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Assurance de copropriété résiliée ou trop chère : que faire face à la hausse des charges en 2026 ?

En 2026, la hausse des charges de copropriété n’est plus seulement une question d’ascenseur, de chauffage ou de syndic. Le poste assurance devient l’un des points de tension les plus sensibles dans les immeubles : prime annuelle qui explose, franchise aggravée, exclusions nouvelles, refus de garantie après sinistres répétés, appel de fonds urgent voté en assemblée générale.

L’actualité immobilière récente confirme cette pression. Plusieurs observatoires et articles publiés au printemps 2026 relient la progression des charges au coût de l’assurance immeuble, notamment après la multiplication des sinistres climatiques, dégâts des eaux, incendies et tensions sur le coût des travaux. Le sujet est aussi très recherché : le 13 mai 2026, Google Ads remonte notamment « assurance copropriété » à 2 400 recherches mensuelles moyennes en France, « assurance immeuble copropriété » à 480, « assurance copropriété obligatoire » à 170 et « devis assurance copropriété » à 170, avec des CPC pouvant dépasser 5 euros sur plusieurs requêtes. Derrière ces recherches, il y a souvent un conseil syndical ou un copropriétaire qui vient de découvrir une prime incompréhensible dans le budget.

La question pratique n’est donc pas seulement « est-ce cher ? ». Il faut savoir si l’assurance est obligatoire, ce que le syndic peut signer, comment contrôler la hausse, quand saisir le Bureau central de tarification, et dans quels cas un copropriétaire peut contester un appel de fonds ou une décision d’assemblée générale.

Assurance copropriété : ce qui est obligatoire

La règle de base est posée par l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965. Chaque copropriétaire doit être assuré pour sa responsabilité civile, qu’il occupe son lot ou qu’il soit copropriétaire non occupant. Le syndicat des copropriétaires doit, lui aussi, être assuré pour les risques de responsabilité civile dont il peut répondre.

En pratique, il faut distinguer trois niveaux.

Le premier niveau est l’assurance collective de l’immeuble, souscrite par le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. Elle couvre au minimum la responsabilité civile du syndicat. Selon le contrat, elle peut aussi inclure des garanties multirisques sur les parties communes, dégâts des eaux, incendie, événements climatiques, catastrophes naturelles, défense-recours ou protection juridique.

Le deuxième niveau est l’assurance individuelle du copropriétaire. Elle couvre sa responsabilité civile et, selon son statut, son assurance habitation occupant ou son assurance propriétaire non occupant.

Le troisième niveau est l’assurance du locataire, lorsqu’un lot est loué. Elle ne remplace pas l’assurance du syndicat, et elle ne couvre pas nécessairement les sinistres nés des parties communes.

La fiche officielle Service-Public sur l’assurance en copropriété rappelle aussi une distinction importante : si un sinistre vient d’une partie commune, le syndic déclare en principe le sinistre à l’assureur de l’immeuble ; s’il vient d’une partie privative, le copropriétaire concerné doit déclarer à son propre assureur. Cette frontière devient décisive lorsque l’assureur refuse une garantie ou augmente brutalement la prime après un historique de sinistres.

Hausse de prime : les questions à poser au syndic

Une hausse d’assurance n’est pas automatiquement abusive. Elle peut venir de la sinistralité de l’immeuble, de l’âge des équipements, d’une toiture fragile, d’un risque incendie, d’une zone exposée aux inondations, d’un mauvais entretien ou d’une franchise trop souvent mobilisée. Mais le syndic ne peut pas se contenter de transmettre un chiffre global sans explication.

Avant de voter le budget ou de payer un appel de fonds exceptionnel, le conseil syndical doit demander :

  • le contrat d’assurance en cours et ses avenants ;
  • le montant de la prime précédente et de la nouvelle prime ;
  • les garanties supprimées, réduites ou ajoutées ;
  • les franchises anciennes et nouvelles ;
  • le relevé de sinistralité sur les dernières années ;
  • les devis concurrents demandés ;
  • les raisons données par l’assureur ou le courtier ;
  • la date de résiliation éventuelle ;
  • le risque exact en cas de non-renouvellement ;
  • la part récupérable ou non récupérable si certains lots sont loués.

Le point le plus important est souvent la franchise. Une prime qui semble stable peut masquer une franchise multipliée par trois. Inversement, une prime plus élevée peut être justifiée si elle évite une exclusion dangereuse sur les dégâts des eaux ou les événements climatiques. Le contrôle juridique porte donc sur le couple prix-garanties-franchise, pas seulement sur le montant facial.

Le syndic peut-il signer seul une nouvelle assurance ?

Le syndic administre l’immeuble et exécute les décisions de l’assemblée générale. Dans l’urgence, il peut devoir éviter une rupture d’assurance qui exposerait le syndicat. Mais cela ne lui donne pas un blanc-seing permanent.

Si l’assurance figure dans le budget prévisionnel voté, le syndic peut en principe payer les primes prévues. Si la prime augmente fortement, si le contrat change de nature, si un appel de fonds exceptionnel est demandé ou si l’immeuble doit choisir entre plusieurs options, le sujet doit être porté à l’ordre du jour de l’assemblée générale ou documenté auprès du conseil syndical.

Le copropriétaire doit regarder trois documents : le contrat de syndic, le procès-verbal d’assemblée générale et le budget voté. Si le syndic a signé dans le cadre de ses pouvoirs et pour éviter une absence de couverture, la contestation sera plus difficile. Si, au contraire, il a engagé une dépense manifestement excessive sans mise en concurrence, sans information utile ou en dehors du budget, la responsabilité du syndic peut être discutée.

La mise en concurrence ne doit pas être formelle. Demander trois devis identiques à la dernière minute ne suffit pas toujours si les contrats ne sont pas comparables. Il faut comparer les plafonds, exclusions, franchises, garanties dégâts des eaux, incendie, tempête, responsabilité civile, protection juridique et conditions de résiliation.

Assurance résiliée ou refusée : quand saisir le BCT ?

Le cas le plus dangereux est celui d’une copropriété qui ne trouve plus d’assureur. Une résiliation après sinistres, un refus de renouvellement ou plusieurs refus de souscription peuvent placer le syndicat dans une impasse : l’assurance responsabilité civile est obligatoire, mais les assureurs ne veulent plus couvrir le risque.

Dans ce cas, le Bureau central de tarification habitation peut être saisi pour la responsabilité civile des locataires, copropriétaires et syndicats de copropriété. Son rôle n’est pas de négocier le meilleur contrat multirisque du marché. Il fixe la prime moyennant laquelle l’entreprise d’assurance désignée par l’assujetti devra garantir le risque obligatoire.

La procédure suppose une méthode stricte. Il faut choisir une entreprise d’assurance, lui adresser une demande régulière, obtenir un refus explicite ou attendre le refus implicite après le délai indiqué par le BCT, puis saisir le bureau avec le dossier complet. Le BCT précise qu’une saisine envoyée à un courtier ou à une agence peut être irrecevable si elle ne vise pas l’entreprise compétente, et que l’assujetti doit justifier d’un refus d’assurance.

Conséquence pratique : dès qu’une résiliation est annoncée, le syndic et le conseil syndical doivent constituer un dossier. Attendre la veille de l’échéance expose la copropriété à une période sans couverture, à des devis subis et à un appel de fonds mal expliqué.

Peut-on contester un appel de fonds lié à l’assurance ?

Un copropriétaire ne peut pas refuser de payer ses charges au seul motif qu’il trouve l’assurance trop chère. Les charges votées et les appels de fonds réguliers sont exigibles. En revanche, il peut agir sur plusieurs terrains.

Le premier terrain est le contrôle de l’assemblée générale. Si une résolution a voté une prime, une enveloppe ou un appel exceptionnel, il faut vérifier la convocation, l’ordre du jour, les pièces jointes, la majorité, le procès-verbal et le délai de contestation. Une décision d’assemblée générale se conteste en principe dans les deux mois de la notification du procès-verbal par le copropriétaire opposant ou défaillant.

Le deuxième terrain est la responsabilité du syndic. Si le syndic a laissé expirer le contrat, omis de déclarer des sinistres, négligé une mise en concurrence, signé un contrat déséquilibré ou caché des exclusions importantes, sa faute peut être discutée. Cette action ne dispense pas nécessairement de payer l’appel de fonds, mais elle peut permettre de demander réparation.

Le troisième terrain est la vérification comptable. La prime doit être imputée correctement entre charges communes générales et charges spéciales si le règlement de copropriété ou la nature des garanties l’impose. Les copropriétaires bailleurs doivent aussi distinguer les charges récupérables sur le locataire et celles qui restent à leur charge.

Le quatrième terrain est la preuve. Avant toute contestation, il faut réunir les devis, le contrat signé, les échanges avec le courtier, les refus d’assurance, les procès-verbaux, les appels de fonds, le relevé général des dépenses, le grand livre et les sinistres invoqués.

Conseil syndical : la checklist d’urgence

Lorsque la prime augmente fortement ou que le contrat est résilié, le conseil syndical doit agir vite mais proprement.

Première étape : demander au syndic le contrat actuel, l’avis d’échéance, la lettre de résiliation ou de majoration, le relevé de sinistralité et les devis disponibles.

Deuxième étape : identifier la date limite. Une copropriété sans assurance responsabilité civile prend un risque immédiat en cas de dommage causé par les parties communes, un préposé, un équipement ou une carence d’entretien.

Troisième étape : vérifier si la hausse correspond seulement à la responsabilité civile obligatoire ou à un contrat multirisque plus large. Le BCT ne remplacera pas nécessairement toutes les garanties utiles d’un contrat complet.

Quatrième étape : demander une réunion du conseil syndical et, si nécessaire, une assemblée générale. Le vote doit être intelligible : prime, assureur, durée, franchise, garanties essentielles, enveloppe de délégation au syndic, calendrier de mise en concurrence.

Cinquième étape : préparer le recours BCT si les refus s’accumulent. Le dossier doit être formalisé avant l’échéance, pas après un sinistre.

Paris et Île-de-France : pourquoi le risque est souvent plus tendu

À Paris et en Île-de-France, la question est particulièrement sensible. Les immeubles anciens, les colonnes d’eau, les caves, les toitures, les commerces en rez-de-chaussée, les locations meublées et la densité des lots peuvent aggraver la sinistralité. Le montant des travaux et des interventions d’urgence est aussi plus élevé, ce qui pèse sur les primes et les franchises.

Pour une copropriété parisienne, le conseil syndical doit donc documenter très précisément les sinistres récurrents : fuites, infiltrations, incendies, dégâts liés à des travaux privatifs, parties communes mal entretenues, défaut de recherche de fuite. Un assureur peut majorer ou résilier parce qu’il considère que le risque n’est pas maîtrisé. La réponse ne peut pas être seulement juridique ; elle doit combiner contrat d’assurance, travaux conservatoires, action contre un copropriétaire responsable et mise en concurrence.

Lorsque le litige devient contentieux, le tribunal judiciaire compétent dépend de la localisation de l’immeuble et de la nature de l’action. Les contestations d’assemblée générale, actions contre le syndic, demandes relatives aux charges et litiges entre copropriétaires relèvent généralement d’une stratégie probatoire très encadrée. Il faut agir vite car certains délais, notamment la contestation d’assemblée, sont courts.

Les erreurs qui coûtent cher

La première erreur consiste à confondre assurance obligatoire et assurance confortable. La responsabilité civile du syndicat est obligatoire ; certaines garanties multirisques sont indispensables en pratique, mais elles ne se traitent pas toujours de la même façon juridiquement.

La deuxième erreur est de saisir le BCT trop tard ou avec un mauvais dossier. Le BCT n’est pas un comparateur et ne choisit pas l’assureur à votre place. Il faut un refus exploitable et une entreprise désignée.

La troisième erreur est de bloquer le paiement des charges sans stratégie. Un impayé de charges peut entraîner mise en demeure, intérêts, frais, procédure et hypothèque légale du syndicat. Même si la dépense est contestable, il faut souvent payer sous réserve puis agir sur la décision, la responsabilité ou la reddition des comptes.

La quatrième erreur est de laisser le sujet au seul syndic. Le conseil syndical doit contrôler, demander les pièces et faire inscrire les bonnes résolutions. Une assurance mal négociée peut peser plusieurs années sur la trésorerie de l’immeuble.

La cinquième erreur est d’oublier les causes de sinistralité. Si la copropriété accumule les dégâts des eaux sans réparer les colonnes, l’assurance continuera de se renchérir. Le contentieux utile peut viser le copropriétaire responsable, l’entreprise, le maître d’oeuvre, le syndic ou le vote de travaux nécessaires.

Que faire maintenant ?

Si vous venez de recevoir un appel de fonds lié à l’assurance, commencez par demander le contrat, l’avis d’échéance, les devis concurrents et la résolution votée. Vérifiez ensuite si la hausse vient d’une prime, d’une franchise, d’une exclusion ou d’une résiliation. Si l’immeuble est menacé d’absence d’assurance, le dossier BCT doit être préparé immédiatement.

Si vous êtes membre du conseil syndical, demandez une comparaison écrite des offres et une note claire sur le risque. Si vous êtes copropriétaire opposant, surveillez le délai de contestation du procès-verbal. Si vous êtes bailleur, vérifiez aussi l’impact sur la rentabilité nette et sur les charges récupérables.

Le bon réflexe est de traiter le sujet comme un dossier de preuve : contrat, refus, devis, sinistres, votes, budget, appels de fonds et échanges avec le syndic. C’est ce dossier qui permettra de décider entre paiement simple, demande de mise en concurrence, contestation d’assemblée, action contre le syndic, recours BCT ou action contre le responsable des sinistres.

Sources et angle retenu

Le benchmark concurrentiel réalisé avant publication montre que les contenus français consultés expliquent surtout l’obligation d’assurance, le prix ou la renégociation : Service-Public détaille les couvertures et la déclaration des sinistres ; MoneyVox traite la hausse des prix et évoque le BCT ; le site du BCT explique la procédure de saisine. Le delta de cet article est de relier ces informations à un plan d’action contentieux : contrôle du syndic, appel de fonds, contestation d’assemblée générale, preuve de la sinistralité, procédure BCT et stratégie spécifique des copropriétés parisiennes.

La recherche jurisprudentielle menée sur les sept derniers jours via Voyage et Judilibre n’a pas identifié de décision récente directement déterminante sur l’assurance de copropriété. La publication repose donc sur les sources officielles disponibles, l’actualité économique des charges 2026 et les requêtes Google Ads qualifiées.

Cet article s’inscrit dans le cluster du droit de la copropriété et complète les contenus du cabinet sur la contestation des charges, les appels de fonds et les litiges avec le syndic.

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Intervention à Paris et en Île-de-France pour les copropriétaires, conseils syndicaux, syndics bénévoles et bailleurs confrontés à une hausse d’assurance, une résiliation ou un litige de charges de copropriété.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».