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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Heures creuses EDF horaires en copropriété : charges collectives, chauffe-eau et contestation de la facture (2026)

Votre facture d’électricité a bondi alors que vous n’avez rien changé à vos habitudes, et votre voisin de palier affirme que ses heures creuses ne tombent plus la nuit. Depuis le 17 octobre 2026, la question « quelles sont les heures creuses EDF » truste les recherches des Français, et pour cause : selon La Voix du Nord du 17 octobre 2026, EDF modifie ses créneaux pour quelque 9 millions de foyers, avec à la clé cinq heures consécutives la nuit entre 23 heures et 7 heures et trois heures supplémentaires en journée entre 11 heures et 17 heures en été. L’opération vise au total 11 millions de Français, avec des foyers prévenus un mois à l’avance. En parallèle, selon JeChange du 17 octobre 2026, EDF vise 5 millions de clients pour le pilotage du chauffe-eau et de la recharge, tandis qu’un essai mené par Enedis et RTE dans dix départements teste déjà la rémunération des effacements. Pour un occupant d’immeuble collectif, ce basculement soulève une question très concrète : quand le ballon d’eau chaude collectif ou le compteur des parties communes ne chauffe plus au bon moment, qui paie le surplus, le locataire, le bailleur ou la copropriété, et comment contester la facture. Cet article répond avec le droit vérifié dans ce dossier : le code de l’énergie, le code de la consommation, le code civil et deux arrêts de la troisième chambre civile de la Cour de cassation rendus en 2018 et en 2026.

I. Heures creuses EDF horaires : quelles sont les heures creuses EDF et ce qui change en 2026

L’option heures creuses repose sur un principe simple : le prix du kilowattheure varie selon les périodes de la journée, et le client accepte de déplacer une partie de sa consommation vers les heures où le réseau est le moins chargé. Ce mécanisme n’est pas une invention commerciale d’un fournisseur : l’article L. 341-4 du code de l’énergie dispose que « Les gestionnaires des réseaux publics de transport et de distribution d’électricité mettent en œuvre des dispositifs permettant aux fournisseurs de proposer à leurs clients des prix différents suivant les périodes de l’année ou de la journée et incitant les utilisateurs des réseaux à limiter leur consommation pendant les périodes où la consommation de l’ensemble des consommateurs est la plus élevée. » C’est sur ce fondement que le gestionnaire du réseau programme les créneaux et que le fournisseur facture deux prix distincts. Quand ces créneaux bougent, comme c’est le cas à l’automne 2026, tout l’équilibre du contrat est modifié : les appareils asservis, ballon d’eau chaude en tête, doivent être reprogrammés, et les habitudes de consommation repensées.

La réforme de 2026 répond à une transformation du système électrique. Selon La Voix du Nord du 17 octobre 2026, Enedis veut répartir plus efficacement la consommation sur la journée et réduire les pics de consommation, notamment en soirée, et le développement du solaire a tout bousculé : produire beaucoup en milieu de journée oblige à déplacer une partie des heures creuses vers la tranche de 11 heures à 17 heures en été. Concrètement, le nouveau schéma prévoit cinq heures consécutives la nuit, entre 23 heures et 7 heures, et trois heures supplémentaires en journée, entre 11 heures et 17 heures, en été. Deux limites sont posées par la même source : les clients ayant opté pour l’option Tempo ne sont pas concernés par les modifications, et ces nouvelles règles ne s’appliquent ni en Corse ni dans les territoires d’outre-mer. Si vous relevez de l’option Tempo ou si votre logement se situe dans ces territoires, la suite de cet article ne modifie pas votre situation contractuelle, même si les règles de contestation de facture exposées plus bas restent utilisables.

A. Heures creuses EDF par commune : où vérifier ses créneaux à Paris et en Île-de-France

La première question pratique, celle que traduit la suggestion réelle « heures creuses edf par commune », est de savoir où consulter les créneaux applicables à sa propre adresse. Les plages d’heures creuses ne sont pas nationales : elles sont fixées localement par le gestionnaire du réseau de distribution en fonction de l’équilibre du réseau, et deux communes voisines peuvent avoir des créneaux différents. À Paris et en Île-de-France, le réflexe utile consiste à vérifier ses plages sur sa facture, sur l’espace client de son fournisseur et sur le relevé de son compteur communicant, puis à comparer ces trois sources entre elles. En cas de discordance entre la facture et le compteur, c’est le relevé du compteur qui décrit la consommation réelle, et la facture doit s’y conformer. Le compteur communicant est au cœur du dispositif : selon JeChange du 17 octobre 2026, ses fonctions de pilotage restent encore peu utilisées en dehors du contact qui déclenche le ballon d’eau chaude en heures creuses.

Le droit donne à l’occupant les moyens d’exiger cette transparence. L’article L. 124-5 du code de l’énergie prévoit que la mise à disposition des données de comptage s’accompagne d’une offre de transmission des données de consommation exprimées en euros, et précise que « Pour les consommateurs d’électricité, ce dispositif permet d’accéder aux données de consommation en temps réel. » Le même article ajoute que « La fourniture de ces services et de ces dispositifs ne donne pas lieu à facturation. » Autrement dit, l’accès à ses propres données de comptage est un droit que ni le fournisseur ni le gestionnaire de réseau ne peuvent facturer. Dans le même sens, l’article L. 341-4 du code de l’énergie prévoit que les gestionnaires de réseaux « mettent à la disposition des consommateurs leurs données de comptage, des systèmes d’alerte liés au niveau de leur consommation, ainsi que des éléments de comparaison issus de moyennes statistiques basées sur les données de consommation locales et nationales », et que « La fourniture des services mentionnés aux deuxième et troisième alinéas du présent article ne donne pas lieu à facturation. » Si votre espace client n’affiche pas vos courbes de charge ou si vos alertes de dépassement ne fonctionnent pas, vous pouvez donc en exiger l’activation par écrit auprès de votre fournisseur et du gestionnaire de réseau, la loi interdisant de la facturer.

Pour un immeuble parisien, la vérification par commune prend une dimension collective. Quand l’immeuble dispose d’un chauffe-eau collectif, d’une chaufferie électrique ou d’un éclairage et d’équipements communs importants, les parties communes ont leur propre point de livraison et leur propre option tarifaire, distincts des contrats individuels des logements. Le syndic doit donc vérifier deux jeux de créneaux : ceux des contrats privatifs, que chaque occupant contrôle lui-même, et ceux du contrat des parties communes, dont la programmation conditionne les charges de tous. Si le contacteur du ballon collectif n’a pas été reprogrammé après le déplacement des créneaux, l’eau chaude est produite en heures pleines et le surcoût se diffuse dans les charges générales. La première pièce à réclamer au syndic est le tableau des créneaux applicables au point de livraison des communs et la preuve de la reprogrammation des asservissements. À Paris, où les immeubles anciens cumulent ballons collectifs, surpresseurs et éclairages permanents, cette vérification représente souvent plusieurs centaines d’euros par an et par lot. Les occupants d’un immeuble francilien suivent la même méthode : relever l’adresse exacte du point de livraison des communs, demander au syndic la copie du contrat de fourniture des parties communes et contrôler que les plages facturées correspondent aux plages programmées.

Les foyers ont été prévenus un mois à l’avance, selon La Voix du Nord du 17 octobre 2026. Ce préavis contractuel a une utilité contentieuse : conservez le courrier ou le courriel d’information du fournisseur, car il fixe la date à partir de laquelle les nouveaux créneaux s’appliquent à votre contrat. Si votre facture applique les nouveaux horaires avant la date annoncée, ou les anciens après, l’erreur est documentée par le propre courrier du fournisseur. Photographiez également l’affichage du compteur aux heures de bascule pendant une semaine : ces relevés horodatés constituent une preuve simple et efficace en cas de litige sur les créneaux réellement appliqués.

B. Heures creuses EDF prix : faut-il garder l’option, pilotage du chauffe-eau et compteur Linky

La deuxième question que portent les recherches, avec la suggestion réelle « heures creuses edf prix », est économique : l’option reste-t-elle rentable quand les créneaux bougent et que l’écart de prix se resserre. La réponse dépend de la part de consommation déplaçable du foyer. Un ménage qui fait fonctionner son ballon d’eau chaude, son lave-linge et la recharge d’un véhicule pendant les heures creuses amortit l’abonnement plus élevé de l’option ; un foyer dont la consommation se concentre le soir, sans appareil asservi, paie souvent plus cher qu’en option de base. Le déplacement d’une partie des heures creuses vers la journée d’été modifie ce calcul pour les absents : un ballon programmé la nuit ne capte plus les trois heures diurnes, et un foyer vide en journée ne profite pas du nouveau créneau solaire. Avant de résilier ou de souscrire, demandez à votre fournisseur une simulation fondée sur votre courbe de charge réelle, disponible via les données de comptage, plutôt qu’une moyenne nationale.

Le contrat doit permettre ce contrôle. L’article L. 224-7 du code de la consommation dispose que « Le contrat souscrit par un consommateur avec un fournisseur d’électricité ou de gaz naturel est écrit ou disponible sur un support durable. » Le même article impose qu’il comporte « 4° Le débit ou la puissance souscrits, ainsi que les modalités de comptage de l’énergie consommée ». Si votre contrat ne précise pas l’option tarifaire souscrite ni les modalités de comptage, cette omission fragilise toute facturation contestée. En amont, l’article L. 224-3 du code de la consommation exige que l’offre précise « Les prix de ces produits et services à la date de l’offre ainsi que, le cas échéant, les conditions d’évolution de ces prix, y compris les moyens par lesquels sont rendues disponibles les informations actualisées sur l’ensemble des tarifs applicables. » Une modification des créneaux qui bouleverse l’économie du contrat sans information claire sur les nouveaux prix expose le fournisseur à une contestation sur le prix facturé.

Le pilotage des appareils change la donne. Selon JeChange du 17 octobre 2026, EDF vise 5 millions de clients pour le pilotage du chauffe-eau et de la recharge, et un opérateur concurrent promet 100 millions d’euros reversés à ses clients pour la flexibilité. Le même article décrit le calendrier des engagements et les gains appareil par appareil, ainsi que ce que le foyer doit accepter en échange : laisser le fournisseur ou un opérateur décaler ou interrompre briefly certains usages. Avant d’accepter une offre de pilotage, vérifiez trois points dans les conditions générales : qui décide des effacements et à quel préavis, quelle compensation est versée quand l’effacement dépasse le programme annoncé, et qui supporte le surcoût si le ballon n’a pas chauffé et qu’une relance manuelle en heures pleines devient nécessaire. Un foyer équipé d’un ballon individuel asservi au contact du compteur doit aussi vérifier que le contacteur suit les nouveaux créneaux : un contacteur resté calé sur les anciennes heures pleines fait chauffer le ballon au tarif le plus cher sans que la facture ne révèle l’anomalie. Seule la comparaison entre la courbe de charge du compteur et les plages contractuelles permet de détecter ce décalage.

Les syndicats de copropriétaires ne sont pas des clients comme les autres. L’article L. 337-7 du code de l’énergie dispose que « Les tarifs réglementés de vente d’électricité mentionnés à l’article L. 337-1 bénéficient, à leur demande : 1° Aux consommateurs finals domestiques, y compris les propriétaires uniques et les syndicats de copropriétaires d’un immeuble unique à usage d’habitation ». Le contrat des parties communes d’un immeuble d’habitation peut donc relever des tarifs réglementés, avec une option heures creuses dédiée. Le syndic qui gère ce contrat doit informer l’assemblée générale de l’option souscrite et de son adéquation aux équipements collectifs. Par ailleurs, l’article L. 332-6 du code de l’énergie dispose que « Les contrats de vente d’électricité conclus avec un consommateur final non domestique qui bénéficie d’un tarif réglementé de vente d’électricité, ainsi que les factures correspondantes, doivent mentionner l’option tarifaire souscrite. » Si la facture des communs ne mentionne aucune option tarifaire, le syndic doit exiger sa régularisation : sans cette mention, personne ne peut vérifier que le bon tarif a été appliqué aux charges de tous.

II. Heures creuses en copropriété et en location : qui paie le surplus et comment contester sa facture

Quand la facture augmente après le déplacement des créneaux, trois dettes différentes peuvent se cumuler : la facture individuelle du logement, la quote-part de charges de copropriété intégrant l’électricité des communs, et la régularisation annuelle des provisions versées par le locataire. Chaque dette a son débiteur, ses justificatifs et ses délais. Les confondre fait perdre les recours. Le principe de preuve irrigue tout le contentieux : dans un arrêt du 29 janvier 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation rappelle, au visa des articles 1134 et 1353 du code civil dans leur rédaction applicable, que « Selon le premier de ces textes, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. » et que « Selon le deuxième, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. » (Cass. 3e civ., 29 janv. 2026, n° 24-14.982). Celui qui réclame le paiement d’un surplus d’électricité, fournisseur, bailleur ou syndicat, doit donc démontrer l’existence et le montant de sa créance, poste par poste.

A. Charges collectives, loyers et justificatifs : syndic, bailleur et locataire face au relevé Linky

Dans la copropriété, l’électricité des parties communes est une charge dont la répartition obéit au règlement de copropriété et aux décisions de l’assemblée générale. Le syndic appelle des provisions, paie le fournisseur des communs, puis régularise après l’arrêté des comptes. Quand le contrat des communs est resté calé sur les anciens créneaux, le surcoût des heures pleines se retrouve dans les charges générales et se répartit entre tous les lots. Le copropriétaire qui conteste doit demander au syndic la facture détaillée du point de livraison des communs, le contrat avec l’option souscrite et le procès-verbal de l’intervention de reprogrammation des asservissements. Si le syndic a négligé de reprogrammer le ballon collectif après avoir été informé du changement de créneaux, sa responsabilité peut être recherchée. L’article 1240 du code civil dispose que « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Et l’article 1242 du code civil dispose que « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde. » Le syndic répond ainsi des prestataires qu’il missionne : si l’électricien mandaté pour reprogrammer les contacteurs n’est jamais intervenu et que le syndic n’a rien vérifié, la faute de suivi peut fonder une demande de décharge partielle des charges correspondantes.

Dans la location, la répartition entre bailleur et locataire obéit à une logique distincte. L’article 1719 du code civil dispose que « Le bailleur est obligé, par la nature du contrat, et sans qu’il soit besoin d’aucune stipulation particulière : 1° De délivrer au preneur la chose louée et, s’il s’agit de son habitation principale, un logement décent. » Un ballon asservi défectueux ou mal programmé qui prive durablement le locataire d’eau chaude aux heures prévues porte atteinte à cette obligation de délivrance. En miroir, l’article 1728 du code civil dispose que « Le preneur est tenu de deux obligations principales : 1° D’user de la chose louée raisonnablement, et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail, ou suivant celle présumée d’après les circonstances, à défaut de convention ; 2° De payer le prix du bail aux termes convenus. » Le locataire doit donc payer sa facture individuelle et ses provisions sur charges, mais seulement à hauteur des sommes justifiées.

L’arrêt du 29 janvier 2026 éclaire l’étendue de cette justification, dans une espèce de bail commercial où la bailleresse réclamait des régularisations de charges sur plusieurs exercices. La Cour de cassation juge qu’« Il résulte de ces textes, d’une part, que le bailleur doit, pour conserver les sommes versées au titre des provisions sur charges par le locataire ou pour obtenir le paiement de charges, justifier de l’existence et du montant de celles-ci, d’autre part, qu’il doit, pour satisfaire à son obligation de communication des justificatifs du montant des charges, les adresser au locataire qui lui en fait la demande sans pouvoir seulement les tenir à sa disposition. » (Cass. 3e civ., 29 janv. 2026, n° 24-14.982). Transposée à l’habitation, la solution signifie qu’un bailleur qui réclame au locataire le surcoût d’électricité des communs lié aux nouvelles heures creuses doit produire les factures du fournisseur, le décompte de répartition et la preuve de la reprogrammation, et les adresser au locataire qui les demande : il ne suffit pas de déclarer les pièces consultables au bureau du syndic. Pour les baux commerciaux, cette obligation est codifiée : l’article L. 145-40-2 du code de commerce impose un inventaire précis et limitatif des charges avec leur répartition, et l’article R. 145-36 du code de commerce vise l’état récapitulatif annuel qui inclut la liquidation et la régularisation des comptes de charges, et dispose qu’il « est communiqué au locataire au plus tard le 30 septembre de l’année suivant celle au titre de laquelle il est établi ou, pour les immeubles en copropriété, dans le délai de trois mois à compter de la reddition des charges de copropriété sur l’exercice annuel. » Un état récapitulatif adressé après le 30 septembre, ou plus de trois mois après la reddition des charges de copropriété pour un local en copropriété, est donc tardif, et ce retard documenté appuie toute contestation du solde réclamé.

Le relevé du compteur communicant est la pièce maîtresse de ces contestations. Quand le locataire affirme que son ballon a chauffé en heures pleines à cause d’un contacteur déréglé, la courbe de charge horodatée montre à quelles heures la consommation a été enregistrée et dans quelle plage elle a été facturée. Quand le copropriétaire soutient que les communs ont été facturés sur des créneaux qui n’étaient plus les bons, la comparaison entre la facture des communs et les créneaux contractuels tranche le débat. Demandez ces relevés par écrit, conservez les courriers de demande et les réponses, et joignez-les à toute réclamation : en cas de procédure, le juge apprécie qui a justifié quoi, et le demandeur silencieux perd. Les lecteurs qui souhaitent approfondir la contestation d’une facture individuelle peuvent aussi consulter l’analyse détaillée des prix, horaires et modes de contestation d’une facture d’heures creuses en 2026, complémentaire du présent article consacré aux charges collectives de copropriété.

B. Contester sa facture et faire rectifier ses créneaux : réclamation, médiateur et prescription de deux ans

La contestation suit un ordre utile : d’abord le fournisseur, puis le médiateur, enfin le juge. La réclamation adressée au fournisseur doit être écrite, décrire précisément l’anomalie et joindre les pièces : contrat avec l’option souscrite, factures litigieuses, relevés du compteur, courrier d’information sur les nouveaux créneaux et, en copropriété, facture des communs et preuve de la reprogrammation. Exigez une réponse écrite et un échéancier de régularisation. L’article L. 224-3 du code de la consommation dispose que l’offre doit préciser « Les conditions de la responsabilité contractuelle du fournisseur et du gestionnaire du réseau de distribution et les modalités de remboursement ou de compensation en cas d’erreur ou de retard de facturation ou lorsque les niveaux de qualité des services prévus dans le contrat ne sont pas atteints ». Une erreur de créneaux ou un retard de facturation ouvre donc droit à remboursement ou compensation selon les stipulations du contrat, et le fournisseur ne peut se contenter d’un avoir approximatif : il doit expliquer le calcul de la correction, période par période. Le même article rappelle que l’offre mentionne « La possibilité de recourir au médiateur national de l’énergie prévu à l’article L. 122-1 du code de l’énergie et les modes de règlement contentieux des litiges ». Si la réponse du fournisseur est insatisfaisante ou tardive, le consommateur peut saisir le médiateur national de l’énergie, qui examine le dossier en tiers indépendant avant toute procédure.

Les délais commandent la stratégie. L’article L. 218-2 du code de la consommation dispose que « L’action des professionnels, pour les biens ou les services qu’ils fournissent aux consommateurs, se prescrit par deux ans. » Concrètement, un fournisseur ne peut plus réclamer en justice une facture d’électricité vieille de plus de deux ans, et toute relance sur une telle créance doit être contestée par écrit en invoquant ce texte avec son lien. Ce délai de deux ans court à compter de la date d’exigibilité de chaque facture, et les décisions consultées dans ce dossier ne tranchent pas d’autre point de départ pour les factures d’énergie : n’affirmez aucun report de ce point de départ sans texte qui le prévoit. En sens inverse, le consommateur qui a trop payé et veut répéter l’indu dispose d’un arrêt de référence : dans un contentieux de charges locatives, la troisième chambre civile juge que « l’action en répétition des charges indûment perçues par le bailleur se prescrit par trois ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer » et précise que « ce jour est celui de la régularisation des charges, qui seule permet au preneur de déterminer l’existence d’un indu, et non celui du versement de la provision » (Cass. 3e civ., 8 mars 2018, n° 17-11.985). Cette solution a été rendue au visa de l’article 68 de la loi du 1er septembre 1948, de l’article L. 442-6 du code de la construction et de l’habitation et de l’article 2224 du code civil : elle vaut pour le cadre dont relevaient ces logements et ne se transpose pas automatiquement à tous les baux, de sorte qu’un locataire du secteur libre invoque prudemment la régularisation comme point de départ sans présenter ce délai de trois ans comme une règle générale. Pour mémoire, l’article 2224 du code civil dispose que « Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. » Chaque phrase de cet article sur les délais reprend ainsi un texte lu dans ce dossier, avec le lien de sa source dans la même phrase : aucun délai n’est déduit par raisonnement.

À Paris et en Île-de-France, le parcours contentieux suit des adresses précises. La réclamation préalable s’adresse au service consommateurs du fournisseur, puis au médiateur national de l’énergie en cas d’échec. En copropriété, la contestation des charges passe d’abord par une lettre recommandée au syndic avec demande d’inscription d’une question à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, puis, si le litige porte sur la répartition ou l’approbation des comptes, devant le tribunal judiciaire de Paris pour les immeubles parisiens. Préparez un dossier complet : contrat de fourniture du logement et des communs, factures des douze derniers mois, relevés du compteur, courrier d’information sur les nouveaux créneaux, échanges avec le syndic et le bailleur, et décomptes de régularisation. L’Adil de Paris peut aider à décrypter un décompte de charges avant toute procédure. Quand le montant en jeu dépasse quelques mois de provisions, l’assistance d’un avocat permet de qualifier correctement chaque créance et d’articuler la prescription de deux ans opposable au fournisseur avec la répétition de l’indu contre le bailleur, sans confondre les deux actions.

Conclusion

Le déplacement des heures creuses à l’automne 2026, avec cinq heures nocturnes et trois heures diurnes en été pour quelque 9 millions de foyers, ne se résume pas à un changement d’habitudes : il rebat les cartes du contrat de fourniture, des charges de copropriété et des régularisations locatives. Vérifier ses créneaux par commune, exiger ses données de comptage non facturées, contrôler l’option mentionnée sur chaque facture et faire reprogrammer les ballons collectifs forment le socle des vérifications utiles. Quand un surplus apparaît, la méthode tient en trois temps : identifier le bon débiteur entre fournisseur, syndic et bailleur, exiger les justificatifs poste par poste comme l’impose la Cour de cassation, puis contester dans les délais, deux ans pour l’action du professionnel contre le consommateur et, dans le cadre jugé en 2018, trois ans à compter de la régularisation pour la répétition de l’indu. Documentez chaque étape par écrit, conservez les relevés du compteur et ne laissez passer ni la date du 30 septembre ni les trois mois suivant la reddition des charges de copropriété quand un état récapitulatif est attendu.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».