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Plus-value immobilière résidence secondaire 2026 : calcul, exonération et recours

En mai 2026, beaucoup de propriétaires découvrent le vrai coût fiscal d’une vente immobilière au moment de signer une promesse, de préparer l’acte authentique ou de déclarer leurs revenus. La question revient surtout pour les résidences secondaires, les anciens logements familiaux, les biens reçus par succession, les appartements parisiens conservés en location et les maisons revendues après travaux.

La recherche Google confirme cette inquiétude. Le cluster « gérer mes biens immobiliers » est très fort, mais déjà couvert par le cabinet. L’angle plus-value ressort aussi avec une demande réelle : « impôt sur plus-value immobilière » autour de 4 400 recherches mensuelles, « gérer mes biens immobiliers » 2 400 recherches, « impôts biens immobiliers » 880 recherches, et plusieurs requêtes d’action autour de la vente d’une résidence secondaire, du calcul, de la déclaration et de l’erreur. Le sujet est donc moins théorique qu’il n’y paraît : le propriétaire veut savoir combien il va réellement payer et comment réagir si le calcul transmis paraît faux.

La réponse courte est la suivante : la vente de la résidence principale est en principe exonérée, mais la résidence secondaire est imposable sauf exonération particulière. Le notaire calcule et prélève l’impôt lors de la vente, mais le vendeur doit contrôler les pièces. Une erreur sur le prix d’acquisition, les frais, les travaux, la durée de détention, l’indivision ou le remploi peut coûter plusieurs milliers d’euros.

Plus-value immobilière 2026 : ce qui est imposé

Le texte de base est l’article 150 U du Code général des impôts. Il prévoit que les plus-values réalisées par les personnes physiques lors de la cession de biens immobiliers bâtis ou non bâtis, ou de droits relatifs à ces biens, sont imposables dans les conditions des articles 150 V à 150 VH.

En pratique, cela vise notamment :

  • la vente d’une résidence secondaire ;
  • la vente d’un logement locatif nu ;
  • la vente d’un terrain ;
  • la vente d’un bien reçu par donation ou succession ;
  • la vente de droits immobiliers, comme un usufruit ou une nue-propriété ;
  • certaines cessions réalisées par une SCI relevant de l’impôt sur le revenu.

La résidence principale est le cas d’exonération le plus connu. Mais l’administration et le notaire ne se contentent pas d’une affirmation. Il faut que le logement constitue réellement la résidence principale du vendeur au jour de la cession, ou entre dans une tolérance documentée lorsque le logement a été quitté pour être vendu dans un délai normal. Si le bien a été loué, occupé gratuitement par un proche, conservé en résidence secondaire ou déclaré autrement, la discussion devient plus délicate.

Pour une vente complexe, il faut donc traiter la plus-value comme un dossier de preuve, pas comme une simple ligne de calcul.

Comment calculer la plus-value avant la signature

Le calcul part d’une logique simple : prix de cession corrigé moins prix d’acquisition corrigé. Mais chaque mot compte.

Le prix de cession correspond au prix de vente, diminué de certains frais supportés par le vendeur lorsqu’ils sont justifiés. Il peut s’agir par exemple de diagnostics, de mainlevée ou de frais liés à la vente si les conditions sont réunies.

Le prix d’acquisition correspond au prix payé lors de l’achat. Si le bien a été reçu par donation ou succession, il faut regarder la valeur retenue dans l’acte ou la déclaration de succession. C’est un point très sensible : une valeur d’entrée mal identifiée peut gonfler artificiellement la plus-value.

Le vendeur peut aussi ajouter certains frais au prix d’acquisition. Les frais d’acquisition peuvent être retenus pour leur montant réel ou, dans les conditions habituelles, au forfait. Les travaux peuvent également être pris en compte lorsqu’ils répondent aux règles applicables : travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration, avec justificatifs, ou forfait de travaux lorsque la détention dépasse cinq ans et que le régime le permet.

Trois erreurs reviennent souvent :

  1. Confondre travaux d’entretien et travaux d’amélioration. Tous les travaux ne diminuent pas la plus-value.

  2. Oublier que des travaux déjà déduits des revenus fonciers ne peuvent pas toujours être réutilisés librement dans le calcul.

  3. Utiliser une valeur de succession ou de donation sans relire l’acte, les annexes et les éventuelles rectifications.

Avant de signer, le propriétaire doit demander au notaire le détail du calcul, pas seulement le montant final. Un tableau de calcul non expliqué ne suffit pas lorsque les enjeux sont importants.

Abattement pour durée de détention : pourquoi 22 ans ne règlent pas tout

L’article 150 VC du Code général des impôts prévoit l’abattement pour durée de détention applicable à la plus-value brute. Pour les biens immobiliers relevant de ce régime, l’abattement d’impôt sur le revenu est de 6 % pour chaque année de détention au-delà de la cinquième, puis 4 % au titre de la vingt-deuxième année.

En langage pratique, l’impôt sur le revenu de 19 % disparaît après vingt-deux ans de détention. Mais cela ne signifie pas que toute fiscalité disparaît. Les prélèvements sociaux suivent une logique différente, avec une exonération totale seulement au bout de trente ans. C’est la raison pour laquelle un propriétaire peut être exonéré d’impôt sur le revenu et continuer à payer des prélèvements sociaux.

Cette distinction crée beaucoup d’incompréhensions lors des ventes de résidences secondaires anciennes. Un vendeur peut penser : « je détiens depuis plus de vingt-deux ans, je ne paie plus rien ». C’est faux si les prélèvements sociaux restent dus.

Autre point à vérifier : la date de départ de la durée de détention. Achat, donation, succession, acquisition par fractions successives, indivision ou démembrement peuvent modifier l’analyse. Dans une famille, deux vendeurs du même bien peuvent ne pas avoir exactement le même historique fiscal.

Résidence secondaire : les exonérations à vérifier avant de payer

La résidence secondaire est imposable par principe, mais plusieurs exonérations peuvent changer le résultat.

La première est l’exonération de la résidence principale. Elle ne s’applique pas à une résidence secondaire ordinaire, mais elle peut devenir un sujet si le bien vendu a été l’ancienne résidence principale du vendeur. Il faut alors vérifier si le logement a été effectivement occupé comme résidence principale, s’il a été mis en vente dans un délai normal, s’il est resté libre, et si les pièces concordent : factures, taxe d’habitation, assurance, déménagement, changement d’adresse, bail éventuel, consommation d’énergie.

La deuxième est la première cession d’un logement autre que la résidence principale, lorsque le vendeur n’a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes et qu’il remploie le prix dans l’acquisition ou la construction de sa résidence principale. Le mécanisme est technique. Il faut vérifier les conditions avant l’acte, car le notaire doit pouvoir traiter l’exonération correctement.

La troisième tient au prix de cession faible, à certaines ventes à des organismes de logement social, ou à des situations personnelles particulières prévues par les textes. Ces cas ne doivent pas être invoqués à l’aveugle, mais ils justifient une vérification lorsque le bien est modeste, que le vendeur est âgé, invalide, non résident, ou que la vente s’inscrit dans un projet de logement social.

Pour les propriétaires parisiens et franciliens, il faut aussi tenir compte de la réalité patrimoniale : résidence secondaire dans Paris, ancien logement familial en indivision, bien conservé après une succession, appartement loué ponctuellement, SCI familiale, démembrement après donation. Ces configurations sont fréquentes et le calcul standard peut passer à côté d’une difficulté.

Surtaxe sur les plus-values élevées : le seuil de 50 000 euros

La plus-value immobilière peut aussi être concernée par une taxe complémentaire lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 euros. Le texte utile est l’article 1609 nonies G du Code général des impôts, qui institue une taxe sur certaines plus-values immobilières élevées.

Cette surtaxe ne concerne pas tous les biens dans toutes les situations, mais elle doit être vérifiée lorsque le gain net imposable est important. Elle peut être oubliée dans une simulation rapide ou, à l’inverse, appliquée sans vérifier les exonérations et abattements préalables.

Le bon réflexe consiste à demander deux chiffres distincts :

  • la plus-value brute ;
  • la plus-value nette imposable après abattement.

Le seuil de surtaxe se raisonne sur la plus-value imposable selon les règles applicables, pas simplement sur l’écart économique entre prix de vente et prix d’achat. Une confusion sur ce point peut fausser la décision de vendre, le prix net vendeur ou la répartition entre indivisaires.

Si le calcul du notaire paraît faux

Le notaire joue un rôle central. Il établit la déclaration de plus-value, prélève l’impôt et procède au paiement lors de la vente. L’article 150 VH du Code général des impôts organise notamment le versement de l’impôt afférent à la plus-value lors du dépôt de la déclaration.

Mais le vendeur ne doit pas confondre intervention du notaire et absence de contrôle possible. Le notaire calcule à partir des informations disponibles. Si les pièces sont incomplètes, si les travaux sont mal qualifiés, si la résidence principale est mal prouvée, si une indivision est mal renseignée ou si un remploi est mal anticipé, le résultat peut être contestable.

La méthode pratique tient en six étapes.

  1. Demander le projet de calcul avant l’acte, avec le détail des prix, frais, travaux, abattements et exonérations.

  2. Relire l’acte d’achat, l’acte de donation ou la déclaration de succession.

  3. Classer les factures de travaux et distinguer les travaux réellement utilisables.

  4. Vérifier la date exacte d’acquisition pour chaque vendeur.

  5. Contrôler la qualification du bien : résidence principale, secondaire, locatif, vacant, occupé gratuitement, détenu par SCI ou en indivision.

  6. Si le doute persiste, formuler une demande écrite avant signature, pour garder une trace.

Il faut agir avant la vente autant que possible. Après la vente, une réclamation reste envisageable, mais elle suppose de reconstituer le dossier et de démontrer précisément l’erreur.

Réclamation fiscale : comment contester après la vente

La réclamation fiscale n’est pas un simple message de mécontentement. L’article L. 190 du Livre des procédures fiscales vise les réclamations tendant à réparer des erreurs commises dans l’assiette ou le calcul des impositions, ou à obtenir le bénéfice d’un droit résultant d’un texte.

Pour le délai, l’article R*196-1 du Livre des procédures fiscales fixe le délai de réclamation pour les impôts autres que les impôts directs locaux et taxes annexes. Il faut donc raisonner à partir du versement de l’impôt ou de l’événement fiscal applicable, puis déposer une réclamation motivée dans le délai.

Une bonne réclamation doit contenir :

  • l’identité du vendeur ;
  • la date de vente ;
  • l’adresse du bien ;
  • le montant de plus-value déclaré ;
  • le montant d’impôt et de prélèvements sociaux payés ;
  • l’erreur identifiée ;
  • le calcul corrigé ;
  • les pièces justificatives ;
  • la demande précise de restitution.

Les pièces sont décisives. Il faut joindre l’acte de vente, l’acte d’acquisition, l’attestation notariée, les factures de travaux, les justificatifs d’occupation, les preuves de remploi, les actes d’indivision ou de succession, et tout échange avec le notaire ou l’administration.

La difficulté n’est pas seulement fiscale. Dans une indivision, une succession ou une séparation, la contestation peut modifier la répartition finale du prix entre les parties. Il faut donc coordonner la réclamation fiscale avec la stratégie civile.

Paris et Île-de-France : les dossiers à risque

À Paris et en Île-de-France, la plus-value peut devenir un sujet sensible pour trois raisons.

D’abord, les montants sont élevés. Un appartement acheté il y a quinze ou vingt ans peut avoir pris une valeur importante, même s’il a nécessité des travaux. La fiscalité peut donc changer la décision de vendre, de conserver ou de transmettre.

Ensuite, les situations d’occupation sont souvent hybrides : ancien logement principal devenu résidence secondaire, bien laissé à un enfant, location meublée ponctuelle, appartement vacant pendant travaux, résidence secondaire déclarée dans Gérer mes biens immobiliers, ou SCI familiale qui détient le logement.

Enfin, les ventes se croisent avec d’autres sujets immobiliers : promesse de vente, clause de séquestre, indivision successorale, droit de préemption, travaux de copropriété, ou diagnostic. Pour sécuriser la vente immobilière, il faut traiter la plus-value assez tôt pour éviter une mauvaise surprise la semaine de la signature.

Si le bien est détenu par une SCI familiale, le raisonnement doit être encore plus rigoureux : régime fiscal de la société, quote-part des associés, historique d’acquisition, occupation du bien, travaux et décisions collectives.

Checklist avant de signer une vente avec plus-value

Avant de valider le calcul, vérifiez au minimum les points suivants :

  1. Le bien est-il vraiment une résidence secondaire ou peut-il relever de la résidence principale ?

  2. Le prix d’acquisition retenu correspond-il au bon acte ?

  3. Les frais d’acquisition ont-ils été pris en compte au réel ou au forfait ?

  4. Les travaux sont-ils justifiés et fiscalement utilisables ?

  5. La durée de détention est-elle calculée à partir de la bonne date ?

  6. Les abattements impôt sur le revenu et prélèvements sociaux sont-ils distingués ?

  7. Une exonération particulière peut-elle s’appliquer ?

  8. La surtaxe sur les plus-values élevées a-t-elle été vérifiée ?

  9. Les indivisaires, héritiers, usufruitiers ou associés de SCI ont-ils le même traitement ?

  10. Le calcul notarié a-t-il été obtenu par écrit avant la signature ?

Si une seule réponse manque, il faut demander une vérification avant l’acte. Une fois l’impôt prélevé, la correction reste possible, mais elle devient plus lente et plus technique.

Sources juridiques utilisées

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À Paris et en Île-de-France, l’analyse doit intégrer la valeur du bien, les pièces d’occupation, la promesse de vente, le rôle du notaire et le délai de réclamation fiscale.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».