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Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Airbnb à Paris : résidence principale, 90 jours maximum, décompte et sanctions

Cent vingt jours ou quatre-vingt-dix jours : combien de nuits par an pouvez-vous vraiment louer votre appartement parisien sur une plateforme de location de courte durée quand il s’agit de votre résidence principale ? La confusion vient du fait que deux règles se superposent. La loi fixe un plafond national de cent vingt jours, mais elle autorise les communes à l’abaisser jusqu’à quatre-vingt-dix jours, et Paris a retenu ce plafond réduit. La Ville de Paris l’indique sans détour sur sa page officielle consacrée aux meublés touristiques, qui présente la location de la résidence principale comme plafonnée à 90 jours par an Au-delà, la location change de nature juridique, les plateformes transmettent vos données d’activité à la commune, et l’amende civile peut atteindre 100 000 euros par local. Cet article explique comment le décompte fonctionne, quelles déclarations accomplir avant de publier la moindre annonce, quelles sanctions frappe la location sans autorisation à Paris et comment réagir en cas de contrôle, en s’appuyant sur les textes en vigueur et sur les arrêts qui les appliquent mot pour mot.

I. Airbnb et résidence principale à Paris : le plafond de 90 jours, le décompte et l’enregistrement

La résidence principale bénéficie du régime le plus simple de la location de courte durée : ni autorisation de changement d’usage, ni compensation. Encore faut-il qu’il s’agisse bien de votre résidence principale, que vous respectiez le plafond annuel parisien et que votre annonce porte le numéro d’enregistrement prévu par la loi. Chacun de ces trois points se vérifie, et chacun peut être contrôlé.

A. Les 90 jours parisiens : qui compte les nuits et comment la commune est informée

Le point de départ national figure au IV de l’article L. 324-1-1 du code du tourisme : « Toute personne qui offre à la location un meublé de tourisme qui est déclaré comme sa résidence principale ne peut le faire au-delà de cent vingt jours au cours d’une même année civile, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. » La même disposition ajoute aussitôt : « La commune peut, sur délibération motivée, abaisser le nombre maximal de jours de location mentionné au premier alinéa du présent IV, dans la limite de quatre-vingt-dix jours. » C’est ce second plafond qui s’applique à Paris, où la tension locative justifie la restriction la plus forte autorisée par la loi. Retenez donc que le compteur parisien s’arrête à quatre-vingt-dix nuits louées entre le 1er janvier et le 31 décembre, et que les trois motifs d’exception prévus par le texte, obligation professionnelle, raison de santé et cas de force majeure, s’interprètent strictement : un déplacement professionnel documenté, un traitement médical loin du domicile ou un événement imprévisible et irrésistible, jamais un simple souhait de compléter vos revenus.

Le décompte ne repose pas sur votre seule déclaration. Les plateformes qui servent d’intermédiaires à la mise en location transmettent vos données d’activité à un organisme public unique, et la loi organise la remontée vers la commune. L’article L. 324-2-1 du code du tourisme prévoit que la commune « est informée par l’organisme public unique lorsqu’un meublé déclaré comme résidence principale du loueur a été loué plus de cent vingt jours ou plus du nombre maximal de jours fixé conformément au deuxième alinéa du IV de l’article L. 324-1-1 au cours d’une même année civile ». À Paris, l’alerte se déclenche donc dès la quatre-vingt-onzième nuit. La commune peut en outre, de sa propre initiative, exiger vos comptes, et l’article L. 324-1-1 du code du tourisme l’y autorise : « La commune peut, jusqu’au 31 décembre de l’année suivant celle au cours de laquelle un meublé de tourisme a été mis en location, demander au loueur de lui transmettre le nombre de jours au cours desquels ce meublé a été loué, que celui-ci constitue ou non sa résidence principale. » Conservez par conséquent vos relevés de réservation, vos factures de plateforme et vos justificatifs d’occupation personnelle pendant au moins deux années civiles : en cas de demande de la Ville de Paris, vous devrez démontrer nuit par nuit que le plafond n’a pas été franchi.

Premier réflexe pratique : vérifiez que le logement déclaré comme résidence principale l’est bien au sens de la loi. L’article L. 324-1-1 du code du tourisme renvoie à la définition de l’article 2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, et il précise : « Si tel est le cas, le loueur en apporte la preuve dans sa déclaration. » Autrement dit, c’est à vous d’établir l’occupation à titre principal, par vos avis d’imposition, vos factures d’énergie, votre inscription sur les listes électorales ou tout document prouvant une occupation stable et effective. Une résidence secondaire déclarée à tort comme principale ne vous fait bénéficier d’aucune tolérance : elle relève du régime de l’autorisation de changement d’usage décrit dans la seconde partie, avec la compensation parisienne et les sanctions qui l’accompagnent. Les agents de la Ville comparent les déclarations, les consommations et les calendriers de réservation ; une occupation fictive se détecte vite et transforme un simple dépassement en location sans autorisation. Tenez dès aujourd’hui un tableau de suivi de vos nuits louées, mois par mois, avec le nom de la plateforme, les dates exactes d’arrivée et de départ, les montants encaissés et les références des versements. Capturez régulièrement vos calendriers de réservation et archivez les avis de voyageurs, car ces pièces datées prouvent l’usage réel du logement en cas de contestation sur le décompte. Rapprochez chaque trimestre votre compteur personnel des relevés transmis par les plateformes et corrigez immédiatement toute anomalie, annulation comptée comme séjour ou nuit reportée sur la mauvaise année civile, avant que la commune ne vous demande des comptes.

B. Enregistrement, numéro d’annonce et taxe de séjour : les formalités avant la première nuit

Même en résidence principale et très en dessous du plafond, aucune annonce ne peut être publiée sans enregistrement préalable. Toute personne qui offre un meublé de tourisme à la location, au sens de l’article L. 324-1-1 du code du tourisme, « procède préalablement en personne à une déclaration soumise à enregistrement auprès d’un téléservice national ». L’article L. 324-1-1 du code du tourisme précise la suite : « A la réception de la déclaration complète, le téléservice délivre sans délai un avis de réception électronique comprenant un numéro de déclaration ». Ce numéro doit figurer dans chaque annonce, sur toutes les plateformes, et la déclaration doit être mise à jour à chaque changement puis renouvelée à l’expiration du délai fixé par décret. Publier une annonce sans numéro, ou avec un numéro périmé, expose à une amende spécifique et signale immédiatement le logement aux contrôleurs, qui croisent les annonces en ligne avec le registre national.

Les plateformes ne sont pas des intermédiaires passifs : la loi leur impose un rôle de filtre. L’article L. 324-2-1 du code du tourisme dispose : « Toute personne qui se livre ou prête son concours contre rémunération ou à titre gratuit, par une activité d’entremise ou de négociation ou par la mise à disposition d’une plateforme numérique, à la mise en location d’un meublé de tourisme soumis à l’article L. 324-1-1 du présent code et aux articles L. 631-7 et suivants du code de la construction et de l’habitation informe le loueur des obligations de déclaration ou d’autorisation préalables prévues par ces articles et obtient de lui, préalablement à la publication ou à la mise en ligne de l’annonce de location, une déclaration sur l’honneur attestant du respect de ces obligations, indiquant si le logement constitue ou non sa résidence principale au sens de l’ article 2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 , ainsi que le numéro de déclaration, obtenu en application du III de l’article L. 324-1-1 du présent code. » Le même article ajoute : « Elle publie, dans toute annonce relative à ce meublé, ce numéro de déclaration. » Concrètement, une plateforme qui laisse en ligne une annonce parisienne sans numéro ou avec une fausse attestation manque à ses propres obligations et peut être sanctionnée, ce qui explique que les grandes plateformes bloquent désormais les calendriers au-delà du plafond déclaré. Ne comptez pas sur ce blocage automatique pour vous mettre en règle : le paramétrage reste déclaratif, l’erreur de saisie reste votre responsabilité, et le dépassement se constate sur vos données d’activité réelles, pas sur vos réglages de calendrier.

À Paris, la Ville détaille une procédure en quatre temps pour toute location de courte durée : obtenir l’autorisation requise, procéder au changement de destination le cas échéant, enregistrer le meublé en ligne pour obtenir immédiatement le numéro à mentionner sur les annonces, puis acquitter la taxe de séjour. Pour la résidence secondala Ville explique que le logement devient alors un hébergement hôtelier et que cette perte pour l’offre locative pérenne doit être compensée par la transformation en logement de locaux affectés à un autre usage, de type bureau ou commerce. Elle avertit que la location n’est possible qu’après la délivrance de l’ensemble des autorisations requises et que, contrairement à la location de la résidence principale, ces autorisations sont exigées dès le premier jour de location.. Pour votre résidence principale, la séquence est plus courte mais impérative : déclaration d’enregistrement complète et sincère, numéro repris sur chaque annonce, suivi du compteur de nuits, collecte et reversement de la taxe de séjour. La taxe de séjour se collecte auprès du voyageur et se reverse à la commune selon les tarifs votés par elle : oubliez ce reversement et vous cumulez un redressement fiscal à un dossier déjà fragile. Relisez enfin chacune de vos annonces comme le ferait un contrôleur : numéro de déclaration visible et valide, qualité de résidence principale correctement renseignée, calendrier cohérent avec vos déclarations. Toute modification, changement de coordonnées, de statut d’occupation ou de surfaces louées, impose de mettre à jour la déclaration nationale puis de renouveler l’enregistrement à son expiration, faute de quoi l’annonce devient irrégulière alors même que le plafond de nuits reste respecté.

II. Louer sans autorisation ou au-delà des 90 jours à Paris : amendes, retour à l’habitation et recours

Dès que le logement loué n’est pas votre résidence principale, ou dès que votre résidence principale dépasse les quatre-vingt-dix nuits parisiennes, vous basculez dans le régime du changement d’usage. La location répétée de courte durée à une clientèle de passage constitue alors, en elle-même, un changement d’usage soumis à autorisation, et la Cour de cassation l’a jugé en ces termes (Cass. 3e civ., 27 juin 2024, n° 23-13.131) : « Le fait de louer un local meublé destiné à l’habitation de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile constitue un changement d’usage au sens de ce texte. » La sanction ne dépend ni de votre bonne foi ni du montant des loyers encaissés : elle frappe le défaut d’autorisation.

A. Changement d’usage, compensation et amende jusqu’à 100 000 euros par local

Le principe figure à l’article L. 631-7 du code de la construction et de l’habitation, que Paris applique depuis longtemps, et la Cour de cassation le résume ainsi : « Selon le premier de ces textes, dans certaines communes, le changement d’usage des locaux destinés à l’habitation est soumis à autorisation préalable. » L’autorisation se demande au maire, et l’article L. 631-7-1 du même code dispose : « L’autorisation préalable au changement d’usage est délivrée par le maire de la commune dans laquelle est situé l’immeuble, après avis, à Paris, Marseille et Lyon, du maire d’arrondissement concerné. » L’autorisation peut être assortie d’une compensation, et le même article L. 631-7-1 ne laisse guère de place à l’improvisation : « Elle peut être subordonnée à une compensation sous la forme de la transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage. » À Paris, cela signifie concrètement acheter ou produire des surfaces de compensation, le plus souvent en transformant des bureaux ou des commerces en logements, pour une surface équivalente dans le même arrondissement ou selon les règles de sectorisation votées par le Conseil de Paris. Le titre obtenu contre compensation est attaché au local et non à la personne, ce qui le rend cessible avec le bien mais interdit de le réutiliser pour un autre logement. Pour les locations occasionnelles, le législateur a prévu un régime d’autorisation temporaire : « Une délibération du conseil municipal peut définir un régime d’autorisation temporaire de changement d’usage permettant à une personne physique ou à une personne morale de louer un local à usage d’habitation en tant que meublé de tourisme, au sens du I de l’article L. 324-1-1 du code du tourisme. » Renseignez-vous en mairie d’arrondissement sur les critères et quotas en vigueur avant tout investissement, car ces autorisations temporaires sont contingentées et délivrées pour une durée identique à tous les bénéficiaires.

Ce régime français a été validé au plus haut niveau européen. Saisie par la Cour de cassation, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que la soumission de ces locations à un régime d’autorisation préalable « est justifiée par une raison impérieuse d’intérêt général tenant à la lutte contre la pénurie de logements destinés à la location et proportionnée à l’objectif poursuivi, en ce que celui-ci ne peut pas être réalisé par une mesure moins contraignante, notamment parce qu’un contrôle a posteriori interviendrait trop tardivement pour avoir une efficacité réelle ». La troisième chambre civile a ensuite appliqué cette solution pour rejeter les contestations de principe dirigées contre le dispositif parisien (Cass. 3e civ., 18 février 2021, n° 19-11.462, publié au Bulletin). Contester l’amende en soutenant que le régime d’autorisation serait en lui-même contraire au droit européen est donc une voie fermée : vos moyens de défense doivent porter sur les faits, la procédure ou la qualification de votre situation, jamais sur la légitimité du système.

Les sanctions financières, elles, sont dissuasives par construction. L’article L. 651-2 du code de la construction et de l’habitation dispose : « Toute personne qui enfreint les dispositions des articles L. 631-7 ou L. 631-7-1 A ou qui ne se conforme pas aux conditions ou obligations imposées en application des mêmes articles L. 631-7 et L. 631-7-1 A est condamnée à une amende civile dont le montant ne peut excéder 100 000 € par local irrégulièrement transformé. » L’amende est prononcée par le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, sur assignation de la commune, et son produit est versé à la commune. Elle peut se doubler d’une injonction de remettre le local en état : le président du tribunal « ordonne le retour à l’usage d’habitation du local transformé sans autorisation, dans un délai qu’il fixe. » L’article L. 651-2 poursuit : « A l’expiration de celui-ci, il prononce une astreinte d’un montant maximal de 1 000 € par jour et par mètre carré utile du local irrégulièrement transformé ». Pour un studio de 25 mètres carrés, l’astreinte peut ainsi atteindre 25 000 euros par jour de retard. « Passé ce délai, l’administration peut procéder d’office, aux frais du contrevenant, à l’expulsion des occupants et à l’exécution des travaux nécessaires ». Ajoutez que le classement administratif de votre bien en meublé de tourisme ne vous protège en rien : la Cour de cassation a cassé un arrêt qui y voyait une dispense, jugeant « qu’une décision de classement en meublé de tourisme ne peut se substituer à l’autorisation de changement d’usage prévue à l’article L. 631-7 du code de la construction et de l’habitation » (Cass. 3e civ., 27 juin 2024, n° 23-13.131). Un logement classé quatre étoiles loué sans autorisation parisienne reste un local irrégulièrement transformé.

B. Contrôle de la Ville de Paris, régularisation et contestation de l’amende

Les contrôles parisiens suivent un schéma désormais rodé : repérage des annonces sans numéro ou avec un calendrier anormalement rempli, demande de décompte adressée au loueur, visite d’agents assermentés, puis assignation devant le tribunal judiciaire. Face à une demande de décompte, répondez dans le délai légal et de façon documentée, car le silence ou une réponse évasive alimente le dossier de la commune. Si le dépassement est avéré mais ponctuel, cessez immédiatement toute location, retirez les annonces et conservez la preuve de la cessation : le juge tient compte de la durée de l’infraction et de son caractère répété pour calibrer l’amende entre un euro symbolique et le plafond de 100 000 euros. Si le logement n’est pas votre résidence principale et que la location a vocation à durer, déposez sans attendre une demande d’autorisation de changement d’usage avec compensation, ou sollicitez le cas échéant une autorisation temporaire : la régularisation en cours de procédure n’efface pas l’infraction passée, mais elle démontre la fin du trouble et peut limiter l’astreinte, qui ne court qu’à l’expiration du délai fixé par le jugement. Le panorama complet des autorisations, de la compensation et du rôle de la copropriété est détaillé dans l’analyse du régime parisien du meublé touristique, utile pour préparer un dossier de régularisation cohérent.

La contestation, elle, se joue sur des moyens précis et vérifiables. Premier moyen : la qualification des lieux. Si le local n’était pas à usage d’habitation à la période de référence, ou si les locations n’étaient ni répétées ni de courte durée ni destinées à une clientèle de passage, le changement d’usage n’est pas caractérisé, et l’amende tombe avec lui. Deuxième moyen : la résidence principale effective. Si vous établissez par des pièces concordantes que le logement constituait bien votre résidence principale et que le compteur annuel parisien n’a pas été dépassé, ni l’autorisation ni l’amende ne sont encourues, sous réserve des exceptions légales dûment justifiées. Troisième moyen : l’erreur de décompte. Les données transmises par les plateformes peuvent comporter des doublons, des annulations comptées comme des séjours ou des nuits hors année civile ; exigez le détail individualisé et rapprochez-le de vos propres relevés bancaires et calendriers. Quatrième moyen : l’autorisation obtenue ou en cours d’instruction, le titre attaché au local en cas de compensation, ou l’autorisation temporaire couvrant la période poursuivie. Cinquième moyen, procédural : la régularité de l’assignation, la compétence du tribunal du lieu de situation de l’immeuble et le respect du contradictoire devant le juge statuant selon la procédure accélérée au fond. Chaque moyen doit être soulevé avec ses pièces : attestation d’enregistrement, numéro de déclaration, relevés de la plateforme, justificatifs de domicile, arrêté d’autorisation ou récépissé de dépôt, délibérations applicables. Un dossier de contestation crédible se construit dès la réception du premier courrier de la Ville, pas à la veille de l’audience. Dès l’assignation reçue, faites dater chaque étape, provisionnez le montant de l’amende encourue pour mesurer l’enjeu réel, et vérifiez si votre assurance de protection juridique ou votre assurance multirisque habitation comporte une garantie défense et recours utilisable devant le tribunal judiciaire. Présentez-vous à l’audience avec un jeu de pièces classé dans l’ordre chronologique, un décompte contradictoire des nuits reprochées et, lorsque la régularisation est envisageable, la preuve du dépôt de la demande d’autorisation : un juge constate l’arrêt du trouble plus facilement devant un dossier qui démontre, pièces à l’appui, que l’infraction appartient au passé.

Conclusion

À Paris, la location de courte durée de votre résidence principale s’arrête à quatre-vingt-dix nuits par an, se déclare avant la première annonce et se prouve nuit par nuit grâce à un enregistrement complet et à des relevés conservés. Tout le reste, résidence secondaire, investissement locatif saisonnier ou dépassement du compteur, relève de l’autorisation de changement d’usage avec compensation, sous peine d’une amende civile pouvant atteindre 100 000 euros par local, d’une astreinte journalière proportionnée à la surface et d’un retour forcé à l’habitation. Les juridictions appliquent ce dispositif sans hésitation et la Cour de cassation a écarté les contestations de principe fondées sur le droit européen, comme elle a refusé d’assimiler le classement en meublé de tourisme à une autorisation. Propriétaires parisiens, tenez un décompte rigoureux, mentionnez votre numéro sur chaque annonce, et sollicitez l’autorisation avant de louer plutôt que l’indulgence après un contrôle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».