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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Facturation électronique obligatoire depuis le 1er septembre 2026 : amende de 50 euros par facture, mise en demeure et comment contester

Depuis le 1er septembre 2026, votre société doit être capable de recevoir des factures électroniques. Si vous dirigez une grande entreprise ou une entreprise de taille intermédiaire, vous devez aussi émettre toutes vos factures au format électronique et transmettre vos données de transaction à l’administration. Les petites entreprises suivront le 1er septembre 2027 pour l’émission. Dans le même temps, la loi de finances pour 2026 a relevé l’amende fiscale de 15 à 50 euros par facture non conforme. Le ministre a promis une phase de démarrage placée sous le signe de la tolérance et de l’accompagnement, mais les mises en demeure pour défaut de réception sont déjà prévues par les textes, avec une amende de 500 euros puis de 1 000 euros. Pour une SARL ou une SAS parisienne qui facture chaque mois plusieurs centaines de clients, l’enjeu est direct : trésorerie bloquée par des factures rejetées, TVA dont la déduction est discutée, pénalités qui s’accumulent. Cet article expose le nouveau circuit obligatoire, les sanctions exactes et les recours concrets : régulariser votre plateforme, répondre à une mise en demeure, contester une amende ou récupérer une TVA perdue.

I. Quelles sociétés doivent facturer en électronique depuis le 1er septembre 2026 et par quel circuit

A. Recevoir pour toutes les sociétés, émettre pour les grandes entreprises et les ETI : le calendrier qui s’applique à votre SARL et à votre SAS

La réforme de la facturation électronique entre entreprises est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Selon la présentation officielle du ministère de l’économie, les entreprises ont désormais l’obligation de recevoir des factures électroniques quelle que soit leur taille, tandis que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent émettre des factures électroniques et transmettre les données de transaction et de paiement à l’administration. Le calendrier se décline ensuite sans ambiguïté : au 1er septembre 2026, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises ainsi que les entreprises de taille intermédiaire doivent émettre l’intégralité de leurs factures au format électronique avec transmission de leurs données de e-reporting ; au 1er septembre 2027, les petites et micro-entreprises devront à leur tour émettre électroniquement leurs factures et transmettre leurs données de e-reporting.

Le fondement fiscal tient en deux articles du article 289 du code général des impôts. Ce texte pose d’abord l’obligation générale de facturation : tout assujetti est tenu de s’assurer qu’une facture est émise pour les livraisons de biens et les prestations de services effectuées pour un autre assujetti. Il impose aussi de conserver un double de toutes les factures émises et d’assurer, depuis l’émission jusqu’à la fin de la conservation, l’authenticité de l’origine, l’intégrité du contenu et la lisibilité de chaque facture. C’est ce socle qui rend la facture opposable à l’administration et au client, avant même le passage au format électronique.

Le basculement électronique résulte de l’article 289 bis du code général des impôts, qui dispose : « l’émission, la transmission et la réception des factures relatives aux opérations mentionnées aux a et d du 1 du I dudit article 289 ainsi qu’aux acomptes s’y rapportant s’opèrent sous une forme électronique, selon des normes de facturation électronique définies par arrêté du ministre chargé du budget, lorsque l’émetteur de la facture et son destinataire sont des assujettis qui sont établis ou ont leur domicile ou leur résidence habituelle en France. » Le même article ajoute la règle opérationnelle : « L’émission, la transmission et la réception des factures électroniques s’effectuent en recourant à une plateforme agréée. » Autrement dit, un simple PDF envoyé par courriel ne satisfait plus l’obligation pour les opérations internes entre assujettis établis en France : la facture doit circuler dans un format structuré normé, via une plateforme immatriculée par l’administration.

En pratique, vérifiez trois points dès maintenant. D’abord, votre catégorie : si votre société dépasse les seuils de la grande entreprise ou de l’entreprise de taille intermédiaire, l’obligation d’émission pèse sur vous depuis le 1er septembre 2026 ; dans le cas contraire, vous devez au minimum recevoir, et vous avez jusqu’au 1er septembre 2027 pour émettre. Ensuite, votre outil : désignez votre plateforme agréée, ou vérifiez que votre logiciel de facturation est compatible avec une plateforme agréée, et mettez à jour votre annuaire d’adressage pour que vos fournisseurs trouvent votre point de réception. Enfin, vos mentions : le passage au structuré ne supprime aucune mention obligatoire ; une facture incomplète reste sanctionnée même si elle transite par la bonne plateforme. Les sociétés qui avaient l’habitude du PDF doivent donc traiter la réforme comme un chantier de conformité, pas comme un simple changement de canal d’envoi.

Le droit commercial confirme que la facturation n’est pas une option. L’article L441-9 du code de commerce énonce : « Tout achat de produits ou toute prestation de service pour une activité professionnelle fait l’objet d’une facturation. » Il précise que le vendeur délivre la facture dès la réalisation de la livraison ou de la prestation et que « L’acheteur est tenu de la réclamer. » Votre client professionnel qui refuse de se connecter à une plateforme ne peut donc pas exiger durablement du papier ou du PDF simple : il doit organiser sa réception électronique, et vous devez émettre dans le circuit imposé quand vous y êtes soumis.

B. Plateforme agréée, annuaire central et e-reporting : comment circule désormais une facture entre deux sociétés françaises

Oubliez l’image du PDF joint à un courriel. Le circuit imposé repose sur des plateformes agréées par l’Etat, qui émettent, transmettent, reçoivent et déposent les factures dans des formats structurés reconnus, Factur-X, UBL ou CII, et qui transmettent à l’administration les données d’e-invoicing et d’e-reporting. Votre société choisit sa plateforme, directement ou à travers un logiciel compatible, et peut en changer ; l’ancienne plateforme doit alors assurer des services minimaux pendant une durée qui ne peut être inférieure à un an, afin d’éviter toute rupture d’adressage.

Pour que l’adressage fonctionne entre des milliers de plateformes, l’article 289 bis du code général des impôts crée un annuaire central mis par l’Etat à la disposition des plateformes agréées, constitué à partir des informations transmises par ces plateformes, qui recense les informations nécessaires à l’adressage des factures électroniques aux plateformes des destinataires. Concrètement, quand vous émettez, votre plateforme interroge l’annuaire, trouve la plateforme de votre client et y dépose la facture ; votre client reçoit une notification et suit les statuts de traitement, avec horodatage, jusqu’au paiement. Mettez donc à jour vos bases clients et fournisseurs : raison sociale, SIREN, adresse de facturation et plateforme de réception. Une fiche client obsolète devient une facture non distribuée, puis un impayé.

Le e-reporting complète le dispositif. Même pour les opérations qui ne relèvent pas de l’e-invoicing, comme les ventes aux particuliers ou les opérations internationales, votre société transmet à l’administration les données de transaction et de paiement par la plateforme. Ce flux permet à l’administration de visualiser la chaîne de facturation et de détecter les incohérences de TVA. Pour votre gestion, il offre un effet utile : un lieu de stockage unique de toutes vos factures fournisseurs, une traçabilité des statuts et une piste d’audit renforcée. L’article 289 du code général des impôts exige des contrôles documentés et permanents qui établissent une piste d’audit fiable entre la facture et la livraison ou la prestation ; le format structuré et l’horodatage de la plateforme facilitent cette preuve en cas de contrôle.

La conservation suit le support électronique. L’article L102 B du livre des procédures fiscales dispose : « Les livres, registres, documents ou pièces sur lesquels peuvent s’exercer les droits de communication, d’enquête et de contrôle de l’administration doivent être conservés pendant un délai de six ans à compter de la date de la dernière opération mentionnée sur les livres ou registres ou de la date à laquelle les documents ou pièces ont été établis. » Il ajoute que les pièces justificatives ouvrant droit à déduction en matière de taxes sur le chiffre d’affaires sont conservées pendant ce même délai, et que les informations et traitements constitutifs des contrôles de piste d’audit sont conservés six ans sur support informatique ou papier. Archivez donc vos factures électroniques et la documentation de vos contrôles dans votre plateforme ou votre système d’archivage pendant six ans au moins, avec une restitution possible à la demande du vérificateur.

Les obligations comptables générales demeurent. L’article 286 du code général des impôts impose à tout assujetti de déclarer son activité, de tenir les écritures de son chiffre d’affaires et de conserver le livre et les pièces justificatives, notamment les factures d’achat, selon les modalités prévues par le livre des procédures fiscales. Si votre société utilise un logiciel ou un système de caisse pour des opérations sans facturation, ce système doit satisfaire aux conditions d’inaltérabilité et de sécurisation. La facture électronique ne remplace ni la comptabilité ni l’archivage : elle les alimente dans un format contrôlable.

Un point mérite une vigilance particulière pour les groupes et les sociétés qui facturent en affacturage. Quand vos factures sont cédées à un factor, la TVA suit un régime propre en cas d’impayé, et la plateforme ne règle pas à elle seule la question du remboursement. Si votre client est placé en redressement judiciaire, la méthode de déclaration de créance et de contestation du rejet reste déterminante pour récupérer l’impayé, comme l’expose notre analyse des créances à déclarer en deux mois quand le client est en redressement judiciaire. Traitez donc la facture électronique et le recouvrement comme deux chantiers liés : un circuit d’émission parfait ne dispense pas de déclarer vite et de surveiller l’admission de la créance.

II. Quelles sanctions quand votre société ignore la facture électronique et quels recours pour contester

A. Cinquante euros par facture, mise en demeure à 500 puis 1 000 euros, amendes commerciales : le barème exact depuis 2026

La sanction fiscale principale a changé d’échelle avec la loi de finances pour 2026 : l’amende par facture non émise sous forme électronique est passée de 15 à 50 euros. L’article 1737 du code général des impôts dispose désormais : « Le non-respect par l’assujetti de l’obligation d’émission d’une facture sous une forme électronique dans les conditions prévues à l’article 289 bis donne lieu à l’application d’une amende de 50 € par facture, sans que le total des amendes appliquées au titre d’une même année civile puisse être supérieur à 15 000 €. » Une société qui émet 400 factures papier hors circuit en 2026 encourt donc 20 000 euros théoriques, ramenés au plafond de 15 000 euros pour l’année civile. Le montant reste supportable pour un oubli isolé, mais il frappe chaque facture, ce qui rend toute pratique durable de contournement très coûteuse.

La plateforme agréée répond de ses propres manquements. Le même article 1737 du code général des impôts prévoit : « Toute omission ou tout manquement par une plateforme agréée aux obligations de transmission de données mentionnées à l’article 289 E donne lieu à une amende de 50 € par facture mise à la charge de cette plateforme, sans que le total des amendes appliquées au titre d’une même année civile puisse être supérieur à 45 000 €. » Si votre prestataire ne transmet pas les données, l’amende le vise lui, mais votre société subit le risque opérationnel : facture non reçue par le client, paiement retardé, litige sur la date d’exigibilité. Choisissez une plateforme immatriculée, vérifiez son périmètre de transmission et conservez les journaux de dépôt et les accusés de transmission.

Le défaut de réception suit une procédure graduée, avec mise en demeure préalable. Toujours selon l’article 1737 du code général des impôts, lorsque l’administration constate que l’assujetti ne recourt pas à une plateforme agréée pour recevoir ses factures électroniques, « elle le met en demeure de s’y conformer dans un délai de trois mois. » Puis : « La persistance de la méconnaissance par l’assujetti de l’obligation mentionnée au premier alinéa du présent IV bis à l’expiration du délai prévu au même premier alinéa donne lieu à l’application d’une amende de 500 €. » L’administration adresse alors une nouvelle mise en demeure de trois mois, et la persistance à son expiration déclenche une amende de 1 000 euros, renouvelable après chaque période de trois mois constatée sur mise en demeure infructueuse. Ne laissez donc jamais une mise en demeure sans réponse : désignez votre plateforme dans le premier délai de trois mois, conservez la preuve de désignation et répondez par écrit avec pièces jointes.

Le ministère a annoncé que la phase de démarrage se déroule dans une approche de tolérance et d’accompagnement des entreprises qui rencontrent des difficultés au 1er septembre, présentée comme un coup d’envoi et non comme une date couperet. Cette bienveillance affichée ne supprime pas les textes : elle oriente le contrôle vers la pédagogie pour les sociétés de bonne foi qui s’équipent, sans effacer les amendes pour les manquements persistants après mise en demeure. En cas de contrôle en 2026, montrez votre trajectoire de mise en conformité : contrat de plateforme, paramétrage, formation des équipes, mise à jour des fiches clients. L’administration distingue la société qui s’équipe de celle qui refuse le circuit.

Les sanctions commerciales s’ajoutent aux sanctions fiscales. L’article L441-9 du code de commerce prévoit : « Tout manquement au I est passible d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. » Le maximum est porté à 150 000 euros pour une personne physique et 750 000 euros pour une personne morale en cas de réitération dans les deux ans d’une première sanction devenue définitive. Mentions manquantes, facture non délivrée, facture non réclamée : chaque manquement aux règles de facturation expose la société et son dirigeant à cette amende administrative, indépendamment de l’amende fiscale de 50 euros par facture électronique manquante.

Le pénal reste en arrière-plan pour les fausses factures. La chambre criminelle de la Cour de cassation a eu à juger une affaire où les résultats d’un groupe avaient été surévalués « en raison de l’émission par plusieurs sociétés de factures ne correspondant à aucune prestation réelle », selon l’arrêt de la Cour de cassation, chambre criminelle, 25 juin 2025, pourvoi numéro 23-84.452. Les factures fictives exposent aux poursuites pour faux, usage de faux, escroquerie et fraude fiscale, avec solidarité de paiement des impôts fraudés. La réforme électronique, avec sa traçabilité et son horodatage, rend ces montages plus visibles : n’émettez jamais de facture de complaisance pour aider un client à récupérer de la TVA ou à gonfler un résultat.

B. Facture rejetée, TVA perdue et contentieux à Paris : récupérer la taxe, contester l’amende et sécuriser la trésorerie

Le premier réflexe quand une facture est rejetée consiste à distinguer trois situations. Si votre facture PDF est refusée par un client soumis à la réception électronique, réémettez-la sans délai dans le circuit imposé, via votre plateforme, avec les mêmes mentions et la référence à la facture initiale si vous l’annulez et la remplacez. Si votre plateforme est en cause, exigez le journal de transmission, changez de prestataire au besoin en anticipant la continuité minimale d’un an de l’ancien opérateur, et relancez le client avec la preuve de dépôt. Si le client prétend ne pas avoir reçu, produisez la notification et l’horodatage de la plateforme : le suivi des statuts vaut preuve du dépôt et du traitement.

La TVA suit la facture, pas l’inverse. L’article 272 du code général des impôts pose : « L’imputation ou la restitution est subordonnée à la justification, auprès de l’administration, de la rectification préalable de la facture initiale. » Quand une vente est résiliée ou une créance devient définitivement irrécouvrable, vous ne récupérez la TVA qu’en justifiant la rectification de la facture. Et l’article 283 du code général des impôts désigne les redevables de la taxe, acquéreur ou preneur dans les cas d’autoliquidation et d’opérations transfrontalières : une erreur de désignation du redevable sur une facture électronique fausse toute la chaîne déclarative. Contrôlez donc le régime de chaque opération avant émission, surtout pour les prestations intracommunautaires et les acquisitions auprès de fournisseurs hors de France.

La Cour de cassation rappelle avec constance que la TVA se prouve par la facture et se déclare dans les délais. Dans un arrêt de liquidation judiciaire, la chambre commerciale a jugé que « la demande de remboursement du crédit de TVA ne pouvait être faite que si la déclaration du montant de cette taxe avait été déposée dans les délais de l’article 208 de l’annexe II au code général des impôts à compter de la réception de chaque facture mentionnant la TVA d’après les débits », selon l’arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, 1er octobre 2025, pourvoi numéro 24-14.456. Déclarez la TVA dès la réception de chaque facture, dans les délais de l’annexe II, même quand le litige commercial dure : attendre le paiement ou la fin du litige fait prescrire le remboursement.

Pour les sociétés qui cèdent leurs factures en affacturage, la Cour de cassation a tranché un litige fréquent : « lorsque les créances correspondantes sont devenues définitivement irrécouvrables, il n’est pas fondé, sauf stipulation contraire du contrat d’affacturage, à réclamer au créancier la taxe dont celui-ci a obtenu le remboursement par application de l’article 272-1 du code général des impôts », selon l’arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, 22 octobre 2025, pourvoi numéro 24-19.201. Relisez votre contrat d’affacturage avant d’accepter un débit de TVA par le factor après irrécouvrabilité : sans clause contraire, la taxe restituée à l’adhérent ne revient pas au factor. Joignez le certificat d’irrécouvrabilité du liquidateur et la preuve de la rectification des factures pour obtenir la restitution.

A Paris et en Ile-de-France, le contentieux suit des circuits précis qu’il faut activer sans tarder. Pour une amende fiscale de 50 euros par facture ou une amende de 500 puis 1 000 euros pour défaut de réception, adressez d’abord une réclamation à la direction régionale des finances publiques d’Ile-de-France et de Paris, par courrier recommandé avec accusé de réception et via votre messagerie professionnelle, en joignant le contrat de plateforme, les journaux de transmission, la réponse à la mise en demeure et la preuve de mise en conformité. En cas de rejet, saisissez le tribunal administratif de Paris dans le délai de recours, avec un mémoire qui discute chaque facture : date, circuit, plateforme utilisée, cause du manquement et régularisation. Pour une amende administrative commerciale au titre de l’article L441-9, exercez le recours hiérarchique puis le recours devant le tribunal administratif de Paris, en démontrant la mise en place des mentions et la délivrance effective. Pour un litige de paiement entre sociétés franciliennes, saisissez le tribunal des activités économiques de Paris, en produisant la facture électronique horodatée, les statuts de traitement et les relances : l’horodatage de la plateforme établit la date de mise à disposition et fait courir les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de recouvrement.

Constituez dès le premier incident un dossier de preuve complet : contrat de plateforme agréée et date de désignation, captures de l’annuaire d’adressage, journaux de dépôt et de transmission, notifications de réception, factures rectificatives avec référence spécifique à la facture initiale, avoirs, certificats d’irrécouvrabilité, échanges avec le client et avec l’administration, mises en demeure et réponses. Demandez la remise gracieuse des pénalités quand le manquement est isolé et régularisé, et sollicitez un plan de règlement si le rappel de TVA pèse sur la trésorerie. Les sociétés parisiennes qui centralisent leurs factures fournisseurs dans un point de réception unique, qui rapprochent chaque mois les factures émises, les statuts de traitement et les encaissements, et qui déclarent la TVA sur factures dès réception, traversent le contrôle sans casse : la réforme récompense les organisations traçables.

Conclusion

Depuis le 1er septembre 2026, recevoir des factures électroniques n’est plus un projet informatique : c’est une obligation pour toutes les sociétés, avec émission immédiate pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, puis généralisation de l’émission en septembre 2027. L’amende de 50 euros par facture, plafonnée à 15 000 euros par an, la mise en demeure de trois mois suivie d’une amende de 500 puis de 1 000 euros pour défaut de réception, et les amendes commerciales jusqu’à 375 000 euros pour une personne morale donnent à la réforme un bras armé réel, même si l’administration affiche la tolérance pour les sociétés qui s’équipent. La TVA reste adossée à la facture et à ses délais : déclarez dès réception, rectifiez avant de réclamer, conservez six ans. Désignez votre plateforme agréée, nettoyez vos bases clients, réémettez sans délai toute facture rejetée et répondez par écrit à chaque mise en demeure avec pièces. A Paris comme ailleurs en Ile-de-France, la société qui prouve son circuit, ses dates et ses régularisations conteste utilement et encaisse plus vite.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».