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Appel de fonds pour travaux reçu en septembre 2026 : payer sans risque, contester l’AG en deux mois et bloquer un recouvrement abusif

La rentrée des copropriétés réserve chaque année une surprise désagréable à de nombreux propriétaires : l’appel de fonds pour travaux. Votés en assemblée générale au printemps ou à la rentrée, ravalement de façade, réfection de toiture, remplacement de chaudière collective ou mise aux normes des ascenseurs se traduisent en septembre par des appels de plusieurs milliers d’euros, parfois plus de dix mille dans les immeubles parisiens. Faut-il payer immédiatement ? Peut-on refuser quand les travaux semblent inutiles ou le montant disproportionné ? Que risque-t-on si l’on ne paie pas ? Le droit de la copropriété répond avec précision : le syndic dispose d’une procédure de recouvrement redoutable qui rend toutes les sommes exigibles après une simple mise en demeure, mais le copropriétaire qui conteste dans les formes et dans les délais dispose de vraies armes, à commencer par l’action en annulation de la décision d’assemblée dans les deux mois de sa notification. Ce guide explique comment vérifier un appel de fonds reçu, quand payer pour éviter l’exigibilité immédiate, et comment contester utilement, y compris à Paris et en Île-de-France où les programmes de travaux votés atteignent des montants record.

I. Appel de fonds pour travaux reçu : ce que le syndic peut exiger et ce que vous devez vérifier

Un appel de fonds n’est jamais une facture comme une autre : il procède toujours d’un vote de l’assemblée générale, budget prévisionnel, travaux décidés ou cotisation au fonds de travaux. Avant de payer ou de contester, il faut donc remonter à la source et vérifier trois choses : que la dépense a bien été votée par une assemblée, que votre quote-part respecte les règles de répartition, et que l’appel suit la procédure légale. Le syndic qui réclame des sommes sans décision d’assemblée, ou sur une clé de répartition contraire au règlement de copropriété, s’expose à voir sa demande rejetée. À l’inverse, un appel régulier doit être payé à sa date d’exigibilité, car le refus expose à une procédure accélérée devant le tribunal judiciaire.

A. Budget, provisions trimestrielles et fonds de travaux : d’où vient la somme réclamée

Les charges courantes de l’immeuble sont financées par un budget voté chaque année. La loi dispose : « Pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. » Chaque copropriétaire verse ensuite des provisions : « Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes. » Et le calendrier est fixé par la loi : « La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale. » L’appel de fonds du quatrième trimestre, envoyé en septembre, correspond donc en principe au quart du budget annuel, sauf modalités différentes votées par l’assemblée. Vérifiez d’abord que cet appel correspond bien à ce quart et à la période indiquée, car toute somme qui dépasse le budget voté sans décision de travaux correspondante doit être justifiée séparément.

Les travaux votés suivent un régime distinct du budget courant. Ils sont appelés selon les modalités votées par l’assemblée générale, en une ou plusieurs fois, et répartis entre les copropriétaires selon les règles du règlement de copropriété. La répartition obéit à un principe de justice : « Les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées. » Un copropriétaire du rez-de-chaussée ne paie pas l’ascenseur comme celui du sixième étage, et les charges d’un équipement dont votre lot ne bénéficie pas ne peuvent pas vous être imputées. Le règlement de copropriété doit permettre ce contrôle, puisque « Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges. » Demandez au syndic le procès-verbal de l’assemblée qui a voté les travaux, le plan de financement avec l’échéancier des appels, et le détail de votre quote-part par catégorie de charges. Sans ces documents, vous ne pouvez pas vérifier ce que l’on vous réclame, et c’est au syndic de les produire.

Troisième source possible de l’appel : la cotisation au fonds de travaux, rendue obligatoire pour faire face aux grosses réparations à venir. La loi prévoit que « Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire. » Chaque copropriétaire y contribue selon les mêmes modalités que les provisions du budget prévisionnel. Attention à la nature de ces versements : « Les sommes versées au titre du fonds de travaux sont attachées aux lots et entrent définitivement, dès leur versement, dans le patrimoine du syndicat des copropriétaires. Elles ne donnent pas lieu à un remboursement par le syndicat des copropriétaires à l’occasion de la cession d’un lot. » Si vous vendez votre appartement, vous ne récupérez pas vos cotisations au fonds de travaux : elles restent acquises au syndicat, même si les travaux n’ont pas encore été réalisés. Tout au plus pouvez-vous convenir avec l’acquéreur qu’il vous en verse l’équivalent en sus du prix, ce qui se négocie dans le compromis. Un appel de fonds de septembre qui mélange provisions courantes, échéance de travaux votés et cotisation au fonds de travaux doit distinguer les trois lignes, car les recours et les délais ne sont pas les mêmes pour chacune.

En pratique, exigez du syndic, par lettre recommandée ou par courrier électronique suivi, le procès-verbal complet de l’assemblée générale qui a voté chaque dépense, avec le détail des votes et la majorité atteinte, le budget prévisionnel et le plan de financement des travaux, ainsi que le décompte individuel de vos tantièmes par catégorie de charges. Comparez les montants appelés avec ceux qui ont été votés : un écart, même modeste, doit être expliqué. Vérifiez aussi que les travaux votés correspondent bien à des parties communes et non à des embellissements privatifs, et que la clé de répartition appliquée est celle du règlement de copropriété. Cette vérification documentaire prend quelques jours mais conditionne toute la suite : payer un appel irrégulier sans réserve complique la contestation ultérieure, tandis qu’une demande écrite de justificatifs restée sans réponse fragilise le syndic devant le juge.

B. Mise en demeure et exigibilité immédiate : comment le syndic peut vous poursuivre

Le mécanisme de recouvrement des charges de copropriété est l’un des plus efficaces du droit français, et il faut le connaître avant de décider de ne pas payer. La loi organise une exigibilité immédiate de toute la dette : « A défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. » Concrètement, si vous ne payez pas l’appel du quatrième trimestre dans les trente jours de la mise en demeure, le syndic peut exiger d’un coup toutes les provisions de l’année et tous les arriérés des exercices précédents. Le juge saisi statue vite : « Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. » Et ce régime vaut aussi pour le fonds de travaux, puisque « Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1. » Refuser de payer un appel régulier, c’est donc s’exposer à une condamnation rapide pour l’intégralité de la dette, avec les intérêts et souvent des dommages et intérêts.

Mais cette arme redoutable est encadrée, et la Cour de cassation vient de le rappeler à deux reprises en 2026. D’abord, la mise en demeure doit être précise : saisie sur avis, la troisième chambre civile a jugé « la mise en demeure visée à l’article précité, qui constitue le préalable nécessaire à l’introduction de l’instance sur le fondement de ce texte, doit indiquer avec précision la nature et le montant des provisions réclamées, à peine d’irrecevabilité de la demande. » Une mise en demeure globale qui réclame une somme forfaitaire sans détailler les provisions, les exercices et les travaux concernés ne permet pas au syndic d’agir en justice. Dans l’arrêt du 18 juin 2026, la Cour a ainsi cassé une condamnation de plus de 77 000 euros parce que la cour d’appel n’avait pas vérifié « si la mise en demeure du 11 juin 2021 détaillait le montant des provisions dues au titre de l’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965 restées impayées, ni constater la défaillance de Mme [O] dans le règlement desdites sommes dans le mois suivant la mise en demeure ». Si la mise en demeure que vous recevez se borne à un montant global sans ventilation, contestez sa régularité par écrit : c’est un moyen d’irrecevabilité que le juge doit examiner.

Ensuite, le syndic ne peut pas tout réclamer d’un coup sans respecter le périmètre de chaque mise en demeure. Dans un second arrêt du 15 janvier 2026, la Cour a jugé « le syndicat des copropriétaires n’est recevable à agir sur le fondement de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 qu’en paiement de provisions dues au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, ayant fait l’objet d’une mise en demeure », ajoutant qu’il ne peut réclamer les provisions des exercices postérieurs que s’il justifie d’une nouvelle mise en demeure pour une provision restée impayée. Autrement dit, chaque vague d’appels impayés doit faire l’objet de sa propre mise en demeure détaillée. Face à une assignation qui empile plusieurs années de charges, vérifiez année par année quelle mise en demeure couvre quelles sommes : les exercices non visés par une mise en demeure régulière doivent être écartés. Cette vérification se fait pièces en main, mise en demeure contre décompte, et elle réduit souvent la dette réclamée de façon substantielle.

Pendant cette phase, ne cessez jamais tout paiement sans stratégie. Si l’appel vous semble contestable mais que le risque d’exigibilité immédiate est réel, la conduite prudente consiste à payer sous réserve écrite de contestation, en indiquant dans le courrier d’accompagnement que le paiement ne vaut pas reconnaissance de la dette et que vous entendez contester la décision d’assemblée ou la répartition. Ce paiement conservatoire bloque la procédure accélérée du syndic tout en préservant vos recours. À l’inverse, si la mise en demeure est manifestement irrégulière ou si les sommes n’ont jamais été votées, répondez par écrit en détaillant chaque grief et en invitant le syndic à justifier sa créance avant toute action. Dans tous les cas, conservez les enveloppes, les accusés de réception et les relevés : les délais se comptent en jours et la preuve de la date de réception décide souvent du procès.

II. Refuser de payer et contester : délais couperets, recours et vente du lot

Quand la vérification révèle une décision d’assemblée illégale, une répartition contraire au règlement ou des travaux jamais votés, la contestation devient légitime. Mais elle obéit à des délais couperets qu’il faut respecter à la lettre : deux mois pour attaquer la décision d’assemblée, sous peine de déchéance définitive. Passé ce délai, la décision devient incontestable même si elle est entachée d’irrégularités, sauf à agir sur d’autres fondements comme la révision des charges. Comprendre qui peut agir, dans quel délai et devant quel juge, c’est la condition pour transformer un appel de fonds subi en décision annulée.

A. Contester la décision d’assemblée en deux mois : opposants, défaillants et point de départ du délai

Seuls certains copropriétaires peuvent contester : ceux qui ont voté contre la résolution ou qui étaient absents et non représentés, jamais ceux qui l’ont approuvée. Et le délai est bref. La loi dispose : « Les actions en contestation des décisions des assemblées générales doivent, à peine de déchéance, être introduites par les copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d’assemblée, sans ses annexes. » La déchéance signifie qu’une action introduite même un jour trop tard est irrecevable, sans examen du fond. Le délai court à partir de la notification, que le syndic doit adresser vite : « Cette notification est réalisée par le syndic dans le délai d’un mois à compter de la tenue de l’assemblée générale. » Si vous étiez opposant ou défaillant lors d’une assemblée de juin ou de septembre qui a voté des travaux, surveillez donc votre courrier : le compte à rebours des deux mois commence à la réception du procès-verbal, et c’est une assignation devant le tribunal judiciaire qu’il faut délivrer avant son expiration, pas une simple lettre de protestation.

La Cour de cassation a durci encore ce délai dans un arrêt du 16 avril 2026 qui concerne directement les copropriétaires distraits. Elle a d’abord rappelé le cadre : « les actions en contestation des décisions des assemblées générales doivent, à peine de déchéance, être introduites par les copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d’assemblée. Cette notification est réalisée par le syndic dans le délai d’un mois à compter de la tenue de l’assemblée générale. » Puis elle a tranché la question du pli jamais retiré : « La loi ne distinguant pas, selon que le pli recommandé est ou non retiré par son destinataire, pour fixer le point de départ du délai de deux mois pour agir en contestation des décisions d’une assemblée générale de copropriétaires, ce délai court, dans tous les cas, à compter du lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée, de notification du procès-verbal de l’assemblée générale, au domicile du destinataire. » Ne pas retirer le recommandé du syndic ne suspend donc rien : le délai court dès la première présentation. Si un avis de passage du facteur mentionne un recommandé du syndic, allez le chercher sans attendre et notez la date de première présentation, car c’est elle qui fait courir vos deux mois.

Que peut-on invoquer au fond pour faire annuler la décision ? Les moyens classiques sont le défaut de convocation régulière, l’ordre du jour incomplet qui ne permettait pas de voter les travaux en connaissance de cause, l’absence de devis ou de mise en concurrence joints à la convocation pour des travaux importants, la majorité requise non atteinte avec des votes comptés à tort, ou la décision contraire au règlement de copropriété et à la destination de l’immeuble. Chaque moyen doit être prouvé par les pièces de la convocation et du procès-verbal, que le syndic doit vous communiquer. L’assignation doit viser précisément les résolutions contestées et chiffrer les appels de fonds correspondants, en demandant au tribunal de suspendre si possible les appels en cours. Notez que la contestation ne suspend pas automatiquement le paiement : sauf décision du juge, les appels restent exigibles pendant le procès, d’où l’intérêt du paiement sous réserve évoqué plus haut. Pour le cas particulier où le délai de deux mois est déjà dépassé, notre dossier sur la contestation d’une décision d’assemblée après le délai expose les recours résiduels, notamment l’action en révision des charges et la responsabilité du syndic.

En parallèle de l’action en annulation, deux autres voies existent selon les cas. Si la répartition des charges prévue par le règlement de copropriété est elle-même inéquitable ou illégale, une action en révision ou en nullité de cette répartition peut être portée devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble, indépendamment du délai de deux mois. Si le syndic a commis des fautes dans la préparation des travaux, devis de complaisance, absence de mise en concurrence, surfacturation, sa responsabilité peut être recherchée et sa révocation demandée en assemblée générale. Enfin, si les travaux votés n’ont jamais été réalisés alors que les fonds ont été appelés, exigez la reddition des comptes et, à défaut, agissez en restitution : un appel de fonds sans travaux correspondants n’a pas de cause. Chacune de ces actions demande un dossier chiffré et daté, avec les procès-verbaux, les devis comparés et la correspondance avec le syndic.

B. Copropriétaire à Paris et en Île-de-France : tribunal compétent, pièces et stratégie

À Paris et en Île-de-France, les appels de fonds pour travaux atteignent des niveaux qui justifient à eux seuls une stratégie rigoureuse : ravalements haussmanniens, réfections de toitures parisiennes, remplacement de chaudières collectives au fioul et mises aux normes d’ascenseurs anciens se chiffrent couramment entre 5 000 et 20 000 euros par lot, parfois davantage dans les grands ensembles. Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble : à Paris, le tribunal judiciaire de Paris ; en petite et grande couronne, celui du département concerné. L’assignation en contestation d’assemblée comme l’assignation en révision des charges relèvent de ce tribunal, et la procédure accélérée du syndic y est jugée par son président. Les délais parisiens de mise en état et d’audiencement imposent d’agir tôt : une assignation délivrée dans les deux mois avec un dossier complet sera enrôlée et plaidée bien plus vite qu’un dossier approximatif qui nécessitera des renvois.

Constituez dès réception de l’appel un dossier comprenant le règlement de copropriété avec l’état descriptif de division, les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale avec leurs annexes financières, la convocation de l’assemblée qui a voté les travaux avec les devis joints, le décompte individualisé de vos appels avec vos tantièmes par catégorie, toute la correspondance avec le syndic y compris les mises en demeure avec leurs enveloppes datées, et vos quittances de paiement. Si vous étiez absent à l’assemblée, conservez la preuve de votre défaillance, convocation non reçue ou empêchement, et si vous avez voté contre, l’extrait du procès-verbal qui mentionne votre vote. Faites établir par un professionnel indépendant, architecte ou bureau d’études, un avis sur l’utilité et le coût des travaux lorsque le montant est élevé : un chiffrage concurrent pèse lourd devant le tribunal pour démontrer la disproportion. À Paris, les copropriétés anciennes cumulent souvent plan pluriannuel de travaux, diagnostic de performance énergétique collectif et injonctions administratives, ravalement ou mise en sécurité : vérifiez que chaque appel correspond à une décision distincte et que le syndic ne mélange pas les enveloppes.

La stratégie gagnante combine en général trois temps : d’abord la demande écrite de justificatifs qui fige les positions et fait courir les délais de réponse du syndic, ensuite le paiement sous réserve des appels exigibles pour paralyser la procédure accélérée, enfin l’assignation en annulation dans les deux mois avec des moyens précis et chiffrés. Si vous envisagez de vendre votre lot pour échapper aux travaux, sachez que l’acquéreur sera tenu des appels votés avant la vente mais non encore payés selon la répartition légale entre vendeur et acquéreur, et que les cotisations au fonds de travaux déjà versées restent acquises au syndicat : intégrez ces sommes dans la négociation du prix plutôt que de les découvrir chez le notaire. Et si le syndic vous assigne en paiement avant que vous ayez pu contester, soulevez l’irrégularité de la mise en demeure et l’absence de vote ou de répartition régulière comme moyens de défense, tout en formant une demande reconventionnelle en annulation si le délai de deux mois court encore. À Paris comme en Île-de-France, le copropriétaire informé et rapide renverse le rapport de force : le syndic redoute le copropriétaire qui connaît les délais autant que les montants.

Conclusion

L’appel de fonds pour travaux reçu en septembre n’est ni une fatalité ni un chèque en blanc au syndic : c’est l’aboutissement d’une chaîne de décisions que vous avez le droit de contrôler à chaque maillon. Les réflexes efficaces s’enchaînent dans l’ordre : identifier la décision d’assemblée qui fonde chaque ligne de l’appel, vérifier votre quote-part au regard du règlement de copropriété, exiger les procès-verbaux et les devis manquants, payer sous réserve quand l’exigibilité immédiate menace, et assigner en annulation dans les deux mois de la notification du procès-verbal si la décision est contestable. La jurisprudence de 2026 renforce les deux plateaux de la balance : le syndic recouvre vite et fort grâce à l’exigibilité immédiate, mais seulement avec une mise en demeure détaillée exercice par exercice, et le copropriétaire conteste dans un délai couperet qui court même sans retirer le recommandé. À Paris et en Île-de-France où les programmes de travaux pèsent le plus lourd, cette discipline documentaire et calendaire fait la différence entre un appel subi et une décision annulée. Agissez par écrit, chiffrez chaque poste et respectez les délais : c’est ainsi que le droit de la copropriété devient une protection effective.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».