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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dégât des eaux : le voisin n’ouvre pas sa porte pour la recherche de fuite, que faire ?

Octobre avance, les premières pluies battent les toitures et les terrasses, et un matin vous découvrez une auréole brune qui s’élargit au plafond du salon, la peinture qui cloque dans la chambre, le parquet qui gondole le long du mur. L’eau vient de l’appartement du dessus, le syndic a mandaté une entreprise pour chercher la fuite, mais le voisin ne répond pas, annule les rendez-vous ou refuse tout simplement d’ouvrir sa porte. Chaque semaine perdue aggrave les dégâts et brouille la preuve. Que faire quand la personne chez qui il faut chercher la fuite verrouille sa porte, qui peut l’obliger à l’ouvrir, qui paiera l’ouverture forcée, la réparation et le préjudice ? La réponse tient en trois temps : non, vous ne pouvez pas entrer vous-même, même pour stopper l’eau ; oui, le juge des référés peut ordonner au voisin de laisser entrer l’entreprise de recherche, sous astreinte, puis autoriser le commissaire de justice, le serrurier et la force publique à ouvrir ; et une fois l’origine établie, le voisin dont le lot fuit répond de plein droit des troubles anormaux de voisinage, tandis que les assurances et leurs délais encadrent l’indemnisation. Chaque situation dépend toutefois de l’origine exacte de la fuite et des contrats d’assurance en jeu, et seul le juge tranche les cas contestés : cet article décrit la marche à suivre et les décisions récentes, pas une promesse de résultat.

I. La porte reste close : comment faire entrer la recherche de fuite

A. Avant le juge : syndic, assurance et preuves à constituer sans attendre

La première urgence est d’arrêter l’eau et de figer ce que vous voyez. Coupez les arrivées accessibles depuis votre logement, photographiez les traces avec la date, conservez les factures du plombier intervenu en urgence et son compte rendu : ces pièces datées feront foi de l’ampleur initiale des désordres. Prévenez le syndic de copropriété par écrit et demandez-lui d’organiser la recherche de fuite, car c’est lui qui mandate l’entreprise et qui, si le voisin reste inerte, portera l’affaire devant le juge au nom du syndicat des copropriétaires. Écrivez aussi au voisin lui-même, par lettre recommandée avec accusé de réception, pour lui signaler les désordres, lui demander l’accès à son logement aux dates proposées par l’entreprise et l’avertir que son refus aggrave un dommage dont il répondra : ce courrier ne remplace pas une décision de justice, mais il prouve ensuite que vous avez tout tenté à l’amiable.

Ne forcez jamais la porte du voisin et ne pénétrez pas chez lui, même pour couper une vanne ou photographier une canalisation : le domicile est protégé et une entrée sans droit vous exposerait à des poursuites, alors que le dégât des eaux se traite par les voies civiles, assurantielles et, si besoin, par le juge des référés. Si l’eau menace les installations électriques, coupez l’électricité de la zone touchée et faites constater l’urgence par le gardien ou le syndic. Faites également établir un constat par un commissaire de justice : ce procès-verbal, dressé par un officier public, décrit les traces, leur localisation et leur évolution, et il pèse lourd ensuite devant l’assureur comme devant le tribunal, bien plus que de simples photographies.

Prévenez votre assureur multirisque habitation dès que vous avez connaissance du sinistre. L’article L113-2 du code des assurances oblige l’assuré : « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » (article L113-2 du code des assurances). Concrètement, la fiche officielle du service public rappelle que vous devez déclarer le sinistre dans les cinq jours ouvrés qui suivent sa découverte, et que la garantie dégât des eaux est comprise dans l’assurance habitation, laquelle est obligatoire pour le locataire alors qu’elle reste facultative pour le propriétaire qui occupe lui-même son logement (fiche assurance dégât des eaux sur service-public.gouv.fr). Un retard de déclaration peut entraîner une déchéance si le contrat la prévoit et si l’assureur prouve que ce retard lui a causé un préjudice : ne laissez donc pas le différend avec le voisin retarder votre propre déclaration.

Qui organise et qui paie la recherche de fuite elle-même ? La fiche officielle distingue les cas, et son raisonnement mérite d’être connu avant de réclamer quoi que ce soit. lorsque l’origine du dégât des eaux n’est pas apparente, la fiche officielle invite à faire appel à un professionnel pour la recherche de fuite (fiche assurance dégât des eaux sur service-public.gouv.fr). Si la fuite peut se trouver dans un local occupé, dans un local occupé, c’est en principe l’assureur de l’occupant qui organise la recherche de fuite, avec des exceptions au profit de l’assureur du propriétaire, par exemple si les investigations risquent de détruire le local ou si l’occupant n’est pas assuré (fiche assurance dégât des eaux sur service-public.gouv.fr). Si le local est vide, c’est l’assureur du propriétaire qui s’en charge. Et lorsque la fuite se situe dans les parties communes de l’immeuble, pour les parties communes de l’immeuble, c’est l’assureur de l’immeuble qui organise la recherche (fiche assurance dégât des eaux sur service-public.gouv.fr). En pratique, les assureurs appliquent entre eux leur convention IRSI pour répartir ces frais, mais ce partage entre assureurs ne vous prive d’aucun droit contre le voisin : retenez surtout qu’il faut laisser chaque assureur jouer son rôle et conserver toutes les factures, car le coût de la recherche finit par être supporté selon l’origine de la fuite établie par l’investigation.

B. Le référé pour obtenir l’accès : astreinte, commissaire de justice, serrurier et force publique

Quand le voisin refuse l’accès ou reste durablement injoignable alors que l’entreprise mandatée attend à sa porte, la voie efficace est le référé devant le président du tribunal judiciaire. L’article 835 du code de procédure civile dispose que « Le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. » (article 835 du code de procédure civile). Une fuite qui imbibe plafonds et murs pendant que le logement suspect reste fermé constitue typiquement le dommage imminent et le trouble manifestement illicite visés par ce texte : le juge peut donc ordonner l’accès même si le voisin conteste l’origine de l’eau ou la nécessité des investigations.

Deux ordonnances récentes montrent comment les juges s’y prennent, avec des montants qu’il vaut mieux connaître avant d’assigner. Le 30 mars 2026, le tribunal judiciaire de Nanterre a condamné une copropriétaire à laisser le libre accès de son lot à l’entreprise de recherche de fuite mandatée par la copropriété, en assortissant cette injonction d’une pression financière précise : « DISONS que cette injonction sera assortie d’une astreinte de 500 € par jour de retard à la charge de la défenderesse, pendant quinze jours, après expiration d’un délai de huit jours partant à compter de la notification par le syndic de sa visite dans les lieux, avec la société mandatée par la copropriété en vu de la recherche de la fuite ; » (ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Nanterre du 30 mars 2026, RG 25/02261). Autrement dit, la voisine disposait de huit jours après l’annonce de la visite pour ouvrir, puis chaque jour de retard lui coûtait 500 euros pendant quinze jours. Et pour le cas où la résistance se prolongerait, le juge a prévu la suite : passé ce délai, le syndic est autorisé à pénétrer dans les lieux avec un commissaire de justice, qui peut lui-même demander le concours de la force publique et s’adjoindre un serrurier, le tout aux frais exclusifs de la copropriétaire récalcitrante. La condamnée a en outre dû verser 1 200 euros au syndicat des copropriétaires sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens, et l’ordonnance était exécutoire par provision.

Le 16 mai 2025, le tribunal judiciaire de Paris a suivi la même logique dans une espèce où le propriétaire du dessus ne laissait pas entrer l’entreprise venue chercher une canalisation fuyarde. Le juge a ordonné l’accès à l’appartement à compter de la signification de l’ordonnance pour que l’entreprise désignée procède à la recherche, puis, en cas de non-respect, a désigné un commissaire de justice avec mission d’ouvrir l’appartement si besoin : « AUTORISONS le commissaire de justice désigné ou choisi à se faire adjoindre le concours de la force publique et d’un serrurier, afin de l’assister en cas de difficultés rencontrées pour pénétrer dans l’appartement » (ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Paris du 16 mai 2025, RG 25/50799), la fermeture des lieux après les opérations restant aux frais avancés du propriétaire. Le récalcitrant a été condamné à 1 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens, et le juge a rappelé que « la présente décision bénéficie de l’exécution provisoire de droit » (ordonnance de référé du tribunal judiciaire de Paris du 16 mai 2025, RG 25/50799), ce qui signifie qu’elle s’applique immédiatement même en cas d’appel.

Le schéma procédural est donc clair et doit être respecté dans l’ordre : mise en demeure écrite du voisin et du syndic, déclaration à votre assureur dans les cinq jours ouvrés, constat de commissaire de justice, puis assignation en référé contre le voisin qui refuse l’accès, avec demande d’astreinte et, à titre subsidiaire, d’autorisation d’ouverture forcée. L’astreinte n’est pas une amende versée à l’État : c’est une somme qui grossit chaque jour de retard et qui revient au demandeur, ce qui explique son efficacité contre les portes closes. Le coût de l’ouverture forcée, serrurier et commissaire compris, est mis à la charge de celui qui a refusé l’accès, comme le montrent les deux ordonnances citées. Notez enfin que le juge des référés ne tranche pas le fond du litige : il fait entrer la recherche, il ne dit pas encore qui paiera les réparations. Pour figer la preuve avant que les entreprises ne rebouchent et repeignent, l’article 145 du code de procédure civile permet en outre de faire ordonner une expertise judiciaire : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. » (article 145 du code de procédure civile). Demander cette expertise en même temps que l’accès, c’est s’assurer que l’origine de la fuite, une fois découverte, restera établie même après les réparations.

II. Une fois la fuite localisée : qui paie les réparations et le préjudice

A. Contre le voisin dont le lot fuit : le trouble anormal de voisinage, une responsabilité de plein droit

Quand la recherche établit que l’eau vient du lot du dessus, du lot mitoyen ou d’un équipement dont le voisin a la garde, le fondement le plus solide est le trouble anormal de voisinage, codifié à l’article 1253 du code civil, en vigueur depuis le 17 avril 2024 : « Le propriétaire, le locataire, l’occupant sans titre, le bénéficiaire d’un titre ayant pour objet principal de l’autoriser à occuper ou à exploiter un fonds, le maître d’ouvrage ou celui qui en exerce les pouvoirs qui est à l’origine d’un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage est responsable de plein droit du dommage qui en résulte. » (article 1253 du code civil). Trois conséquences pratiques découlent de ce texte. D’abord, la responsabilité est de plein droit : vous n’avez pas à prouver une faute du voisin, il suffit d’établir que ses installations laissent passer une eau qui dépasse les inconvénients normaux du voisinage, ce qu’une infiltration durable dans un plafond fait sans discussion. Ensuite, le texte vise aussi bien le propriétaire que le locataire du lot d’où vient l’eau : si c’est la baignoire du locataire du dessus qui déborde régulièrement, c’est contre lui que l’action se dirige, sans préjudice de ses rapports avec son bailleur. Enfin, le voisin ne s’exonère pas en invoquant son propre locataire ou son plombier.

La cour d’appel de Paris l’a rappelé avec netteté dans un arrêt du 25 janvier 2023 rendu dans un immeuble parisien ravagé par des désordres d’eaux successifs : « Le propriétaire est responsable de plein droit des troubles anormaux de voisinage provenant de son fonds, que ceux-ci aient été causés par son fait ou par celui de personnes avec lesquelles il est lié par contrat, notamment par le preneur de son lot » (cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 2, 25 janvier 2023, RG 21/08576). Le bailleur du lot fuyard répond donc des agissements de son locataire envers les voisins. Le même arrêt ajoute qu’« Un syndicat des copropriétaires peut agir à l’encontre d’un copropriétaire sur le fondement d’un trouble anormal du voisinage » (cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 2, 25 janvier 2023, RG 21/08576), ce qui signifie que le syndic n’est pas cantonné aux parties communes : il peut poursuivre le copropriétaire dont le lot inonde l’immeuble. Et la cour précise le régime de preuve : « La responsabilité résultant de troubles qui dépassent les inconvénients normaux de voisinage, lesquels doivent être prouvés par celui qui les invoque, est établie objectivement, sans que la preuve d’une faute soit exigée » (cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 2, 25 janvier 2023, RG 21/08576). À côté de ce fondement, les textes généraux restent disponibles : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » (article 1240 du code civil) et « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde » (article 1242 du code civil), utiles quand une faute précise est démontrée, par exemple un robinet notoirement défectueux jamais réparé ou des travaux privatifs ayant percé une colonne.

Combien obtenir, et sous quelle forme ? Un jugement du tribunal judiciaire de Lille du 29 avril 2025 donne l’échelle concrète d’un dossier d’infiltrations entre voisins. Le tribunal a condamné le voisin à l’origine des eaux : « CONDAMNE M. [W] [G] à payer à M. [L] [M] et Mme [X] [R] épouse [M] la somme de 2.240 €, augmentée de la TVA au jour du jugement, avec intérêts au taux légal à compter du 17 mars 2023 au titre du préjudice matériel ; » (tribunal judiciaire de Lille, chambre 2, 29 avril 2025, RG 23/03017), puis « CONDAMNE M. [W] [G] à payer à M. [L] [M] et Mme [X] [R] épouse [M] la somme de 2.500 €, avec intérêts au taux légal à compter du 17 mars 2023, au titre du préjudice de jouissance ; » (tribunal judiciaire de Lille, chambre 2, 29 avril 2025, RG 23/03017). Le préjudice matériel couvre les réparations chiffrées par devis ou expertise, le préjudice de jouissance indemnise les mois passés avec un logement dégradé, humide ou partiellement inutilisable. Surtout, le tribunal ne s’est pas contenté d’argent : il a ordonné les travaux nécessaires pour mettre fin au rejet des eaux et à l’étanchéité de la canalisation, « sous astreinte provisoire de 100 euros par jour de retard à compter du troisième mois suivant la signification du jugement et ce pendant 120 jours ; » (tribunal judiciaire de Lille, chambre 2, 29 avril 2025, RG 23/03017). Demander au juge non seulement des dommages et intérêts mais aussi l’exécution des travaux sous astreinte, c’est obtenir la fin effective des infiltrations, pas seulement leur prix. Chiffrez toujours les deux postes séparément, avec devis d’artisans et, si possible, rapport d’expertise judiciaire ordonnée sur le fondement de l’article 145 : un juge indemnise ce qui est prouvé et chiffré, jamais une estimation lancée à l’audience.

B. Assurances, syndic et délais : ne pas perdre ses droits en chemin

Obtenir l’accès au logement voisin et faire condamner son occupant ne règle pas tout : il faut encore être indemnisé vite et sans se heurter aux délais. Côté assurances, chaque intervenant déclare à la sienne, et les assureurs règlent entre eux selon leurs accords professionnels, dont la convention IRSI qui organise la prise en charge de la recherche de fuite et des dommages selon l’origine du sinistre. Ce mécanisme entre assureurs ne vous concerne qu’indirectement : ce qui compte pour vous, c’est d’avoir déclaré dans les cinq jours ouvrés, d’avoir conservé chaque facture et chaque compte rendu, et de ne pas signer de quittance définitive tant que tous vos postes ne sont pas réglés. Si votre assureur refuse la prise en charge ou minore l’indemnité, faites chiffrer les désordres par un expert de votre choix et contestez par écrit avant tout procès : une expertise judiciaire ordonnée en référé sur le fondement de l’article 145 tranche ensuite entre les évaluations et fige la preuve de l’origine, ce qui est décisif quand l’assureur conteste d’où vient l’eau.

Deux délais de prescription coexistent et il ne faut pas les confondre, car ils ne courent pas contre les mêmes personnes. Contre votre assureur, « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance. » (article L114-1 du code des assurances) : passé ce délai de deux ans, l’action contre l’assureur est éteinte, même si le voisin n’a toujours rien payé. Contre le voisin ou le syndicat, l’action en responsabilité de droit commun se prescrit par cinq ans : « Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. » (article 2224 du code civil). En pratique, les deux horloges partent à peu près ensemble le jour où vous découvrez les traces, mais celle de l’assureur s’épuise bien plus vite : réclamez à votre assurance dans les premiers mois, quitte à poursuivre le voisin ensuite sur le fondement du trouble anormal de voisinage.

Si vous êtes locataire, la chaîne des responsabilités a un maillon de plus. Votre bailleur doit vous délivrer un logement décent et faire les réparations qui lui incombent, mais le voisin du dessus reste responsable de ses propres eaux envers vous, et votre assurance habitation, obligatoire, couvre vos propres dommages en attendant. Écrivez aux deux en parallèle : au bailleur pour exiger la remise en état de votre logement, au voisin et au syndic pour l’accès et la réparation de la cause. Si la fuite vient des parties communes, toit, terrasse ou colonne, c’est le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, qui doit faire réparer, et son inertie engage sa responsabilité envers vous comme envers les copropriétaires. À Paris et en Île-de-France, où les immeubles anciens cumulent colonnes fatiguées, toitures-terrasses et salles de bains superposées, le tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble connaît de ces référés, et les commissaires de justice parisiens pratiquent quotidiennement constats et ouvertures : agir vite, c’est aussi profiter d’un réseau juridictionnel habitué à ces urgences. Pour être assisté dans le référé-accès puis dans l’action en réparation, il est utile de s’adresser à un avocat en droit immobilier à Paris, qui chiffrera le préjudice matériel et le préjudice de jouissance et portera la demande d’astreinte.

Un dernier point de méthode pour l’automne qui vient : ne faites pas réparer avant que l’origine soit établie et, si possible, expertisée. Repeindre un plafond ou changer un parquet avant la recherche de fuite, c’est effacer la preuve du chemin de l’eau et offrir au voisin et aux assureurs l’argument de l’origine indéterminée. Protégez, séchez, photographiez, faites constater, déclarez, puis seulement réparez sur devis validés. La porte qui reste close n’est pas une fatalité : le juge des référés l’ouvre, sous astreinte et aux frais de celui qui la verrouillait.

Conclusion

Le voisin qui refuse d’ouvrir pour la recherche de fuite ne bloque pas durablement le dossier, à condition d’agir dans l’ordre : mise en demeure écrite, déclaration à l’assureur dans les cinq jours ouvrés, constat de commissaire de justice, puis référé pour obtenir l’accès sous astreinte avec, si nécessaire, ouverture par commissaire de justice, serrurier et force publique aux frais du récalcitrant. Les tribunaux de Nanterre et de Paris l’ont ordonné en 2025 et 2026, avec des astreintes de 500 euros par jour et des condamnations au titre de l’article 700 qui montrent que le refus se paie. Une fois la fuite localisée, le trouble anormal de voisinage rend le propriétaire du lot fuyard responsable de plein droit, le syndicat des copropriétaires peut agir contre lui, et le juge peut cumuler indemnisation du matériel et de la jouissance avec des travaux ordonnés sous astreinte. Reste à ne pas manquer les deux délais qui encadrent le tout : deux ans contre l’assureur, cinq ans contre le responsable. À chacun de ces stades, ce sont les écrits datés, les constats et les expertises qui font gagner : constituez-les dès la première tache au plafond.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».