Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Incendie d’une maison : contre-expertise, indemnisation et recours contre l’assurance en 2026

Incendie d’une maison : contre-expertise, indemnisation et recours contre l’assurance en 2026

Les incendies de l’été 2026 replacent une question très concrète au premier plan : que faire lorsque la maison a brûlé, mais que l’indemnité proposée ne permet ni de reconstruire ni de remplacer les biens détruits ? Après les premières mesures de sécurité, le litige se déplace souvent vers la preuve de la valeur du bâtiment, l’origine du feu, la vétusté, les frais de relogement et le calendrier de paiement. Depuis le 28 mai 2026, une règle nouvelle renforce l’information de l’assuré : l’assureur doit lui signaler son droit de demander, à ses frais, une contre-expertise réalisée par l’expert de son choix.

Ce droit ne garantit pas automatiquement une indemnité plus élevée. Il donne toutefois à l’assuré un moyen précis de discuter une évaluation insuffisante avant que les traces du sinistre disparaissent ou que des travaux irréversibles commencent. La priorité consiste à déclarer l’incendie dans le délai contractuel, préserver les preuves, faire chiffrer séparément chaque poste et répondre méthodiquement au rapport de l’expert de l’assurance. En cas de désaccord persistant, la chronologie prévue pour les sinistres incendie, la prescription biennale et les règles propres à l’expertise déterminent le recours utile.

I. Incendie maison et assurance : comment obtenir une indemnisation complète ?

A. Quels dommages l’assurance incendie doit-elle rembourser après le sinistre ?

L’assurance incendie est une assurance de dommages. Son objet n’est pas de procurer un bénéfice à l’assuré, mais de réparer les pertes couvertes dans les limites de la police. L’article L. 121-1 du code des assurances pose ainsi que l’indemnité due ne peut dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre. Cette règle explique les discussions sur la valeur de reconstruction, la vétusté, les plafonds, les franchises et les modalités de versement d’une indemnité différée.

Le premier travail consiste à relire les conditions particulières et générales applicables le jour de l’incendie. Il faut identifier le bâtiment assuré, sa surface déclarée, ses dépendances, le capital mobilier, les objets de valeur, les aménagements extérieurs, les frais de démolition, de déblaiement, de gardiennage, de relogement et les pertes de loyers éventuelles. Une garantie « incendie » peut couvrir les dommages directement causés par le feu, mais aussi certaines conséquences de la fumée, de l’intervention des secours ou d’une explosion. Chaque contrat fixe ses plafonds et ses justificatifs.

Pour le dommage direct, l’article L. 122-2 du code des assurances vise les dommages matériels résultant directement de l’incendie. Il écarte, sauf convention contraire, ceux qui proviennent de la seule action de la chaleur ou du contact immédiat d’une substance incandescente lorsqu’il n’y a eu ni incendie ni commencement d’incendie susceptible de dégénérer. Cette distinction peut compter lorsqu’un appareil a seulement surchauffé ou lorsqu’une flamme a effectivement gagné le bâtiment.

L’assureur peut opposer une exclusion, mais sa rédaction est encadrée. Selon l’article L. 113-1 du code des assurances, les pertes occasionnées par un cas fortuit ou par la faute de l’assuré sont en principe couvertes, sauf exclusion formelle et limitée prévue par la police. Le même texte écarte la garantie lorsque la perte provient d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré. Une simple négligence, un appareil oublié ou une imprudence ne se confondent donc pas automatiquement avec la volonté de provoquer le dommage.

La cause de l’incendie doit néanmoins être documentée. Il faut conserver le procès-verbal des pompiers lorsqu’il est disponible, les constatations de police ou de gendarmerie, les photographies, les rapports techniques, les factures d’entretien et les éléments relatifs à l’installation électrique, au chauffage ou à l’équipement soupçonné. Si une enquête pénale est ouverte, l’assuré doit communiquer sa référence à l’assureur, sans attendre passivement sa clôture pour constituer l’inventaire des pertes.

Le bâtiment ne se chiffre pas par une estimation globale. Les devis doivent distinguer la mise en sécurité, les mesures conservatoires, la déconstruction, l’évacuation des déchets, la dépollution, le gros œuvre, la couverture, l’isolation, les réseaux, les menuiseries, les finitions, les honoraires de maîtrise d’œuvre et les taxes. Une reconstruction aux normes actuelles peut coûter davantage qu’une remise à l’identique théorique. Le contrat doit être vérifié pour savoir si ces surcoûts réglementaires, les honoraires d’architecte et les études sont couverts.

La vétusté mérite une attention séparée. Certains contrats déduisent immédiatement un coefficient, puis versent une indemnité complémentaire lorsque les travaux ou les remplacements sont réalisés dans un délai donné. D’autres plafonnent la prise en charge ou excluent certains biens anciens. L’assuré doit demander un tableau lisible indiquant, pour chaque poste, la valeur retenue, le taux de vétusté, la franchise, le plafond, le versement immédiat et le versement différé. Une proposition globale empêche souvent de comprendre ce qui reste contesté.

Les biens mobiliers exigent un inventaire ligne par ligne. Il faut décrire l’objet, son ancienneté, sa marque, sa référence, son prix d’achat ou de remplacement et son état avant le feu. Les factures constituent la meilleure preuve, mais leur absence ne rend pas toute indemnisation impossible. Relevés bancaires, confirmations de commande, photographies familiales, notices, garanties, attestations et historiques de comptes marchands peuvent reconstituer la possession et la valeur. Les documents doivent être classés par pièce et reliés aux photographies prises après le sinistre.

La cour d’appel de Versailles a rappelé cette charge probatoire dans un arrêt du 19 juin 2025 concernant un incendie d’habitation : « Il résulte de l’article 1353 alinéa 1 du code civil qui énonce que  » celui qui réclame l’exécution doit la prouver  » qu’il incombe à l’assuré de rapporter la preuve de la valeur du bien sinistré telle que définie par les conditions générales. » Cette décision, rendue sous le numéro RG 22/04557, montre pourquoi les justificatifs doivent correspondre aux critères du contrat et pas seulement à une estimation subjective (CA Versailles, 19 juin 2025, RG n° 22/04557).

Les frais consécutifs ne doivent pas être oubliés. Une maison inhabitable peut imposer un hôtel, un logement temporaire, un garde-meuble, des déplacements supplémentaires, une sécurisation du site ou la location d’équipements. Le contrat peut limiter leur durée ou leur montant. Chaque dépense doit être reliée au sinistre par une facture, un bail temporaire ou un justificatif. Le propriétaire bailleur examinera aussi la garantie perte de loyers ; l’occupant vérifiera les frais de relogement et les conditions de retour dans les lieux.

À Paris et en Île-de-France, le coût de la main-d’œuvre, du stockage, de l’hébergement et de la mise en sécurité peut rendre une estimation nationale peu pertinente. Les devis doivent être établis par des entreprises capables d’intervenir sur le site et dans les délais annoncés. Pour un appartement ou une maison intégrée à une copropriété, le syndic doit être averti immédiatement : les parties communes, la toiture, les réseaux ou les murs porteurs peuvent relever de l’assurance de l’immeuble, tandis que les embellissements et le mobilier relèvent de l’assurance de l’occupant. Les deux dossiers doivent être coordonnés pour éviter qu’un poste soit refusé par chacun des assureurs.

B. Quel délai respecter pour déclarer l’incendie et prouver les pertes ?

La déclaration doit intervenir sans attendre. L’article L. 113-2 du code des assurances permet au contrat de fixer un délai de déclaration qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés pour un sinistre ordinaire. La déchéance liée à une déclaration tardive n’est opposable que si elle est prévue au contrat et si l’assureur établit que le retard lui a causé un préjudice. Elle ne peut être opposée lorsque le retard résulte d’un cas fortuit ou de force majeure.

La bonne pratique consiste à déclarer l’événement par le canal prévu au contrat, puis à confirmer par un écrit permettant d’en conserver la date. La déclaration mentionnera le numéro de police, l’adresse, la date et l’heure approximative, les circonstances connues, l’intervention des secours, l’existence de blessés, l’état d’habitabilité et les premières mesures prises. L’assuré ne doit pas avancer une cause certaine s’il ne la connaît pas. Il peut indiquer que l’origine reste en cours d’examen.

Avant toute évacuation des débris, il faut demander les consignes de l’assureur et photographier l’ensemble du site. Les opérations urgentes destinées à éviter l’aggravation restent nécessaires : bâchage, coupure des réseaux, clôture, pompage ou étaiement. Elles doivent être proportionnées et documentées. Sauf danger, il vaut mieux ne pas jeter les objets endommagés avant le passage de l’expert. Si les autorités imposent leur enlèvement, l’assuré conservera l’ordre reçu, les photographies détaillées et le bordereau d’évacuation.

Le dossier initial doit être transmis rapidement, même s’il n’est pas complet. Il peut comprendre une chronologie, un plan des pièces, des photographies avant et après l’incendie, une première liste des biens, les factures disponibles, les devis d’urgence et les dépenses de relogement. L’assuré précisera qu’il se réserve le droit de compléter l’état des pertes. Cette réserve évite qu’un inventaire préparé dans l’urgence soit traité comme définitif.

L’état des pertes joue un rôle procédural particulier en matière d’incendie. L’article L. 122-2 prévoit qu’après la remise d’un état des pertes, si l’expertise n’est pas terminée dans les trois mois, l’assuré peut faire courir les intérêts par sommation ; passé six mois, chacune des parties peut agir judiciairement. La date de remise doit donc être prouvée. Un document non daté, transmis par un espace client sans accusé exploitable, peut créer une discussion sur le point de départ.

La Cour de cassation a précisé cette chronologie dans un arrêt publié au Bulletin le 13 mars 2025 : « Il en résulte que les parties ne sont pas recevables à saisir le juge avant l’expiration d’un délai de six mois suivant la remise de l’état des pertes à l’assureur, sauf si l’expertise amiable a pris fin avant l’expiration de ce délai. » Elle ajoute que l’assuré peut saisir le juge sans attendre lorsque l’assureur a déjà fait connaître son refus de garantie (Cass. 2e civ., 13 mars 2025, n° 23-10.961).

Cette décision impose de distinguer trois situations. Si l’expertise amiable continue et que la garantie n’est pas refusée, le délai spécial doit être respecté. Si les experts ont clos leurs opérations sans accord, la saisine peut intervenir avant l’expiration des six mois. Si l’assureur refuse sa garantie, le litige porte déjà sur le principe de l’indemnisation et l’assuré peut contester ce refus sans suivre jusqu’au bout une expertise devenue sans objet.

Le délai d’action ne doit pas être confondu avec cette période d’attente. L’article L. 114-1 du code des assurances fixe en principe une prescription de deux ans pour les actions dérivant du contrat. Le point de départ dépend de l’événement et de la connaissance des faits permettant d’agir. Une négociation amiable, une promesse de réexamen ou un échange de courriels ne suspendent pas nécessairement ce délai.

L’article L. 114-2 du code des assurances prévoit des causes d’interruption, notamment la désignation d’un expert après le sinistre et l’envoi d’une lettre recommandée ou d’un recommandé électronique de l’assuré à l’assureur concernant le règlement de l’indemnité. L’écrit doit identifier le contrat, le sinistre, les sommes ou postes contestés et demander clairement le paiement. Une relance vague peut ne pas protéger efficacement le droit d’agir.

Lorsque l’assureur reconnaît la garantie, l’article L. 113-5 du code des assurances l’oblige à exécuter la prestation déterminée par le contrat dans le délai convenu. Il faut donc retrouver la clause relative au délai de règlement, vérifier si elle court à compter de l’accord, du rapport, de l’état des pertes ou de la production de pièces déterminées, puis demander la liste exhaustive des documents encore réclamés. Un assureur ne devrait pas maintenir indéfiniment un dossier incomplet sans préciser ce qui manque.

Un calendrier écrit permet de piloter le recours : date du feu, déclaration, accusé de réception, mesures conservatoires, première visite, remise de l’état des pertes, rapports, offre, refus de garantie, lettres interruptives et échéance de prescription. Chaque nouvelle pièce doit être ajoutée à ce tableau. Cette discipline devient décisive lorsque plusieurs assureurs, une copropriété, un tiers responsable ou une enquête pénale interviennent simultanément.

II. Contre-expertise assurance incendie : comment contester une indemnité trop faible ?

A. Quand demander une contre-expertise et comment choisir son propre expert ?

Depuis le 28 mai 2026, l’information sur la contre-expertise est devenue une obligation légale. L’article L. 113-5-1 du code des assurances dispose : « Lors de la réalisation du risque, l’assureur informe l’assuré de son droit de solliciter, aux frais de ce dernier, une contre-expertise effectuée par un expert de son choix. » La règle s’applique au moment où le risque assuré se réalise, donc lorsque le sinistre survient et que sa prise en charge est instruite.

L’information ne signifie pas que l’assureur paiera les honoraires de l’expert choisi par l’assuré. Le texte indique au contraire que la contre-expertise est demandée aux frais de ce dernier. Il faut néanmoins relire le contrat : une garantie honoraires d’expert, protection juridique ou assistance peut prendre en charge tout ou partie du coût. Le barème, le plafond, la franchise et les conditions d’accord préalable doivent être vérifiés avant la signature d’une convention d’honoraires.

Une contre-expertise est utile lorsque le désaccord est objectivable. Elle peut porter sur la surface réellement sinistrée, la possibilité de réparer plutôt que reconstruire, le coût local des entreprises, la décontamination, les normes actuelles, la vétusté, la valeur du mobilier, les frais annexes ou la durée de relogement. Elle est moins efficace si l’assuré se contente d’affirmer que l’offre paraît basse sans produire de devis, d’inventaire et de clauses contractuelles.

Le moment de la demande compte. Idéalement, l’expert d’assuré intervient avant la destruction des vestiges et avant que les travaux modifient les lieux. Il peut assister aux réunions, formuler des observations, demander des mesures, confronter les devis et établir un chiffrage contradictoire. Si le rapport de l’expert de l’assurance a déjà été remis, la contre-expertise reste possible, mais certaines constatations physiques peuvent être devenues irréalisables.

Le choix ne doit pas reposer uniquement sur une promesse de résultat. Il faut examiner la compétence technique en matière d’incendie, la connaissance de l’assurance de dommages, l’indépendance, la disponibilité, la méthode d’évaluation et le mode de rémunération. La convention écrite précisera la mission, les documents à analyser, les réunions couvertes, le coût fixe ou proportionnel, les frais, les conditions de résiliation et l’assistance éventuelle à une expertise judiciaire.

L’assuré doit remettre à son expert la police complète et pas seulement l’attestation annuelle. Le chiffrage doit suivre les définitions contractuelles : valeur à neuf, valeur d’usage, valeur de remplacement, vétusté récupérable, plafond mobilier, objets précieux, frais annexes et limite temporelle. Une estimation techniquement exacte peut être juridiquement inopérante si elle ne correspond pas à la garantie souscrite.

La contre-expertise doit aboutir à un document motivé. Pour chaque divergence, le rapport indiquera le poste, la quantité, le prix unitaire, la source, la clause applicable et la conséquence financière. Les photographies, plans, devis et justificatifs seront annexés. L’assuré pourra alors adresser à l’assureur une contestation structurée, demander une réunion contradictoire et solliciter une offre révisée dans un délai précis.

Un écart important entre deux évaluations ne suffit pas toujours à obtenir une provision immédiate. Dans l’affaire jugée par la cour d’appel d’Aix-en-Provence le 25 septembre 2025, les estimations relatives à une maison incendiée divergeaient fortement et plusieurs postes restaient discutés. La cour a ordonné une expertise judiciaire en relevant notamment : « Aucune des dispositions contractuelles ne fait obstacle à la demande d’expertise formée par Monsieur [L]. » (CA Aix-en-Provence, 25 septembre 2025, RG n° 24/12060).

Cette solution ne rend pas l’expertise judiciaire automatique. Elle montre qu’une clause organisant une expertise amiable n’interdit pas nécessairement de demander au juge une mesure d’instruction lorsque le désaccord technique persiste. L’assuré doit expliquer pourquoi la mesure est utile : traces menacées, chiffrages incompatibles, désaccord sur la réparabilité, vétusté discutée, frais de relogement non évalués ou besoin de déterminer les responsabilités.

L’expert d’assuré n’est pas l’avocat et ne décide pas du droit. Il chiffre, constate et discute techniquement. L’avocat examine la garantie, les exclusions, les délais, la valeur probante des pièces et la stratégie procédurale. Dans un dossier important, leur travail doit être coordonné avant l’envoi d’un dire, d’une mise en demeure ou d’une assignation, car une position technique mal formulée peut enfermer inutilement la discussion.

Si l’assureur n’a pas informé l’assuré de son droit depuis l’entrée en vigueur du nouvel article L. 113-5-1, cette omission doit être signalée par écrit. Le courrier demandera la communication du rapport, la confirmation des modalités d’une contre-expertise, la conservation des preuves et le report de toute opération irréversible pendant un délai raisonnable. La sanction précise de ce défaut d’information devra être appréciée selon le préjudice démontré et l’incidence concrète sur la capacité de contester l’évaluation.

B. Quel recours exercer si l’assureur refuse de payer ou maintient une offre insuffisante ?

Le recours commence par l’identification du désaccord exact. Un refus de garantie fondé sur l’origine du feu ne se traite pas comme une contestation du montant. Une exclusion, une fausse déclaration alléguée, un plafond mobilier, une vétusté excessive, l’absence de facture ou un délai de règlement appellent des réponses différentes. La mise en demeure doit reprendre chaque motif de l’assureur et y opposer la clause, le texte ou la pièce pertinente.

Le dossier adressé à l’assureur comprendra une chronologie, la police, les rapports, l’état des pertes, les devis, l’inventaire, les justificatifs de relogement et un tableau comparatif des montants. Il faut isoler les sommes non contestées et demander leur paiement immédiat. Le désaccord sur un poste ne devrait pas empêcher le versement de l’indemnité admise sur les autres, sous réserve de la rédaction du contrat et de l’accord proposé.

Une transaction ou une quittance doit être lue avant signature. Certaines offres comportent une renonciation générale à toute réclamation ultérieure. Si l’état des dommages n’est pas stabilisé, si des travaux révèlent de nouveaux désordres ou si la valeur différée dépend de factures futures, une renonciation trop large peut faire perdre un recours. L’assuré peut demander que l’accord limite précisément les postes soldés et réserve ceux qui restent à chiffrer.

Après le service réclamations de l’assureur, la médiation peut offrir une voie gratuite, sous réserve de ses conditions de recevabilité. Elle n’empêche pas de surveiller la prescription. L’assuré doit vérifier que ses démarches interrompent réellement le délai et ne pas supposer que l’examen du dossier par un médiateur protège automatiquement toutes ses demandes. En cas d’urgence ou d’enjeu élevé, une action judiciaire peut être nécessaire avant l’avis.

Le référé peut permettre de demander une expertise judiciaire ou une provision lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable. L’expertise sert à conserver la preuve et à faire évaluer les dommages par un technicien désigné par le tribunal. La provision suppose un droit suffisamment établi ; elle sera plus difficile si la garantie, la cause du feu ou la méthode de calcul font l’objet d’une contestation sérieuse. Le juge du fond demeure compétent pour trancher définitivement la garantie et fixer les sommes.

La mission d’expertise doit être préparée avec précision. Elle pourra viser les causes et circonstances, les dommages au bâtiment et au mobilier, la conformité des évaluations au contrat, la vétusté, les mesures conservatoires, la durée d’inhabitabilité, les frais de logement et les travaux nécessaires. Une mission trop générale laisse des angles morts ; une mission excessivement juridique demande à l’expert de trancher des questions réservées au juge.

Le choix de la juridiction dépend notamment de la nature des demandes, de leur montant, du domicile des parties et des clauses opposables. Pour un immeuble situé à Paris ou en Île-de-France, la proximité du bien ne suffit pas toujours à déterminer le tribunal. La police, la qualité de consommateur, le domicile de l’assuré et les règles de compétence en matière d’assurance doivent être examinés avant l’assignation. Une erreur peut retarder une expertise urgente.

Les responsabilités de tiers doivent aussi être préservées. Un incendie peut provenir d’un appareil défectueux, de travaux, d’un voisin, des parties communes ou d’une installation entretenue par un professionnel. L’assureur indemnisant pourra exercer un recours, mais l’assuré doit communiquer les éléments utiles et éviter de détruire les preuves. Les fabricants, entreprises, copropriétaires, syndic ou autres assureurs susceptibles d’être concernés pourront être appelés aux opérations afin que les constatations leur soient opposables.

La bonne stratégie n’est pas toujours d’assigner immédiatement. Lorsque la garantie est reconnue et que le désaccord porte sur quelques postes chiffrables, une réunion contradictoire appuyée par une contre-expertise peut réduire le coût et le délai. À l’inverse, un refus de garantie, une prescription proche, la disparition imminente des preuves ou un blocage durable justifient une action rapide. Le calendrier de l’article L. 122-2 et les exceptions dégagées par la Cour de cassation doivent alors être intégrés à la décision.

Le propriétaire ne doit pas financer sans cadre des travaux définitifs en espérant un remboursement ultérieur. Il doit faire valider la nature des travaux, obtenir des devis contradictoires, réserver ses droits et documenter l’urgence. Si des travaux sont indispensables pour la sécurité ou pour éviter l’aggravation, leur nécessité sera établie avant exécution autant que possible. Les factures, rapports, constats et photographies conserveront la preuve de l’état antérieur.

Une contestation efficace reste factuelle. Elle ne se limite pas à demander « une meilleure indemnité ». Elle indique que tel poste de couverture a été omis, que telle vétusté ne correspond pas à la clause, que tel devis local contredit le prix unitaire retenu, que tel bien est prouvé par plusieurs indices ou que tel délai contractuel est expiré. Cette méthode facilite une négociation et permet, si elle échoue, de présenter au juge un différend déjà délimité.

Conclusion

Après l’incendie d’une maison, les premiers jours déterminent souvent la qualité de l’indemnisation. La déclaration doit être faite dans le délai contractuel, les lieux et les biens photographiés, les mesures d’urgence tracées et l’état des pertes préparé sans sacrifier les postes encore inconnus. Le bâtiment, le mobilier, la vétusté, le relogement et les frais annexes doivent être chiffrés séparément à partir de la police réellement souscrite.

Depuis le 28 mai 2026, l’assureur doit informer l’assuré de son droit à une contre-expertise réalisée par l’expert de son choix et à ses frais. Ce droit est particulièrement utile lorsque les devis, la réparabilité, la valeur du mobilier ou la durée d’inhabitabilité sont discutés. Il doit être exercé assez tôt pour que les constatations restent possibles. Le rapport obtenu doit répondre poste par poste à l’évaluation de l’assurance.

Si le désaccord persiste, la voie à choisir dépend de sa nature. Une expertise judiciaire peut établir les causes et le montant des dommages ; une demande de provision suppose une obligation peu contestable ; une action au fond tranche la garantie et l’indemnité. Le délai spécial lié à l’état des pertes, l’exception en cas de refus de garantie et la prescription biennale doivent être contrôlés avant toute saisine. Un dossier ordonné, chiffré et daté donne à l’assuré les moyens de négocier sans perdre son recours.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet vous propose une consultation téléphonique sous 48 heures avec un avocat. Nous examinons le contrat, le rapport d’expertise, l’état des pertes et les délais de recours.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet. Le cabinet intervient à Paris, en Île-de-France et à distance pour les litiges d’assurance immobilière.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».