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Taxe d’habitation, logement vacant ou résidence secondaire à Paris : que déclarer avant la surtaxe 2027 ?

Le 18 juillet 2026, la Ville de Paris a annoncé l’adoption d’une surtaxe destinée aux logements vacants, avec l’objectif affiché de remettre environ 20 000 biens sur le marché. Pour les propriétaires parisiens, le sujet n’est pas seulement politique : il devient immédiatement pratique. Un appartement fermé pendant des travaux, un logement hérité en indivision, un pied-à-terre meublé, une résidence secondaire occupée quelques semaines ou un bien laissé vide avant une vente ne relèvent pas toujours du même régime fiscal. La difficulté tient à la qualification retenue au 1er janvier de l’année d’imposition.

La question à se poser n’est donc pas seulement : « vais-je payer une taxe ? ». Elle est plus précise : le bien est-il une résidence secondaire, un logement vacant, un local réellement occupé, ou un logement dont la vacance échappe à la volonté du propriétaire ? Cette qualification commande la déclaration d’occupation, le montant réclamé, les preuves à conserver et le délai de réclamation. À Paris et en Île-de-France, où les contrôles et les tensions locatives sont élevés, une mauvaise réponse peut déclencher une imposition contestable, mais aussi une défense difficile si le dossier de preuve n’a pas été préparé dès le départ.

I. Taxe habitation logement vacant ou résidence secondaire : comment qualifier le bien au 1er janvier 2027 ?

A. Logement vacant, résidence secondaire ou local occupé : les critères fiscaux à vérifier

La première étape consiste à séparer trois situations que les propriétaires confondent souvent. La résidence secondaire est un logement meublé qui reste à la disposition d’une personne, sans être sa résidence principale. Le logement vacant est un logement non occupé dans des conditions suffisantes, souvent non utilisé pendant une période longue. Le local occupé par un locataire, un indivisaire, un occupant autorisé ou le propriétaire lui-même relève encore d’une autre analyse. La réponse ne dépend pas seulement du sentiment du propriétaire, ni du fait que le logement soit « rarement utilisé ». Elle dépend des textes fiscaux, des faits existant au 1er janvier et des preuves capables de les établir.

Pour la résidence secondaire, l’article 1407 du code général des impôts donne le point de départ : « La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est due pour tous les locaux meublés conformément à leur destination d’habitation autre qu’à titre principal ». Le critère essentiel est donc la disponibilité d’un local meublé pour l’habitation, hors résidence principale. Un studio parisien conservé pour les week-ends, un appartement familial utilisé pendant les vacances, ou un pied-à-terre gardé pour des raisons professionnelles peut être traité comme une résidence secondaire si le mobilier permet une occupation normale.

Le redevable n’est pas toujours celui qui se présente comme propriétaire dans la conversation. L’article 1408 du code général des impôts prévoit que « La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. » Cette formule vise la personne qui dispose réellement du logement. Elle devient importante dans les familles, les successions, les séparations et les indivisions, lorsqu’une personne occupe ou contrôle le bien tandis que les autres ne l’utilisent pas.

La date d’appréciation est également décisive. L’article 1415 du code général des impôts indique que les taxes concernées « sont établies pour l’année entière d’après les faits existants au 1er janvier de l’année de l’imposition. » Cette règle explique de nombreux litiges : un bail signé en février, une vente en mars, des travaux lancés après les fêtes ou un emménagement au printemps ne suffisent pas toujours à effacer la situation du 1er janvier. Le propriétaire doit donc documenter l’état du bien à cette date précise, pas seulement son évolution pendant l’année.

La déclaration d’occupation renforce cette logique. L’article 1418 du code général des impôts impose aux propriétaires de déclarer « avant le 1er juillet de chaque année, les informations relatives à la nature de l’occupation ». Le même article ajoute : « En cas de vacance du local, le motif de celle-ci est précisé. » Cette obligation n’est pas une simple formalité informatique. Elle sert à l’administration pour distinguer résidence principale, résidence secondaire, location, occupation gratuite et vacance. Une déclaration imprécise peut donc orienter le dossier contre le propriétaire, surtout lorsque le bien se situe à Paris, dans une commune où la vacance est devenue un sujet prioritaire.

Pour les logements vacants, le régime applicable jusqu’au 31 décembre 2026 reste central pour comprendre les contrôles. L’article 232 du code général des impôts, consulté dans sa version applicable en 2026 et assorti d’une abrogation programmée au 1er janvier 2027, pose que « La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l’année d’imposition ». Le même texte précise que « n’est pas considéré comme vacant un logement dont la durée d’occupation est supérieure à quatre-vingt-dix jours consécutifs ». Il prévoit enfin que « La taxe n’est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable. » Ces trois éléments structurent le raisonnement : durée de vacance, occupation suffisante, puis cause de la vacance.

La taxe d’habitation sur les logements vacants, distincte de la taxe annuelle sur les logements vacants, obéit elle aussi à une logique de durée et de preuve. L’article 1407 bis du code général des impôts, également consulté dans sa version applicable jusqu’au 31 décembre 2026, vise les logements « vacants depuis plus de deux années au 1er janvier ». Il ajoute que « La vacance s’apprécie au sens des V et VI de l’article 232. » Autrement dit, la notion de vacance n’est pas librement définie par la commune ou par le propriétaire. Elle s’analyse à partir des critères fiscaux et des causes concrètes de l’inoccupation.

La future surtaxe parisienne ne dispense donc pas de ce travail de qualification. La page officielle de la Ville de Paris du 18 juillet 2026 présente une mesure destinée aux logements vacants à Paris, mais l’annonce municipale ne transforme pas automatiquement toute résidence secondaire en logement vacant. Un appartement meublé et gardé à disposition peut relever de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Un logement vide, inutilisable, sans mobilier, en travaux lourds ou bloqué par une succession peut appeler une analyse différente. La qualification doit être établie pièce par pièce.

En pratique, le propriétaire doit répondre à quatre questions simples avant de déclarer. Le logement était-il meublé au 1er janvier ? Quelqu’un en avait-il la disposition ou la jouissance effective ? A-t-il été occupé plus de quatre-vingt-dix jours consécutifs au cours de la période pertinente ? Si le bien était vide, la vacance résultait-elle d’un choix patrimonial ou d’un obstacle extérieur, comme des travaux nécessaires, une vente réellement engagée, une succession non réglée, une procédure ou une impossibilité matérielle de louer ? Les réponses ne doivent pas rester orales. Elles doivent être prouvées par des pièces datées.

B. Travaux, succession, indivision, location saisonnière : les cas où la preuve devient décisive

Les litiges naissent rarement d’un logement parfaitement classable. Ils apparaissent dans les situations mixtes : appartement meublé mais peu occupé, logement vide mais en attente de travaux, succession qui tarde, indivision conflictuelle, mise en vente sans acquéreur, location saisonnière fréquente, ou résidence déclarée secondaire alors que le propriétaire soutient ensuite qu’elle est principale. Dans ces dossiers, le juge fiscal ou civil regarde moins les intentions que les éléments objectifs : factures, baux, relevés de consommation, attestations, annonces, mandats, déclarations fiscales et usage réel du logement.

Une décision du tribunal judiciaire de Paris du 3 mars 2025, numéro 24/55689, illustre la rigueur de la preuve lorsqu’un propriétaire soutient qu’un logement parisien est sa résidence principale. Le jugement relève : « La défenderesse verse aux débats la taxe d’habitation 2022 du local sur laquelle figure son adresse en Polynésie Française, et des factures Engie et Free, éléments insuffisants pour démontrer une occupation du local à titre de résidence principale. » L’enseignement pratique est clair : une taxe d’habitation, une facture d’énergie ou un abonnement internet ne suffisent pas toujours. Il faut montrer une occupation effective, cohérente et habituelle.

La même décision mentionne des locations saisonnières nombreuses : « le logement a été loué via la plateforme Airbnb 265 nuitées en 2022, et 326 nuitées en 2023. » Même si ce passage ne tranche pas directement une taxe sur les logements vacants, il montre pourquoi la qualification fiscale peut se compliquer. Un bien loué ponctuellement ou intensivement sur une plateforme n’est pas forcément vacant, mais il n’est pas automatiquement une résidence principale. La preuve doit alors expliquer l’usage réel du bien et la personne qui en avait la disposition au 1er janvier.

Les successions et indivisions appellent la même prudence. Dans un arrêt de la cour d’appel de Paris du 8 novembre 2023, numéro 22/13669, la cour écarte la portée d’une facture isolée : « cette facture, émise au nom de [L] [C], n’établit aucunement l’occupation des lieux à cette date par Mme [D] [C]. » La cour relève aussi qu’« une taxe sur les logements vacants, pour un montant de 1 166 euros, était exigible pour l’année 2021, confirmant le fait que les biens étaient inoccupés au 1er janvier 2021. » Une facture ne prouve donc pas à elle seule une occupation, et une taxe déjà émise peut devenir un indice dans un autre débat.

Dans une indivision, la personne qui dispose du logement peut être différente de celle qui paie ou conteste. Un jugement du tribunal judiciaire de Poitiers du 20 janvier 2026, numéro 23/02081, rappelle : « Lorsqu’un bien était donné en location, c’est au locataire que les services fiscaux adressaient nominativement l’avis d’avoir à la payer la taxe d’habitation ». Le même jugement ajoute : « Ce texte reçoit une dérogation à l’article 1407 bis du même code qui ouvre la faculté d’assujettir le propriétaire du logement (ici l’indivision successorale) mais seulement s’il est vacant depuis plus de deux années au 1er janvier de l’année d’imposition, ce qui n’a pas été le cas en l’espèce puisque [V] [I] occupe les lieux de longue date. » Le propriétaire indivis ne doit donc pas confondre qualité d’indivisaire, paiement des charges et occupation taxable.

Les travaux constituent un autre foyer de contentieux. Un logement peut être vide parce que le propriétaire refuse de le louer, mais aussi parce qu’il est matériellement inhabitable. Dans ce second cas, la vacance peut être indépendante de la volonté du contribuable, au sens de l’article 232. Encore faut-il produire autre chose qu’une affirmation : devis acceptés, factures, photos datées, échanges avec l’entreprise, déclaration de sinistre, rapport d’expertise, interdiction administrative, refus d’assurance ou constat d’humidité et d’insalubrité. Plus le logement se situe dans un secteur demandé, plus l’administration peut demander pourquoi il n’a pas été loué ou occupé.

La mise en vente ou en location doit elle aussi être documentée. Un mandat confié à une agence, des annonces datées, des échanges avec candidats, des visites, une baisse de prix, des diagnostics, des refus motivés ou des travaux exigés par les candidats peuvent aider à démontrer que le propriétaire ne conserve pas volontairement un logement vide. À l’inverse, une annonce vague, retirée rapidement, à un prix manifestement excessif ou sans diagnostic obligatoire peut affaiblir la défense. En cas de taxe contestée, l’administration regarde si le propriétaire a réellement cherché à remettre le bien sur le marché.

Pour un pied-à-terre parisien, la difficulté est différente. Le propriétaire assume souvent que le logement est une résidence secondaire. Le risque vient d’une déclaration d’occupation incohérente ou d’une tentative de le présenter ensuite comme vide pour échapper à une majoration. Si le bien est meublé, assuré, équipé, utilisé certains week-ends et gardé à disposition, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires peut rester le bon terrain. Si le propriétaire affirme au contraire que le logement était inutilisable, il doit expliquer pourquoi le mobilier, les consommations, les abonnements et les déclarations antérieures ne contredisent pas cette position.

La règle pratique est donc la suivante : plus la situation est atypique, plus la preuve doit être chronologique. Un dossier efficace commence avant l’avis d’imposition. Il rassemble les pièces du 1er janvier, les faits des douze mois précédents, les démarches accomplies, les obstacles rencontrés et la situation déclarée dans l’espace fiscal. Une défense préparée après coup peut fonctionner, mais elle sera plus fragile si les pièces ont disparu ou si les déclarations initiales sont contradictoires.

II. Contester une taxe logement vacant à Paris : quelles preuves et quels délais respecter ?

A. Préparer un dossier de réclamation : occupation, travaux, mise en location, vente, succession

Lorsque l’avis d’imposition arrive, la première réaction ne doit pas être de payer sans lire, ni de contester par un message trop court. Il faut vérifier la nature exacte de la taxe : taxe d’habitation sur les résidences secondaires, majoration de résidence secondaire, taxe annuelle sur les logements vacants, taxe d’habitation sur les logements vacants, ou future surtaxe locale appliquée au logement vacant. Chaque ligne correspond à un fondement différent. Une réclamation efficace identifie l’erreur : mauvaise qualification du bien, mauvaise personne imposée, mauvaise situation au 1er janvier, vacance non volontaire, occupation suffisante ou déclaration mal interprétée.

Le droit à réclamation fiscale repose sur un cadre précis. L’article L. 190 du livre des procédures fiscales, consulté dans sa version applicable au 26 juillet 2026 et assorti d’une abrogation programmée au 1er septembre 2026, vise les demandes qui tendent à obtenir « la réparation d’erreurs commises dans l’assiette ou le calcul des impositions ». Pour un propriétaire, cela couvre notamment une taxe établie sur un logement qui n’était pas vacant, une taxe réclamée à la mauvaise personne ou une imposition maintenue malgré une vacance indépendante de sa volonté.

Le délai ne doit pas être négligé. L’article R*196-2 du livre des procédures fiscales prévoit que, pour les impôts directs locaux, les réclamations doivent être présentées « au plus tard le 31 décembre de l’année suivant celle » de la mise en recouvrement, selon les cas visés par le texte. En pratique, il faut agir rapidement dès la réception de l’avis : la contestation peut être déposée depuis la messagerie sécurisée impots.gouv.fr, par courrier ou selon les modalités indiquées sur l’avis. Attendre la fin du délai augmente le risque de pièces manquantes, d’intérêts ou de relances.

Le dossier doit ensuite suivre le motif invoqué. Si le logement était occupé, il faut produire un bail, une attestation d’assurance habitation, des relevés de consommation cohérents, des quittances, une attestation de l’occupant, un état des lieux, des justificatifs de résidence ou des éléments bancaires et administratifs montrant l’usage réel. Si l’occupation était celle d’un locataire, l’article 1408 et la décision de Poitiers rappellent l’importance de la jouissance effective. Le propriétaire peut joindre le bail, la date d’entrée, l’état des lieux et les paiements pour montrer que l’avis ne devait pas lui être adressé.

Si le bien était une résidence secondaire, le dossier doit être cohérent avec cette qualification. Il peut inclure l’assurance, les factures d’énergie, les abonnements, l’inventaire du mobilier, les périodes d’occupation, les charges de copropriété et la déclaration d’occupation. Mais il ne faut pas transformer artificiellement une résidence secondaire en logement vacant. À Paris, cette confusion peut aggraver le dossier : un propriétaire qui déclare tantôt une résidence secondaire, tantôt une vacance, puis invoque des travaux sans factures expose sa contestation à une réponse défavorable.

Si la vacance était indépendante de la volonté du contribuable, la preuve doit porter sur l’obstacle. Pour des travaux, il faut montrer que le logement ne pouvait pas être occupé normalement : absence de sanitaires utilisables, danger électrique, infiltration, arrêté, dégâts des eaux, chantier lourd, impossibilité d’assurer la sécurité ou impossibilité de louer sans rénovation préalable. Les photos seules sont utiles, mais rarement suffisantes. Elles gagnent à être accompagnées de devis, factures, échanges d’entreprise, constats, rapports et dates précises. La phrase de l’article 232 selon laquelle « La taxe n’est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable » doit devenir une démonstration factuelle, pas une formule copiée dans la réclamation.

Pour une vente, la preuve porte sur le sérieux de la démarche. Le propriétaire peut joindre le mandat, les annonces, les comptes rendus de visites, les offres refusées avec explication, les diagnostics, les échanges avec notaire, les baisses de prix, les difficultés de copropriété ou les servitudes découvertes. Si le bien est en indivision, il faut ajouter les échanges entre indivisaires, le mandat signé par les personnes habilitées, les blocages identifiés et les actes de succession. L’arrêt de Paris du 8 novembre 2023 montre qu’une pièce isolée ne suffit pas toujours à démontrer l’occupation ; la même exigence vaut pour démontrer une vacance subie.

Dans une succession, la réclamation doit désigner clairement la période. Le décès, l’attente de l’acte de notoriété, les désaccords entre héritiers, l’impossibilité de vendre avant inventaire, la recherche de titres, les travaux nécessaires ou l’occupation par un héritier doivent être distingués. Si un héritier occupe le logement, la situation n’est pas celle d’un bien vacant. Si le logement est fermé en raison d’un conflit successoral, il faut prouver ce blocage. Si l’indivision a laissé le bien vide sans démarche de vente, de location ou de travaux, la contestation sera plus fragile.

La réclamation doit rester concise mais complète. Elle peut suivre une structure simple : rappeler l’avis contesté, indiquer la qualification retenue par l’administration, exposer la situation réelle au 1er janvier, citer les textes applicables, joindre les pièces numérotées, demander le dégrèvement total ou partiel, puis demander la suspension du paiement si les conditions sont réunies. Les pièces doivent être lisibles et datées. Les captures d’écran de l’espace fiscal, les déclarations d’occupation et les messages de l’administration doivent être conservés.

Le propriétaire doit aussi surveiller la réponse de l’administration. Une absence de réponse, une décision de rejet ou un dégrèvement partiel n’ont pas le même effet. Si la réponse maintient l’imposition, il faut relire le motif exact : l’administration conteste-t-elle l’occupation, la durée, la personne imposée, l’absence de mobilier, les travaux ou la date du 1er janvier ? La suite dépend de cette motivation. Il peut être utile d’envoyer des pièces complémentaires avant de saisir le juge, lorsque le rejet repose sur un manque de justificatifs facilement corrigeable.

B. Paris et Île-de-France : anticiper la surtaxe 2027 sans aggraver sa déclaration

À Paris, l’anticipation devient essentielle. L’annonce municipale de juillet 2026 ne signifie pas que chaque propriétaire va recevoir automatiquement une nouvelle taxe, mais elle annonce un contexte de contrôle plus actif sur les logements durablement vides. Les propriétaires qui possèdent un appartement fermé, un ancien logement familial, un bien en travaux ou un pied-à-terre doivent donc vérifier leur déclaration d’occupation avant que l’avis ne soit émis. La meilleure contestation est souvent celle qui évite l’erreur initiale.

La première action consiste à relire la déclaration dans le service « Gérer mes biens immobiliers ». La nature de l’occupation doit correspondre aux faits : résidence secondaire, logement loué, occupation à titre gratuit, vacance, motif de la vacance. L’article 1418 impose déjà de déclarer la nature de l’occupation et, en cas de vacance, le motif. Une déclaration ancienne peut être devenue inexacte après un départ de locataire, un décès, une séparation, une mise en vente ou le début de travaux. Une correction tardive est préférable au silence, mais elle doit rester sincère et documentée.

La deuxième action consiste à créer un dossier « 1er janvier ». Pour un propriétaire parisien, ce dossier peut contenir l’état du mobilier, les relevés de compteurs, les factures d’énergie, l’assurance, les photos datées, le bail ou le mandat de vente, les diagnostics, les devis, les échanges avec syndic, les procès-verbaux de copropriété, les demandes d’autorisation de travaux et les messages de l’administration fiscale. Le but n’est pas d’accumuler des documents au hasard. Le but est de répondre à une question simple : que prouve chaque pièce sur la disponibilité, l’occupation ou l’impossibilité d’occuper le logement au 1er janvier ?

La troisième action consiste à éviter les contradictions. Un propriétaire ne doit pas déclarer une résidence secondaire pour justifier des usages personnels, puis soutenir que le même logement était vacant sans expliquer la différence. Il ne doit pas non plus affirmer que le bien était inhabitable tout en conservant des annonces de location saisonnière actives ou des consommations compatibles avec une occupation régulière. Les décisions judiciaires citées montrent que les juges croisent les pièces : factures, avis fiscaux, occupations, locations et déclarations. Une incohérence peut suffire à fragiliser une réclamation pourtant fondée sur un vrai problème.

La quatrième action concerne les travaux. À Paris, les travaux de copropriété, les autorisations, les délais d’entreprise et les contraintes d’immeuble peuvent expliquer une vacance longue. Mais il faut distinguer les travaux de confort et les travaux qui rendent l’habitation impossible. Refaire une peinture ou changer une cuisine ne justifie pas nécessairement une vacance prolongée. Traiter une installation électrique dangereuse, réparer un plancher, assainir un logement touché par un dégât des eaux ou lever une interdiction d’habiter peut avoir une portée différente. Le dossier doit montrer la nature des travaux, leur nécessité et leur calendrier.

La cinquième action concerne les biens hérités. Dans une succession parisienne, les héritiers doivent décider rapidement qui déclare le bien, qui conserve les clés, qui paie les charges, qui organise l’assurance, qui mandate l’agence et qui répond à l’administration. Si personne ne pilote le dossier, l’indivision risque de découvrir la taxe au moment de l’avis. Lorsque le bien est occupé par un héritier, les autres doivent documenter cette occupation. Lorsque le bien est vide, ils doivent prouver les démarches de vente, de location ou les raisons du blocage. Le jugement de Poitiers rappelle que la vacance d’une indivision ne se présume pas lorsque quelqu’un occupe les lieux.

En Île-de-France, la situation mérite la même attention, même hors Paris. Plusieurs communes sont en zone tendue ou disposent de mécanismes visant les logements vacants. Un propriétaire d’un logement à Boulogne-Billancourt, Montreuil, Saint-Denis, Vincennes, Versailles ou Nanterre peut être confronté aux mêmes questions : logement meublé disponible, logement vide, occupation par un proche, travaux, succession, départ de locataire, mise en vente. Le réflexe doit rester identique : qualifier, déclarer, prouver, puis contester dans le délai si l’avis ne correspond pas à la réalité.

Il faut aussi distinguer la stratégie patrimoniale de la défense fiscale. Garder un logement vide en attendant une hausse de prix, refuser de louer sans motif objectif ou laisser un bien fermé par confort patrimonial expose à une contestation difficile. À l’inverse, un propriétaire qui subit une vacance réelle doit pouvoir le montrer. L’administration n’est pas tenue de croire une explication non étayée. La défense la plus solide associe les textes, la chronologie et les pièces.

Enfin, la contestation ne doit pas oublier les autres risques immobiliers. Un logement déclaré vacant peut attirer l’attention sur l’assurance, la sécurité, l’état du bien, la copropriété, la taxe foncière, les charges, les diagnostics et les obligations de mise en location. Un logement présenté comme résidence secondaire peut soulever des questions sur les locations touristiques, les autorisations de changement d’usage ou les règles de copropriété. La bonne qualification fiscale protège donc aussi la cohérence globale du dossier immobilier.

Conclusion

La surtaxe parisienne annoncée en juillet 2026 rend plus visible un problème déjà ancien : un propriétaire ne peut pas se défendre efficacement s’il ne sait pas qualifier son bien. Résidence secondaire, logement vacant, logement occupé, bien en travaux, indivision successorale ou pied-à-terre ne produisent pas les mêmes effets. Les articles 1407, 1408, 1415, 1418, 232 et 1407 bis du code général des impôts, ainsi que les règles de réclamation du livre des procédures fiscales, obligent à raisonner à partir des faits du 1er janvier et des preuves disponibles.

Avant 2027, les propriétaires parisiens ont intérêt à relire leur déclaration d’occupation, réunir les pièces utiles et corriger les incohérences. Après réception d’un avis, la réclamation doit être ciblée : mauvaise qualification, mauvaise personne imposée, occupation suffisante, travaux empêchant l’habitation, succession bloquée ou vacance indépendante de la volonté du contribuable. Un dossier daté et cohérent vaut mieux qu’une contestation générale envoyée dans l’urgence.

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