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Location de vacances annulée : arrhes ou acompte, quel remboursement en 2026 ?

À quelques jours du départ, une hospitalisation, une erreur de réservation ou l’annulation décidée par le propriétaire peut faire basculer les vacances dans un litige financier. L’ANIL a remis cette question au premier plan le 14 juillet 2026 en rappelant que le mot inscrit sur le contrat — « arrhes » ou « acompte » — ne produit pas les mêmes effets. La réponse ne dépend pourtant pas d’une simple étiquette. Elle varie selon la qualité professionnelle du loueur, les clauses d’annulation, l’intervention d’une plateforme ou d’un mandataire, le motif invoqué et les preuves conservées.

Une somme versée d’avance peut permettre au voyageur de se désister en la perdant. Elle peut aussi matérialiser un engagement ferme, autorisant le propriétaire à réclamer le solde ou le voyageur à demander réparation si le logement n’est pas fourni. Lorsque le loueur professionnel annule après avoir reçu des arrhes, leur restitution au double peut être due. En présence d’un acompte, le contrat et le droit commun de l’inexécution reprennent toute leur importance. Avant d’accepter un avoir ou de renoncer à plusieurs centaines d’euros, il faut donc qualifier le paiement, lire les conditions applicables et réunir les pièces qui établissent l’auteur et la cause de l’annulation.

I. Arrhes ou acompte pour une location de vacances : quelle différence en cas d’annulation ?

A. Comment savoir si la somme versée est constituée d’arrhes ou d’un acompte ?

La première vérification porte sur le document accepté au moment de la réservation. L’article L. 324-2 du Code du tourisme, dans sa version applicable depuis le 20 mai 2026, dispose : « Toute offre ou contrat de location saisonnière doit revêtir la forme écrite et contenir l’indication du prix demandé ainsi qu’un état descriptif des lieux. » Le courriel de confirmation, le devis, les conditions générales, la page de l’annonce et le reçu de paiement doivent être enregistrés avant qu’une annonce soit modifiée ou retirée.

Lorsque le contrat lie un professionnel à un consommateur, l’article L. 214-1 du Code de la consommation pose une présomption : « Sauf stipulation contraire, pour tout contrat de vente ou de prestation de services conclu entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d’avance sont des arrhes, au sens de l’article 1590 du code civil. » Le texte ajoute que le consommateur peut revenir sur son engagement en perdant les arrhes, tandis que le professionnel qui se désiste doit les restituer au double.

Cette règle ne signifie pas que tout versement relatif à un hébergement est toujours une arrhe. Le contrat peut qualifier expressément la somme d’acompte. La relation peut aussi être conclue entre deux particuliers, sans que la présomption protectrice du Code de la consommation s’applique de la même manière. Enfin, le juge examine l’économie réelle de l’accord : montant total, échéancier, facultés d’annulation, qualité des parties et rôle de l’intermédiaire.

Le tribunal judiciaire de Chambéry, le 7 novembre 2025, n° 25/00074, a appliqué la présomption à une exploitante professionnelle d’hébergement touristique. Le jugement retient exactement : « En conséquence, les sommes versées par Madame [E] constituent des arrhes. » Le tribunal relève ensuite l’accord de la professionnelle pour restituer 850 euros et prononce la condamnation correspondante. Cette décision illustre l’importance de prouver le caractère professionnel de l’activité, notamment par le site, les factures, les mentions légales ou l’immatriculation.

À l’inverse, le tribunal judiciaire de Toulouse, le 21 mars 2025, n° 24/02193, a travaillé à partir de la qualification retenue par les parties. Il énonce : « En l’espèce, il apparaît que les sommes versées par les consommateurs ont été définies comme un acompte de 30% et comme le solde de la location, et non comme des arrhes dans le contrat. » Cette différence écartait la simple faculté de dédit attachée aux arrhes et imposait d’examiner les clauses d’annulation ainsi que leur éventuel caractère abusif.

L’article 1590 du Code civil donne la mécanique classique des arrhes : « Si la promesse de vendre a été faite avec des arrhes chacun des contractants est maître de s’en départir, celui qui les a données, en les perdant, et celui qui les a reçues, en restituant le double. » Bien que placé dans les dispositions relatives à la vente, ce mécanisme est expressément repris par le Code de la consommation pour les prestations de services conclues entre professionnel et consommateur.

Un acompte produit un effet différent. Il constitue en principe un premier paiement du prix convenu dans un contrat ferme. L’annulation unilatérale n’efface donc pas automatiquement l’accord. L’article 1103 du Code civil rappelle que « les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits ». L’article 1193 du même code précise que le contrat ne peut être modifié ou révoqué que par accord mutuel ou pour les causes autorisées par la loi.

La Cour de cassation vient de rappeler cette exigence dans une affaire d’hébergement reporté après la crise sanitaire. Par un arrêt du 15 octobre 2025, première chambre civile, n° 24-17.245, elle juge mot pour mot : « En se déterminant ainsi, sans examiner les conditions d’annulation du séjour prévues au contrat et de remboursement de l’acompte et les motifs de l’annulation, le tribunal n’a pas donné de base légale à sa décision. » Le seul emploi du mot « acompte » ne suffisait donc pas à ordonner son remboursement intégral sans lecture des clauses et du motif concret.

La preuve de l’accord peut devenir le cœur du litige lorsque la réservation a été négociée par téléphone ou en dehors de la plateforme. La cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 3 avril 2025, n° 23/03626, rappelle : « Aux termes des articles 1103 et 1104 du code civil, les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits et doivent être exécutés de bonne foi. » Dans cette affaire, les parties discutaient précisément de l’intégration des conditions publiées sur Abritel à leur accord oral. Une capture d’écran postérieure ne suffit pas toujours à prouver la version acceptée au jour du paiement.

Le voyageur doit donc archiver la confirmation complète, et pas seulement le débit bancaire. Il faut conserver le nom du loueur, l’adresse du bien, les dates, le prix, la nature du versement, les conditions d’annulation, la politique de la plateforme et les échanges. Le propriétaire fait de même afin d’établir ce qui a été promis, les échéances et la faculté éventuelle de relouer. Une mention vague telle que « avance » ne règle pas le débat : dans une relation professionnelle, elle tend vers la présomption d’arrhes, sauf clause contraire claire.

Depuis le 23 février 2026, une règle particulière encadre aussi certains paiements perçus par les professionnels soumis à la loi Hoguet. L’article 68 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 prévoit désormais : « Les versements accompagnant une réservation de location saisonnière […] ne peuvent intervenir plus de douze mois avant la remise des clés ni excéder 25 % du montant total du loyer. Le solde ne peut être exigé qu’un mois, au plus tôt, avant l’entrée dans les lieux. » Cette limite vise la réservation passée par l’intermédiaire relevant de ce régime ; elle ne doit pas être appliquée indistinctement à toute location directe entre particuliers.

Le contrôle initial tient en cinq documents : l’annonce enregistrée, le contrat ou la confirmation, les conditions applicables, la preuve du paiement et les échanges relatifs à l’annulation. Sans cet ensemble, une partie peut contester la qualification de la somme, l’existence d’une clause médicale, le délai de notification ou même l’identité de son cocontractant.

B. Qui perd les arrhes, qui rembourse le double et quand le solde peut-il être réclamé ?

Lorsque le voyageur a versé des arrhes et annule sans clause lui permettant d’en obtenir la restitution, il les perd en principe. Le loueur ne peut toutefois pas toujours cumuler cette somme avec l’intégralité du prix. Une demande de solde doit reposer sur le contrat, sa qualification et les conséquences prévues en cas de désistement tardif. L’absence de séjour n’aboutit donc pas à une réponse automatique.

La cour d’appel de Bordeaux, le 6 janvier 2025, n° 22/05090, a examiné une location saisonnière annulée après des échanges sur le chauffage d’une piscine. Elle retient exactement : « l’initiative de la rupture du contrat incombait à M. [X] qui en avait manifesté tacitement l’intention, de sorte qu’il avait perdu les arrhes versées ». Le juge a analysé les SMS, les courriels et la réservation d’un autre logement pour identifier l’auteur véritable du désistement. Un message ambigu peut donc peser davantage que l’intitulé donné ultérieurement au litige.

Le voyageur qui ne souhaite pas annuler doit éviter les formulations contradictoires. Il peut demander l’exécution conforme, fixer un délai raisonnable et préciser qu’il ne renonce pas à la réservation. Si l’équipement promis manque, il faut distinguer l’élément essentiel ayant déterminé le consentement d’un simple agrément. L’annonce, le descriptif et les échanges permettent de prouver que la piscine chauffée, l’accessibilité, le nombre de couchages ou la proximité annoncée formait une condition déterminante.

Lorsque le professionnel annule après avoir reçu des arrhes, le double peut être réclamé. Le tribunal judiciaire de Toulon, le 17 septembre 2025, n° 25/02317, a statué sur une salle réservée puis non fournie. Il juge : « En l’absence de justification de la part de la SARL LA MEDUSE sur la cause de l’inexécution et compte-tenu du silence persistant de celle-ci, il y a lieu de faire droit à la demande de Monsieur [T] [F] et de condamner la SARL LA MEDUSE à lui verser la somme de 480 € correspondant au double des arrhes versées. » Le silence du prestataire n’empêche donc pas le juge de tirer les conséquences des pièces produites.

Le double des arrhes n’est pas une indemnité forfaitaire couvrant nécessairement tous les préjudices. Des frais supplémentaires peuvent être demandés si leur fondement, leur réalité et leur lien avec l’annulation sont établis. Il peut s’agir du surcoût d’un hébergement de remplacement, de billets perdus ou de dépenses directement provoquées par l’annulation. Les juridictions refusent toutefois les demandes générales ou non justifiées.

L’intermédiaire complique parfois l’identification du débiteur. Une plateforme peut seulement mettre en relation les parties, encaisser les fonds pour leur compte ou agir comme mandataire du propriétaire. Les conditions du service et le mandat déterminent alors qui a conclu le contrat de location et qui doit répondre de son annulation.

Le tribunal judiciaire de Caen, le 6 mai 2025, n° 24/03145, l’exprime ainsi : « Il est constant que l’exécution des obligations contractuelles passées par un mandataire au nom et pour le compte de son mandant incombe à ce dernier seul. » Dans cette affaire, le mandataire avait promu le gîte et la plateforme avait reçu les arrhes avant leur restitution. La distinction entre le propriétaire, le gestionnaire et la plateforme commandait l’action en paiement.

Le voyageur doit donc adresser sa réclamation au cocontractant identifié, tout en mettant la plateforme en copie lorsqu’elle détient les fonds ou gère le processus. Le propriétaire qui délègue ses réservations vérifie que le mandataire a transmis l’annulation, restitué les sommes et respecté les limites de son mandat. Un conflit interne entre propriétaire et gestionnaire ne doit pas être opposé au voyageur sans examen du contrat qui le lie réellement à chacun.

L’acompte, pour sa part, ne donne pas une liberté générale de se dédire. Si le voyageur rompt un contrat ferme sans cause prévue, le loueur peut demander l’exécution ou la réparation de son préjudice. Celui-ci n’est pas nécessairement égal au prix total : la relocation du bien, les dépenses économisées et les clauses applicables doivent être pris en compte. Le propriétaire doit conserver les démarches de remise en location et le prix finalement obtenu.

Lorsque le loueur refuse d’exécuter, le voyageur peut demander la résolution, la restitution de l’acompte et, selon les circonstances, des dommages et intérêts. La qualification du paiement devient alors moins importante que la preuve de l’inexécution. Une double réservation, l’indisponibilité du logement, une adresse fictive ou l’absence d’un équipement essentiel peuvent engager la responsabilité contractuelle.

Le tribunal judiciaire de Bordeaux, le 22 juin 2026, n° 26/00007, a examiné l’annulation d’un lieu de réception en raison d’une double réservation. Il relève exactement : « La SAS L’AMBIANCE admet avoir informé, le 11 juillet 2024, Madame [Y] [A] et Monsieur [I] [X] de l’indisponibilité de la salle louée et du fait qu’elle ne pouvait donc s’acquitter de son obligation principale. » Le tribunal a accordé la restitution et réparé plusieurs conséquences de cette inexécution, après examen des justificatifs.

En pratique, le premier courrier doit poser trois questions simples. Quelle est la nature du versement ? Qui a décidé l’annulation ? Quelle clause ou règle en fixe les conséquences ? La réponse permet de demander la restitution simple, le double des arrhes, le solde, la résolution ou une indemnisation documentée.

II. Annulation d’une location saisonnière : quels motifs et quelles démarches pour obtenir un remboursement ?

A. Maladie, hospitalisation, force majeure ou logement indisponible : quels motifs permettent d’être remboursé ?

La maladie n’entraîne pas automatiquement le remboursement d’une location de vacances. Elle peut cependant produire cet effet si le contrat prévoit une clause d’annulation médicale, si une assurance couvre le risque ou si les conditions de la force majeure sont réunies. Ces fondements ne doivent pas être confondus.

Une clause contractuelle peut être plus favorable que la loi. Le tribunal judiciaire des Sables-d’Olonne, le 11 juillet 2025, n° 24/00761, a examiné un contrat prévoyant la restitution des arrhes en cas de maladie ou d’hospitalisation justifiée par certificat médical. Le jugement retient mot pour mot : « Il importe peu que Monsieur [I] [J] et Madame [X] [O] épouse [J] aient souscrit ou non un contrat d’assurance, cette condition n’étant pas requise dans le contrat consenti par Madame [R] [Y]. » Les locataires avaient adressé une lettre recommandée, un certificat médical, un justificatif d’urgences et un compte rendu d’hospitalisation. La propriétaire a été condamnée à restituer 1 578 euros.

Cette décision montre que la clause doit être suivie avec précision. Si elle exige un recommandé avant une date donnée, un simple appel peut être insuffisant. Si elle vise l’hospitalisation du locataire, la maladie d’un proche n’entre pas nécessairement dans son champ. Le certificat doit établir l’empêchement sans divulguer plus de données médicales que nécessaire. Les dates de l’événement, de l’avis médical et de la notification doivent être cohérentes.

L’assurance annulation obéit à ses propres conditions. Elle peut exclure une maladie antérieure, imposer une déclaration rapide, limiter les proches couverts ou demander des justificatifs précis. Le refus de l’assureur ne transforme pas, à lui seul, les arrhes en acompte et ne crée pas une obligation nouvelle à la charge du propriétaire. À l’inverse, le propriétaire ne peut exiger une assurance que si le contrat en a fait une condition opposable.

La force majeure est définie par l’article 1218 du Code civil. L’événement doit échapper au contrôle du débiteur, ne pas avoir pu être raisonnablement prévu lors de la conclusion et produire des effets qui ne peuvent être évités par des mesures appropriées. Le texte distingue l’empêchement temporaire, qui suspend l’exécution sauf retard justifiant la résolution, et l’empêchement définitif, qui résout le contrat de plein droit.

La force majeure s’apprécie par rapport à l’obligation empêchée. La maladie du voyageur ne suffit pas toujours, car elle n’empêche pas le propriétaire de fournir le logement. Elle peut plutôt relever de la clause d’annulation ou de l’assurance. Une interdiction administrative d’héberger, la destruction du bien ou une impossibilité objective d’accès peuvent, selon les faits, affecter l’obligation du loueur. Chaque situation doit être rattachée au débiteur et à son obligation.

La cour d’appel d’Orléans, le 30 avril 2025, n° 23/00923, a examiné un contrat de location destiné à un mariage après des restrictions sanitaires. Elle rappelle dans ses motifs que « l’annulation du contrat, qui est une résolution, […] ne résulte pas d’un libre choix de leur part de se dédire mais du constat de l’impossibilité pour la société Domaine des Cygnes de leur fournir les prestations convenues aux dates et conditions convenues ». La cour a recherché si la prestation pouvait réellement être exécutée comme promise, plutôt que de s’arrêter au mot « annulation ».

Lorsque le logement est indisponible, le propriétaire ne peut pas réduire la difficulté à un simple dédit du voyageur. Une double réservation, des travaux non achevés, une interdiction de louer ou un logement ne correspondant pas à la description caractérisent potentiellement une inexécution. Le voyageur demande d’abord une confirmation écrite de l’indisponibilité et conserve les propositions de relogement. Une alternative très différente par sa localisation, sa capacité ou ses équipements n’équivaut pas forcément à l’exécution convenue.

Une plateforme peut proposer automatiquement un avoir, un relogement ou un remboursement partiel. Accepter une solution présentée comme « règlement définitif » peut affecter les demandes ultérieures. Avant de valider, comparez la somme remboursée, le surcoût du remplacement et la portée de la renonciation. Une réponse rapide est utile, mais elle ne doit pas faire disparaître la preuve de l’offre initiale.

Les clauses d’annulation peuvent aussi être contrôlées au regard du droit de la consommation. Une clause qui autorise le professionnel à conserver toutes les sommes tout en lui permettant d’annuler sans contrepartie peut créer un déséquilibre. Dans le jugement de Toulouse du 21 mars 2025 déjà cité, le tribunal a déclaré non écrite une clause contractuelle après avoir confronté les droits respectifs du consommateur et du professionnel.

Le motif doit enfin être prouvé. Une affirmation orale de double réservation, de problème de santé ou de sinistre ne suffit pas si elle est contestée. Le voyageur conserve le certificat, l’avis d’annulation, les captures de l’annonce encore active et les dépenses de remplacement. Le propriétaire conserve les échanges, le constat du sinistre, la décision administrative, les démarches de relocation et les remboursements effectués.

B. Mise en demeure, preuve et recours : comment récupérer les sommes versées ?

La démarche commence par un dossier chronologique. Il rassemble l’annonce, le contrat, le descriptif, les conditions générales, le justificatif de paiement, les échanges, la notification d’annulation et les pièces du motif. Une capture doit faire apparaître l’URL, la date et le contenu utile. Un relevé bancaire prouve le versement, mais pas à lui seul sa qualification.

La charge de la preuve est définie par l’article 1353 du Code civil : « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. » Le voyageur doit donc établir la réservation, le paiement et le fondement de la restitution. Le loueur qui affirme avoir remboursé ou reloué produit les justificatifs correspondants.

La mise en demeure doit être adressée au bon débiteur. Elle rappelle les dates, la somme, la qualification retenue, l’auteur de l’annulation, la clause applicable et les pièces. Elle formule une demande chiffrée : restitution simple, double des arrhes, remboursement de l’acompte ou indemnisation complémentaire. Un délai de huit à quinze jours est généralement lisible pour une demande de paiement, sans préjuger des circonstances particulières.

Si la réservation est passée par une plateforme, utilisez aussi son processus de réclamation avant l’expiration de ses délais internes. Téléchargez l’historique et l’identifiant du dossier. La plateforme n’est pas toujours le débiteur final, mais ses données peuvent établir la date, le montant, les conditions et l’origine de l’annulation. En cas de paiement par carte, la banque peut être interrogée sur une contestation de l’opération, sans présenter le chargeback comme un droit automatique applicable à tout litige contractuel.

Une tentative amiable est souvent exigée ou utile avant la saisine du juge. Le consommateur peut solliciter le médiateur de la consommation désigné par le professionnel après une réclamation écrite restée sans solution. Le conciliateur de justice peut également intervenir. Ces démarches doivent rester compatibles avec les délais de prescription et les éventuelles dates limites imposées par la plateforme ou l’assurance.

Pour une demande n’excédant pas 5 000 euros, la tentative préalable de résolution amiable peut conditionner la recevabilité de l’action, sous réserve des exceptions prévues. La preuve de la démarche doit être conservée. Le tribunal compétent dépend de la qualité des parties, du montant et des règles territoriales protectrices du consommateur. Le juge peut ordonner la restitution, le double des arrhes, la résolution ou des dommages et intérêts selon le fondement démontré.

Le montant réclamé doit être détaillé. Si le propriétaire professionnel annule après avoir reçu 600 euros d’arrhes, la demande principale peut porter sur 1 200 euros. Si le versement est un acompte et que le logement n’est pas fourni, la restitution de l’acompte peut s’ajouter au surcoût prouvé d’une réservation de remplacement. Les frais hypothétiques, la contrariété non caractérisée ou une somme forfaitaire sans justificatif risquent d’être rejetés.

Le tribunal des Sables-d’Olonne a ainsi refusé des dommages et intérêts supplémentaires faute de préjudice distinct du retard déjà réparé par les intérêts. À Toulon, le juge a accordé le double des arrhes mais examiné séparément les autres demandes. À Bordeaux, dans l’affaire de double réservation de 2026, les justificatifs de remplacement et les conséquences concrètes ont permis une réparation plus large. Ces décisions convergent sur un point : la sanction attachée aux arrhes ne dispense pas de prouver chaque dommage additionnel.

Le propriétaire peut aussi préparer sa défense. Il produit la clause d’annulation acceptée, la preuve que le voyageur a pris l’initiative de rompre, les propositions conformes, les remboursements et la relocation éventuelle. Il évite de supprimer l’annonce ou les messages. Une réponse motivée, accompagnée du décompte, réduit le risque qu’un silence soit interprété contre lui.

À Paris et en Île-de-France, de nombreuses locations estivales sont conclues via une conciergerie ou une plateforme, parfois pour un logement qui constitue la résidence principale du bailleur. Le litige sur les arrhes reste distinct des règles d’enregistrement, de changement d’usage ou de copropriété, mais une irrégularité administrative peut expliquer l’annulation. Le voyageur n’obtient pas mécaniquement le double du seul fait de cette irrégularité : il doit revenir au contrat, à la qualité du loueur et au régime du versement.

Le propriétaire locataire qui sous-loue doit également vérifier l’autorisation du bailleur. Notre article sur la sous-location d’un appartement pendant l’été détaille les autorisations et les risques. En cas d’occupation maintenue après le terme, l’analyse diffère encore ; notre décryptage du voyageur qui refuse de quitter une location Airbnb traite cette situation. Pour les litiges contractuels plus larges, la page du cabinet consacrée au droit immobilier à Paris présente les voies d’accompagnement.

Avant toute action, relisez enfin les mots exacts du contrat. « Non remboursable », « acompte », « arrhes », « force majeure », « assurance annulation » et « frais de service » ne sont pas interchangeables. Chaque terme doit être rapproché de la qualité des parties et des pièces. Une demande courte, chiffrée et juridiquement qualifiée produit davantage d’effet qu’une contestation générale adressée à tous les intervenants.

Conclusion

L’annulation d’une location de vacances ne se règle pas par une formule unique. Lorsque le loueur professionnel n’a pas prévu le contraire, le versement d’avance est présumé constituer des arrhes : le consommateur qui se désiste les perd, tandis que le professionnel qui annule les restitue au double. Lorsqu’un acompte a été convenu, l’engagement est en principe ferme et les clauses, le motif de la rupture ainsi que le préjudice deviennent déterminants.

La maladie peut ouvrir un remboursement si le contrat ou l’assurance le prévoit. La force majeure répond à des conditions distinctes et s’apprécie par rapport à l’obligation empêchée. L’indisponibilité du logement, la double réservation ou l’annulation décidée par le propriétaire relèvent plutôt de l’inexécution. Les décisions rendues en 2025 et 2026 montrent que les juges examinent les messages, la version des conditions acceptées, le mandat de la plateforme, les justificatifs médicaux et le détail des dépenses.

Le réflexe utile consiste à enregistrer l’annonce, le contrat et les conditions dès la réservation. Après l’annulation, identifiez le cocontractant, qualifiez la somme, établissez l’auteur de la rupture et adressez une demande chiffrée avec les pièces. Une restitution simple, le double des arrhes ou des dommages complémentaires ne reposent pas sur les mêmes fondements. Cette méthode permet d’éviter qu’un avoir imposé, un message ambigu ou l’absence de preuve transforme un droit au remboursement en litige incertain.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».