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Conciergerie Airbnb à Paris : qui paie l’amende en cas de contrôle de la mairie ?

Depuis le 20 mai 2026, les règles applicables aux meublés touristiques sont devenues plus faciles à contrôler. Le numéro d’enregistrement, l’identité du loueur, l’adresse du logement, les annonces en ligne et le nombre de jours loués peuvent désormais être croisés plus vite par les communes et par les plateformes.

À Paris, cette évolution touche directement les propriétaires qui confient leur logement à une conciergerie Airbnb ou à une agence de gestion de location courte durée. Beaucoup pensent que la conciergerie « s’occupe de tout ». En pratique, ce n’est pas toujours vrai. Le mandat peut prévoir la création de l’annonce, la remise des clés, le ménage, la gestion du calendrier et les échanges avec les voyageurs, sans transférer au gestionnaire la responsabilité administrative principale.

La question devient concrète le jour où la Ville de Paris demande des explications, conteste le numéro d’enregistrement, relève une annonce sans mention obligatoire ou reproche une location sans changement d’usage. Qui répond ? Le propriétaire ? La conciergerie ? La plateforme ? Et surtout, qui paie si une amende est prononcée ?

La réponse courte est la suivante : le propriétaire reste le premier exposé lorsque le logement est loué en meublé touristique sans déclaration, sans numéro valide ou sans autorisation de changement d’usage. La conciergerie peut toutefois engager sa responsabilité si elle a publié l’annonce sans vérifier les éléments promis dans le mandat, si elle a utilisé un faux numéro, si elle a dépassé les limites convenues ou si elle n’a pas informé le propriétaire des démarches nécessaires.

Conciergerie Airbnb : ce qu’elle peut faire, et ce qu’elle ne peut pas faire à votre place

Une conciergerie de location courte durée peut gérer des prestations très larges : photographie du logement, rédaction de l’annonce, synchronisation des calendriers, accueil des voyageurs, ménage, linge, prix dynamiques, encaissement indirect, assistance et maintenance.

Mais cette gestion pratique ne remplace pas les démarches administratives qui relèvent du loueur.

La Ville de Paris indique expressément que la déclaration de meublé touristique doit être déposée par le loueur qui souhaite proposer le bien à la location, et qu’elle ne peut pas être réalisée au nom de la conciergerie qui gère la location. La page officielle de la Ville de Paris est ici : location meublée touristique à Paris.

Cette précision change la lecture du contrat. Même si une conciergerie accompagne le propriétaire dans le formulaire, le numéro d’enregistrement ne devient pas « son » numéro. Il reste attaché au logement et à la déclaration du loueur. Si la situation change, si l’activité cesse, si les informations déclarées ne sont plus exactes ou si un nouveau numéro doit être obtenu, le propriétaire doit vérifier que les annonces ont bien été mises à jour.

Le mandat de conciergerie doit donc être relu avant tout contrôle. Il faut identifier exactement ce que le gestionnaire a promis : simple aide commerciale, accompagnement administratif, vérification du numéro, contrôle du plafond annuel, refus de publier sans justificatifs, alerte en cas de changement de réglementation.

Déclaration, numéro d’enregistrement et changement d’usage : les trois points de contrôle

En location courte durée à Paris, trois contrôles reviennent le plus souvent.

Premier contrôle : la déclaration et le numéro d’enregistrement. Dans les communes qui imposent l’enregistrement, l’annonce doit faire apparaître le numéro attribué. Service-Public rappelle que ce numéro doit être indiqué dans chaque annonce de location, y compris sur les plateformes en ligne : résidence secondaire louée en meublé de tourisme.

Deuxième contrôle : la nature du logement. Une résidence principale ne se traite pas comme une résidence secondaire. Pour une résidence principale, la limite parisienne est plus stricte que dans beaucoup d’autres communes : la Ville de Paris indique une limite de 90 jours par an. Le propriétaire doit donc suivre les nuitées réellement louées, même si la conciergerie pilote le calendrier.

Troisième contrôle : le changement d’usage. Lorsqu’un logement qui n’est pas la résidence principale du loueur est transformé en location touristique, une autorisation de changement d’usage peut être nécessaire. Service-Public rappelle que l’absence de demande d’autorisation peut entraîner une amende lourde, la remise en état initial et une astreinte. Le décret du 19 mars 2026 a en outre adapté les règles de données et d’accès des communes aux informations relatives aux meublés touristiques : décret n° 2026-196 du 19 mars 2026.

Ces trois sujets ne sont pas interchangeables. Un numéro d’enregistrement ne suffit pas toujours à régulariser un changement d’usage. Une conciergerie ne peut pas sécuriser une annonce si le propriétaire ne lui donne pas une information exacte sur la résidence principale, le règlement de copropriété, l’autorisation de changement d’usage ou le nombre de jours déjà loués sur une autre plateforme.

Qui risque l’amende si l’annonce est irrégulière ?

Le propriétaire est généralement le premier destinataire du risque, car c’est lui qui met le logement à disposition et qui tire les revenus de la location.

Il peut être poursuivi si le logement est loué sans autorisation, si le numéro d’enregistrement est absent ou faux, si le plafond applicable à la résidence principale est dépassé, ou si l’activité contrevient au règlement de copropriété. Il peut aussi être mis en difficulté par des annonces publiées sur plusieurs plateformes, lorsque le suivi des nuitées n’est pas centralisé.

La conciergerie n’est pas automatiquement à l’abri. Elle peut être recherchée sur le terrain contractuel si le mandat prévoyait une vérification administrative et que cette vérification n’a pas été faite. Elle peut également être discutée si elle a publié l’annonce alors qu’elle savait que le numéro était absent, incohérent ou attaché à un autre local.

La plateforme a ses propres obligations d’information et de contrôle. Mais, dans un litige concret entre le propriétaire et sa conciergerie, l’enjeu immédiat est souvent le même : le propriétaire reçoit le courrier ou l’assignation, puis cherche à faire supporter tout ou partie du coût au gestionnaire.

Cette répartition dépend des pièces. Un simple contrat commercial de conciergerie ne suffit pas. Il faut relire les échanges, les captures d’écran, les annonces, les tableaux de nuitées, les factures de gestion, les conditions générales et les messages par lesquels la conciergerie a demandé ou non les justificatifs.

Les clauses à vérifier dans le mandat de conciergerie

Avant de répondre à la mairie ou de se retourner contre la conciergerie, il faut ouvrir le mandat signé.

La première clause à vérifier est la mission administrative. Le contrat indique-t-il que la conciergerie vérifie la conformité réglementaire de la location ? Ou précise-t-il au contraire que le propriétaire reste seul responsable des autorisations ?

La deuxième clause concerne les déclarations du propriétaire. Beaucoup de mandats prévoient que le propriétaire garantit avoir le droit de louer le logement, avoir obtenu les autorisations nécessaires et respecter le règlement de copropriété. Cette clause peut limiter le recours contre la conciergerie si le propriétaire a donné une information inexacte.

La troisième clause concerne la publication des annonces. Il faut savoir qui renseigne le numéro d’enregistrement, qui contrôle sa validité, qui le modifie, et qui décide de retirer l’annonce en cas de doute.

La quatrième clause concerne les plafonds de nuitées. Une conciergerie sérieuse doit pouvoir produire un historique des séjours, surtout si elle gère plusieurs plateformes. Le propriétaire doit vérifier que le mandat prévoit un suivi clair et une alerte avant dépassement.

La cinquième clause concerne les pénalités et l’indemnisation. Certaines conciergeries excluent toute responsabilité pour les sanctions administratives. D’autres acceptent une responsabilité limitée. Ces clauses ne règlent pas tout, mais elles fixent le terrain de la discussion.

Que faire si la mairie de Paris demande des explications ?

Il faut répondre avec méthode, sans improviser.

La première étape consiste à conserver le courrier reçu et à relever le délai de réponse. Une demande d’information, une mise en demeure, un procès-verbal ou une assignation ne se traitent pas de la même manière.

La deuxième étape consiste à figer les preuves. Il faut faire des captures datées de l’annonce, du numéro affiché, du calendrier, des réservations, de la page de gestion de la plateforme et des messages échangés avec la conciergerie. Il faut aussi demander au gestionnaire l’historique complet des nuitées et des annonces publiées.

La troisième étape consiste à vérifier la situation administrative réelle : résidence principale ou secondaire, déclaration, numéro, changement d’usage, règlement de copropriété, information du syndic, taxe de séjour, inscription SIRENE si nécessaire.

La quatrième étape consiste à répondre sur pièces. Si le logement était régulier, il faut produire les justificatifs. Si une erreur existe, il faut expliquer son origine, corriger immédiatement les annonces et, si nécessaire, suspendre la location.

La cinquième étape consiste à réserver les recours contre la conciergerie. Il ne faut pas accuser le gestionnaire sans preuve dans une réponse administrative mal construite. Il faut en revanche lui adresser rapidement une demande écrite de communication des documents et lui notifier que sa responsabilité pourra être recherchée si l’irrégularité vient de sa gestion.

Comment se retourner contre la conciergerie ?

Le recours contre la conciergerie suppose de démontrer une faute, un préjudice et un lien entre les deux.

La faute peut résulter d’une annonce publiée sans numéro, d’une absence de vérification prévue au mandat, d’un dépassement du plafond de nuitées malgré une mission de gestion complète, d’un défaut d’information sur les démarches, ou d’une utilisation d’informations erronées que la conciergerie aurait dû détecter.

Le préjudice peut comprendre l’amende, les frais d’avocat, la perte de revenus liée à la suspension des annonces, les frais de régularisation, ou la résiliation d’un contrat de gestion devenu inexécutable.

Le lien de causalité est souvent le point le plus discuté. Si le propriétaire n’avait jamais demandé le changement d’usage alors que le logement était une résidence secondaire, la conciergerie répondra que le problème existait avant son intervention. Si, en revanche, elle a présenté la location comme juridiquement possible, publié l’annonce et encaissé des frais de gestion en se présentant comme spécialiste de la réglementation parisienne, la discussion devient différente.

Le premier courrier doit donc être précis. Il doit viser les clauses du mandat, les faits datés, les annonces concernées, les demandes de la mairie et les pièces attendues. Une mise en demeure trop générale permet au gestionnaire de répondre qu’il n’était chargé que d’une prestation matérielle.

Paris et Île-de-France : pourquoi le risque est plus fort

Paris est l’un des territoires les plus sensibles pour les locations touristiques. Les contrôles y sont structurés, les règles de changement d’usage sont strictes et les immeubles en copropriété ajoutent une couche de vérification.

En Île-de-France, le risque peut aussi concerner des communes de petite couronne où la location touristique s’est développée autour des transports, des événements professionnels, des Jeux, des salons et du tourisme d’affaires. Les propriétaires qui utilisent une conciergerie à Paris, Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt, Courbevoie ou Saint-Denis doivent vérifier les règles locales avant de copier un modèle d’annonce.

Le bon réflexe est simple : ne pas confondre rentabilité locative et conformité administrative. Une conciergerie peut améliorer les revenus d’un logement, mais elle ne transforme pas un local irrégulier en activité autorisée.

Pour les propriétaires déjà contrôlés, l’objectif n’est pas seulement de contester l’amende. Il faut aussi décider s’il faut suspendre l’annonce, régulariser, modifier le mandat, demander une indemnisation au gestionnaire ou sortir du modèle courte durée.

Ce sujet s’inscrit dans le contentieux plus large de la location meublée de tourisme et de la loi Le Meur, ainsi que dans les litiges de numéro d’enregistrement Airbnb absent ou contesté.

Les pièces à préparer avant une consultation

Pour analyser rapidement le dossier, il faut réunir :

  • le mandat signé avec la conciergerie ;
  • les conditions générales applicables ;
  • les factures et relevés de commission ;
  • les captures de l’annonce publiée ;
  • le numéro d’enregistrement affiché ;
  • les échanges sur la déclaration, le changement d’usage et le règlement de copropriété ;
  • le calendrier des réservations ;
  • les relevés de nuitées par plateforme ;
  • le courrier de la Ville de Paris ou de la commune ;
  • les justificatifs de résidence principale ou secondaire ;
  • l’autorisation de changement d’usage si elle existe ;
  • le règlement de copropriété ;
  • les échanges avec le syndic ;
  • les justificatifs de taxe de séjour et d’inscription SIRENE.

Avec ces pièces, il devient possible de répondre à trois questions : l’infraction reprochée est-elle constituée, la conciergerie a-t-elle commis une faute, et quelle réponse envoyer sans aggraver le risque.

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Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour relire un mandat de conciergerie, répondre à un contrôle de la mairie et préparer un recours contre le gestionnaire si sa responsabilité peut être engagée.

À Paris et en Île-de-France, cette vérification permet de distinguer ce qui relève du propriétaire, de la conciergerie, de la plateforme et de la commune.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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