Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Poteau téléphonique sur terrain privé : peut-on demander son retrait après l’arrêt du cuivre ?

Un poteau téléphonique se trouve dans votre jardin depuis des années. Le réseau cuivre doit fermer dans votre commune ou votre abonnement ADSL a déjà disparu. Vous pouvez avoir une question très concrète : ce support restera-t-il au milieu d’un futur accès, d’une clôture ou d’un projet de travaux ?

Vous pouvez demander que la situation soit examinée et, selon le cas, proposer une dépose ou un déplacement. La fermeture du cuivre ne rend toutefois pas le retrait du poteau automatique et ne désigne pas, à elle seule, la personne qui paiera. Le support peut porter d’autres câbles, notamment de fibre, ou desservir des logements voisins. Il faut aussi vérifier les droits de passage, les conventions et les conditions de l’installation. Un propriétaire qui ne retrouve pas de document ne peut pas conclure, sur ce seul constat, que l’occupation est irrégulière.

La démarche utile commence par trois vérifications : où se trouve exactement le pied du support, quels réseaux l’utilisent encore et sur quel fondement ils occupent ou surplombent le terrain. Ensuite seulement, on peut discuter d’une solution technique et de son coût, ou envisager un recours. Ne coupez pas les fils et ne démontez pas le poteau vous-même : son apparence ne permet pas de savoir s’il reste en service ni s’il comporte un risque électrique. Les règles présentées ici concernent les communications électroniques ; un ouvrage électrique peut relever d’un autre régime.

I. La fin du cuivre change les usages, mais ne règle pas le sort du poteau

A. Distinguer la ligne arrêtée, le support et les autres réseaux

La fermeture du réseau cuivre est progressive. Dans sa fiche sur la fermeture du réseau cuivre, l’Arcep distingue la fermeture commerciale, qui concerne les nouveaux abonnements, de la fermeture technique, lorsque les services utilisant le réseau cessent de fonctionner. L’autorité indique que le plan prévoit un échelonnement par zones jusqu’à la fin de 2030. Il faut donc rechercher la situation de son adresse : l’annonce nationale ne signifie pas que toutes les lignes étaient déjà arrêtées le jour où elle a été lue.

Cette distinction est importante pour le poteau. Une ligne dont on ne peut plus souscrire l’abonnement n’est pas nécessairement une ligne déjà éteinte. Même après une fermeture technique, elle ne dit pas, à elle seule, ce qu’il advient des câbles et des appuis physiques. Le poteau peut encore supporter un autre réseau, une liaison nécessaire à un voisin ou un équipement dont le sort dépend d’un accord distinct. La fiche de l’Arcep décrit la fermeture des services cuivre ; elle ne promet pas la dépose de tous les poteaux privés.

La première photographie à prendre est donc une photographie d’ensemble, depuis un lieu accessible sans danger : le pied du poteau, les limites apparentes de la parcelle, les câbles visibles et les bâtiments desservis. Des clichés rapprochés peuvent montrer une étiquette ou un numéro lorsque ceux-ci sont lisibles depuis le sol. Ils ne suffisent pas à identifier tous les propriétaires et utilisateurs des ouvrages. Une gaine, une couleur ou un câble qui semble ancien ne constituent pas une preuve fiable que la ligne est inactive.

Il faut également séparer trois questions. Le sol appartient-il au propriétaire du jardin ou l’ouvrage se trouve-t-il en réalité sur une dépendance de la voie ? Le support appartient-il à l’exploitant d’un réseau de communications électroniques, à un gestionnaire d’électricité ou à un autre titulaire ? Les câbles appartiennent-ils tous à la même personne et sont-ils encore utilisés ? Les réponses peuvent être différentes. Le fournisseur auquel un occupant paie son abonnement n’est pas forcément propriétaire du poteau ni gestionnaire de chacune des lignes qui y sont attachées.

En pratique, un courrier au gestionnaire identifié peut demander un inventaire des équipements concernés : nature des réseaux, identité ou service du titulaire de l’appui, usages connus, présence éventuelle d’un raccordement voisin et existence d’un projet de dépose. Si le destinataire n’est pas compétent, il est utile de lui demander de préciser à qui transmettre la demande. La mairie peut aussi aider à identifier l’emplacement de l’ouvrage et les autorisations éventuellement conservées. Ces démarches ne valent ni reconnaissance d’un droit de passage ni décision sur la propriété de l’équipement.

La limite entre propriété privée et domaine public mérite une attention particulière lorsqu’un poteau se trouve près d’une clôture. Une clôture, un bord de trottoir ou le fait d’entretenir une bande de terrain ne suffisent pas nécessairement à fixer juridiquement la limite. Il peut être nécessaire de rapprocher le plan cadastral, les actes, les plans de division et, en cas de doute persistant, les éléments de délimitation appropriés. Le cadastre aide à situer les parcelles ; il ne remplace pas, à lui seul, l’examen des titres et des limites opposables.

Cette vérification évite de mélanger deux régimes. L’article L. 45-9 du code des postes et des communications électroniques distingue le droit de passage des exploitants sur le domaine public routier et les servitudes sur certaines propriétés privées. Pour une occupation du domaine public routier, l’article L. 47 du même code prévoit notamment une permission de voirie délivrée par l’autorité compétente. La présence d’un ouvrage devant une maison ne démontre donc pas qu’il est implanté dans le jardin privé.

Autre précaution : un support peut porter à la fois des équipements de télécommunications et des lignes électriques. Un câble de fibre n’est pas nécessairement dangereux par lui-même comme une ligne électrique, mais le voisinage d’équipements électriques et l’état du poteau peuvent rendre toute intervention dangereuse. Si le support paraît instable, si un fil est tombé ou si un danger immédiat existe, éloignez les personnes, ne touchez ni le câble ni ce qu’il touche et signalez la situation au gestionnaire compétent ; en cas de danger immédiat, prévenez les services de secours. Une photographie de loin est préférable à une vérification improvisée en hauteur.

B. Une propriété privée n’efface pas les droits de passage : lesquels rechercher ?

Être propriétaire de la parcelle donne un point de départ solide, mais ne répond pas à toutes les questions sur les ouvrages. L’article 544 du code civil définit la propriété comme « le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue », sous réserve des usages interdits par les lois ou règlements. L’article 552 précise que « La propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous », avec les réserves qu’il énonce. Ces textes invitent à examiner aussi bien le poteau implanté dans le sol que les câbles qui surplombent la parcelle, sans faire disparaître les servitudes applicables.

Le dossier de départ comprend l’acte d’acquisition et ses annexes, les actes antérieurs accessibles, les plans, les conventions de passage, les échanges avec les exploitants et tout document relatif à une division de terrain. Un acte peut mentionner des réseaux sans décrire chaque câble actuel. Une convention peut aussi se trouver dans un autre document que l’acte remis lors de l’achat. Le notaire peut aider à rechercher les pièces pertinentes ; le gestionnaire peut être invité à communiquer le titre ou l’autorisation sur lesquels il estime pouvoir s’appuyer.

La recherche doit porter sur le contenu du document, pas seulement sur son intitulé. Une clause vise-t-elle une canalisation souterraine, une ligne aérienne, un emplacement particulier, un fonds voisin, des interventions d’entretien ? Qui en bénéficie ? Le texte prévoit-il des modalités de déplacement ou une indemnisation ? Une autorisation pour un ouvrage précis ne permet pas, sans examen, de répondre à toutes les questions soulevées par des équipements ajoutés ensuite. À l’inverse, l’absence de mention dans le seul acte que le propriétaire a sous la main ne prouve pas à elle seule que tout droit est inexistant.

Il faut distinguer une servitude conventionnelle entre propriétés d’une servitude instituée pour un réseau de communications électroniques. L’article 686 du code civil permet aux propriétaires d’établir certaines servitudes au profit d’un fonds et prévoit que leur usage et leur étendue se règlent par le titre qui les constitue. Lorsqu’une parcelle bénéficie d’un passage de ligne sur une autre, les personnes concernées et la rédaction du titre comptent donc. Une simple référence à un opérateur ne transforme pas automatiquement chaque convention en servitude entre deux fonds.

Pour ces servitudes entre fonds, l’article 702 du code civil dispose que le titulaire « ne peut en user que suivant son titre », sans changement qui aggrave la condition du fonds grevé. L’article 701 encadre, dans les cas qu’il décrit, une proposition d’emplacement aussi commode lorsque l’emplacement initial est devenu plus onéreux ou empêche des réparations avantageuses. Ces règles ne dispensent pas d’identifier les fonds, le bénéficiaire et le titre ; elles ne signifient pas que tout propriétaire peut déplacer un réseau de sa propre initiative.

Dans une décision du 3 avril 2025, RG 22/04908, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a examiné une demande visant un poteau et une ligne aérienne. La propriétaire avait produit son acte en appel : la cour a reconnu son intérêt à agir. Elle a ensuite rejeté ses demandes au fond, en relevant notamment que le poteau existait avant l’acquisition et que l’acte prévoyait une servitude conventionnelle comprenant les lignes aériennes. Cette décision montre l’importance des pièces et de leur portée dans ce dossier précis ; elle ne signifie pas que l’ancienneté d’un poteau suffit toujours à justifier son maintien.

Le dossier peut aussi relever du régime spécial du code des postes et des communications électroniques. L’article L. 48 vise, dans les conditions qu’il décrit, les bâtiments d’habitation et certaines parties communes, le sol et le sous-sol des propriétés non bâties, ainsi que les propriétés privées sur lesquelles ou au-dessus desquelles l’exploitant utilise l’installation d’un tiers. Il faut lire ces hypothèses et leurs conditions ensemble : une permission générale de planter n’importe quel poteau dans n’importe quel jardin ne découle pas du seul nom de la loi.

II. Demander une solution adaptée : preuves, travaux et recours

A. Vérifier la procédure, puis construire une demande de dépose ou de déplacement

Dans le régime de l’article L. 48, la mise en œuvre de la servitude est en principe subordonnée à une autorisation délivrée au nom de l’État par le maire, après information des propriétaires ou, en copropriété, du syndicat représenté par le syndic. L’article L. 48 du code des postes et des communications électroniques prévoit que les intéressés doivent pouvoir présenter leurs observations « dans un délai qui ne peut pas être inférieur à deux mois » et que les travaux ne peuvent commencer avant son expiration. La même disposition prévoit une exonération de cette procédure pour la servitude relevant de son c, dès lors qu’elle n’accroît pas l’atteinte portée à la propriété privée, dans les conditions applicables au dossier. Cette exception doit être examinée, et non présumée, à partir des installations et des droits concernés.

Le dossier préparé par l’exploitant pour demander l’institution d’une servitude comporte notamment la localisation cadastrale, les motifs invoqués et l’emplacement des installations : c’est ce que prévoit l’article R. 20-55. L’article R. 20-56 prévoit une notification du nom de l’opérateur accompagnée du dossier au propriétaire ou au syndic identifié. L’article R. 20-58 précise les mentions et la notification de l’arrêté instituant la servitude. Selon la date et les circonstances de l’ouvrage, il faut rechercher les documents correspondants sans supposer qu’un dossier moderne existe pour chaque installation ancienne.

La différence entre une ligne existante et un nouvel usage du support peut être décisive. Dans un arrêt du 29 janvier 2026, RG 25/01060, la cour d’appel de Toulouse a étudié des câbles de fibre installés au-dessus d’une propriété, sur des supports préexistants. Elle a retenu, dans les circonstances de l’affaire, que les conditions invoquées pour se dispenser de l’autorisation du maire n’étaient pas établies et a ordonné la dépose des câbles de fibre en surplomb. La décision porte sur ces câbles : elle n’ordonne pas la dépose générale des poteaux et ne transforme pas chaque raccordement sur appui existant en installation illicite.

Ces deux décisions ne se contredisent pas : l’une porte notamment sur une ligne aérienne dans un ensemble comprenant un titre conventionnel, l’autre sur des câbles de fibre et les conditions de la procédure spéciale. Pour un propriétaire, leur rapprochement suggère une méthode : repérer exactement l’ouvrage contesté, identifier les titres invoqués et expliquer en quoi la situation actuelle gêne l’usage de la parcelle. Pour une question de droits de propriété et de servitude immobilière, le titre et les documents techniques doivent être examinés ensemble.

Avant d’écrire, formulez une demande précise. Voulez-vous savoir si les câbles sont encore actifs ? Faire sécuriser un support endommagé ? Demander le retrait d’une ligne devenue sans usage ? Déplacer le pied du poteau pour ouvrir un passage ? Obtenir un nouveau tracé pour un câble qui gêne des travaux ? Ces demandes ne sont pas équivalentes : l’enlèvement d’un câble peut être techniquement possible sans dépose du support ; un déplacement du support peut nécessiter de maintenir plusieurs réseaux pendant l’opération.

Le courrier peut comporter l’adresse, la référence cadastrale, un plan lisible, des photographies datées, la description du projet et les pièces montrant votre qualité. Demandez une réponse écrite sur l’identité des ouvrages, leur usage actuel, le fondement du maintien, la faisabilité de l’option demandée et les interlocuteurs concernés. Si des travaux sont envisagés, joignez un plan suffisamment précis pour que l’exploitant mesure les contraintes, sans commencer une intervention à proximité des lignes tant que les mesures de sécurité ne sont pas définies.

Un propriétaire peut en principe continuer à envisager des travaux sur son bien. Pour les ouvrages relevant de la servitude prévue par l’article L. 48, le texte précise que leur installation ne peut faire obstacle au droit des propriétaires ou copropriétaires de démolir, réparer, modifier ou clore leur propriété. Il ajoute toutefois qu’ils doivent prévenir le bénéficiaire de la servitude au moins trois mois avant d’entreprendre des travaux de nature à affecter les ouvrages. Cette exigence vise les circonstances prévues par ce texte : elle ne doit pas être présentée comme une date automatique de retrait du poteau ni comme le régime de toute convention privée.

L’accès au terrain doit lui aussi être préparé. L’article L. 48 prévoit que, lorsque l’introduction d’agents d’exploitants autorisés est nécessaire pour les opérations qu’il énumère et à défaut d’accord amiable ou de convention entre le propriétaire et l’exploitant, le président du tribunal judiciaire statuant en référé peut l’autoriser après avoir vérifié cette nécessité. Il est donc utile de conserver les demandes de rendez-vous et les réponses, de préciser les conditions d’accès et de ne pas confondre visite technique acceptée et accord définitif sur la régularité ou le coût des ouvrages.

B. Qui paie, que prouver et que faire si aucun accord n’est trouvé ?

Il n’existe pas, pour toutes les configurations, un tarif ou un partage des frais que la seule fermeture du cuivre permettrait de déduire. Un devis doit distinguer la dépose d’une ligne, le déplacement du support, le raccordement de remplacement, la protection des autres réseaux et, le cas échéant, les travaux sur la parcelle. Il faut demander qui commande chaque prestation, qui en est destinataire, quelles autorisations sont nécessaires et quel sera le sort des installations abandonnées. Un prix annoncé sans ces éléments ne permet pas de comparer sérieusement deux solutions.

Le point de départ de la demande a aussi son importance. Un propriétaire peut souhaiter déplacer un support pour réaliser un projet personnel alors que l’installation fait l’objet d’un titre applicable. Dans une autre situation, il peut contester un ouvrage, un usage supplémentaire ou un dommage. L’analyse des frais dépendra notamment des documents, des faits établis, des accords et, en cas de litige, de la solution retenue par la juridiction compétente. Le simple fait que le poteau soit ancien ou qu’un voisin l’utilise ne désigne pas automatiquement la personne tenue de payer.

Le propriétaire peut demander à recevoir le devis avant de s’engager et vérifier s’il couvre tous les réseaux attachés. Un chiffrage de déplacement n’établit pas, à lui seul, que le propriétaire doit accepter la somme ou que l’installation initiale était régulière. À l’inverse, contester le devis ne prouve pas qu’une autre personne doit nécessairement prendre en charge les travaux. Si plusieurs solutions existent, il est utile de faire préciser leur impact sur les accès, la continuité des services et la remise en état du terrain.

L’indemnisation d’un préjudice est une question distincte du prix d’un déplacement demandé pour convenance. Dans le cadre qu’il régit, l’article L. 48 du code des postes et des communications électroniques rend le bénéficiaire de la servitude responsable des dommages qui trouvent leur origine dans les équipements du réseau et prévoit l’indemnisation des « préjudices directs et certains » causés par les travaux d’installation et d’entretien ou par l’existence ou le fonctionnement des ouvrages. À défaut d’accord amiable, le texte prévoit la fixation de l’indemnité par la juridiction de l’expropriation saisie par la partie la plus diligente. Le montant et le lien avec les ouvrages doivent être établis ; ce passage ne crée pas un remboursement forfaitaire de tout projet immobilier.

Une clôture endommagée, une intervention ayant laissé une dégradation ou une dépense rendue nécessaire par l’ouvrage doivent donc être documentées concrètement : état avant et après, date du constat, factures, devis de réparation et échanges. Il faut conserver les documents originaux et expliquer le lien entre l’équipement ou les travaux et le dommage allégué. Ne transformez pas une estimation de chantier en perte déjà subie et ne supposez pas que toutes les dépenses d’un projet sont imputables à un seul ouvrage.

La charge de la preuve ne repose pas toujours sur une seule partie pour toutes les questions. L’article 1353 du code civil énonce : « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. » Il ajoute que celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait ayant éteint son obligation. Selon la demande et les défenses opposées, les preuves utiles peuvent concerner le droit de propriété, la localisation, le titre invoqué, l’état du réseau, l’existence du préjudice ou les engagements effectivement pris. Un dossier précis facilite la discussion sans préjuger de la manière dont le juge répartira la preuve pour chaque prétention.

Si le désaccord persiste, une mise en demeure peut récapituler les faits, les pièces déjà transmises, la mesure souhaitée et la réponse attendue, sans affirmer comme certaine une irrégularité non vérifiée. Elle peut aussi demander une visite contradictoire ou un examen commun des tracés. Un constat de commissaire de justice peut être utile pour fixer l’état visible des lieux ou le passage d’un câble ; il ne remplace pas un diagnostic de réseau ni l’analyse des titres. Une expertise peut être pertinente lorsque les causes, les usages et les solutions techniques restent discutés.

La voie judiciaire dépend de la nature exacte de la demande, du statut de l’ouvrage et des personnes concernées. L’article 835 du code de procédure civile permet notamment au président du tribunal judiciaire, dans les conditions qu’il énonce, de prescrire en référé des mesures conservatoires ou de remise en état pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite, même en présence d’une contestation sérieuse. Ce texte ne rend pas chaque gêne « manifestement illicite » : la qualification dépend des éléments du dossier. Un examen au fond peut être nécessaire pour trancher des droits ou des responsabilités contestés.

La bonne demande vise aussi les bonnes personnes. Le titulaire du support, l’exploitant d’un câble, le bénéficiaire d’une servitude entre fonds et le propriétaire voisin peuvent ne pas être les mêmes. Demander le retrait d’un câble à son exploitant n’établit pas que celui-ci possède le poteau ; demander le déplacement du support ne règle pas automatiquement le devenir des branchements voisins. En copropriété, il faut en outre identifier si l’ouvrage affecte une partie commune ou une partie privative et transmettre les documents au syndic lorsque le syndicat est concerné.

Enfin, l’entretien des abords ne se confond pas avec le droit de démonter le réseau. L’article L. 51 du code des postes et des communications électroniques organise des opérations telles que l’élagage et prévoit des situations où elles sont accomplies par le propriétaire du terrain, le fermier ou leurs représentants, ainsi que des exceptions et modalités d’intervention de l’exploitant. Avant de couper une branche proche d’une ligne, il faut identifier les risques, les accords applicables et la personne techniquement habilitée à intervenir ; l’entretien d’un arbre n’autorise pas à manipuler les câbles.

Conclusion

La fin du cuivre peut être l’occasion de poser la question du devenir d’un poteau, mais elle ne suffit pas à décider de son retrait. Un support peut encore accueillir d’autres réseaux ; son emplacement et les droits qui l’affectent demandent une vérification propre. Le propriétaire a intérêt à réunir les titres, à faire identifier les équipements et à demander une réponse technique écrite avant de discuter d’une dépose ou d’un déplacement. Si un dommage ou une occupation est contesté, ce sont les documents, les faits établis et le régime applicable qui permettront de choisir la démarche adaptée. La prudence vaut aussi pour les voisins : préserver leur raccordement et la sécurité des lieux fait partie des éléments à examiner avant toute intervention.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».