée.

Le même arrêt du 17 juin 2021 comporte un second enseignement souvent ignoré, relatif au devoir de la banque. La Cour de cassation rappelle que « la banque, qui propose à son client auquel elle consent un prêt, d’adhérer au contrat d’assurance de groupe qu’elle a souscrit à l’effet de garantir, en cas de survenance de divers risques, l’exécution de tout ou partie de ses engagements, est tenue de l’éclairer sur l’adéquation des risques couverts à sa situation personnelle d’emprunteur ». Votre banque ne peut pas se contenter de vous faire signer l’adhésion au contrat groupe sans vérifier qu’il correspond à votre métier et à votre santé. Un agriculteur exposé aux pathologies du dos, un intermittent du spectacle aux revenus irréguliers, un chirurgien dont les mains sont l’outil de travail : chacun doit être alerté quand le contrat groupe exclut précisément son risque principal. Mieux encore, la Cour précise qu’en cas de manquement, « toute perte de chance ouvre droit à réparation, sans que l’emprunteur ait à démontrer que, mieux informé et conseillé par la banque, il aurait souscrit de manière certaine une assurance garantissant le risque réalisé ». Vous n’avez donc pas à prouver que vous auriez souscrit ailleurs : la perte de chance suffit à obtenir des dommages et intérêts. Si votre banque vous a fait adhérer à un contrat groupe inadapté sans vous avertir, conservez l’offre de prêt, la notice d’assurance et tous les documents remis le jour de la signature, car leur pauvreté prouve souvent le manquement.

Face à une accusation de fausse déclaration, la gradation légale joue en votre faveur. La nullité du contrat, sanction la plus lourde, suppose une faute intentionnelle. L’article L. 113-8 du Code des assurances dispose que « le contrat d’assurance est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l’assuré, quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l’objet du risque ou en diminue l’opinion pour l’assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé par l’assuré a été sans influence sur le sinistre ». L’assureur doit donc prouver trois éléments cumulatifs : une réponse inexacte à une question précise, le caractère intentionnel de l’inexactitude, et son influence sur son appréciation du risque. À défaut, c’est l’article L. 113-9 qui s’applique : « L’omission ou la déclaration inexacte de la part de l’assuré dont la mauvaise foi n’est pas établie n’entraîne pas la nullité de l’assurance », et l’assureur ne peut alors que maintenir le contrat moyennant une surprime acceptée, le résilier avec restitution partielle de prime, ou réduire l’indemnité en proportion des primes. Concrètement, un oubli de bonne foi sur une consultation ancienne ou une pathologie jugée bénigne ne peut pas vous priver de toute garantie. Répondez à toute notification de l’assureur en contestant la mauvaise foi, produisez vos antécédents médicaux montrant votre bonne foi, et refusez toute nullité qui ne repose pas sur des preuves d’intention.

Les recommandations de septembre 2026 ajoutent une protection supplémentaire sur les exclusions liées aux maladies préexistantes, dont certaines étaient rédigées de façon contraire à l’esprit de la réforme Lemoine. Si votre contrat exclut d’office toute pathologie antérieure à la signature, y compris celles qui n’ont aucun lien avec le sinistre déclaré, contestez cette exclusion comme trop générale au regard de l’article L. 113-1 et demandez à l’assureur de démontrer le lien précis entre l’antécédent invoqué et le risque réalisé. Les troubles anxieux anciens opposés à un arrêt de travail pour fracture, l’hypertension stabilisée opposée à un cancer, ou l’asthme de l’enfance opposé à une invalidité lombaire sont des motifs de refus typiques que les juges écartent régulièrement quand l’assureur ne prouve pas le lien.

II. Sauver votre achat et contester un refus d’assurance de prêt à Paris

A. Changer d’assurance et imposer l’équivalence de garanties à votre banque

Le réflexe le plus rentable face à un refus ou à une proposition abusive consiste à quitter l’assurance groupe de la banque pour un contrat individuel moins cher et mieux adapté. La loi Lemoine a transformé ce droit en arme massive : l’article L. 113-12-2 du Code des assurances prévoit que « l’assuré peut résilier le contrat à tout moment à compter de la signature de l’offre de prêt définie à l’article L. 313-24 du même code ». Vous pouvez donc changer d’assurance dès le lendemain de la signature de l’offre, pendant toute la durée du prêt, sans attendre une date anniversaire et sans frais. Le nouveau contrat prend effet dix jours après réception par l’assureur de la décision d’acceptation du prêteur, ou à la date d’effet du contrat de substitution si elle est postérieure. Pour un acheteur parisien dont l’assurance groupe coûte 0,35 % du capital quand un contrat individuel équivalent propose 0,12 %, l’économie dépasse souvent 15 000 euros sur vingt ans, tout en supprimant les exclusions qui bloquaient le dossier.

La banque ne peut pas refuser votre nouveau contrat dès lors qu’il protège ses intérêts au même niveau. L’article L. 313-30 du Code de la consommation dispose que « le prêteur ne peut pas refuser en garantie un autre contrat d’assurance dès lors que ce contrat présente un niveau de garantie équivalent au contrat d’assurance qu’il propose », et ajoute que « Toute décision de refus est explicite et comporte l’intégralité des motifs de refus ». Concrètement, la banque doit comparer votre contrat alternatif à sa fiche standardisée d’exigences, critère par critère : décès, perte totale et irréversible d’autonomie, invalidité permanente, incapacité temporaire, franchises, délais de carence, exclusions. Si elle refuse, elle doit motiver chaque point manquant par écrit, ce qui vous permet d’ajuster le contrat avec votre nouvel assureur et de représenter le dossier. Un refus vague, oral, ou fondé sur des exigences absentes de sa propre fiche est illégal. Demandez toujours la fiche standardisée de la banque avant de faire établir des devis, car c’est ce document qui fixe les règles du jeu et qui servira de pièce maîtresse en cas de litige.

Les délais protègent également l’emprunteur pressé par un compromis. L’article L. 313-31 du Code de la consommation impose au prêteur de répondre dans « un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution », puis de modifier le contrat de crédit par avenant dans un nouveau délai de dix jours ouvrés en cas d’acceptation. Si votre banque laisse passer le délai sans répondre alors que l’acte authentique approche, mettez-la en demeure par lettre recommandée en rappelant ce texte et le risque de perte de la vente. Les banques parisiennes, confrontées à des notaires qui programment les signatures à date fixe, répondent généralement vite à une mise en demeure précise. En cas de refus abusif, vous pouvez saisir le médiateur bancaire, puis l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution pour les manquements aux obligations d’information, sachant que l’article L. 113-15-3 du Code des assurances organise la sanction des assureurs et des prêteurs qui méconnaissent le droit de résiliation annuel, avec des amendes administratives pouvant atteindre 15 000 euros pour une personne morale. Mentionner ce texte dans votre courrier accélère souvent le déblocage.

Les recommandations de septembre 2026 renforcent encore ce droit en s’attaquant aux trous de garantie : certains emprunteurs se retrouvaient quelques jours sans couverture entre la résiliation de l’ancien contrat et la prise d’effet du nouveau, période pendant laquelle un sinistre n’était indemnisé par personne. Les nouvelles règles imposent une continuité parfaite de la couverture et clarifient les dates d’effet respectives. Pour en profiter, synchronisez soigneusement les deux contrats : ne résiliez l’ancien qu’après acceptation écrite du nouveau par la banque, exigez que la date d’effet du nouveau précède ou coïncide avec la résiliation de l’ancien, et conservez les deux attestations. Si un sinistre survient dans l’intervalle malgré vos précautions, invoquez la continuité de garantie et mettez les deux assureurs en cause simultanément plutôt que de les laisser se renvoyer la balle.

Pour les acheteurs dont le dossier médical reste difficile, la stratégie gagnante combine un courtier spécialisé en risques aggravés et la procédure AERAS. Faites établir au moins trois devis individuels, comparez les surprimes et les exclusions réelles plutôt que les seuls tarifs affichés, et privilégiez le contrat qui couvre votre risque principal sans exclusion déguisée. Un diabète stabilisé, une hypertension contrôlée ou un cancer en rémission de longue date trouvent presque toujours un assureur à des conditions supportables quand le dossier est bien présenté avec des certificats médicaux récents. Si votre banque refuse l’équivalence alors que votre contrat couvre tous les critères de sa fiche, contestez par écrit chaque motif, faites compléter le contrat par le nouvel assureur si nécessaire, et menacez de saisir le médiateur : les refus non motivés ou motivés par des critères hors fiche sont systématiquement sanctionnés.

B. Condition suspensive, acompte et délais : sécuriser le compromis quand le prêt coince

Pendant que vous changez d’assurance, votre compromis doit rester protégé par la condition suspensive d’obtention du prêt. L’article L. 313-41 du Code de la consommation prévoit que « cet acte est conclu sous la condition suspensive de l’obtention du ou des prêts qui en assument le financement » dès lors que l’acte mentionne un financement par prêt, et que « La durée de validité de cette condition suspensive ne peut être inférieure à un mois à compter de la date de la signature de l’acte ». Vérifiez immédiatement votre compromis : le montant, la durée et le taux maximal du prêt y sont-ils précisés ? La durée de la condition couvre-t-elle largement le temps nécessaire aux allers-retours avec les assureurs ? À Paris, où les délais bancaires s’allongent à la rentrée, négociez d’emblée une condition de soixante à soixante-dix jours plutôt que le mois minimal, et prévoyez une prorogation écrite si l’acte authentique doit glisser. Un compromis bien rédigé vous laisse le temps de changer d’assurance sans risquer la vente.

Si la condition suspensive n’est pas réalisée malgré vos démarches sérieuses, la loi vous rend votre argent. Le même article L. 313-41 dispose que « Lorsque la condition suspensive prévue au premier alinéa n’est pas réalisée, toute somme versée d’avance par l’acquéreur à l’autre partie ou pour le compte de cette dernière est immédiatement et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit ». Votre acompte de 5 %, soit 25 000 euros sur un achat à 500 000 euros, doit donc vous revenir en intégralité, sans frais de dossier ni pénalité. Attention toutefois à la condition de bonne foi : vous devez prouver que vous avez réellement sollicité les prêts prévus au compromis, en déposant au moins les demandes correspondant aux caractéristiques mentionnées. Conservez les attestations de dépôt, les refus écrits des banques et des assureurs, et les offres reçues : un vendeur qui prétend que vous avez fait échouer le prêt volontairement devra être contredit pièces en main. Pour un éclairage complet sur les démarches quand le financement est refusé, notre dossier sur le refus de prêt après un compromis de vente et la récupération de l’acompte détaille les preuves à réunir et les courriers à adresser au vendeur et au notaire.

Méfiez-vous de la mention manuscrite par laquelle certains acheteurs pressés déclarent acheter sans prêt pour accélérer la vente. L’article L. 313-42 du Code de la consommation prévoit que l’acquéreur qui paie sans prêt reconnaît par écrit qu’il ne pourra pas se prévaloir de la protection légale, mais ajoute une soupape : « En l’absence de l’indication prescrite à l’article L. 313-40 ou si la mention exigée au premier alinéa manque ou n’est pas de la main de l’acquéreur et si un prêt est néanmoins demandé, le contrat est considéré comme conclu sous la condition suspensive prévue à l’article L. 313-41 ». Si votre compromis ne contient pas cette mention, ou si elle n’est pas entièrement écrite de votre main, vous restez protégé même en ayant coché la case du paiement comptant. Faites vérifier ce point par votre notaire avant de renoncer à la condition suspensive : à Paris, des ventes à 800 000 euros se jouent parfois sur une mention pré-imprimée que l’acheteur n’a fait que signer, et les tribunaux annulent régulièrement ces clauses.

La dimension parisienne et francilienne mérite une attention particulière. Le tribunal judiciaire de Paris et les notaires de la chambre de Paris traitent chaque automne un pic de dossiers où l’assurance retarde le déblocage des fonds, avec des actes authentiques programmés avant la fin de l’année pour des raisons fiscales. Anticipez : dès le compromis signé, déposez deux demandes de prêt en parallèle dans deux banques, lancez simultanément un devis d’assurance individuelle, et informez votre notaire du calendrier de la condition suspensive. Si la banque tarde à répondre à votre demande de substitution, une mise en demeure rappelant le délai de dix jours ouvrés produit généralement un effet rapide, car les établissements parisiens redoutent les contentieux documentés devant le tribunal judiciaire de Paris. Conservez un classeur complet : compromis, offres de prêt, refus d’assurance, devis de substitution, échanges avec la banque, attestations AERAS le cas échéant. Ce dossier fera la différence si le vendeur conteste la restitution de l’acompte ou si vous devez saisir le juge pour obtenir des dommages et intérêts.

En cas de blocage persistant, la voie amiable reste la plus rapide : réclamation écrite auprès de l’assureur avec un délai de réponse de quinze jours, puis médiation de l’assurance, gratuite et généralement rendue en quelques mois. Si la médiation échoue, le tribunal judiciaire de Paris statue sur la nullité contestée, l’exclusion abusive ou le manquement de la banque à son devoir d’éclairage, avec des dommages et intérêts qui couvrent la perte de chance, le surcoût d’assurance et parfois le préjudice moral lié à la perte du logement. Les intérêts de retard courent à compter de la mise en demeure, alors ne tardez jamais à écrire. Un dossier médical solide, des devis comparés et une condition suspensive bien gérée transforment un refus d’assurance, qui semblait signer la mort de votre projet parisien, en simple étape administrative que la loi vous permet de surmonter.

Conclusion

Un refus d’assurance de prêt immobilier n’est ni une fin ni une fatalité, surtout depuis que la loi Lemoine et les évolutions de septembre 2026 ont rééquilibré le rapport de force en faveur de l’emprunteur. Retenez l’essentiel : sous le seuil de 200 000 euros par assuré avec un crédit soldé avant 60 ans, aucun questionnaire de santé ne peut vous être imposé ; au-delà, répondez exactement mais sachez que l’assureur doit prouver votre mauvaise foi pour annuler le contrat ; toute exclusion vague est inopposable dans son ensemble ; vous pouvez changer d’assurance à tout moment et la banque ne peut refuser un contrat équivalent sans motiver chaque grief par écrit sous dix jours ouvrés ; enfin, votre acompte reste intégralement remboursable si la condition suspensive échoue malgré des démarches sérieuses. À Paris et en Île-de-France, où chaque semaine de retard menace l’acte authentique, la méthode compte autant que le droit : double demande de prêt, devis individuel précoce, mise en demeure rapide, dossier de preuves complet. Les acheteurs qui appliquent cette discipline sauvent leur achat et économisent souvent des milliers d’euros d’assurance. Si votre banque ou votre assureur persiste dans un refus que cet article montre illégal, faites constater le blocage par écrit et saisissez sans attendre un avocat : chaque jour compte pour votre logement.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».