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Taxe foncière 2026 : qui paie en cas de vente en cours d’année, vendeur ou acquéreur ?

Les avis de taxe foncière 2026 sont arrivés dans les boîtes aux lettres électroniques des propriétaires et la question qui explose sur Google est très concrète : quand on vend ou quand on achète un logement en cours d’année, qui paie la taxe foncière, le vendeur ou l’acquéreur ? D’après les informations relayées par la presse le 23 septembre 2026, les derniers avis, ceux des contribuables non mensualisés, ont été mis en ligne le samedi précédent sur impots.gouv.fr, pour un montant moyen de 1 126 euros, avec des dates limites de paiement fixées au 15, au 20 et au 26 octobre 2026 selon le mode de règlement choisi. Dans ce calendrier tendu, les ventes signées au printemps ou à l’été 2026 créent un casse-tête classique : l’avis arrive au nom de celui qui était propriétaire au 1er janvier, alors que le bien a changé de mains depuis. Faut-il payer puis se retourner contre l’autre partie ? Que dit l’acte de vente signé chez le notaire ? Et que se passe-t-il en cas d’usufruit, d’indivision ou de bail en cours ? Cet article répond point par point, textes et décisions à l’appui, pour sécuriser le vendeur comme l’acquéreur.

I. Taxe foncière vente : qui paie entre le vendeur et l’acquéreur ?

A. Taxe foncière vente maison : le propriétaire au 1er janvier paie l’année entière

Le principe est brutal et il surprend presque tous les vendeurs : la taxe foncière est due pour l’année entière par celui qui était propriétaire au 1er janvier de l’année d’imposition, même si le bien est vendu le 2 janvier. L’article 1415 du code général des impôts l’énonce sans détour : « La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires sont établies pour l’année entière d’après les faits existants au 1er janvier de l’année de l’imposition. » Autrement dit, la photographie fiscale est prise le 1er janvier 2026 pour la taxe foncière 2026, et tout changement ultérieur, vente, donation, succession, ne modifie rien à l’avis émis cette année-là. L’article 1380 du même code rappelle le champ de l’impôt : « La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l’exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. » Et l’article 1400 désigne le redevable : « toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel ». Le propriétaire actuel s’entend du propriétaire au 1er janvier, en combinaison avec l’article 1415.

Concrètement, si vous avez vendu votre maison en mars 2026, c’est bien votre nom qui figure sur l’avis de taxe foncière 2026 mis en ligne en septembre, et c’est vous que l’administration poursuivra en cas d’impayé. L’acquéreur, devenu propriétaire en mars, ne recevra son premier avis à son nom qu’en 2027. Cette règle vaut pour les maisons comme pour les appartements, pour les résidences principales comme pour les résidences secondaires et les logements mis en location. Elle vaut aussi lorsque la vente intervient très tôt dans l’année : une signature du 3 janvier 2026 ne transfère pas la taxe 2026 à l’acheteur. Le droit civil des contrats ne change rien à cette analyse : l’article 1583 du code civil dispose que « Elle est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur, dès qu’on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le prix payé. » Le transfert de propriété entre les parties est donc immédiat dès l’accord, mais le droit fiscal applique sa propre date d’appréciation, le 1er janvier, de sorte que le vendeur reste seul redevable légal de l’année en cours.

La jurisprudence administrative illustre régulièrement les conséquences pratiques de ces mutations. Dans une décision du 14 novembre 2018, le Conseil d’État a jugé, à propos d’une société qui contestait des cotisations après des cessions de lots issues d’une division d’immeuble, que « En omettant de répondre à ce moyen, qui n’était pas inopérant, le tribunal administratif a entaché son jugement d’irrégularité. » Cette solution rappelle deux choses utiles au vendeur comme à l’acquéreur : d’une part, les cessions et divisions doivent être correctement prises en compte par l’administration pour les années suivantes, et le contribuable a le droit d’exiger une réponse motivée sur ce point ; d’autre part, après une vente, chacun doit vérifier que les avis des années ultérieures sont bien établis au nom du nouveau propriétaire, car les erreurs de rôle après mutation sont fréquentes, notamment en cas de division en lots, de détachement de parcelle ou de changement de numérotation cadastrale. Si l’avis 2027 arrive encore au nom du vendeur alors que la vente a été publiée en 2026, une réclamation s’impose, avec l’acte de vente et l’attestation de publication au service de publicité foncière à l’appui.

Le vendeur qui reçoit l’avis 2026 après avoir vendu ne doit donc ni le jeter ni l’ignorer : il doit le payer dans les délais, octobre 2026, puis organiser le remboursement avec l’acquéreur selon les modalités prévues à l’acte, qui font l’objet de la sous-partie suivante. En cas de succession ouverte en cours d’année, la même logique s’applique : l’avis reste établi au nom du défunt pour l’année du décès, et ce sont les héritiers qui règlent la cotisation dans le cadre du règlement successoral, avant de se répartir la charge. En cas de donation, le donateur, propriétaire au 1er janvier, reste redevable de l’année en cours. Retenez la formule simple : le fisc regarde le 1er janvier, les arrangements entre les parties regardent l’acte.

B. Taxe foncière vente notaire : le prorata, le remboursement et la clause de l’acte

Puisque le vendeur paie l’année entière au fisc, la pratique notariale a organisé depuis longtemps la répartition économique de la charge entre vendeur et acquéreur au moyen d’un décompte prorata temporis arrêté au jour de la signature de l’acte authentique. Le mécanisme est le suivant : le montant de la taxe foncière de l’année en cours, connu ou estimé à partir de l’avis de l’année précédente majoré d’un coefficient de prudence, est réparti jour pour jour entre le vendeur, pour la période du 1er janvier au jour de la vente, et l’acquéreur, pour la période du lendemain de la vente au 31 décembre. L’acquéreur rembourse alors au vendeur, le jour de la signature, la part correspondant à sa période de détention, directement dans les comptes de l’acte. Ce remboursement figure dans le décompte du notaire et il est mentionné dans l’acte de vente, ce qui lui donne une force probante décisive en cas de litige ultérieur.

Ce prorata est une convention purement privée : elle est parfaite entre vendeur et acquéreur, mais elle est inopposable à l’administration fiscale. Le fisc ne connaît que le redevable légal désigné par l’article 1400 du code général des impôts, qui impose chaque propriété au nom du propriétaire actuel apprécié au 1er janvier en application de l’article 1415. Si le vendeur ne paie pas l’avis 2026, l’administration poursuivra le vendeur, jamais l’acquéreur, même si l’acte prévoit que la charge économique pèse sur ce dernier. Symétriquement, l’acquéreur qui a remboursé sa part au vendeur le jour de la vente ne doit rien au fisc pour 2026 et ne peut pas être recherché. La clause de l’acte règle donc les comptes entre les parties, sans déplacer l’obligation fiscale. C’est pourquoi sa rédaction mérite une attention particulière : elle doit préciser l’assiette du calcul, avis de l’année en cours s’il est disponible ou, à défaut, avis de l’année précédente avec le traitement de la régularisation, la date de répartition, jour de l’acte inclus ou exclu, et le sort des taxes annexes, notamment la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui suit en général le même prorata, ainsi que, le cas échéant, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour les biens concernés.

En pratique, trois situations posent problème. Première situation : l’avis de l’année en cours n’est pas encore connu au jour de la vente, ce qui est le cas pour toutes les ventes signées avant septembre. Le notaire calcule alors le prorata sur la base de l’avis précédent, et l’acte prévoit ou non une régularisation lorsque l’avis définitif arrive. Sans clause de régularisation, le vendeur supporte l’écart si la taxe a augmenté, et l’acquéreur en profite ; avec une clause de régularisation, les parties se rendent des comptes à l’automne, ce qui suppose de garder le contact et de conserver les justificatifs. Vérifiez donc, avant de signer, si votre acte contient une clause de régularisation et notez l’échéance à laquelle vous devrez la mettre en œuvre. Deuxième situation : l’une des parties refuse de payer sa part après la signature. Le vendeur qui a payé l’avis au fisc dispose d’une action en remboursement contre l’acquéreur sur le fondement de l’acte, par mise en demeure puis, si nécessaire, devant le tribunal judiciaire, avec l’acte authentique et le décompte du notaire comme preuves. L’acquéreur qui a trop versé, parce que le prorata avait été calculé sur une estimation excessive, dispose de l’action miroir. Troisième situation : la vente porte sur un bien en copropriété ou un terrain à détacher, et la taxe afférente au lot n’est pas individualisée. Il faut alors ventiler la cotisation globale selon les tantièmes ou la contenance, et prévoir expressément cette ventilation dans l’acte, faute de quoi le litige est presque garanti.

Un point de vigilance particulier concerne les ventes conclues en fin d’année, en novembre ou décembre 2026 : le vendeur paiera l’avis 2026 reçu en septembre, puis l’acquéreur, propriétaire au 1er janvier 2027, paiera l’avis 2027. Le prorata de l’acte ne porte que sur 2026 et il est généralement modeste, mais il doit quand même être établi, car l’acquéreur rembourse au vendeur les quelques semaines de détention de fin d’année. À l’inverse, pour une vente signée en janvier 2026, le prorata est maximal et l’acquéreur rembourse près de l’année entière. Dans tous les cas, conservez l’avis d’imposition, l’acte de vente avec son décompte et la preuve du paiement : ces trois pièces forment le dossier minimal de toute réclamation ou de tout recours entre les parties. Et si vous achetez à l’automne 2026, anticipez dès maintenant que vous serez le redevable légal de la taxe 2027 dans son intégralité, exigible à l’automne prochain.

II. Taxe foncière qui paie dans les situations particulières de détention et d’occupation

A. Taxe foncière qui paie : usufruitier ou nu-propriétaire, indivision, SCI et exonérations d’âge

Lorsque le bien est démembré, la réponse à la question de savoir qui paie, de l’usufruitier ou du nu-propriétaire, est tranchée par la loi : c’est l’usufruitier qui paie. Le II de l’article 1400 du code général des impôts dispose que « Lorsqu’un immeuble est grevé d’usufruit ou loué soit par bail emphytéotique, soit par bail à construction, soit par bail réel solidaire, soit par bail à réhabilitation ou fait l’objet d’une autorisation d’occupation temporaire du domaine public constitutive d’un droit réel, la taxe foncière est établie au nom de l’usufruitier, de l’emphytéote, du preneur à bail à construction ou à réhabilitation, du preneur du bail réel solidaire ou du titulaire de l’autorisation. » L’avis est donc libellé au nom de l’usufruitier, et c’est lui que l’administration poursuivra. Cette solution est cohérente avec le droit civil de l’usufruit : l’article 605 du code civil prévoit que « L’usufruitier n’est tenu qu’aux réparations d’entretien. » et la doctrine comme la jurisprudence rattachent la taxe foncière aux charges annuelles de la jouissance, qui incombent à celui qui jouit du bien, sauf convention contraire entre usufruitier et nu-propriétaire, convention qui, là encore, reste inopposable au fisc.

En pratique, les conflits naissent souvent au moment de la vente du bien démembré ou du décès de l’usufruitier. Si l’usufruitier vend son usufruit en cours d’année, ou si le nu-propriétaire vend la nue-propriété, le redevable légal de l’année reste celui qui était usufruitier au 1er janvier, et les parties règlent entre elles un prorata sur le modèle décrit pour les ventes en pleine propriété. Au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire devient plein propriétaire : l’avis de l’année du décès reste au nom de l’usufruitier décédé et il est réglé par sa succession, tandis que l’avis de l’année suivante est établi au nom du plein propriétaire. Lorsque le démembrement résulte d’une succession entre époux, avec un conjoint survivant usufruitier et des enfants nus-propriétaires, c’est donc au conjoint survivant qu’il appartient de payer la taxe chaque année, et les enfants ne peuvent pas être recherchés par le fisc, même si le conjoint est insolvable. Les familles ont intérêt à régler ce point par écrit dès l’ouverture de la succession, pour éviter que l’impayé de l’un ne dégénère en conflit généralisé.

L’indivision obéit à une logique différente : l’avis est établi au nom de l’indivision, et chaque indivisaire est tenu envers le fisc, l’administration pouvant poursuivre le paiement sans avoir à diviser ses poursuites. Entre eux, les indivisaires contribuent à la charge à proportion de leurs droits, sauf convention contraire, et celui qui paie seul dispose d’un recours contre les autres. L’article 815-9 du code civil, qui régit la jouissance des biens indivis, précise que « L’indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d’une indemnité. » : l’indivisaire qui occupe seul le logement familial après une succession ne peut donc pas exiger que les autres paient toute la taxe pendant qu’il jouit seul des lieux ; à tout le moins, son occupation privative doit être prise en compte dans les comptes d’indivision, et une indemnité d’occupation peut lui être réclamée. En cas de vente du bien indivis en cours d’année, le prorata avec l’acquéreur est établi comme pour toute vente, et le prix de remboursement se répartit ensuite entre les covendeurs selon leurs quotes-parts. Pour les sociétés civiles immobilières, la situation du bien détenu en copropriété mérite une mention : le III de l’article 1400 prévoit que « la taxe foncière est établie au nom de chacun des membres de la société pour la part lui revenant dans les immeubles sociaux »

Les propriétaires âgés bénéficient par ailleurs d’exonérations et de dégrèvements sous conditions de revenus qui intéressent directement les familles lors d’une vente ou d’une transmission. L’article 1391 du code général des impôts dispose que « Les redevables âgés de plus de soixante-quinze ans au 1er janvier de l’année de l’imposition sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l’immeuble habité par eux, lorsque le montant des revenus de l’année précédente n’excède pas la limite prévue à l’article 1417 » L’article 1390 prévoit une exonération comparable pour les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité, pour leur habitation principale, avec un dispositif de sortie progressive sur quatre ans. Les plafonds de revenus de l’article 1417, appréciés sur le revenu fiscal de référence, s’élèvent pour l’imposition 2026 à 12 793 euros pour la première part de quotient familial, majorée de 3 416 euros par demi-part supplémentaire en métropole. L’âge s’apprécie au 1er janvier, comme le rappelle la presse de septembre 2026, et l’exonération ne vaut que pour l’immeuble habité par le contribuable : un senior exonéré pour sa résidence principale reste imposable pour sa résidence secondaire. En cas de vente de l’habitation principale exonérée en cours d’année, aucun avis n’a été émis et aucun prorata n’est dû ; mais si le senior achète dans la même année un autre logement qui n’ouvre pas droit à l’exonération, la taxe de ce nouveau bien, établie au nom du vendeur au 1er janvier, donnera lieu au prorata classique avec ce dernier.

B. Taxe foncière qui paie : locataire ou propriétaire, clause du bail et contestation de l’avis

La question « taxe foncière qui paie, locataire ou propriétaire » revient avec insistance chaque automne, et la réponse de principe est claire : en bail d’habitation comme en bail commercial, la taxe foncière incombe au bailleur, sauf clause contraire du bail. Pour les locations d’habitation, la loi interdit même de la refacturer au locataire : le décret sur les charges récupérables ne mentionne pas la taxe foncière, de sorte que le propriétaire ne peut pas l’imputer au locataire, ni directement ni par une provision déguisée. Le locataire qui découvre une ligne « taxe foncière » sur son décompte de charges est donc fondé à en exiger le retrait, et le propriétaire qui a vendu son logement loué en cours d’année ne peut pas reporter sa taxe 2026 sur le locataire en place. En revanche, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même avis, est récupérable auprès du locataire au prorata de son occupation : il faut distinguer soigneusement les deux lignes de l’avis, car la confusion est l’erreur la plus fréquente dans les décomptes de régularisation de charges après une vente d’immeuble loué.

En bail commercial, la liberté contractuelle est plus large : le bail peut mettre la taxe foncière à la charge du preneur, et la plupart des baux commerciaux le prévoient. Mais cette clause a un prix contentieux que la Cour de cassation vient de rappeler avec netteté. Dans un arrêt du 29 janvier 2026, la troisième chambre civile, saisie d’un litige entre une société de placement immobilier bailleresse et son locataire commerçant sur la fixation d’une indemnité d’occupation, a jugé que « les obligations incombant normalement au bailleur dont celui-ci s’est déchargé sur le locataire constituent un facteur de diminution de la valeur locative » et que « le paiement de la taxe foncière qui incombe normalement au bailleur », mis à la charge du locataire sans contrepartie, diminue d’autant la valeur locative servant de base à l’indemnité d’occupation statutaire. Cette solution, rendue au visa des articles L. 145-33, L. 145-57 et R. 145-8 du code de commerce, signifie que le bailleur qui reporte toute la taxe sur son locataire ne peut pas ensuite exiger un loyer calculé comme s’il supportait lui-même l’impôt : le transfert de charge doit se traduire par une minoration de la valeur locative. L’article L. 145-33 du code de commerce le confirme dans son principe : « Le montant des loyers des baux renouvelés ou révisés doit correspondre à la valeur locative. » Pour l’acquéreur d’un immeuble loué sous bail commercial, l’enjeu est donc double : vérifier la clause fiscale du bail avant d’acheter, car elle détermine le revenu net réel, et anticiper qu’en cas de renouvellement ou de fixation judiciaire du loyer, la taxe reportée sur le locataire pèsera à la baisse sur le loyer. Pour approfondir les cas où la cotisation elle-même est excessive, notamment après une erreur de surface ou de valeur locative, on pourra se reporter à notre analyse des recours contre une taxe foncière 2026 excessive pour erreur de surface ou de valeur locative.

Que le bien ait été vendu ou non, tout avis peut être contesté selon une procédure strictement encadrée qu’il faut respecter à la lettre. Le contribuable qui désire contester tout ou partie de son imposition « doit d’abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l’imposition », comme l’exige l’article R*190-1 du livre des procédures fiscales : la réclamation préalable devant l’administration est donc obligatoire avant tout recours au juge. Le délai est fixé par l’article R*196-2 du même livre : « Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l’administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l’année suivant celle » de la mise en recouvrement, de l’événement qui motive la réclamation ou des autres cas énumérés par le texte. Pour la taxe foncière 2026 mise en recouvrement à l’automne 2026, la réclamation contentieuse reste donc possible jusqu’au 31 décembre 2027, ce qui laisse au vendeur comme à l’acquéreur le temps de réunir ses preuves, sans pour autant justifier l’attentisme : payer d’abord, réclamer ensuite, car la réclamation ne suspend pas l’obligation de payer, sauf sursis de paiement expressément demandé et garanti. L’article L. 190 du livre des procédures fiscales ouvre la voie contentieuse aux termes de la loi, « tendent à obtenir soit la réparation d’erreurs commises dans l’assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d’un droit résultant d’une disposition législative ou réglementaire », ce qui couvre l’erreur de surface, la mauvaise valeur locative, l’exonération oubliée ou l’avis établi au nom d’une personne qui n’était plus propriétaire au 1er janvier.

En pratique, le dossier de réclamation après une vente doit comporter l’avis contesté, l’acte de vente avec sa date et son décompte prorata, l’attestation de publication foncière, et, selon le cas, le bail en cours, la clause fiscale du bail, le décompte de charges distinguant taxe foncière et taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ou les justificatifs d’exonération liée à l’âge et aux revenus. Adressez la réclamation en recommandé avec accusé de réception au service des impôts des particuliers dont dépend le bien, conservez-en une copie complète, et suivez le délai de réponse de l’administration : le silence gardé pendant six mois vaut rejet implicite et ouvre le recours devant le tribunal administratif. Pour les litiges entre vendeur et acquéreur sur le prorata, en revanche, c’est le tribunal judiciaire qui est compétent, sur le fondement de l’acte, et non le juge de l’impôt, car le fisc n’est pas partie à ce différend privé. Distinguer ces deux contentieux, fiscal contre l’administration et civil entre les parties, est la clé d’une stratégie efficace : on ne demande pas au juge administratif de faire exécuter la clause de l’acte, et on ne demande pas au juge judiciaire de dégrever l’impôt.

Conclusion

La vente d’un bien en cours d’année ne déplace pas la taxe foncière 2026 : le propriétaire au 1er janvier paie l’année entière, et c’est l’acte notarié qui organise le remboursement prorata temporis entre vendeur et acquéreur, sans jamais lier le fisc. Vérifiez dès la promesse la clause de répartition et sa régularisation, distinguez usufruit, indivision et location pour désigner le bon redevable, et contrôlez chaque avis ligne à ligne avant les échéances d’octobre 2026. En cas d’erreur, la réclamation préalable reste ouverte jusqu’au 31 décembre 2027, mais elle n’efface ni les délais de paiement ni la nécessité d’un dossier complet. Un avis analysé à temps, c’est souvent plusieurs centaines d’euros récupérés ou un litige évité : ne laissez pas passer l’automne sans examiner le vôtre.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».