Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Arnaque à la location : que faire après un bail fantôme et un virement au faux propriétaire ?

Une arnaque à la location peut désormais survivre à une visite réelle du logement, à la remise d’un dossier complet et à la signature d’un bail apparemment régulier. Le 6 juillet 2026, la presse a relaté le cas d’une candidate locataire qui avait visité un véritable appartement avant de verser 1 170 euros à de faux bailleurs. Les clés n’ont jamais été remises et les escrocs ont disparu. Cette méthode, souvent qualifiée de « bail fantôme », est plus difficile à détecter qu’une fausse annonce rudimentaire : l’adresse existe, la victime entre dans les lieux et les documents reprennent les codes habituels d’une location.

Après un virement, la priorité n’est pas d’attendre une réponse du prétendu propriétaire. Il faut demander immédiatement à la banque le rappel des fonds, figer toutes les preuves, signaler l’annonce, déposer plainte et protéger les documents d’identité transmis. Le remboursement bancaire n’est toutefois pas automatique lorsque la victime a elle-même validé le virement. La qualité des preuves et la rapidité des démarches déterminent alors les chances d’identifier le compte bénéficiaire, de récupérer les fonds et d’obtenir réparation. Ce guide expose les vérifications utiles avant paiement, puis les recours à engager après la découverte de la fraude, notamment à Paris et en Île-de-France.

I. Arnaque à la location d’un appartement : comment reconnaître un bail fantôme et prouver la fraude ?

A. Faux propriétaire et faux bail : quels signes doivent alerter avant le virement ?

Le bail fantôme ne repose pas nécessairement sur un logement imaginaire. L’escroc peut louer temporairement un appartement, récupérer les clés par une boîte autonome, usurper l’identité du propriétaire ou profiter d’un logement momentanément vacant. Il organise ensuite une visite crédible, fait signer plusieurs candidats et encaisse des dépôts de garantie ou des premiers loyers avant de couper tout contact. La présence physique dans les lieux ne prouve donc ni la propriété du bailleur, ni l’existence d’un mandat de location.

L’actualité du 6 juillet 2026 illustre cette sophistication. Selon le récit publié dans la presse, la victime avait visité l’appartement, signé un bail puis effectué le virement demandé. Elle n’a compris la fraude qu’au moment où la remise des clés n’a pas eu lieu. Son dossier locatif, contenant des pièces personnelles, pouvait en outre être réutilisé pour tromper d’autres candidats. L’enjeu dépasse alors la seule perte financière.

Sur le plan pénal, le procédé correspond d’abord à l’escroquerie. L’article 313-1 du code pénal la définit ainsi : « L’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manoeuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. » La fausse qualité de propriétaire ou de mandataire, la visite organisée, le bail fabriqué et la demande de paiement forment un ensemble de manœuvres destinées à provoquer la remise des fonds.

Le bail falsifié peut aussi relever du faux et de l’usage de faux. L’article 441-1 du code pénal énonce : « Constitue un faux toute altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie par quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée qui a pour objet ou qui peut avoir pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques. » Un contrat portant le nom d’un véritable propriétaire, une fausse signature ou un mandat inventé entre directement dans cette définition lorsqu’il sert à convaincre le candidat de payer.

Lorsque les pièces d’un précédent candidat sont réemployées, l’usurpation d’identité peut également être caractérisée. L’article 226-4-1 du code pénal réprime « le fait d’usurper l’identité d’un tiers ou de faire usage d’une ou plusieurs données de toute nature permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération ». Une victime qui a envoyé sa carte d’identité, ses bulletins de salaire et son avis d’imposition doit donc traiter séparément le risque de réutilisation de ses données.

Plusieurs vérifications permettent de réduire le risque avant tout paiement. Le nom figurant sur le bail doit correspondre au titulaire du compte bancaire, sauf mandat explicite et vérifiable. Une différence entre le propriétaire annoncé, la personne présente lors de la visite et le bénéficiaire du virement exige une explication documentée. Une copie d’une pièce d’identité ne suffit pas : elle peut elle-même provenir d’un dossier volé. En cas d’intervention d’une agence, son existence, son adresse et sa carte professionnelle doivent être contrôlées par un canal indépendant de ceux fournis dans l’annonce.

Le contenu du contrat constitue un autre point de contrôle. L’article 3 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le contrat de location « précise : 1° Le nom ou la dénomination du bailleur et son domicile ou son siège social ainsi que, le cas échéant, ceux de son mandataire ; 2° Le nom ou la dénomination du locataire ». Il doit aussi identifier le logement, la date de prise d’effet, la durée, la consistance des lieux et les conditions financières. Des champs incomplets, une adresse imprécise, une signature déjà insérée sous forme d’image ou un bail transmis dans l’urgence doivent conduire à suspendre le paiement.

Le montant demandé mérite la même attention. Pour une location vide constituant la résidence principale, l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que le dépôt de garantie « ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal » et qu’il « est versé au bailleur directement par le locataire ou par l’intermédiaire d’un tiers au moment de la signature du bail ». Cette règle ne transforme pas toute demande faite à la signature en demande légitime. Elle permet seulement de comparer le montant et le moment du versement au régime légal. Une somme supplémentaire présentée comme des frais de réservation, une garantie de visite ou un paiement destiné à « bloquer » le logement avant vérification doit alerter.

La pression temporelle reste un marqueur fréquent. Un appartement attractif à Paris peut susciter plusieurs candidatures, mais cette tension ne justifie ni un virement immédiat pendant la visite, ni le refus de fournir un titre de propriété, un mandat ou des coordonnées vérifiables. Le candidat peut demander un délai pour contrôler les documents et appeler le bailleur ou l’agence à partir d’un numéro trouvé indépendamment. Le refus, l’agressivité ou l’annonce d’un autre candidat prêt à payer dans l’heure renforcent le risque.

Enfin, il faut examiner le compte de paiement. Un IBAN étranger n’établit pas à lui seul une fraude, pas plus qu’un IBAN français ne garantit la sécurité. Le point décisif réside dans la cohérence entre l’identité contractuelle, le bénéficiaire annoncé et les explications données. Une plateforme de transfert, un compte ouvert au nom d’un tiers ou une demande de paiement fractionné compliquent la récupération. Le paiement en espèces, par coupons ou en cryptomonnaie doit être refusé, car il réduit fortement la traçabilité et les possibilités de rappel.

B. J’ai payé une caution ou un premier loyer : quelles preuves conserver pour établir l’arnaque ?

Dès que la remise des clés échoue ou que le faux bailleur disparaît, la victime doit constituer un dossier chronologique. Il ne suffit pas de garder le contrat. L’objectif est de montrer la succession complète des manœuvres : découverte de l’annonce, échanges, visite, documents présentés, signature, ordre de virement, promesse de remise des clés, puis rupture du contact. Chaque élément permet de relier l’auteur, le logement, le compte bénéficiaire et le préjudice.

La charge de la preuve doit être anticipée. L’article 1353 du code civil rappelle : « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. » Dans une procédure contre l’auteur, un intermédiaire ou un professionnel, la victime doit pouvoir établir ce qu’elle a reçu, compris et payé. La preuve numérique devient donc centrale.

La cour d’appel de Paris a récemment montré l’utilité de traces que les victimes négligent parfois. Dans un arrêt du 12 décembre 2024, RG n° 23/09809, elle relève : « ils communiquent notamment aux débats la capture écran de l’annonce à laquelle ils ont répondu ainsi que leur historique de navigation ». Cette citation ne signifie pas que des captures suffisent toujours à gagner un procès. Elle confirme toutefois que l’annonce et l’historique peuvent entrer dans le dossier probatoire et restituer le parcours ayant conduit au paiement.

Il faut enregistrer l’annonce dans son état d’origine, avec l’URL, le nom du site, la date et l’heure. Une capture complète est préférable à une photographie partielle de l’écran. Si la page reste accessible, un enregistrement au format PDF et une capture vidéo du défilement peuvent conserver les photographies, le descriptif, le prix, le profil de l’annonceur et les moyens de contact. Le numéro de l’annonce et les messages internes de la plateforme doivent être notés avant que le compte soit supprimé.

Les échanges doivent être exportés sans les réécrire. Les courriels seront conservés avec leurs en-têtes complets ; les conversations de messagerie seront exportées ou capturées avec le numéro, le nom de profil, les dates et les heures. Les messages vocaux doivent être téléchargés. Si un interlocuteur a appelé, le journal d’appels et les éventuels messages laissés sur le répondeur sont utiles. Une retranscription personnelle peut aider à comprendre, mais elle ne remplace pas le fichier original.

Pour la visite, la victime consignera immédiatement l’adresse, l’étage, l’accès à l’immeuble, la description des lieux, la date, la durée et les personnes présentes. Les coordonnées d’un témoin, d’un gardien ou d’un voisin peuvent devenir importantes. Si l’accès a été obtenu par une boîte à clés, il faut conserver le code reçu et photographier son emplacement sans pénétrer de nouveau dans les lieux. La véritable agence, le propriétaire ou l’occupant légitime pourra ensuite expliquer comment les fraudeurs ont obtenu l’accès.

Le dossier contractuel doit rester intact. Il comprend le bail, ses annexes, le diagnostic éventuellement transmis, l’attestation d’assurance demandée, la pièce d’identité présentée par le faux bailleur, le mandat de gestion, l’IBAN, le reçu et toute promesse de remise des clés. Les métadonnées du fichier original peuvent révéler une date de création, un auteur ou un logiciel. Il faut donc conserver le document reçu, et pas seulement une version imprimée ou renommée.

La preuve du paiement comprend l’ordre de virement, le relevé de compte, la référence de l’opération, la date de valeur, le montant, l’IBAN bénéficiaire et le libellé. Si la banque affiche une vérification du nom du bénéficiaire, la capture de cet écran peut éclairer ce que la victime a vu avant validation. En cas de paiement par carte ou par un service intermédiaire, les confirmations, identifiants de transaction et conditions applicables doivent être archivés.

Les pièces envoyées par le candidat doivent enfin être listées avec précision. Carte d’identité, passeport, avis d’imposition, bulletins de salaire, contrat de travail, justificatif de domicile, relevé d’identité bancaire et signature manuscrite n’exposent pas aux mêmes risques. Cette liste guidera les mesures de protection et permettra de signaler une future utilisation frauduleuse. Le candidat peut aussi conserver la preuve que son dossier portait un filigrane mentionnant la finalité et le destinataire ; cette précaution facilite l’identification d’un détournement ultérieur.

Une chronologie datée, rédigée le jour de la découverte, complète les fichiers. Elle distingue les faits personnellement constatés des suppositions. Elle indique la première annonce, la visite, la signature, le paiement, les relances, la date prévue pour les clés et le moment où la fraude a été comprise. Ce document de travail aidera la banque, les enquêteurs et l’avocat à parcourir un dossier qui peut comporter plusieurs centaines de messages.

II. Arnaque à la location après un virement : comment récupérer l’argent et protéger ses données ?

A. Que faire dans les 24 heures après un virement au faux propriétaire ?

La première démarche consiste à appeler immédiatement le service fraude de la banque, puis à confirmer la demande par écrit depuis la messagerie sécurisée. La victime doit demander le rappel du virement, le contact de la banque bénéficiaire et la conservation de toutes les données de l’opération. Elle précise qu’il s’agit d’une escroquerie immobilière découverte après paiement. Même si le virement apparaît exécuté, la demande doit être déposée : des fonds encore présents sur le compte bénéficiaire peuvent parfois être immobilisés ou restitués avec la coopération des établissements.

Le régime des virements impose cependant une distinction essentielle. L’article L. 133-21 du code monétaire et financier prévoit que l’ordre exécuté conformément à l’identifiant unique fourni « est réputé dûment exécuté pour ce qui concerne le bénéficiaire désigné par l’identifiant unique ». Le texte ajoute que le prestataire du payeur « s’efforce de récupérer les fonds engagés dans l’opération de paiement ». Autrement dit, un virement personnellement validé vers l’IBAN communiqué par l’escroc ne devient pas automatiquement une opération non autorisée. La banque doit être sollicitée sans délai, mais la demande de rappel ne garantit pas le remboursement.

La responsabilité de la banque peut néanmoins être discutée lorsque son intervention dépasse l’exécution fidèle de l’identifiant fourni ou lorsqu’une anomalie relevant de ses obligations propres apparaît. La chambre commerciale de la Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt du 4 mars 2026, pourvoi n° 25-11.959, publié au Bulletin. Elle approuve le raisonnement selon lequel « la banque ne s’étant pas bornée, en sa qualité de prestataire de services de paiement, à exécuter un ordre de virement conformément à l’identifiant unique fourni par M. et Mme [K], mais avait elle-même rédigé cet ordre, cette dernière était tenue d’indemniser ». Cette solution dépend de faits précis : elle ne crée pas un remboursement général de toutes les victimes d’un faux bailleur.

À l’inverse, le seul reproche tiré d’un défaut de vigilance sur le compte de l’escroc ne suffit pas toujours à fonder une indemnisation individuelle. Dans un arrêt du 21 septembre 2022, pourvoi n° 21-12.335, également publié au Bulletin, la Cour de cassation énonce que « la victime d’agissements frauduleux ne peut se prévaloir de l’inobservation des obligations de vigilance et de déclaration précitées pour réclamer des dommages-intérêts à l’organisme financier ». Une réclamation bancaire doit donc identifier une faute juridiquement exploitable et son lien avec la perte, pas seulement invoquer l’existence d’une fraude.

Dans les premières heures, la victime envoie à sa banque un dossier concis : preuve du virement, IBAN destinataire, bail, annonce, échanges, constat de non-remise des clés et numéro de plainte dès qu’il est disponible. Elle demande une réponse écrite indiquant la date de la demande de rappel, les démarches entreprises et le motif d’un éventuel refus. En présence de plusieurs paiements, chaque opération doit être individualisée.

La plainte doit être déposée rapidement auprès d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie. Elle décrit les faits comme une escroquerie à la location et mentionne les éventuels faux documents ainsi que l’usurpation d’identité. La victime fournit des copies lisibles, conserve les originaux et demande le récépissé ainsi que la référence de la procédure. Si d’autres candidats ont été trompés par la même annonce, leurs coordonnées peuvent être transmises avec leur accord afin de faciliter le rapprochement.

La rapidité a aussi un intérêt juridique. Dans un arrêt du 25 mars 2026, pourvoi n° 24-80.607, la chambre criminelle rappelle : « Les éléments constitutifs de l’escroquerie n’empêchent pas, par eux-mêmes, la victime ou l’autorité judiciaire d’avoir connaissance de sa commission, dès lors notamment que la remise est nécessairement connue de la victime. » L’arrêt porte sur le point de départ de la prescription dans un contentieux particulier, mais son enseignement pratique est clair : la remise des fonds est un fait connu de la victime. Reporter les démarches en espérant une explication du faux bailleur fragilise la récupération et la conservation des preuves.

L’annonce doit être signalée à la plateforme avec le numéro de plainte ou, à défaut, la mention du dépôt imminent. La demande porte sur le retrait de l’annonce, la suspension du compte et la conservation des données d’identification, de connexion et de paiement en vue des réquisitions judiciaires. La victime évite d’engager une confrontation prolongée avec l’escroc. Un dernier message factuel peut constater l’absence de remise des clés et demander le remboursement, mais les menaces ou les rendez-vous improvisés peuvent compromettre la sécurité et alerter l’auteur avant le gel des fonds.

Lorsque des documents personnels ont été transmis, un second volet commence immédiatement. Il faut changer les mots de passe si une adresse électronique ou un identifiant a été exposé, activer l’authentification à deux facteurs et surveiller les comptes bancaires. Une alerte peut être adressée à l’établissement dont le RIB a été communiqué. Les futures demandes de crédit, ouvertures de compte ou contrats inconnus devront être contestés avec le récépissé de plainte et la liste des pièces compromises.

La victime peut également signaler les contenus frauduleux par les canaux officiels adaptés et consulter les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr. Ces démarches complètent la plainte ; elles ne la remplacent pas. Un signalement technique peut contribuer au retrait du contenu, tandis que l’enquête pénale permet de rechercher l’auteur et les flux financiers.

Un tableau de suivi évite les démarches contradictoires. Il indique l’heure du premier appel bancaire, le nom du service contacté, la référence du rappel, le dépôt de plainte, les signalements, les réponses reçues et les délais annoncés. Chaque conversation téléphonique importante est confirmée par écrit. Cette discipline devient particulièrement utile lorsque la banque du bénéficiaire, la plateforme et plusieurs services d’enquête interviennent.

B. Quels recours engager à Paris et en Île-de-France pour obtenir remboursement et réparation ?

Après les mesures d’urgence, la stratégie dépend de l’identité des intervenants et de la destination des fonds. Le premier responsable reste l’auteur de l’escroquerie. S’il est identifié, la victime peut demander restitution et réparation dans le cadre pénal, ou exercer une action civile selon l’état de la procédure. Les préjudices ne se limitent pas au montant du virement : frais bancaires, hébergement provisoire, déménagement inutile, perte d’une autre location et conséquences d’une usurpation d’identité peuvent être documentés lorsqu’ils résultent directement des faits.

Le fondement civil général figure à l’article 1240 du code civil : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Pour obtenir une indemnisation, il faut relier une faute, un dommage certain et un lien de causalité. Les factures d’hôtel, frais de garde-meuble, pénalités, pertes de réservation et courriers bancaires doivent donc être conservés au même titre que la preuve du virement.

Une action contre un intermédiaire ne se déduit pas de la seule publication de l’annonce. Il faut examiner son rôle concret, les garanties annoncées, les vérifications promises, les alertes reçues et sa réaction après le signalement. La responsabilité d’une agence ayant présenté le faux bailleur comme son mandant n’obéit pas à la même analyse que celle d’un site ayant seulement hébergé une annonce. Les conditions contractuelles, les échanges et la présentation du service déterminent les obligations susceptibles d’avoir été méconnues.

La réclamation contre la banque doit, elle aussi, être construite sur les faits exacts. Les pièces utiles sont l’écran de validation, les échanges avec le conseiller, les éventuelles alertes, l’historique de l’ordre et les réponses au rappel des fonds. L’arrêt du 4 mars 2026 montre que la manière dont l’ordre a été préparé peut modifier l’analyse. L’arrêt du 21 septembre 2022 rappelle cependant qu’une obligation de vigilance poursuivant un objectif de lutte contre le blanchiment n’ouvre pas mécaniquement un droit individuel à réparation. Une mise en cause sérieuse distingue ces deux questions.

À Paris et en Île-de-France, le marché tendu favorise les décisions précipitées : dossier demandé avant la visite, réponse attendue dans l’heure, concurrence alléguée entre candidats et somme à payer pour réserver. Cette réalité commerciale ne réduit aucun droit. Une victime peut déposer plainte auprès de tout commissariat ou de toute brigade de gendarmerie, même si le logement, le compte bancaire et son domicile se trouvent dans des départements différents. Elle fournit toutes les localisations connues afin que les services déterminent les rapprochements utiles.

Le dossier doit préciser le ressort de chaque fait : domicile de la victime, adresse du logement, lieu de la visite, banque émettrice, établissement bénéficiaire et lieu éventuel du rendez-vous. Dans une fraude touchant plusieurs candidats, ces informations permettent de repérer une série organisée. Un avocat peut ensuite suivre l’orientation de la plainte, présenter une demande de réparation adaptée et examiner les voies procédurales disponibles lorsque l’enquête n’avance pas ou que l’auteur est identifié.

Le véritable propriétaire ou occupant du logement doit être informé sans accusation hâtive. Il peut être lui-même victime d’une sous-location non autorisée, d’un vol de clés ou d’une usurpation. Son témoignage peut établir que le faux bailleur ne disposait d’aucun droit sur les lieux. Il peut aussi identifier l’agence, le voyageur ou l’occupant temporaire ayant eu accès à l’appartement. Toute prise de contact doit rester factuelle et respecter la sécurité des personnes.

Si l’escroc réutilise le dossier locatif, chaque nouvel incident doit être ajouté à la plainte initiale ou faire l’objet d’un signalement relié à sa référence. Une relance de crédit inconnue, un contrat souscrit au nom de la victime ou une annonce utilisant ses documents n’est pas une simple conséquence abstraite. La preuve de cette utilisation peut établir une infraction distincte et un préjudice supplémentaire. La victime conserve les courriers, demande les dossiers d’ouverture et conteste par écrit les engagements qu’elle n’a jamais consentis.

Pour les prochaines candidatures, la prévention passe par un dossier limité aux pièces nécessaires et marqué pour son destinataire. Les informations sans rapport avec la location seront masquées lorsque cela est possible. Un filigrane portant le nom de l’agence ou du bailleur, la date et l’objet réduit la possibilité d’un réemploi discret. Les originaux ne doivent jamais être remis. Ces mesures ne dispensent pas de vérifier l’identité du bailleur, mais elles diminuent l’impact d’une fuite.

Le candidat peut aussi demander un état des lieux contractuel cohérent avant la remise des fonds : identité du propriétaire, qualité du mandataire, adresse de correspondance, date de prise d’effet et modalités de remise des clés. Une photographie de titre de propriété envoyée par messagerie ne doit pas être regardée comme une preuve autonome, car elle peut avoir été volée ou modifiée. Le contrôle repose sur la concordance de plusieurs sources indépendantes, jamais sur un seul fichier.

Un recours efficace se prépare enfin par une évaluation réaliste. L’existence d’une escroquerie ne signifie pas que le compte bénéficiaire contient encore les fonds ou que l’auteur est solvable. La victime doit éviter de payer une nouvelle somme à un prétendu récupérateur de fonds qui promettrait un remboursement garanti. Les démarches légitimes reposent sur la banque, la plainte, les réquisitions judiciaires et, lorsque les faits le justifient, une action en responsabilité documentée.

Le cabinet peut analyser la chronologie, vérifier les responsabilités envisageables et chiffrer les postes de préjudice. Cette intervention est particulièrement utile lorsque plusieurs virements ont été effectués, qu’une agence ou une plateforme a joué un rôle actif, que la banque a préparé l’ordre, ou que les documents d’identité sont déjà réutilisés. L’examen doit intervenir assez tôt pour préserver les preuves et adresser les demandes aux bons destinataires.

Conclusion

Le bail fantôme démontre qu’une visite réelle et un contrat apparemment complet ne suffisent plus à sécuriser une location. Avant tout virement, le candidat doit vérifier la qualité du bailleur, la cohérence du compte bénéficiaire, le contenu du contrat et le régime du dépôt de garantie. Après paiement, les premières heures sont décisives : rappel bancaire, conservation de l’annonce et des échanges, dépôt de plainte, signalement de la plateforme et protection des pièces d’identité doivent avancer simultanément.

Le remboursement dépend ensuite des faits. L’auteur répond de l’escroquerie et des dommages causés. Une banque ou un intermédiaire ne peut être mis en cause qu’à partir de ses obligations propres, de son intervention concrète et du lien entre une faute démontrée et la perte. Les décisions récentes de la Cour de cassation montrent à la fois qu’une responsabilité bancaire peut exister lorsque l’établissement a lui-même préparé l’ordre, et que les obligations générales de vigilance ne garantissent pas à elles seules l’indemnisation de la victime.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet propose une consultation téléphonique sous 48 heures avec un avocat afin d’examiner le virement, le faux bail, les preuves disponibles et les recours possibles. Pour un dossier situé à Paris ou en Île-de-France, l’analyse peut aussi intégrer la juridiction concernée et les démarches déjà entreprises.

Vous pouvez appeler le 06 46 60 58 22 ou transmettre les premiers éléments par le formulaire de contact du cabinet. La page consacrée au contentieux du bail d’habitation à Paris présente également les domaines d’intervention utiles.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse : 80 € TTC
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».