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Maître Reda KOHEN
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Banque a clôturé le compte de votre entreprise sans préavis : contester la clôture, activer le droit au compte et récupérer vos fonds en 2026

Votre banque vient de vous annoncer la clôture du compte courant de votre entreprise, avec un préavis de quelques jours, parfois sans la moindre explication. Dès le lendemain, les prélèvements de vos fournisseurs sont rejetés, vos clients voient leurs virements revenir impayés, les échéances sociales et fiscales passent en anomalie et votre expert-comptable s’inquiète de la continuité de l’exploitation. Ce scénario n’a rien d’exceptionnel : confrontés au resserrement des obligations de vigilance anti-blanchiment et à une politique dite de dé-risking, de nombreux établissements ferment chaque année des comptes professionnels jugés coûteux à surveiller ou insuffisamment rentables, y compris ceux de sociétés parfaitement en règle. Face à cette pratique, le Sénat a examiné en 2025 une proposition de loi consacrant une garantie d’accès au compte bancaire, signe que le législateur a pris la mesure du risque d’exclusion bancaire des entreprises. En droit positif, la banque dispose bien d’une faculté de résiliation, mais elle reste strictement encadrée : préavis minimal de deux mois, notification écrite, motivation obligatoire pour les comptes ouverts au titre du droit au compte, et responsabilité pécuniaire en cas de rupture brutale. De votre côté, les leviers d’action existent et doivent être activés vite : exiger la régularité de la clôture, saisir le juge des référés pour obtenir le maintien du compte, déposer une demande de droit au compte auprès de la Banque de France, organiser la mobilité bancaire vers un nouvel établissement et chiffrer chaque jour de blocage pour une demande indemnitaire. Cet article expose, textes et décisions récentes à l’appui, comment contester une clôture sans préavis, rouvrir un compte et récupérer vos fonds en 2026.

I. Votre banque peut-elle clôturer le compte de votre entreprise sans préavis et sans motif ?

A. Compte professionnel ordinaire : une résiliation possible mais un préavis de deux mois obligatoire

Pour un compte de dépôt ordinaire ouvert pour les besoins de votre entreprise, la banque n’a pas à justifier sa décision de rompre la relation : la cour d’appel de Paris juge ainsi, dans un arrêt du 10 mai 2023 rendu au visa de l’article L. 312-1-1 V du code monétaire et financier, qu’« les établissements de crédit ont la faculté discrétionnaire de résilier une convention de compte de dépôt souscrite, comme en l’espèce, pour une durée indéterminée ». La cour précise que cette résiliation intervient « moyennant un préavis d’au moins deux mois fourni sur support papier ». Autrement dit, la banque peut partir, mais elle doit vous laisser le temps de partir ailleurs. Le texte applicable est explicite : aux termes du V de l’article L. 312-1-1 du code monétaire et financier, « L’établissement de crédit résilie une convention de compte de dépôt conclue pour une durée indéterminée moyennant un préavis d’au moins deux mois », sur support papier ou sur un autre support durable. Toute lettre de clôture qui ramène ce délai à quinze jours, à huit jours ou qui fixe une date d’effet immédiate méconnaît donc directement la loi, et cette irrégularité ouvre droit à réparation dès lors que vous démontrez le préjudice subi pendant la période où le compte aurait dû rester ouvert.

La pratique enseigne que les banques motivent souvent ces clôtures par des formules vagues : ‘réaménagement du portefeuille’, ‘absence de courant d’affaires’, ‘clôture du compte en l’absence de concours’. Dans l’affaire jugée à Paris en 2023, la Société Générale avait prononcé la clôture par lettre recommandée ‘en l’absence de concours’, et le client y avait vu un faux prétexte lié à l’absence de crédit. La cour a écarté le débat en précisant qu’il fallait lire cette mention comme signifiant que la clôture intervenait dans la circonstance d’une absence de concours, et non à raison de cette absence : dès lors, s’il n’existe aucun concours, la banque n’a pas à se conformer aux exigences de l’article L. 313-12 du code monétaire et financier relatif à la rupture de crédit, qui impose pour sa part une notification écrite et un préavis qui « ne peut, sous peine de nullité de la rupture du concours, être inférieur à soixante jours ». La distinction est décisive pour votre dossier : si votre entreprise bénéficie d’un découvert autorisé, d’une ligne de trésorerie ou d’un escompte, la banque doit respecter cumulativement le préavis de clôture du compte et le préavis de rupture du concours, et la méconnaissance du second est sanctionnée par la nullité de la rupture, sanction plus radicale qu’une simple indemnisation. Vérifiez donc, dès réception de la lettre, si un concours à durée indéterminée, même partiellement utilisé, figure dans vos conventions : aux termes du même article, tout concours à durée indéterminée consenti à une entreprise « ne peut être réduit ou interrompu que sur notification écrite et à l’expiration d’un délai de préavis fixé lors de l’octroi du concours ». Seules deux exceptions dispensent la banque de tout préavis sur le crédit : le comportement gravement répréhensible du bénéficiaire ou une situation irrémédiablement compromise, que la banque doit établir et dont elle supporte la charge de la preuve.

L’exigence du préavis ne se réduit pas à une formalité : elle conditionne l’indemnisation. L’arrêt rendu le 4 novembre 2025 par la chambre commerciale de la cour d’appel de Montpellier, dans un litige opposant la SASU RPM à la Banque Populaire du Sud, illustre parfaitement ce point. La société reprochait à la banque d’avoir clôturé son compte débiteur sans respecter le préavis de deux mois, soutenant qu’elle n’avait pu honorer ses engagements envers ses clients et son fournisseur, qu’elle avait dû cesser toute activité sur l’exercice 2023 et qu’elle subissait un préjudice égal à un an de chiffre d’affaires. La cour rappelle d’abord la règle, en visant l’article L. 312-1-1 V du code monétaire et financier selon lequel « L’établissement de crédit résilie une convention de compte de dépôt conclue pour une durée indéterminée moyennant un préavis d’au moins deux mois, fourni sur support papier ou sur un autre support durable », et constate que la banque ne démontrait pas avoir satisfait cette condition, ni dans sa mise en demeure du 21 décembre 2022 ni antérieurement. La faute était donc établie. Pourtant, la demande indemnitaire a été rejetée, parce que la société ne produisait aucune pièce établissant la réalité du dommage : ni le virement de 7 286 euros invoqué pour rétablir partiellement le solde, ni l’incidence précise de la clôture sur des relations contractuelles nommées avec des clients et fournisseurs identifiés, ni le lien de causalité entre la faute de la banque et la cessation d’activité. L’enseignement est direct pour votre entreprise : dès la notification de clôture, constituez un dossier chiffré et daté, avec le solde du compte au jour de la clôture, la liste des opérations rejetées, les mises en demeure de vos cocontractants, les pénalités payées, les attestations de vos clients perdus et vos bilans comparés. Sans ces pièces, même une clôture manifestement irrégulière ne donnera lieu à aucune indemnité.

B. Compte ouvert au titre du droit au compte : six motifs limitatifs et une notification écrite motivée

Lorsque votre entreprise, après un refus d’ouverture, a obtenu un compte par désignation de la Banque de France sur le fondement de l’article L. 312-1 du code monétaire et financier, la banque désignée ne retrouve pas une liberté totale de clôturer. La cour d’appel de Paris, dans un arrêt du 30 juin 2022 relatif à un compte ouvert en 2007 puis repris par la société Milleis Banque, rappelle le régime de l’article L. 312-1 IV du code monétaire et financier : « l’établissement de crédit ne peut résilier unilatéralement la convention de compte de dépôt assorti des services bancaires de base, ouvert en application du III, que si l’une au moins des conditions suivantes est remplie ». L’arrêt énumère six cas : l’utilisation délibérée du compte pour des opérations soupçonnées de poursuivre des fins illégales, des informations inexactes fournies par le client, la perte des conditions de domicile ou de résidence, l’ouverture ultérieure d’un deuxième compte de dépôt en France permettant d’utiliser les services de base, des incivilités répétées envers le personnel, ou une situation de l’établissement relevant de l’article L. 561-8, c’est-à-dire l’impossibilité de satisfaire à ses obligations d’identification et de vigilance. Le même arrêt ajoute deux garanties de forme : « Toute décision de résiliation à l’initiative de l’établissement de crédit fait l’objet d’une notification écrite motivée et adressée gratuitement au client », et « Un délai minimum de deux mois de préavis est octroyé au titulaire du compte, sauf dans les cas mentionnés au 1° et au 2° ». Concrètement, si votre compte a été ouvert par désignation et que la banque le ferme en invoquant un motif vague, sans notification écrite motivée, ou avec un préavis inférieur à deux mois hors les deux cas d’exclusion, la clôture est contestable sur chacun de ces trois terrains.

La Cour de cassation a précisé la portée du premier de ces six motifs, le plus souvent invoqué par les banques pour fermer sans préavis. Dans un arrêt du 30 juin 2021, la chambre commerciale, financière et économique, saisie du pourvoi n° 19-14.313 formé par la société BNP Paribas contre un arrêt de la cour d’appel de Grenoble, énonce que « Il résulte de ce texte que l’établissement de crédit peut résilier unilatéralement la convention de compte assorti des services bancaires de base, ouvert en application du droit au compte », lorsque le client « a délibérément utilisé son compte pour des opérations que l’organisme a des raisons de soupçonner comme poursuivant des fins illégales ». La Cour ajoute que, dans cette hypothèse, la banque « auquel cas il est dispensé de lui accorder un préavis ». Elle ajoute que « Constitue une utilisation délibérée du compte, au sens de ce texte, le fait, pour son titulaire, d’en communiquer les coordonnées à un cocontractant afin qu’il effectue un paiement par virement sur ce compte ». En l’espèce, la société Knappe Composite, désignée auprès de BNP Paribas en mai 2017, avait communiqué son relevé d’identité bancaire à un partenaire iranien pour le règlement de livraisons dans le cadre d’un projet dénommé ‘Bushehr’, et la banque avait clôturé le compte sans préavis en février 2018. La Cour de cassation casse l’arrêt grenoblois qui avait jugé la résiliation irrégulière au seul motif que le virement litigieux n’était parvenu que postérieurement à la décision de clôture, en reprochant aux juges du fond de ne pas avoir recherché, au regard des circonstances invoquées par la banque, si l’utilisation délibérée du compte pour des opérations soupçonnées de poursuivre des fins illégales était caractérisée. Pour votre entreprise, la leçon est double : d’un côté, une banque ne peut pas se retrancher derrière un soupçon abstrait ou postérieur à la clôture pour s’exonérer du préavis ; de l’autre, si vos flux présentent objectivement des signaux que la banque peut documenter, notamment des paiements en provenance ou à destination de juridictions sous sanctions, d’intermédiaires opaques ou de circuits fractionnés, la dispense de préavis peut être admise et votre contestation devra porter sur la réalité et la date des opérations plutôt que sur le principe du motif.

Ce durcissement s’explique par les obligations de vigilance qui pèsent désormais sur les établissements. Avant d’entrer en relation d’affaires, la banque doit identifier son client et vérifier ces éléments sur présentation de tout document écrit probant, en application de l’article L. 561-5 du code monétaire et financier. Et lorsqu’elle n’est pas en mesure de satisfaire à ces obligations, l’article L. 561-8 du même code lui impose de n’exécuter aucune opération et de ne pas établir ni poursuivre la relation d’affaires : lorsqu’une personne soumise à ces obligations n’est pas en mesure de les satisfaire, « elle n’exécute aucune opération, quelles qu’en soient les modalités, n’établit ni ne poursuit aucune relation d’affaires ». Cette disposition explique pourquoi tant de clôtures interviennent après une demande de pièces restée sans réponse : actualisation du bénéficiaire effectif, justificatif de l’origine des fonds, description de l’objet social réel, identité des donneurs d’ordre étrangers. Si votre banque vous a adressé un questionnaire de connaissance client et que vous ne l’avez pas complété dans le délai imparti, régularisez immédiatement et conservez la preuve de l’envoi, car la banque pourra opposer ce manquement à toute contestation. À l’inverse, si vous avez fourni l’ensemble des pièces et que la banque clôture sans viser précisément l’obligation de vigilance qu’elle prétend ne pas pouvoir satisfaire, l’absence de motivation précise fragilise sa position devant le juge.

II. Compte clôturé ou bloqué : que faire concrètement pour rouvrir, transférer et récupérer votre argent ?

A. Contester la clôture irrégulière et obtenir le maintien du compte ou des dommages et intérêts

La première démarche consiste à écrire à la banque, en recommandé avec accusé de réception, pour exiger la régularisation : visez le préavis de deux mois de l’article L. 312-1-1 du code monétaire et financier, demandez la communication du motif précis de la clôture et, si un concours était en cours, rappelez la nullité encourue en cas de rupture du crédit sans le préavis minimal de soixante jours de l’article L. 313-12 du même code, pour tout concours à durée indéterminée consenti à votre entreprise, le texte dispose qu’il « ne peut être réduit ou interrompu que sur notification écrite et à l’expiration d’un délai de préavis fixé lors de l’octroi du concours ». Adressez parallèlement une réclamation au service réclamations puis au médiateur bancaire, dont les coordonnées figurent dans votre convention de compte : ces démarches, gratuites dans leur principe procédural, interrompent l’inertie, créent des écrits et conditionnent souvent la recevabilité d’une saisine ultérieure de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Si la banque maintient une clôture à effet immédiat et que le blocage met votre exploitation en péril, le juge des référés peut être saisi pour faire constater un trouble manifestement illicite et ordonner le maintien du compte : c’est exactement ce qu’avait obtenu la société Knappe avant que la banque ne conteste au fond la validité de la résiliation, et la Cour de cassation, dans son arrêt du 30 juin 2021, n’a pas remis en cause le principe de ce recours en référé, elle a seulement censuré l’appréciation portée au fond sur le motif de résiliation. Pour obtenir une telle ordonnance, produisez la lettre de clôture, la preuve de l’absence ou de l’insuffisance du préavis, le relevé des rejets d’opérations et une attestation de votre expert-comptable sur le risque de cessation des paiements.

Au fond, l’action indemnitaire repose sur le droit commun de la responsabilité : aux termes de l’article 1240 du code civil, « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». La faute résulte de la violation du préavis légal ou de la rupture abusive du concours ; le dommage doit être prouvé poste par poste, comme l’a exigé la cour d’appel de Montpellier dans l’affaire RPM en rejetant une demande chiffrée à un an de chiffre d’affaires faute de pièces. Chiffrez donc séparément les frais bancaires et intérêts de retard indûment facturés après la date à laquelle le compte aurait dû rester ouvert, les pénalités versées à vos fournisseurs et à l’administration, la marge perdue sur les contrats résiliés par vos clients en produisant chaque contrat et chaque courrier de résiliation, et les frais exposés pour ouvrir un compte de remplacement dans l’urgence. Si votre société reste débitrice d’un solde après clôture, anticipez l’assignation en paiement de la banque en sollicitant des délais de grâce : l’article 1343-5 du code civil dispose : « Le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues ». Dans l’affaire RPM, la cour a rejeté une telle demande de délai de vingt-quatre mois parce que la société, qui avait déjà bénéficié de délais de fait, ne produisait aucun élément comptable sur sa situation actuelle ni la preuve qu’elle pourrait honorer un échéancier : présentez donc un plan de trésorerie documenté, appuyé par votre expert-comptable, plutôt qu’une simple demande de principe.

B. Activer le droit au compte auprès de la Banque de France et sécuriser la trésorerie à Paris et en Île-de-France

En parallèle de la contestation, vous devez rouvrir un compte sans attendre l’issue du litige, car aucune indemnité ultérieure ne compensera la perte de vos marchés. Si au moins un établissement a refusé de vous ouvrir un compte, l’article L. 312-1 du code monétaire et financier ouvre à toute personne morale domiciliée en France le droit à l’ouverture d’un compte de dépôt, et organise la désignation d’office : en cas de refus, « celle-ci peut saisir la Banque de France afin qu’elle lui désigne un établissement de crédit situé à proximité de son domicile ou d’un autre lieu de son choix », la désignation intervenant en un jour ouvré à compter de la réception des pièces requises. Conservez précieusement chaque attestation de refus, que la banque est tenue de vous délivrer systématiquement, gratuitement et sans délai, car elle conditionne la saisine. Une fois le compte désigné ouvert, vous bénéficiez des services bancaires de base dont le contenu est fixé par le décret codifié à l’article D. 312-5 du code monétaire et financier : ouverture, tenue et clôture du compte, relevés d’identité bancaire, domiciliation de virements, relevé mensuel, encaissement de chèques et de virements, paiements par prélèvements et virements SEPA, consultation à distance du solde, dépôts et retraits d’espèces, et carte de paiement permettant le paiement en ligne et les retraits dans l’Union européenne. Ce socle suffit à faire fonctionner une trésorerie courante pendant que vous négociez des services plus complets.

Pour transférer vos flux sans rupture, mobilisez ensuite le service d’aide à la mobilité bancaire : aux termes de l’article L. 312-1-7 du code monétaire et financier, l’établissement d’arrivée qui ouvre le nouveau compte « propose au client, gratuitement et sans condition, un service d’aide à la mobilité bancaire permettant un changement automatisé des domiciliations bancaires ». Signez le mandat de mobilité dès l’ouverture du nouveau compte, recensez avec votre comptable les treize derniers mois de prélèvements et de virements récurrents, informez vous-même et sans délai vos principaux clients, l’URSSAF, la direction générale des finances publiques et vos fournisseurs, et laissez l’ancien compte provisionné le temps de la bascule pour éviter les rejets en cascade. La clôture de tout compte de dépôt est au demeurant gratuite, comme le rappelle le premier paragraphe du même article, de sorte qu’aucuns frais de fermeture ne peuvent être exigés pour le compte quitté. À Paris et en Île-de-France, où se concentrent les tribunaux de commerce, les succursales départementales de la Banque de France et les sièges des grandes banques, ces démarches peuvent être accomplies en quelques jours : déposez la demande de droit au compte auprès de la succursale la plus proche de votre siège, saisissez le tribunal de commerce de Paris en référé si le trouble est imminent, et faites constater par huissier les rejets d’opérations pour nourrir votre dossier indemnitaire. Les juridictions franciliennes, rompues à ce contentieux bancaire, statuent rapidement sur les demandes de maintien de compte lorsque le préavis légal n’a manifestement pas été respecté.

Conclusion

La clôture du compte bancaire de votre entreprise n’est jamais un fait accompli que vous devriez subir sans réagir. Hors les cas strictement énumérés par la loi pour les comptes ouverts au titre du droit au compte, votre banque doit vous notifier sa décision par écrit et vous laisser un préavis d’au moins deux mois, porté à soixante jours minimum pour la rupture d’un concours à durée indéterminée sous peine de nullité. Toute clôture notifiée dans un délai plus court, sans écrit ou fondée sur un motif de vigilance non documenté peut être contestée : d’abord par une mise en demeure et une réclamation au médiateur, ensuite devant le juge des référés pour obtenir le maintien du compte, enfin au fond pour obtenir la réparation chiffrée de chaque préjudice. Simultanément, activez le droit au compte auprès de la Banque de France, exigez l’attestation de refus de chaque établissement démarché, organisez la mobilité de vos domiciliations et conservez chaque rejet, chaque pénalité et chaque contrat perdu. Les décisions rendues en 2021, 2022, 2023 et 2025 le confirment : les juges sanctionnent les banques qui ferment sans préavis, mais ils rejettent les demandes indemnitaires non prouvées. La rapidité de vos démarches et la qualité de vos pièces feront donc la différence entre une trésorerie durablement asphyxiée et une transition bancaire maîtrisée.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».