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Bail commercial impayé : sauver votre bail face à la clause résolutoire depuis la réforme du 26 mai 2026

Un huissier se présente dans votre boutique, votre restaurant ou vos bureaux et vous remet un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail : loyers impayés, charges, taxe foncière refacturée, à régler sous un mois sous peine de résiliation de plein droit. En septembre 2026, cette scène prend un tour plus serré qu’avant, car la loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a réécrit les règles du sauvetage. Depuis l’entrée en vigueur de cette réforme, le locataire qui demande au juge des délais et la suspension de la clause résolutoire doit prouver sa capacité à régler la dette locative et avoir repris le versement intégral du loyer courant avant la première audience. La bienveillance du juge ne suffit plus : c’est un dossier financier solide, constitué vite, qui décide du sort du bail, donc du local, de l’emplacement et souvent du fonds de commerce lui-même. Cet article explique la méthode complète, textes en vigueur au 16 septembre 2026 et deux arrêts récents de la Cour de cassation cités mot pour mot : contrôler la régularité du commandement dans le mois, payer et négocier utilement, puis construire devant le juge le dossier de suspension exigé par le nouveau texte.

I. Recevoir un commandement visant la clause résolutoire : réagir dans le mois qui décide de tout

Le commandement de payer n’est pas une simple relance : c’est l’acte qui fait courir le délai d’un mois au terme duquel la résiliation est acquise si la dette n’est pas apurée et si le juge n’a pas suspendu la clause. Tout ce que vous faites pendant ce mois — payer, contester, négocier, saisir le juge — pèse sur la suite. Deux réflexes s’imposent dès réception : vérifier que le commandement et la clause sont réguliers, car une irrégularité paralyse toute la procédure du bailleur, puis traiter la dette elle-même sans attendre la fin du délai.

A. Contrôler la régularité du commandement et de la clause résolutoire avant de payer quoi que ce soit

La loi enferme la clause résolutoire dans un formalisme strict, et ce formalisme est votre premier moyen de défense. L’article L. 145-41 du Code de commerce dispose : « Toute clause insérée dans le bail prévoyant la résiliation de plein droit ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux. Le commandement doit, à peine de nullité, mentionner ce délai. » Chaque mot compte : le commandement doit viser expressément la clause résolutoire du bail, détailler les sommes réclamées et reproduire le délai d’un mois. S’il omet la mention du délai, s’il vise une clause inexistante ou s’il est délivré pour une dette manifestement erronée dans son montant, vous tenez une cause de nullité à soulever devant le juge, et la résiliation ne peut pas être acquise sur un acte nul.

Le contrôle porte ensuite sur la clause elle-même. Certaines rédactions anciennes prévoient un délai de régularisation inférieur à un mois, par exemple quinze jours après mise en demeure. Ces clauses heurtent une règle d’ordre public, et la sanction est lourde pour le bailleur : elles sont réputées non écrites. L’article L. 145-15 du Code de commerce répute en effet non écrites les clauses, stipulations et arrangements qui font échec aux protections du statut des baux commerciaux, notamment celles des articles L. 145-37 à L. 145-41. La Cour de cassation applique cette sanction sans hésiter. Dans un arrêt du 6 novembre 2025, la troisième chambre civile a jugé : « Une clause résolutoire insérée dans un bail commercial prévoyant un délai inférieur à un mois après commandement resté infructueux a pour effet de faire échec aux dispositions d’ordre public de l’article L. 145-41 du code de commerce et doit être réputée non écrite si le bail est en cours au jour de l’entrée en vigueur de la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 » (Cass. 3e civ., 6 novembre 2025, n° 23-21.334). Dans la même décision, la Cour rappelle la formule de base que tout dirigeant doit connaître par cœur : une résiliation de plein droit un mois après un commandement demeuré infructueux, avec mention de ce délai à peine de nullité.

Concrètement, dès réception du commandement, faites vérifier quatre points par votre conseil : la signification par un commissaire de justice dans les formes requises, le visa exprès de la clause résolutoire avec sa reproduction ou sa référence précise, la mention du délai d’un mois, et le décompte détaillé des sommes — loyers, charges, accessoires — rapporté aux quittances et aux versements déjà effectués. Les litiges naissent souvent du décompte : une taxe foncière refacturée à tort, une indexation contestable ou des charges non justifiées gonflent artificiellement la dette. Sur l’indexation, une hausse automatique du loyer sans plafond fait justement l’objet d’un contentieux nourri, comme l’illustre notre analyse de l’arrêt du 3 septembre 2026 sur la hausse automatique du loyer commercial. Sur les charges et la taxe foncière, dont la répartition contractuelle alimente une part importante des impayés, notre étude sur la taxe foncière et les charges dans le bail commercial détaille les clauses à contrôler ligne par ligne. Si le décompte est faux, contestez-le par écrit immédiatement, en chiffrant ce que vous reconnaissez devoir et ce que vous refusez, pièces à l’appui : un commandement délivré pour une dette inexistante expose en outre le bailleur à engager sa responsabilité, car l’article 1240 du Code civil dispose que « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. »

B. Payer, reprendre le loyer courant et négocier avant l’expiration du délai d’un mois

Une fois le commandement contrôlé, le temps joue contre vous : chaque jour sans paiement ni démarche rend la résiliation plus probable et affaiblit votre future demande de délais. La priorité absolue, depuis la réforme du 26 mai 2026, consiste à reprendre le versement intégral du loyer courant, c’est-à-dire le loyer du mois en cours et des mois suivants, indépendamment de l’arriéré. Le nouvel article L. 145-41 du Code de commerce, issu de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, conditionne en effet la suspension de la clause à la reprise du versement intégral du loyer courant avant la date de la première audience. Un dirigeant qui laisse filer de nouveaux impayés après le commandement se présente donc devant le juge en position perdante, même si ses difficultés sont réelles. Reprenez les paiements courants par des moyens traçables — virement avec mention du mois concerné — et conservez chaque preuve : ce sont elles qui établiront votre bonne foi et votre capacité de redressement.

Traitez ensuite l’arriéré lui-même. Si la trésorerie le permet, payez l’intégralité des sommes reconnues dues avant l’expiration du mois : la clause est alors privée d’effet, puisque le commandement est devenu sans objet, et le bail se poursuit. Si le paiement intégral est impossible, versez ce que vous pouvez, en affectant chaque versement par écrit à une échéance précise, et adressez au bailleur une proposition chiffrée d’apurement — montant, mensualités, date de fin — par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette démarche n’efface pas la dette, mais elle démontre au juge que vous avez agi en gestionnaire responsable dès le premier jour, et elle ouvre la voie à un protocole d’accord transactionnel qui, une fois signé, suspend la menace : le bailleur qui transige renonce à se prévaloir du commandement pour la période couverte, à condition de respecter scrupuleusement l’échéancier convenu.

La négociation mérite d’être menée avec méthode. Demandez au bailleur un décompte arrêté et contradictoire, proposez un échéancier réaliste adossé à votre prévisionnel de trésorerie, et, si le bailleur exige des garanties, envisagez une caution bancaire ou un dépôt de garantie complémentaire plutôt qu’une reconnaissance de dette qui aggraverait votre exposition. Méfiez-vous des fausses solutions : promettre oralement de « rattraper le retard » sans écrit ni calendrier ne suspend rien et ne prouve rien ; cesser de payer le loyer courant pour « faire pression » en retour détruit vos chances devant le juge depuis la réforme ; quitter les lieux sans organiser la restitution des clés n’éteint pas la dette et fait courir une indemnité d’occupation. Si aucun accord n’émerge avant la fin du mois, ne subissez pas l’assignation : saisissez vous-même le juge pour solliciter des délais de paiement et la suspension de la clause, car l’initiative procédurale vous place en demandeur du sauvetage plutôt qu’en défendeur de l’expulsion.

II. Sauver le bail devant le juge depuis la réforme du 26 mai 2026 : prouver votre capacité à payer

Passé le mois du commandement sans apurement complet, le sort du bail se joue devant le juge, saisi soit par le bailleur qui demande de constater l’acquisition de la clause et d’ordonner l’expulsion, soit par vous qui sollicitez des délais. La réforme a transformé cet office du juge : là où les magistrats appréciaient largement la situation du débiteur, ils doivent désormais vérifier deux conditions préalables avant d’accorder le moindre délai pour une dette de loyers commerciaux. Comprendre ces deux conditions et préparer le dossier qui les établit, c’est l’essentiel du contentieux actuel.

A. Réunir les deux conditions nouvelles : capacité à régler la dette et reprise du loyer courant

Le verrou posé par la réforme tient en une phrase de l’article L. 145-41 du Code de commerce, à lire attentivement : « L’octroi de délai de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire pour non-paiement des loyers sont, par ailleurs, conditionnés à la capacité du preneur à régler la dette locative et à la reprise du versement intégral du loyer courant avant la date de la première audience. » Ces deux conditions sont cumulatives : démontrer votre capacité sans avoir repris le loyer courant, ou payer le loyer courant sans établir de capacité d’apurement, ne suffit pas. Et la date butoir est précoce — la première audience — ce qui signifie que le dossier doit être prêt dès l’assignation, pas construit au fil de la procédure.

La capacité à régler la dette se prouve par des pièces, jamais par des affirmations. Constituez un dossier financier lisible : bilans et comptes de résultat des deux derniers exercices, balance comptable récente, relevés bancaires des trois derniers mois, prévisionnel de trésorerie sur douze mois intégrant l’échéancier d’apurement proposé, carnet de commandes ou contrats en cours attestant de la poursuite de l’activité, et tout élément exceptionnel expliquant l’impayé — sinistre, travaux du bailleur non réalisés, perte d’un client majeur, retards de paiement de vos propres débiteurs. Si votre société est fragile, un engagement écrit d’un associé d’apporter des fonds en compte courant, une ligne de crédit confirmée ou une garantie bancaire renforcent décisivement la démonstration. Le juge ne vous demande pas d’être riche : il vous demande de rendre crédible, chiffres à l’appui, que l’échéancier proposé sera tenu. Les demandes fondées sur de simples difficultés passées, sans projection ni garantie, sont désormais rejetées, et c’est précisément ce durcissement que la réforme recherchait.

Lorsque ces deux conditions sont réunies, le juge retrouve son pouvoir d’étaler la dette. L’article 1343-5 du Code civil lui permet, « compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier », de « reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues ». Concrètement, le tribunal peut accorder jusqu’à vingt-quatre mensualités pour apurer l’arriéré tout en suspendant les effets de la clause résolutoire, à condition de respecter l’échéancier fixé et de continuer à payer le loyer courant. Cette suspension n’est pas une annulation : elle met la résiliation entre parenthèses tant que vous exécutez le plan. Le moindre manquement ravive la clause, comme nous le verrons. Préparez donc un échéancier que vous êtes certain de tenir — mensualités calées sur vos encaissements réels, marge de sécurité, sort fiscal et social intégré — plutôt qu’un calendrier héroïque qui s’effondrera au troisième mois. Ajoutez à votre dossier les preuves de la reprise du loyer courant : relevés de virements avec les mois imputés, attestations bancaires, échanges avec le bailleur. Le jour de la première audience, ces deux liasses — capacité et reprise du courant — doivent être entre les mains du juge : c’est sur elles, et d’abord sur elles, que se joue la suspension.

B. Quand la clause est acquise : expulsion, indemnité d’occupation et derniers leviers du locataire

Si le mois du commandement s’est écoulé sans paiement ni suspension judiciaire, ou si l’échéancier accordé par le juge n’a pas été respecté, la clause résolutoire est acquise et le bail est résilié de plein droit. À ce stade, le bailleur peut faire ordonner l’expulsion et réclamer une indemnité d’occupation, généralement fixée au montant du dernier loyer augmenté des charges, jusqu’à la libération effective des lieux. La tentation est grande, pour le locataire, d’invoquer la sévérité du bailleur ou la modicité du solde restant dû. La Cour de cassation a fermé cette porte : dans un arrêt du 26 octobre 2023, la troisième chambre civile a jugé « que lorsqu’une ordonnance de référé passée en force de chose jugée a accordé au titulaire d’un bail à usage commercial des délais pour régler un arriéré de loyers et le loyer courant en suspendant la réalisation de la clause résolutoire, le non-respect de ces délais rend la clause définitivement acquise sans que la mauvaise foi de la bailleresse à s’en prévaloir puisse y faire obstacle » (Cass. 3e civ., 26 octobre 2023, n° 22-16.216). Autrement dit, une fois l’échéancier judiciaire violé, ni le faible montant du reliquat ni le comportement du bailleur ne sauvent le bail : l’exécution exacte du plan accordé est vitale, au mois près.

Il reste des leviers, mais ils sont techniques et doivent être actionnés vite. D’abord, le juge conserve le pouvoir de moduler les sanctions financières : si le bail stipule une clause pénale — par exemple une majoration forfaitaire en cas d’impayé — l’article 1231-5 du Code civil prévoit que « Lorsque le contrat stipule que celui qui manquera de l’exécuter paiera une certaine somme à titre de dommages et intérêts, il ne peut être alloué à l’autre partie une somme plus forte ni moindre », tout en ajoutant que « le juge peut, même d’office, modérer ou augmenter la pénalité ainsi convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire ». Demandez systématiquement la modération des pénalités manifestement excessives au regard du préjudice réel du bailleur. Ensuite, vérifiez que la résiliation n’a pas été constatée en violation des règles de procédure : une assignation irrégulière, un décompte erroné ou un commandement nul rouvrent le débat, et la nullité du commandement peut encore être soulevée. Enfin, face à une demande d’expulsion en référé, contestez pied à pied l’urgence et le montant réclamé : l’article 835 du Code de procédure civile permet au juge des référés d’accorder une provision au créancier « Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable », ce qui signifie, en miroir, que toute contestation sérieuse sur le principe ou le montant de la dette fragilise la demande du bailleur et peut faire renvoyer l’affaire au fond, gagnant un temps précieux pour négocier un départ organisé plutôt qu’une expulsion subie.

La résiliation emporte aussi une conséquence patrimoniale souvent sous-estimée : le locataire expulsé perd le droit au renouvellement et donc l’indemnité d’éviction qui compense la perte du fonds. L’article L. 145-14 du Code de commerce n’ouvre cette indemnité, « égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement », qu’au locataire évincé d’un bail en cours ; une fois la résiliation acquise par la clause, il n’y a plus de renouvellement à refuser et plus d’indemnité à espérer, alors même que l’article 1229 du Code civil rappelle que la résolution « met fin au contrat ». C’est pourquoi, lorsque le maintien dans les lieux devient impossible, mieux vaut négocier une sortie amiable — congé accepté, cession du bail ou du fonds avec l’accord du bailleur, restitution anticipée contre abandon partiel de la dette — qui préservera une partie de la valeur du fonds, plutôt que de subir une expulsion qui anéantit tout. Sur le terrain des principes, l’article 1228 du Code civil offre d’ailleurs au juge, « selon les circonstances », le choix entre « constater ou prononcer la résolution ou ordonner l’exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur, ou allouer seulement des dommages et intérêts » : chaque fois que l’exécution du bail reste possible, plaidez l’exécution — reprise des paiements et apurement — plutôt que la rupture.

À Paris et en Île-de-France, ces enjeux se présentent avec une intensité particulière. Les loyers commerciaux parisiens, parmi les plus élevés de France, transforment quelques mois d’impayés en dettes de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce qui rend la preuve de la capacité d’apurement plus exigeante : un échéancier crédible devant le tribunal judiciaire de Paris intègre le niveau réel des loyers du ressort, les charges locatives franciliennes et la saisonnalité de l’activité. La procédure se déroule devant le tribunal judiciaire de Paris ou, pour les locaux situés en petite et grande couronne, devant les tribunaux judiciaires du ressort — Nanterre, Bobigny, Créteil, Évry, Versailles, Pontoise, Meaux ou Melun — et les référés d’expulsion y sont audiencés rapidement, ce qui renforce l’impératif de constituer le dossier de suspension dès l’assignation. Préparez aussi la dimension pratique francilienne : attestation d’assurance des locaux, justificatifs de paiement des charges de copropriété commerciale, échanges avec le syndic, et, pour les commerces de bouche ou les établissements recevant du public, autorisations administratives à jour, car un bailleur parisien n’hésite pas à cumuler les griefs — impayé, défaut d’assurance, destination des lieux — pour verrouiller la résiliation. Enfin, anticipez la libération des lieux si l’expulsion devient inévitable : déménageurs, garde-meubles, transfert du fonds ou cession de droit au bail s’organisent en semaines en Île-de-France, et un départ négocié avant le concours de la force publique préserve votre réputation commerciale et vos relations bancaires.

Conclusion

Depuis la loi du 26 mai 2026, le locataire commercial impayé ne peut plus compter sur la seule indulgence du juge : il doit prouver, avant la première audience, qu’il est capable d’apurer sa dette et qu’il a repris le paiement intégral du loyer courant. Cette double exigence ne rend pas le sauvetage impossible, mais elle le rend méthodique : contrôler la régularité du commandement et de la clause dès réception, payer le courant sans interruption, chiffrer l’arriéré et le contester quand le décompte est faux, négocier un échéancier réaliste, puis présenter au juge un dossier financier qui rend l’apurement crédible. Chaque étape manquée resserre l’étau, et l’arrêt du 26 octobre 2023 rappelle qu’un échéancier judiciaire violé, même à la marge, rend la clause définitivement acquise. À l’inverse, un dirigeant qui réagit dans le mois, paie le courant et documente sa capacité conserve de sérieux atouts : suspension de la clause, étalement sur vingt-quatre mois, modération des pénalités, voire sortie négociée qui sauve la valeur du fonds. Face à un commandement visant la clause résolutoire, la bonne attitude tient donc en un principe simple : agir vite, payer le courant, prouver par écrit. Le reste — délais, suspension, négociation — suivra si le dossier est solide.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».