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Sinistre d’entreprise : assurance perte d’exploitation, délais d’indemnisation 2026 et recours

Un incendie, un dégât des eaux, un vol de matériel ou une fermeture temporaire après sinistre peut mettre une entreprise en tension en quelques jours. Le dirigeant doit payer les salaires, les loyers, les fournisseurs et les charges, alors que le chiffre d’affaires baisse ou s’arrête. Dans ce contexte, la question utile n’est pas seulement de savoir si le contrat d’assurance existe. Elle est de savoir quand l’assureur doit répondre, comment se calcule la perte d’exploitation et que faire si l’indemnisation tarde ou si elle est refusée.

Le sujet est d’actualité. Le 17 avril 2026, Bercy a présenté la loi de simplification de la vie économique comme un texte destiné à améliorer les relations entre entreprises, banques et assureurs. Parmi les mesures annoncées figure un encadrement des délais d’indemnisation : six mois en cas d’expertise, deux mois sans expertise, puis des délais de réparation ou de paiement après accord de l’assuré.

Au 29 avril 2026, la prudence reste nécessaire. Le texte a été définitivement adopté par le Parlement les 14 et 15 avril 2026, mais le Conseil constitutionnel a été saisi les 21 et 28 avril 2026. Les entreprises peuvent déjà préparer leurs dossiers de sinistre, mais il ne faut pas présenter ces délais comme définitivement applicables tant que la loi n’est pas promulguée et que les textes d’application nécessaires ne sont pas publiés.

L’intérêt pratique est immédiat. Les données Google Ads consultées pour ce run montrent une demande réelle autour de l’assurance perte d’exploitation : « assurance perte d’exploitation » atteint 390 recherches mensuelles moyennes en France, « perte d’exploitation » 390 recherches, « perte d’exploitation assurance » 110 recherches et « délai proposition indemnisation assurance » 110 recherches. À Paris, le cluster reste présent avec 70 recherches sur « perte d’exploitation » et 40 sur « assurance perte d’exploitation ». Ce sont des requêtes de crise : le dirigeant cherche une réponse parce qu’un sinistre bloque déjà l’activité.

Assurance perte d’exploitation : ce que l’entreprise doit vérifier tout de suite

La garantie perte d’exploitation n’indemnise pas automatiquement toute baisse de chiffre d’affaires. Elle dépend du contrat, du sinistre garanti et des conditions particulières. Dans beaucoup de contrats multirisques professionnels, elle joue après un dommage matériel garanti : incendie, dégât des eaux, explosion, vol, dommage électrique, bris de machine ou autre événement couvert.

La première vérification consiste donc à distinguer trois niveaux.

D’abord, le dommage matériel. L’assureur doit admettre que le sinistre est couvert par le contrat : local, matériel, marchandises, agencements, équipements professionnels.

Ensuite, la perte d’exploitation. Il faut vérifier si le contrat couvre la marge brute perdue, les frais fixes maintenus, les frais supplémentaires engagés pour limiter la baisse d’activité et la période maximale d’indemnisation.

Enfin, les exclusions. Certaines clauses écartent des situations particulières : absence de dommage matériel, fermeture administrative, pandémie, défaut d’entretien, activité non déclarée, aggravation du risque, retard de déclaration ou non-respect de mesures de prévention.

L’article L. 113-1 du Code des assurances rappelle le principe applicable aux assurances de dommages : les pertes et dommages occasionnés par des cas fortuits ou par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police. Une exclusion imprécise ou qui nécessite une interprétation peut être contestée. La Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt publié du 20 janvier 2022 : une clause d’exclusion qui doit être interprétée ne peut pas être regardée comme formelle et limitée au sens de l’article L. 113-1.

Délai d’indemnisation 2026 : ce que la loi de simplification annonce

Bercy indique que la loi de simplification encadre les délais d’indemnisation des entreprises par les assurances. La présentation officielle retient trois repères :

  1. six mois en cas d’expertise ;
  2. deux mois lorsqu’aucune expertise n’est nécessaire ;
  3. après accord de l’assuré, un mois pour missionner les réparations ou vingt et un jours pour verser l’indemnisation.

Le mécanisme vise les sinistres d’assurance dommages et doit permettre d’éviter les dossiers qui restent bloqués sans position claire de l’assureur. Pour une TPE ou une PME, l’effet attendu est simple : l’assureur ne devrait plus laisser un dirigeant dans l’attente sans proposition, sans refus motivé ou sans réparation organisée.

Mais ces délais doivent être utilisés avec méthode. Le point de départ pratique dépendra de la déclaration du sinistre, de son caractère complet, de la désignation éventuelle d’un expert, de la nature des dommages et des précisions réglementaires à venir. Il faudra donc conserver la preuve de chaque date.

Un dirigeant qui se contente d’appeler son agent ou son courtier toutes les deux semaines risque de perdre du temps. Il doit constituer un tableau chronologique : date du sinistre, date de découverte, date de déclaration, numéro de dossier, date de passage de l’expert, date d’envoi des devis, date de transmission du prévisionnel de perte d’exploitation, date de proposition, date de refus ou date de paiement.

Déclaration du sinistre : ne pas laisser l’assureur déplacer le débat

Avant de contester un retard d’indemnisation, il faut sécuriser la déclaration. L’article L. 113-2 du Code des assurances impose à l’assuré de donner avis du sinistre à l’assureur dès qu’il en a connaissance et, au plus tard, dans le délai fixé par le contrat. Ce délai ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés, sauf exceptions comme le vol.

En pratique, la déclaration doit contenir :

  • le numéro du contrat ;
  • la date et l’heure du sinistre ou de sa découverte ;
  • le lieu ;
  • les circonstances connues ;
  • les premières mesures de sauvegarde ;
  • les dommages visibles ;
  • les conséquences sur l’activité ;
  • les pièces déjà disponibles : photos, vidéos, devis, factures, constats, témoignages, dépôt de plainte si nécessaire.

Il faut éviter deux erreurs.

La première consiste à minimiser la perte d’exploitation au départ. Un dirigeant peut dire trop vite que l’activité va reprendre dans quelques jours. Si les travaux durent deux mois, l’assureur pourra ensuite contester la chronologie ou demander pourquoi les pertes n’ont pas été documentées plus tôt.

La seconde consiste à accepter oralement une lecture restrictive du contrat. Un courtier ou un gestionnaire peut indiquer que la perte d’exploitation « ne marchera probablement pas ». Cette position doit être demandée par écrit. Le contrat, les conditions générales, les conditions particulières et les avenants doivent être relus avant de renoncer.

Refus d’indemnisation : les arguments fréquents de l’assureur

Le refus peut prendre plusieurs formes. L’assureur peut refuser la garantie, proposer une indemnité insuffisante, exclure la perte d’exploitation, reporter sa décision, contester le chiffre d’affaires de référence ou opposer une clause d’exclusion.

Les arguments les plus fréquents sont les suivants :

  • le sinistre déclaré n’entre pas dans les garanties ;
  • le dommage matériel n’est pas établi ;
  • l’activité réellement exercée n’était pas celle déclarée au contrat ;
  • la perte d’exploitation n’est couverte qu’après dommage matériel garanti ;
  • la période d’indemnisation est plus courte que celle retenue par l’entreprise ;
  • les frais supplémentaires n’ont pas été engagés avec l’accord de l’assureur ;
  • l’entreprise n’a pas limité son dommage ;
  • la déclaration a été tardive et aurait causé un préjudice à l’assureur ;
  • une exclusion formelle et limitée s’applique.

Chaque argument appelle une réponse différente. Si le débat porte sur le dommage matériel, il faut produire les constats, photos, factures et rapports. Si le débat porte sur la marge brute, il faut produire les bilans, situations comptables, chiffre d’affaires mensuel, saisonnalité, carnet de commandes et charges fixes. Si le débat porte sur l’exclusion, il faut analyser la rédaction exacte de la clause, sa visibilité et son caractère limité.

La jurisprudence récente consultée via Voyage/Judilibre montre que les juridictions continuent d’examiner finement les clauses de perte d’exploitation. Dans un arrêt de la cour d’appel de Versailles du 24 septembre 2025, le juge rappelle notamment qu’il appartient à l’assuré de démontrer que les conditions d’application de la garantie sont remplies, puis examine la portée d’une clause d’exclusion dans une police multirisque professionnelle. Cette décision n’est pas un arrêt de principe de la Cour de cassation, mais elle illustre le point pratique : le débat se gagne sur le contrat et sur les preuves.

Calculer la perte d’exploitation : les pièces qui font la différence

La perte d’exploitation se calcule rarement avec une simple baisse de chiffre d’affaires. Le contrat peut prévoir une indemnisation de la marge brute, des frais fixes, des frais supplémentaires d’exploitation ou d’une période déterminée. Il peut aussi prévoir des plafonds, franchises, délais de carence ou règles de proportion.

L’entreprise doit réunir :

  1. les trois derniers bilans et comptes de résultat ;
  2. le détail mensuel du chiffre d’affaires avant et après sinistre ;
  3. les charges fixes maintenues : loyers, salaires, abonnements, leasing, emprunts, assurances ;
  4. les charges variables économisées ;
  5. les devis et factures de réparation ;
  6. les frais supplémentaires engagés pour continuer l’activité : local temporaire, location de matériel, sous-traitance, transport, communication clients ;
  7. le planning réel de fermeture ou de réduction d’activité ;
  8. les commandes perdues ou décalées ;
  9. les échanges avec clients, fournisseurs, bailleur, banque et expert.

Un dossier d’indemnisation solide distingue toujours le dommage matériel et le dommage économique. Les factures de réparation prouvent le coût de remise en état. Elles ne prouvent pas seules la perte d’exploitation. La baisse de chiffre d’affaires prouve un symptôme. Elle ne suffit pas toujours à prouver le lien avec le sinistre. Il faut relier les dates, les commandes, les contraintes techniques et la reprise progressive.

Mise en demeure de l’assureur : quand et comment réagir

Si l’assureur ne répond pas, répond trop tard ou refuse sans motivation suffisante, une mise en demeure peut être utile. Elle doit rester précise.

Elle doit rappeler :

  • le contrat et les garanties concernées ;
  • la date de déclaration du sinistre ;
  • les pièces déjà transmises ;
  • les échanges avec l’expert ;
  • la garantie sollicitée ;
  • le montant provisoire ou définitif demandé ;
  • les délais annoncés par la loi de simplification si elle est entrée en vigueur au jour de l’envoi ;
  • à défaut, l’obligation contractuelle de traiter loyalement le dossier et de motiver la position.

Il ne faut pas menacer trop tôt d’une procédure mal préparée. Il faut d’abord enfermer le débat. L’assureur doit dire ce qu’il accepte, ce qu’il refuse et pourquoi. Cette réponse permet ensuite de décider s’il faut demander une contre-expertise, saisir le médiateur compétent, négocier un acompte ou engager une action judiciaire.

Attention également à la prescription. L’article L. 114-1 du Code des assurances prévoit en principe une prescription de deux ans pour les actions dérivant du contrat d’assurance, avec des règles particulières dans certains cas. Les échanges amiables ne suffisent pas toujours à interrompre ce délai. Le dirigeant ne doit donc pas laisser durer un dossier pendant des mois sans vérifier les actes interruptifs utiles.

Paris et Île-de-France : commerces, restaurants, cabinets et prestataires

À Paris et en Île-de-France, les sinistres professionnels ont souvent un effet immédiat sur la trésorerie : loyers commerciaux élevés, charges fixes, salariés, stocks, matériel financé, clientèle locale et contraintes de remise en état dans des immeubles anciens ou en copropriété.

Un commerce fermé trois semaines après un dégât des eaux peut perdre davantage en chiffre d’affaires et en clientèle qu’en mobilier détruit. Un cabinet professionnel dont les serveurs ou dossiers sont touchés peut devoir financer une solution temporaire. Une société de services peut devoir indemniser ses propres clients en cas d’interruption d’activité.

Le dossier d’assurance doit donc être articulé avec les autres contrats : bail commercial, contrat de maintenance, responsabilité d’un voisin ou d’un prestataire, contrat bancaire, crédit-bail, contrat client et conditions générales. Le cabinet intervient en droit des affaires à Paris lorsque le litige d’assurance bloque l’exploitation, la trésorerie ou la relation commerciale.

Checklist dirigeant après un sinistre professionnel

Dans les premières heures, sécurisez les personnes, le local et les preuves. Photographiez les dommages avant enlèvement, conservez les biens détériorés si possible et demandez les interventions d’urgence nécessaires.

Dans les cinq jours ouvrés, déclarez le sinistre par un canal traçable, sauf délai contractuel plus favorable. En cas de vol, vérifiez le délai spécifique et le dépôt de plainte.

Dans la première semaine, demandez le contrat complet à votre courtier ou assureur : conditions particulières, conditions générales, avenants, tableau des garanties, exclusions, franchise, plafond et période d’indemnisation.

Avant l’expertise, préparez un dossier factuel : photos, devis, factures d’achat, comptabilité, charges fixes, pertes de commandes, contraintes de réouverture.

Après l’expertise, demandez le rapport ou, à défaut, les conclusions retenues. Si le chiffrage est trop bas, contestez point par point avec pièces.

Si l’assureur tarde, demandez une position écrite. Si le refus est oral, exigez sa confirmation motivée.

Si la trésorerie est en danger, demandez un acompte documenté. Le débat sur le montant final ne doit pas empêcher toute avance lorsque la garantie n’est pas sérieusement contestable.

Sources utilisées

La mesure d’actualité a été vérifiée sur Bercy : loi de simplification de la vie économique, mesures concrètes pour faciliter l’activité des entreprises.

Le calendrier parlementaire et les saisines du Conseil constitutionnel ont été vérifiés sur le dossier du Sénat : projet de loi de simplification de la vie économique.

Les règles de base du contrat d’assurance ont été vérifiées sur Légifrance : article L. 113-1 du Code des assurances, article L. 113-2 du Code des assurances et article L. 114-1 du Code des assurances.

La jurisprudence sur les exclusions a été vérifiée sur Légifrance : Cour de cassation, 2e chambre civile, 20 janvier 2022, n° 20-10.529.

La recherche jurisprudentielle Voyage/Judilibre a également identifié, à titre illustratif, une décision de la cour d’appel de Versailles sur perte d’exploitation et clause d’exclusion : cour d’appel de Versailles, 24 septembre 2025, n° 23/04488.

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Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour les dirigeants, TPE-PME, commerçants, restaurants, cabinets et sociétés confrontés à un litige d’assurance après sinistre professionnel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».