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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Encadrement des loyers à Paris : contester un dépassement et obtenir le remboursement du trop-perçu (2026)

Vous venez de signer un bail à Paris et le montant du loyer vous paraît élevé au regard des annonces du quartier. Depuis le 1er juillet 2019, l’encadrement des loyers limite ce que votre bailleur peut exiger dans la capitale : votre loyer de base, hors charges et hors complément de loyer, ne doit pas dépasser un plafond appelé loyer de référence majoré, fixé chaque année par arrêté préfectoral selon les caractéristiques précises de votre logement. Quand ce plafond est franchi, vous disposez de leviers concrets : signalement auprès de la Ville de Paris, saisine de la commission départementale de conciliation, puis action devant le juge des contentieux de la protection pour obtenir l’annulation du dépassement, un avenant au bail et le remboursement des sommes trop perçues. Deux décisions récentes rendues à Paris montrent que ces recours aboutissent, y compris pour des compléments de loyer de plusieurs centaines d’euros par mois. Cet article explique comment vérifier votre situation, dans quels délais agir et quelles preuves préparer, à Paris et en Île-de-France.

I. Vérifier si votre loyer parisien dépasse le plafond autorisé

A. Loyer de référence majoré : le plafond applicable à votre bail parisien

L’encadrement des loyers s’applique à Paris depuis le 1er juillet 2019, à l’initiative de la Ville, et il concerne tous les baux signés depuis cette date qui relèvent de la loi du 6 juillet 1989 : location de la résidence principale, vide ou meublée, colocation et bail mobilité, y compris lors du renouvellement du bail. Pour savoir si votre loyer respecte le dispositif, la première étape consiste à comparer le loyer de base inscrit dans votre bail, hors charges et hors complément de loyer, au loyer de référence majoré correspondant à votre logement. Ce loyer de référence majoré constitue le plafond légal : dans tous les cas, votre loyer ne doit pas dépasser le loyer plafond fixé annuellement par arrêté préfectoral en fonction des caractéristiques du logement. Les loyers de référence sont définis chaque année par arrêté préfectoral, en distinguant la location vide et la location meublée, la période de construction, le nombre de pièces et le secteur géographique parisien.

Votre bail doit mentionner le loyer de référence médian et le loyer de référence majoré applicables à la date de la signature, pour un logement décrit avec les mêmes caractéristiques. Vérifiez donc que les mentions de votre bail correspondent bien à votre situation réelle : un studio meublé construit avant 1946 dans le 18e arrondissement ne relève pas du même plafond qu’un trois-pièces vide construit après 1990 dans le 7e arrondissement. Si le bail ne mentionne aucun loyer de référence, ou si les montants indiqués vous semblent déconnectés de votre logement, ce premier indice mérite un contrôle. La Ville de Paris propose un simulateur qui guide le locataire pas à pas pour évaluer son loyer et déterminer si le plafond est dépassé. Ce contrôle préalable est indispensable avant toute démarche, car le signalement et l’action en justice supposent un dépassement établi chiffre à l’appui.

Le périmètre parisien du dispositif a été fixé par l’État : le décret du 12 avril 2019 délimite le territoire de la ville de Paris sur lequel l’encadrement des loyers est mis en place. Concrètement, tout logement parisien loué comme résidence principale sous le régime de la loi du 6 juillet 1989 entre dans le champ du contrôle, dès lors que le bail a été signé après le 1er juillet 2019. Les baux antérieurs à cette date ne sont pas concernés par le signalement. Si votre bail date de 2019 ou des années suivantes, conservez-le avec ses annexes, notamment le diagnostic de performance énergétique, car la classe énergétique du logement joue un rôle direct dans l’analyse du complément de loyer.

Un point de vigilance porte sur les arrêtés annuels eux-mêmes. Plusieurs recours formés par des représentants de bailleurs ont conduit le juge administratif à annuler certains arrêtés préfectoraux fixant les loyers de référence. Ces annulations ne remettent pas en cause le principe de l’encadrement, mais elles ont des conséquences pratiques : pour les périodes couvertes par les arrêtés relatifs aux années 2019-2020 et 2023-2024, les loyers peuvent être évalués, tandis que l’instruction d’un signalement se trouve suspendue dans l’attente d’une décision définitive du juge administratif. Pour l’arrêté couvrant la période 2020-2021, l’annulation est définitive et aucun signalement ne peut plus être déposé pour cette période. Avant de construire votre dossier, identifiez donc la période de signature de votre bail et le plafond applicable à cette date, afin de ne pas fonder votre demande sur un arrêté définitivement annulé.

B. Complément de loyer : ce que votre bailleur peut ajouter, et ses limites strictes

Lorsque le loyer de base respecte déjà le plafond, la loi autorise le bailleur à ajouter un complément de loyer, mais dans des conditions étroites. L’article 140 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique dispose : « Un complément de loyer peut être appliqué au loyer de base tel que fixé au A du présent III pour des logements présentant des caractéristiques de localisation ou de confort le justifiant, par comparaison avec les logements de la même catégorie situés dans le même secteur géographique. » (motifs du jugement du 26 février 2026 du juge des contentieux de la protection de Paris) Le texte ajoute : « Le montant du complément de loyer et les caractéristiques du logement le justifiant sont mentionnés au contrat de bail. » (mêmes motifs) Un complément qui ne figure pas au bail, ou qui y figure sans montant ni motifs détaillés, ne répond pas à cette exigence.

Le décret du 10 juin 2015 relatif aux modalités de mise en œuvre de l’encadrement précise les trois conditions cumulatives : « 1° Elles n’ont pas été prises en compte pour la détermination du loyer de référence correspondant au logement ; 2° Elles sont déterminantes pour la fixation du loyer, notamment par comparaison avec les logements de la même catégorie situés dans le même secteur géographique ; 3° Elles ne donnent pas lieu à récupération par le bailleur au titre des charges, ni à la contribution pour le partage des économies d’énergie pour les travaux réalisés par le bailleur ». Autrement dit, le complément doit récompenser un avantage rare et déterminant du logement, déjà exclu des critères du loyer de référence, et qui ne fait pas déjà payer le locataire par un autre canal.

Certaines situations excluent par principe tout complément. Aucun complément ne peut être exigé lorsque le logement présente des sanitaires sur le palier, des signes d’humidité sur certains murs, une classe énergétique F ou G au sens de l’article L. 173-1-1 du code de la construction et de l’habitation, des fenêtres laissant anormalement passer l’air hors grille de ventilation, un vis-à-vis à moins de dix mètres, des infiltrations ou inondations en provenance de l’extérieur, des problèmes d’évacuation d’eau au cours des trois derniers mois, une installation électrique dégradée ou une mauvaise exposition de la pièce principale. Si votre logement entre dans l’un de ces cas, le débat sur le montant du complément est clos avant même d’avoir commencé : le complément ne peut pas exister.

La pratique des tribunaux affine encore le contrôle. Les juges écartent comme motifs la décoration ou la luminosité du logement, la cuisine équipée, les placards de rangement, la proximité du RER ou du métro, les travaux de rénovation ou un petit balcon. À l’inverse, des décisions ont admis une grande terrasse, une vue directe exceptionnelle sur un monument, des équipements luxueux ou une hauteur sous plafond de plus de 3,3 mètres. Chaque motif s’apprécie par comparaison avec des logements similaires du même secteur géographique : un argument banal à Paris, comme la proximité des commerces et des transports, ne constitue pas une caractéristique rare. Surtout, la charge de la preuve pèse sur le bailleur : « En cas de contestation, il appartient au bailleur de démontrer que le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort le justifiant, par comparaison avec les logements de la même catégorie situés dans le même secteur géographique. » (mêmes motifs) C’est donc au propriétaire de justifier le supplément, pièces à l’appui, et non au locataire de démontrer qu’il ne le vaut pas.

II. Contester le dépassement et obtenir le remboursement du trop-perçu

A. Signalement à la Ville de Paris et conciliation : la voie amiable et administrative

Quand l’évaluation confirme un dépassement du plafond, deux chemins se combinent : le signalement administratif auprès de la Ville de Paris et la contestation juridique du loyer. Le signalement peut être déposé à tout moment, indépendamment d’une éventuelle action en justice. Depuis le 1er janvier 2023, c’est la Ville de Paris qui recueille les signalements de dépassement du loyer plafond effectués par les locataires, mission auparavant assurée par le préfet. Depuis le 15 janvier 2025, le dépôt du signalement suppose de disposer d’un compte Mon Paris. Une fois le dossier instruit, si le dépassement est confirmé, la Ville adresse au propriétaire une mise en demeure de régulariser : signer un avenant au bail avec le nouveau montant du loyer et rembourser les loyers trop perçus, calculés sur la base du montant mensuel du dépassement multiplié par le nombre de mois d’occupation du logement. Cette phase de mise en demeure ouvre un espace de négociation : bailleur et locataire fixent ensemble les modalités de l’avenant et du remboursement.

Si le propriétaire ne répond pas ou si sa réponse ne permet pas de revoir l’analyse, la Ville l’informe des sanctions encourues dans un second courrier, puis peut prononcer une amende administrative pouvant atteindre 5 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale, par logement concerné. La procédure de mise en demeure et le recouvrement des amendes ont été organisés par le décret du 13 mai 2019 relatif aux modalités d’application de la mise en demeure en cas de non-respect de l’encadrement et au recouvrement des amendes administratives. Retenez toutefois une limite essentielle : même après une amende, le bail reste à régulariser et les trop-perçus à verser, et seul le juge judiciaire peut contraindre juridiquement le propriétaire à modifier le bail et à reverser les sommes. Le signalement administratif fait pression et prépare le terrain, mais il ne remplace pas l’action en justice pour récupérer votre argent.

Parallèlement, la contestation du complément de loyer suit un circuit obligatoire : la commission départementale de conciliation. Le locataire qui souhaite contester le complément dispose d’un délai de trois mois à compter de la signature du bail pour saisir la commission prévue à l’article 20 de la loi du 6 juillet 1989, sauf pour le bail mobilité. Passé ce délai, aucune contestation du complément n’est plus possible, et le dépôt du dossier devant la commission est indispensable avant toute saisine du juge. La commission, créée par l’article 20 de la loi du 6 juillet 1989 et régie par le décret du 19 juillet 2001 relatif aux commissions départementales de conciliation, réunit à parts égales des représentants de bailleurs et de locataires. À Paris, la commission départementale de conciliation peut être saisie selon les modalités publiées par la direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement : préparez un dossier complet avec le bail, l’évaluation du dépassement, des photographies du logement et tout échange avec le bailleur.

La procédure devant la commission prend la forme d’une médiation en présence du locataire et du propriétaire, ou de leurs représentants. Chacun présente ses arguments sur les motifs du complément, et c’est au bailleur de démontrer et de justifier les caractéristiques invoquées. En cas d’accord, le document de conciliation doit mentionner clairement le montant du loyer hors charges conforme au plafond, ainsi que le montant et les motifs d’un éventuel complément maintenu, puis il est signé en séance. Prenez le temps de relire ce document avant de le signer : il fixe durablement votre loyer. En l’absence d’accord, la voie du tribunal s’ouvre, et le locataire dispose alors d’un délai de trois mois à compter de la réception de l’avis de la commission pour saisir le juge d’une demande en annulation ou en diminution du complément de loyer. Dans tous les cas, le loyer issu de la conciliation ou de la décision de justice s’applique à compter de la prise d’effet du bail, ce qui fonde le remboursement rétroactif des sommes versées en trop depuis l’entrée dans les lieux.

Pour un dépassement simple du loyer de base, sans complément de loyer, la démarche est comparable : après le signalement et la tentative de règlement amiable, le locataire demande l’actualisation du bail et le reversement des trop-perçus, d’abord devant la commission de conciliation, puis devant le juge des contentieux de la protection en l’absence d’accord. Le locataire dispose d’un délai maximum de trois ans à partir de la date de signature du bail pour agir en justice. Ce délai de trois ans court à compter de la signature, selon les informations publiées par la Ville de Paris : ne laissez donc pas le dossier s’enliser dans des échanges informels qui ne suspendent pas les délais. Chaque courrier compte, et chaque date de réception doit être conservée.

B. Juge des contentieux de la protection : annulation, remboursement et avenant

Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire est le juge naturel de ces litiges. À Paris, il siège au sein du pôle civil de proximité du tribunal judiciaire de Paris. Sa saisine suppose, pour le complément de loyer, le passage préalable par la commission de conciliation : la fin de non-recevoir tirée de l’absence de saisine préalable de la commission peut être soulevée d’office par le juge. Autrement dit, même si le bailleur ne soulève pas le moyen, le juge peut déclarer votre demande irrecevable si vous avez sauté l’étape de la conciliation. Respectez donc l’ordre des démarches : évaluation du dépassement, signalement à la Ville de Paris, saisine de la commission dans les trois mois de la signature pour le complément, puis saisine du juge dans les trois mois de l’avis de la commission ou dans le délai de trois ans depuis la signature pour l’action en diminution du loyer.

Deux décisions récentes illustrent concrètement ce que le juge peut ordonner. Dans un jugement du 26 février 2026, le juge des contentieux de la protection de Paris a statué sur un bail signé en septembre 2024 prévoyant un loyer de base de 1 037 euros et un complément de loyer de 303 euros, motivé par la proximité des transports et des commerces, le calme d’une rue en sens unique, le charme de l’ancien avec poutres apparentes, le double vitrage, la cuisine aménagée et équipée et une bonne disposition sans perte de place. Le locataire avait saisi la commission de conciliation en novembre 2024, puis assigné les bailleurs en mai 2025. Le tribunal a jugé que « M. et Mme [N] ne rapportent pas la preuve de caractéristiques techniques, de confort et de localisation justifiant un complément de loyer » et qu’« Il y a lieu dès lors d’annuler le complément de loyer depuis la prise d’effet du bail. » Le jugement annule le complément de loyer stipulé au contrat de bail, condamne les bailleurs à payer au locataire la somme de 4 818,68 euros en remboursement du complément versé depuis octobre 2024 et du montant inclus à ce titre dans le dépôt de garantie, et leur enjoint de soumettre au locataire un avenant prévoyant la suppression du complément, décision exécutoire de plein droit à titre provisoire, avec 1 200 euros au titre des frais irrépétibles et les dépens.

Plusieurs enseignements de ce jugement méritent votre attention pour préparer votre dossier. D’abord, la proximité du métro et des commerces constitue une caractéristique générale du marché parisien, déjà intégrée dans les loyers de référence par secteur : elle ne justifie aucun supplément. Ensuite, le charme de l’ancien, les poutres apparentes, la cuisine aménagée ou un plan optimisé sont des éléments courants qui ne présentent aucun caractère exceptionnel. Le double vitrage, qui tend à devenir un standard compte tenu des obligations de performance énergétique, ne constitue pas davantage une caractéristique déterminante. Surtout, le tribunal écarte l’argument favori de nombreux bailleurs, la comparaison avec les annonces du quartier : « Les annonces ou avis de location ne reflètent que des prix demandés, sans valeur normative, et ne peuvent en aucun cas se substituer aux loyers de référence légalement opposables. » (motifs du jugement du 26 février 2026) Si votre bailleur vous oppose des captures d’annonces pour justifier son prix, sachez que le juge leur dénie toute valeur normative face aux loyers de référence fixés par arrêté. Seul un avantage propre au logement, exceptionnel, déterminant et non pris en compte dans les loyers de référence peut fonder un complément.

La cour d’appel de Paris a confirmé cette sévérité dans un arrêt du 6 février 2025 concernant une colocation du 18e arrondissement : loyer de base de 1 890 euros, égal au plafond, et complément de loyer de 760 euros motivé par l’étage élevé avec vue dégagée, la cuisine aménagée haut de gamme, la salle de bains et la salle de douche, et une rénovation complète. La cour a confirmé l’annulation du complément et les restitutions : 5 320 euros de trop-perçu arrêtés au 13 avril 2022, auxquels s’ajoutent 3 040 euros pour les mois de mai à septembre 2022. La cour relève que le complément, qui représentait 40 % du loyer plafonné, avait pour unique finalité de maintenir un loyer total équivalent à celui payé par le précédent locataire avant l’encadrement. Cet arrêt confirme l’annulation du complément de 760 euros, condamne la bailleresse aux restitutions et juge que le courrier de congé signé le jour même du bail ne peut produire d’effet, avec remise d’une copie du protocole d’accord sous astreinte de 50 euros par jour. Si votre bailleur vous a fait signer, le jour de l’entrée dans les lieux, un congé anticipé ou une renonciation à vos droits, conservez ces documents : le juge les examine avec attention.

Cet arrêt tranche aussi une question de procédure capitale pour les locataires : la date de la saisine de la commission. Le bail avait été signé le 27 août 2021 et la lettre recommandée de saisine expédiée le 26 novembre 2021, reçue par la commission le 30 novembre, après l’expiration apparente du délai de trois mois. La cour a jugé que « la date à retenir comme étant celle de la saisine de la commission départementale de conciliation par lettre recommandée est celle de l’envoi de ladite lettre » (motifs de l’arrêt du 6 février 2025 de la cour d’appel de Paris), par analogie avec l’article L. 112-1 du code des relations entre le public et l’administration, selon lequel chacun peut satisfaire à une obligation de délai au moyen d’un envoi de correspondance, le cachet de la poste faisant foi. La cour rappelle que la commission est « une commission administrative, et non une juridiction », composée à parité de représentants de bailleurs et de locataires désignés par le préfet. Ajoutez à cela les règles de computation des délais du code de procédure civile : le délai qui expirerait un samedi, un dimanche ou un jour férié est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. En l’espèce, le 27 novembre 2021 étant un samedi, le délai expirait le lundi 29 novembre, et l’envoi du 26 novembre était dans les temps. Envoyez donc votre saisine en recommandé avant l’échéance, conservez la preuve de dépôt, et ne vous laissez pas opposer la seule date de réception.

L’arrêt précise enfin la portée de l’avis de la commission : cet avis ne lie pas le juge, qui peut au plus ne pas le prendre en considération, et les règles du procès civil, notamment le principe du contradictoire de l’article 16, ne s’appliquent pas à cette commission administrative. Concrètement, un avis défavorable ne vous prive pas de vos chances devant le tribunal, et un avis favorable constitue un appui sérieux mais non décisif. Dans les deux affaires parisiennes, les juges ont suivi l’avis de la commission qui estimait le complément injustifié, puis ont ordonné le remboursement euro par euro des sommes versées depuis la prise d’effet du bail, y compris la part du dépôt de garantie calculée sur le complément. Pour maximiser vos chances, constituez dès aujourd’hui un dossier de preuves : bail et avenants, quittances et relevés de paiement, évaluation du plafond applicable, photographies du logement montrant l’absence de caractéristiques exceptionnelles, échanges avec le bailleur, preuve de dépôt de la saisine de la commission et son avis. À Paris et en Île-de-France, l’ADIL 75 et les services de la Ville orientent les locataires dans ces démarches, et la conciliation parisienne comme le pôle civil de proximité du tribunal judiciaire de Paris traitent chaque année de nombreux dossiers de ce type.

Conclusion

À Paris, un loyer qui dépasse le plafond ou un complément de loyer sans caractéristique rare et déterminante ne sont pas une fatalité : l’évaluation chiffrée du dépassement, le signalement auprès de la Ville, la saisine de la commission de conciliation dans les trois mois de la signature, puis l’action devant le juge des contentieux de la protection dans les trois ans forment une chaîne de recours éprouvée, qui a déjà permis à des locataires parisiens de récupérer plusieurs milliers d’euros et de faire corriger leur bail par avenant. La charge de la preuve repose sur le bailleur, les annonces du quartier ne valent pas justification, et la date d’envoi de votre recommandé fait foi pour respecter les délais. Vérifiez votre plafond dès la signature, conservez chaque preuve de paiement et chaque courrier, et agissez avant l’expiration des délais : chaque mois qui passe sans contestation est un mois de trop-perçu définitivement versé.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».