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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Marseille, le 23 septembre 2025, n°2025F00919

Le Tribunal des Activités Economiques de Marseille, le 23 septembre 2025, statue sur un litige contractuel. Une société exploitante poursuit une société cliente pour impayés sur un contrat de licence de site internet. La juridiction constate la résiliation du contrat aux torts de la société débitrice. Elle condamne cette dernière au paiement d’une indemnité forfaitaire et d’une provision pour frais.

La mise en œuvre rigoureuse de la clause résolutoire

La décision valide l’application d’une clause contractuelle spécifique. La mise en demeure adressée le 23 avril 2025 par courrier recommandé exigeait le règlement sous quinzaine. Elle précisait qu’à défaut, il serait procédé à la résiliation du contrat. Cette formalité respecte les exigences légales pour activer une clause résolutoire. Le créancier doit mentionner expressément la clause dans sa mise en demeure. « La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire. » (Tribunal judiciaire, le 23 juin 2025, n°25/00320) La notification ici remplissait cette condition impérative. La portée est de rappeler le formalisme strict protégeant le débiteur. La valeur réside dans la sécurité juridique apportée à l’exécution contractuelle.

La résiliation est ensuite constatée de plein droit par le juge. L’inexécution, constituée par le défaut de paiement, est suffisamment grave. La décision s’appuie sur l’article 1224 du code civil. « La résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice. » (Tribunal judiciaire, le 23 juin 2025, n°25/00320) Le tribunal valide ainsi la procédure extrajudiciaire engagée. Le sens est de reconnaître l’autonomie des parties dans les mécanismes de rupture. Cette approche favorise une résolution efficace des litiges nés d’une inexécution.

La sanction pécuniaire de l’inexécution contractuelle

La condamnation principale porte sur une indemnité forfaitaire de résiliation. Son montant est fixé à seize mille deux cent trente-six euros. Cette somme correspond vraisemblablement à une clause contractuelle préétablie. Le tribunal valide ce mécanisme indemnitaire sans discuter son quantum. La solution écarte une demande de dommages-intérêts complémentaires. La société créancière ne justifiait pas d’un préjudice certain et actuel. La portée est de distinguer l’indemnité forfaitaire conventionnelle des dommages-intérêts. La valeur est de permettre une réparation prévisible et limitative pour le débiteur.

La décision accorde également une provision pour frais irrépétibles. La somme de cinq cents euros est allouée au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Elle compense partiellement les frais d’avocat exposés par la partie gagnante. Le tribunal use de son pouvoir souverain d’appréciation pour fixer ce montant. Il ordonne aussi l’exécution provisoire de la condamnation pécuniaire. Cette mesure permet au créancier de recouvrer sa créance sans délai. Le sens est d’assurer l’effectivité pratique de la décision rendue. La portée en est une exécution rapide malgré un éventuel appel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».