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Sommation de payer une facture impayée : quand passer à l’injonction de payer au tribunal de commerce ?

Les retards de paiement entre entreprises restent un sujet chaud en 2026. La Banque de France a réuni l’Observatoire des délais de paiement au printemps 2026, dans un contexte où les trésoreries de PME et de prestataires restent sous tension. La DGCCRF rappelle de son côté que les délais de paiement interprofessionnels sont contrôlés et que les sanctions peuvent être lourdes pour les clients professionnels qui paient systématiquement trop tard.

Pour le créancier, la question la plus urgente n’est pas théorique : faut-il envoyer une nouvelle relance, faire délivrer une sommation de payer par commissaire de justice, déposer une injonction de payer devant le tribunal de commerce, ou assigner directement ? L’erreur fréquente consiste à confondre ces outils. Une sommation de payer n’est pas un titre exécutoire. Elle peut mettre une pression utile, fixer une date, prouver une mise en demeure et préparer le dossier. Mais si le client ne paie toujours pas, il faut passer à une procédure capable de produire une décision exécutoire.

Les données Google Ads consultées pendant ce run confirment l’intérêt immédiat du sujet : sommation de payer atteint 480 recherches mensuelles en France, injonction de payer tribunal de commerce atteint 1 000 recherches mensuelles avec concurrence faible et CPC haut à 2,16 euros, et requête en injonction de payer tribunal de commerce atteint 110 recherches mensuelles avec CPC haut à 4,47 euros. L’intention est transactionnelle : le lecteur a une facture, un débiteur, un délai dépassé et cherche la bonne étape pour récupérer l’argent.

L’angle est volontairement distinct des contenus déjà publiés sur la facture impayée, le référé provision, les pénalités de retard et la réforme 2026 de l’injonction de payer. Ici, le sujet est le choix opérationnel entre sommation, injonction et procédure contradictoire, avec une méthode de tri pour éviter de perdre du temps ou de signifier un acte inutile.

Sommation de payer : à quoi sert-elle vraiment ?

La sommation de payer est un acte délivré par un commissaire de justice. Elle demande officiellement au débiteur de régler une somme déterminée dans un délai donné. En pratique, elle intervient après une ou plusieurs relances, lorsque le créancier veut sortir du simple échange commercial et créer une preuve plus forte.

L’article 1344 du code civil prévoit que le débiteur peut être mis en demeure par une sommation ou par un acte portant interpellation suffisante. L’effet juridique principal est donc probatoire : la sommation démontre que le débiteur a été formellement interpellé, à une date certaine, sur une dette identifiée.

Dans un dossier de facture impayée, la sommation peut servir à trois choses :

  • montrer au client que le dossier sort du recouvrement amiable ordinaire ;
  • fixer clairement le principal, les pénalités de retard, l’indemnité forfaitaire et les frais réclamés ;
  • préparer une injonction de payer, un référé provision ou une assignation avec une chronologie propre.

Elle ne transforme pas automatiquement la facture en décision de justice. Si le débiteur ne paie pas, le créancier devra encore obtenir un titre : ordonnance d’injonction de payer, ordonnance de référé provision, jugement ou autre acte exécutoire.

Quand la sommation suffit-elle ?

La sommation peut suffire lorsque le client est solvable, reconnaît implicitement la dette, mais retarde le règlement pour des raisons de trésorerie, de désorganisation ou de priorité interne. C’est fréquent avec les factures B2B de montant moyen, les prestations livrées, les bons de commande signés et les échanges où le débiteur promet de payer sans jamais le faire.

Elle est aussi utile lorsque le créancier veut préserver une relation commerciale. Une injonction de payer peut être perçue comme une rupture plus nette. Une sommation par commissaire de justice laisse parfois une dernière fenêtre de paiement ou de négociation, tout en montrant que la prochaine étape sera judiciaire.

Mais cette stratégie a une limite : la sommation ne doit pas devenir une manière d’attendre. Si la facture est ancienne, si le délai de prescription approche, si le client conteste déjà, si une procédure collective menace ou si le débiteur vide sa trésorerie, il faut passer plus vite à une procédure contentieuse.

Quand passer à l’injonction de payer ?

L’injonction de payer est adaptée lorsque la créance est documentaire, simple et peu contestable. Le créancier dépose une requête avec ses pièces. Le juge statue sans audience initiale. Si la demande est accueillie, l’ordonnance doit ensuite être signifiée au débiteur par commissaire de justice.

La page Service-Public sur le recouvrement de dettes par injonction de payer rappelle les trois qualités attendues de la créance : elle doit être certaine, liquide et exigible. Autrement dit, il faut prouver la dette, son montant et le dépassement de l’échéance.

Pour une dette commerciale entre professionnels, la demande relève en principe du président du tribunal de commerce du siège social du débiteur. Le formulaire Service-Public de demande en injonction de payer au président du tribunal de commerce vise le Cerfa 12946*02 et indique les pièces à préparer : justificatifs de la créance et bordereau de pièces.

En pratique, l’injonction de payer est pertinente si le dossier contient :

  • un devis signé, un bon de commande, un contrat ou des conditions générales acceptées ;
  • une facture arrivée à échéance ;
  • des preuves de livraison ou d’exécution de la prestation ;
  • des relances et une mise en demeure ou une sommation ;
  • un décompte clair du principal et des accessoires.

Elle devient fragile si le client conteste sérieusement la prestation, invoque des malfaçons documentées, produit des réserves anciennes ou oppose une compensation crédible. Dans ce cas, le juge peut rejeter la requête ou le débiteur peut former opposition, ce qui renvoie le dossier vers un débat contradictoire.

Sommation ou injonction : le bon ordre dépend du dossier

Il n’existe pas d’ordre obligatoire unique. Le bon raisonnement est stratégique.

Si le dossier est très solide et que le débiteur ne répond plus, il peut être inutile d’ajouter une sommation coûteuse. Une mise en demeure bien faite, suivie d’une injonction de payer, peut suffire. C’est le cas pour une facture simple, une livraison prouvée, un client professionnel identifié et aucune contestation sérieuse.

Si le dossier est solide mais la relation commerciale compte encore, la sommation peut être une étape intermédiaire efficace. Elle montre que le créancier est prêt à agir sans déclencher immédiatement une procédure. Elle peut aussi provoquer un paiement partiel, une reconnaissance de dette ou un échéancier écrit.

Si le dossier risque d’être contesté, la sommation ne règle pas le problème de fond. Il faut plutôt préparer la preuve : bon de commande, cahier des charges, validation, livraison, échanges techniques, réserves, absence de contestation avant échéance, décompte précis. Selon les cas, le référé provision ou l’assignation au fond peut être plus adapté qu’une injonction.

Attention à la réforme 2026 de l’injonction de payer

Service-Public indique qu’un décret du 16 février 2026 modifie la procédure d’injonction de payer. La page précise notamment que le délai de signification de l’ordonnance passera de 6 mois à 3 mois pour les nouvelles dispositions applicables aux ordonnances rendues à compter du 1er septembre 2026.

Cette actualité change la discipline de suivi. Une entreprise qui obtient une ordonnance mais oublie de la faire signifier perd l’effet pratique de la procédure. Dès le dépôt de la requête, il faut donc anticiper l’après-décision : commissaire de justice disponible, adresse fiable du débiteur, calcul actualisé, stratégie en cas d’opposition.

Le créancier doit aussi réfléchir avant de signifier une ordonnance qui n’accorde qu’une partie des sommes demandées. Service-Public rappelle que si l’ordonnance est signifiée, le créancier ne peut plus ensuite demander davantage par une autre voie pour les mêmes sommes rejetées. Si le juge n’accorde qu’une partie de la demande, il faut décider si l’on accepte ce résultat ou si l’on renonce à signifier pour engager une procédure ordinaire.

Que réclamer dans la sommation ?

La sommation doit rester lisible. Un acte confus fragilise la suite. Il faut indiquer le fondement de la dette, les factures concernées, les dates d’échéance, les paiements déjà reçus, le solde restant dû et les accessoires.

Pour les relations entre professionnels, l’article L. 441-10 du code de commerce prévoit les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Ces sommes doivent être présentées proprement, sans gonfler artificiellement le dossier.

Le bon décompte distingue :

  • le principal hors taxes et toutes taxes comprises selon la facture ;
  • les pénalités de retard, avec le taux et le point de départ ;
  • l’indemnité forfaitaire de recouvrement due entre professionnels ;
  • les frais déjà exposés, lorsqu’ils sont récupérables ;
  • les paiements partiels déjà imputés.

Il faut éviter les menaces excessives. La sommation doit préparer une procédure, pas donner au débiteur des arguments sur une pression abusive ou un décompte fantaisiste.

Que faire si le client paie partiellement après la sommation ?

Un paiement partiel est une information importante. Il peut constituer un indice de reconnaissance de la dette, mais il ne règle pas tout. Il faut immédiatement écrire au débiteur pour imputer le paiement, rappeler le solde et réserver les pénalités et frais si nécessaire.

Si le débiteur propose un échéancier, il faut le formaliser. Un simple message disant « je paierai bientôt » ne suffit pas. L’accord doit mentionner le montant reconnu, les échéances, la date de paiement, les conséquences du défaut et, si possible, une clause de déchéance du terme.

Si le débiteur paie seulement une partie en contestant le reste, il faut analyser la contestation. Est-elle ancienne ou opportuniste ? Porte-t-elle sur une partie précise de la prestation ? Est-elle appuyée par des pièces ? Selon la réponse, le créancier peut demander une injonction pour la partie non contestable, engager un référé provision, ou préparer une assignation au fond.

Paris et Île-de-France : tribunal de commerce et exécution

Pour une société débitrice située à Paris, la requête en injonction de payer commerciale vise en principe le président du tribunal de commerce compétent pour le siège social du débiteur. En Île-de-France, le réflexe est le même : vérifier le siège exact, l’établissement concerné, la clause attributive de compétence éventuelle et la nature commerciale de la dette.

Le créancier doit aussi penser à l’exécution. Une ordonnance ou un jugement n’a d’intérêt que si le débiteur a des actifs saisissables : compte bancaire, clients débiteurs, matériel, fonds de commerce, créances sur des tiers. Avant d’engager des frais, il faut vérifier que la société existe encore, qu’elle n’est pas en redressement ou liquidation judiciaire, et que le recouvrement individuel n’est pas paralysé par une procédure collective.

À Paris et en Île-de-France, les dossiers de recouvrement commercial se gagnent souvent sur la préparation : Kbis récent, adresse du siège, preuves d’exécution, chronologie des relances, absence de contestation sérieuse, calcul des accessoires et choix du bon commissaire de justice pour la signification.

Le delta utile par rapport aux contenus concurrents

Les contenus concurrents consultés pendant ce run expliquent généralement la définition de l’injonction de payer, le formulaire, les frais ou le rôle du commissaire de justice. Service-Public détaille les étapes administratives. La Chambre nationale des commissaires de justice présente la sommation et l’injonction comme outils de recouvrement. LegalPlace, Legalstart et Captain Contrat couvrent surtout les grandes voies de recouvrement.

Le manque pratique est ailleurs : comment décider, dans un dossier réel, si la sommation ajoute de la valeur ou retarde inutilement l’injonction ? C’est le point traité ici. Une sommation est utile si elle crée une preuve, débloque une négociation ou prépare un décompte. Elle est inutile si la créance est déjà prête pour une injonction. Elle est insuffisante si le litige impose un débat contradictoire.

Checklist avant d’agir

Avant de payer un acte ou de déposer une requête, vérifiez :

  1. Le débiteur est-il bien identifié, avec siège social et SIREN à jour ?
  2. La facture est-elle échue et non prescrite ?
  3. Le contrat, le devis, le bon de commande ou les CGV sont-ils prouvés ?
  4. La livraison ou la prestation est-elle documentée ?
  5. Le client a-t-il contesté avant la sommation ?
  6. Le montant réclamé distingue-t-il principal, pénalités, indemnité forfaitaire et frais ?
  7. Une procédure collective est-elle ouverte contre le débiteur ?
  8. Le dossier justifie-t-il une injonction, un référé provision ou une assignation ?

Cette vérification évite deux erreurs : multiplier les actes amiables alors qu’il faut saisir le juge, ou déposer une injonction trop faible qui sera rejetée ou contestée.

Sources et maillage interne

Sources officielles consultées : article 1344 du code civil, article L. 441-10 du code de commerce, Service-Public sur l’injonction de payer, formulaire Service-Public Cerfa 12946*02, Chambre nationale des commissaires de justice sur la facture impayée, et signal d’actualité de l’Observatoire des délais de paiement.

Pour replacer ce sujet dans une stratégie de recouvrement plus large, consultez la page droit des affaires, la page recouvrement de créances commerciales, l’article sur le référé provision pour facture impayée et l’article sur l’injonction de payer en 2026.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».