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Maître Reda KOHEN
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Assurance habitation résiliée par l’assureur : que faire pour éviter la résiliation du bail ?

Un courrier de résiliation d’assurance habitation ne doit jamais rester dans un tiroir, surtout en période de déménagements, de sous-locations d’été, d’orages ou de sinistres. Pour un locataire, l’enjeu n’est pas seulement de retrouver un assureur. Si le bailleur demande une attestation et que rien n’est produit, le bail peut basculer vers un commandement, puis une procédure de résiliation et d’expulsion.

La difficulté vient souvent d’un malentendu. Le locataire pense que la discussion se joue uniquement avec son assureur. Le propriétaire, lui, raisonne à partir du bail : le logement doit être assuré contre les risques locatifs, et cette assurance doit pouvoir être justifiée. Entre les deux, quelques jours perdus peuvent suffire à aggraver le dossier.

Voici la marche à suivre si votre assurance habitation est résiliée, suspendue ou menacée de résiliation.

Assurance habitation résiliée : le premier réflexe est de vérifier la date d’effet

Il faut distinguer trois situations.

Première situation : l’assureur annonce une résiliation à l’échéance annuelle. Dans ce cas, le contrat reste généralement actif jusqu’à la date indiquée dans le courrier. Le risque principal est de laisser passer l’échéance sans nouveau contrat.

Deuxième situation : l’assureur met en demeure pour non-paiement. L’article L. 113-3 du Code des assurances prévoit une mécanique très concrète : après l’échéance impayée, la garantie ne peut être suspendue qu’après mise en demeure, puis le contrat peut être résilié après l’expiration des délais prévus. Autrement dit, il faut agir avant que la suspension ne devienne une rupture effective de couverture.

Troisième situation : l’assureur résilie après sinistre, fausse déclaration alléguée, aggravation du risque, absence de paiement ou série d’incidents. Dans ce cas, il faut lire précisément le fondement invoqué, car la stratégie n’est pas la même selon que le problème vient d’un impayé régularisable, d’un sinistre contesté ou d’une information que l’assureur estime inexacte.

Dans tous les cas, notez immédiatement :

  • la date du courrier ;
  • la date de suspension éventuelle des garanties ;
  • la date de résiliation effective ;
  • le motif invoqué ;
  • les sommes éventuellement dues ;
  • le délai laissé pour régulariser ;
  • les pièces demandées par l’assureur.

Ce calendrier servira à la fois contre l’assureur et vis-à-vis du bailleur.

Le locataire doit rester assuré contre les risques locatifs

Pour une résidence principale louée vide, meublée ou en bail mobilité, le locataire doit s’assurer contre les risques locatifs. Service-public rappelle cette obligation sur sa page consacrée à l’assurance habitation couvrant les risques locatifs.

La loi du 6 juillet 1989 impose aussi au locataire de justifier de cette assurance lors de la remise des clés, puis chaque année si le bailleur le demande. En pratique, la preuve attendue est une attestation d’assurance à jour, mentionnant le logement loué et la période couverte.

Si le contrat est résilié par l’assureur, le locataire doit donc rechercher sans délai une nouvelle couverture. Il ne suffit pas de dire au bailleur que des démarches sont en cours. Un devis, une simulation ou une simple demande envoyée à un courtier ne remplace pas une attestation.

Le point le plus dangereux est le trou de garantie. Si l’ancien contrat prend fin le 10 juillet et que le nouveau contrat commence le 20 juillet, le bailleur peut soutenir qu’il y a eu une période sans assurance. Dans un dossier contentieux, cette période peut nourrir l’argument selon lequel l’obligation essentielle du locataire n’a pas été respectée.

Le bailleur peut-il résilier le bail si l’assurance a été résiliée ?

Oui, mais il doit suivre la procédure prévue par le bail et la loi. Dans la plupart des baux d’habitation, une clause résolutoire prévoit la résiliation de plein droit en cas de défaut d’assurance. Cette clause ne produit pas automatiquement ses effets le jour où l’assureur résilie le contrat.

Le bailleur doit généralement faire délivrer par commissaire de justice un commandement de justifier d’une assurance. Le locataire dispose alors d’un délai pour produire une attestation valable. Si le délai expire sans régularisation, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et demander l’expulsion.

La jurisprudence récente montre que les juridictions prennent ce sujet au sérieux. Le tribunal judiciaire de Lille, dans une décision du 8 juin 2026, rappelle que la clause de résiliation peut produire effet si le locataire ne justifie pas d’une assurance contre les risques locatifs dans le délai requis. Le tribunal judiciaire de Pontoise, dans une décision du 19 mai 2026, raisonne aussi à partir de l’obligation légale de souscrire et de justifier l’assurance habitation.

L’important, pour le locataire, est donc de ne pas attendre l’audience. Plus l’attestation est produite tôt, plus il est possible de discuter la résiliation, de démontrer la régularisation et de limiter le risque d’expulsion.

Que faire dans les 48 heures après le courrier de résiliation ?

Dans les 48 heures, il faut traiter le dossier comme une urgence documentaire.

Commencez par demander à l’assureur une confirmation écrite de la situation exacte du contrat : garantie encore active ou suspendue, date de fin, motif, montant restant dû, possibilité de régularisation. Si la résiliation vient d’un impayé, demandez si un paiement immédiat permet d’éviter la rupture ou seulement de solder la dette.

Ensuite, recherchez une assurance de remplacement. Si vous êtes considéré comme profil résilié, les assureurs classiques peuvent refuser ou proposer des conditions plus strictes. Il faut alors élargir rapidement : courtier, assureurs spécialisés, contrat temporaire si possible, preuve des démarches refusées.

Puis, informez le bailleur de manière maîtrisée. Il ne faut pas lui transmettre un message vague du type « je règle ça ». Il faut envoyer un courrier ou un courriel précis :

  • indiquant que vous avez reçu une information de l’assureur ;
  • précisant que vous avez engagé une régularisation ou une nouvelle souscription ;
  • joignant l’attestation si elle est déjà disponible ;
  • demandant un délai bref si l’attestation arrive sous quelques jours ;
  • conservant la preuve de l’envoi.

Si le bailleur a déjà demandé une attestation, répondez même si vous n’avez pas encore le document final. Le silence est souvent plus défavorable qu’une réponse documentée.

Si un commandement de justifier l’assurance est délivré

Le commandement est un acte sérieux. Il faut immédiatement vérifier :

  • la date de signification ;
  • le logement concerné ;
  • la clause du bail invoquée ;
  • le délai laissé pour produire l’attestation ;
  • les sommes éventuellement réclamées en parallèle ;
  • l’adresse à laquelle transmettre la preuve.

La bonne réponse consiste à produire une attestation couvrant le logement, idéalement sans interruption de période. Si le nouveau contrat commence après la résiliation de l’ancien, il faut expliquer le trou de garantie et, si possible, montrer qu’il a été très court et immédiatement régularisé.

Il peut aussi être utile de transmettre au bailleur :

  • le nouveau contrat ou une attestation complète ;
  • la preuve du paiement de la prime ;
  • les échanges avec l’ancien assureur ;
  • les refus d’assurance reçus ;
  • la preuve des démarches auprès d’un courtier ;
  • les justificatifs de situation personnelle si un délai doit être demandé.

En cas de saisine du juge, ces pièces permettent de discuter la gravité du manquement, la date de régularisation et la proportionnalité des conséquences demandées.

Le bailleur peut-il souscrire une assurance pour le compte du locataire ?

Dans certains cas, lorsque le locataire ne remet pas d’attestation, le bailleur peut souscrire une assurance pour compte du locataire et en répercuter le coût selon les conditions prévues. Cette solution existe pour éviter que le logement reste sans couverture, mais elle ne doit pas être confondue avec une liberté totale du bailleur.

Le locataire doit vérifier le montant, la nature de la couverture, les justificatifs communiqués et la régularité de la demande de remboursement. Si l’assurance souscrite par le bailleur est contestée ou si le locataire produit finalement sa propre attestation, il faut demander la résiliation de l’assurance prise pour compte et la régularisation des sommes réclamées.

Pour le bailleur, cette option peut être plus pragmatique qu’une procédure immédiate, notamment lorsque le locataire paie son loyer et que le seul problème est documentaire. Mais si le locataire ne répond pas, ne s’assure pas et ne rembourse pas, le dossier peut redevenir contentieux.

Sinistre, dégât des eaux ou catastrophe naturelle : ne restez pas sans couverture

La résiliation après sinistre est particulièrement sensible. Si un dégât des eaux, un incendie, un orage violent ou une inondation survient pendant une période non couverte, la question de la prise en charge peut devenir très conflictuelle.

Le locataire doit conserver tous les échanges avec l’assureur et déclarer les sinistres dans les délais applicables. Si l’assureur refuse la garantie ou résilie après un sinistre, il faut demander une motivation écrite et vérifier si les conditions générales permettent vraiment cette résiliation.

Le bailleur, de son côté, doit éviter les raccourcis. Une résiliation d’assurance ne signifie pas nécessairement que le locataire a causé le sinistre, ni que tous les frais peuvent être récupérés contre lui. Il faut identifier le dommage, la cause, les responsabilités possibles, l’assurance de l’immeuble, l’assurance du bailleur et l’éventuelle assurance du locataire.

Paris et Île-de-France : pourquoi agir vite

À Paris et en Île-de-France, les contentieux locatifs avancent souvent avec des délais d’audience variables, mais les actes préparatoires sont rapides : demande d’attestation, commandement, assignation, constitution du dossier, audience devant le juge des contentieux de la protection.

Pour le locataire, il faut réagir avant que le dossier ne devienne une procédure d’expulsion. Pour le bailleur, il faut documenter proprement chaque étape, car une demande mal préparée peut perdre du temps ou être discutée.

Les pièces les plus utiles sont :

  • le bail et sa clause résolutoire ;
  • la dernière attestation d’assurance connue ;
  • le courrier de résiliation de l’assureur ;
  • les demandes d’attestation envoyées par le bailleur ;
  • le commandement éventuel ;
  • les preuves de nouvelle assurance ;
  • les échanges avec le courtier ou l’assureur ;
  • les preuves de paiement de prime ;
  • les constats ou déclarations de sinistre si un dommage est en cause.

Quand faut-il consulter ?

Il faut consulter rapidement si vous avez reçu un commandement de justifier l’assurance, si le bailleur menace de saisir le juge, si votre assureur résilie après un sinistre, si vous avez été refusé par plusieurs assureurs ou si le logement a subi un dommage pendant une période incertaine de garantie.

Le sujet peut sembler administratif, mais ses conséquences sont contentieuses : résiliation du bail, expulsion, indemnité d’occupation, dette locative, responsabilité après sinistre, difficulté à se réassurer.

La bonne stratégie consiste à reconstituer la chronologie, produire les attestations utiles, répondre par écrit au bailleur et, si nécessaire, préparer une défense avant l’audience.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Le cabinet peut examiner votre bail, le courrier de résiliation de l’assureur et les échanges avec le propriétaire afin d’identifier les risques immédiats.

Une consultation téléphonique peut être organisée sous 48 heures avec un avocat du cabinet pour déterminer les pièces à réunir et la réponse à adresser.

Vous pouvez appeler le 06 46 60 58 22 ou écrire via le formulaire de contact.

Le cabinet intervient notamment à Paris et en Île-de-France pour les litiges locatifs, les dossiers d’assurance habitation et les procédures liées à la résiliation du bail.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».