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Dossier de surendettement et AAH (handicap) : l’huissier saisit votre allocation — déclarer, garder le minimum, suspendre et contester devant le juge, que faire ?

Votre allocation aux adultes handicapés vient d’être saisie sur votre compte, ou un commissaire de justice vous réclame des mensualités que votre budget ne permet pas. Vous touchez l’AAH, vos dettes s’accumulent, et la banque menace de tout bloquer. La première chose à comprendre tient en une phrase : l’AAH est en principe insaisissable, et le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France donne accès à une protection immédiate contre les saisies. La deuxième chose est tout aussi importante : cette protection ne fonctionne que si le dossier déclare exactement vos ressources et vos charges liées au handicap, et si vous réagissez dans les délais à chaque décision de la commission.

Le public concerné est large. L’AAH est versée aux personnes dont l’incapacité permanente atteint le pourcentage fixé par décret : « Toute personne résidant sur le territoire métropolitain ou dans les collectivités mentionnées à l’article L. 111-2 ayant dépassé l’âge d’ouverture du droit à l’allocation prévue à l’article L. 541-1 et dont l’incapacité permanente est au moins égale à un pourcentage fixé par décret perçoit, dans les conditions prévues au présent titre, une allocation aux adultes handicapés. » (article L. 821-1 du code de la sécurité sociale). Beaucoup de bénéficiaires cumulent l’AAH avec de petits revenus d’activité ou d’autres prestations, car « L’allocation aux adultes handicapés peut se cumuler avec les ressources personnelles de l’intéressé dans la limite d’un plafond fixé par décret, qui varie selon qu’il a une ou plusieurs personnes à sa charge. » (article L. 821-3 du code de la sécurité sociale). Ce cumul rend le calcul de la capacité de remboursement délicat : la commission peut surestimer ce qu’il vous reste pour payer vos créanciers, et fixer une mensualité impossible à tenir avec des dépenses de santé et de vie quotidienne élevées.

Cet article suit l’ordre des questions que vous vous posez réellement. L’huissier peut-il prendre votre AAH et que garder pour vivre ? Comment déclarer l’allocation sans fausser le calcul de la commission ? Que se passe-t-il après la recevabilité, si les mensualités imposées sont trop lourdes, et comment contester devant le juge des contentieux de la protection ? Chaque réponse s’appuie sur le texte en vigueur et sur des arrêts précis de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation, avec les délais à respecter et les pièces à préparer, y compris à Paris et en Île-de-France.

I. Dossier de surendettement avec l’AAH : l’huissier peut-il saisir votre allocation et comment garder le minimum pour vivre ?

A. AAH insaisissable : ce que le commissaire de justice peut et ne peut pas prendre

La règle de départ est protectrice. « L’allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. Elle est incessible et insaisissable, sauf pour le paiement des frais d’entretien de la personne handicapée et pour le recouvrement des créances mentionnées aux articles L. 581-1 et L. 581-3 , selon les modalités prévues au troisième alinéa de l’article L. 553-2. » (article L. 821-5 du code de la sécurité sociale). Concrètement, un créancier ordinaire — banque, organisme de crédit, fournisseur — ne peut pas faire saisir votre AAH entre les mains de la caisse, ni exiger qu’elle lui soit versée directement. La saisie d’une somme insaisissable sur votre compte bancaire doit laisser à votre disposition le solde bancaire insaisissable, égal au montant du RSA pour une personne seule. Si votre banque a tout bloqué sans laisser ce minimum, signalez-le par écrit à l’agence et au commissaire de justice, avec un relevé montrant la nature des sommes versées.

Deux exceptions doivent être connues pour éviter les mauvaises surprises. D’abord, les frais d’entretien de la personne handicapée : l’organisme qui assume cette charge peut obtenir de la caisse le versement direct de l’allocation en cas de non-paiement. Ensuite, les créances recouvrées sur le fondement des articles L. 581-1 et L. 581-3, qui visent pour l’essentiel les pensions alimentaires et le recouvrement opéré par les caisses : « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » (article L. 722-2 du code de la consommation). Les dettes alimentaires suivent donc un régime à part : elles ne sont ni suspendues par la recevabilité, ni effaçables dans le rétablissement personnel. Si l’huissier agit pour une pension alimentaire impayée, la discussion porte sur le montant prélevé et sur le minimum vital, pas sur le principe du paiement.

Sur le compte bancaire, la pratique montre trois erreurs fréquentes. La banque applique une saisie sur l’ensemble du solde sans isoler la part insaisissable. Le débiteur, paniqué, vide lui-même le compte ou multiplie les virements, ce qui complique la preuve de l’origine des fonds. Ou bien le créancier cumule une saisie-attribution et des frais qui absorbent le minimum protégé. La parade est simple : conservez trois mois de relevés où figure le versement de l’AAH, demandez à la banque par écrit le décompte du solde bancaire insaisissable, et joignez ces pièces au dossier de surendettement. La commission puis le juge ont besoin de voir que l’allocation, une fois les charges payées, ne laisse aucune capacité de remboursement réelle.

Le contentieux confirme que la recevabilité fait écran aux poursuites. La deuxième chambre civile juge : « Il résulte de ce texte que la décision de recevabilité de la demande de traitement de la situation de surendettement emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur. » (Civ. 2, 8 février 2024, n° 22-14.528). Et elle ajoute que « Il résulte de l’article L. 761-2 du code de la consommation que tout acte effectué en violation de l’article L. 722-2 du même code, posant le principe de l’interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur, peut être annulé par le juge des contentieux de la protection, à la demande de la commission de surendettement » (Civ. 2, 28 mars 2024, n° 22-12.797). Autrement dit, un acte de poursuite accompli après la recevabilité, en violation de l’interdiction, peut être annulé. Gardez donc la preuve de la date de la recevabilité et de tout acte postérieur : c’est le cœur d’une demande d’annulation.

B. Déclarer l’AAH à la commission : ressources, charges de handicap et reste à vivre

Le dépôt du dossier n’est pas réservé aux salariés. « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir. » (article L. 711-1 du code de la consommation). Percevoir l’AAH n’exclut pas du dispositif : ce qui compte, c’est l’impossibilité manifeste de payer, appréciée au regard de l’ensemble des dettes et des ressources réelles. La bonne foi s’apprécie au moment du dépôt : un endettement aggravé sciemment, des déclarations mensongères ou des manœuvres pour organiser l’insolvabilité peuvent faire échec à la recevabilité. Déclarez donc tout, y compris ce qui vous semble défavorable.

La déclaration des ressources doit reprendre l’AAH pour son montant exact, les revenus d’activité même faibles, les autres prestations (aides au logement, compléments), et les aides ponctuelles. N’oubliez pas les ressources du conjoint ou du partenaire lorsque le dossier est commun, ni les pensions versées pour les enfants. Joignez les trois derniers bulletins ou attestations de versement, l’avis d’attribution de l’AAH, et tout justificatif de cumul avec une activité : la commission raisonne sur une moyenne mensuelle, et un mois exceptionnel peut fausser le calcul si vous ne l’expliquez pas.

Le point décisif pour un bénéficiaire de l’AAH se situe dans les charges. La loi réserve par priorité la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes : « Pour l’application des dispositions des articles L. 732-1 , L. 733-1 ou L. 733-4 , le montant des remboursements est fixé, dans des conditions précisées par décret en Conseil d’Etat, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail, de manière à ce que la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité. » (article L. 731-1 du code de la consommation). Pour une personne en situation de handicap, les dépenses courantes dépassent souvent le barème standard : reste à charge de soins et d’appareillage, transports adaptés, aide à domicile non financée, surcoût de logement accessible, alimentation spécifique. Listez chaque poste avec son montant mensuel réel et son justificatif : ordonnances, devis d’appareillage, factures d’aide à domicile, attestation de la MDPH, surcoût de loyer lié à l’accessibilité. La commission peut retenir les montants réels déclarés au lieu du barème, à condition d’être mise en mesure de les vérifier.

Préparez un budget mensuel lisible en deux colonnes. À gauche, toutes les ressources nettes du ménage, AAH comprise. À droite, toutes les charges : loyer et charges locatives, énergie, eau, alimentation, santé et handicap, transports, garde d’enfants, frais scolaires, assurances indispensables, et les dettes dont le paiement ne peut pas attendre (pension alimentaire, amendes en cours de recouvrement). La différence entre les deux colonnes donne votre capacité de remboursement réelle. Si elle est nulle ou négative, le dossier doit l’établir chiffres à l’appui : c’est ce tableau que la commission puis, en cas de contestation, le juge des contentieux de la protection examineront en premier. Pour un éclairage chiffré sur le minimum à conserver mois après mois, notre analyse du reste à vivre dans un dossier de surendettement détaille la méthode de calcul et les postes que l’huissier ne peut pas absorber.

Anticipez aussi la question du logement. Si vous êtes locataire, joignez le bail, les quittances et toute procédure en cours : la commission peut intégrer le loyer dans les mesures et, en cas de dette locative, articuler le plan avec les délais du juge. Si vous êtes propriétaire d’un bien modeste adapté à votre handicap, ne le vendez pas avant d’avoir déposé : la vente précipitée, à mauvais prix, peut être analysée comme une aggravation de votre situation, alors que le maintien dans un logement adapté constitue souvent une dépense de santé à part entière. La Cour de cassation admet d’ailleurs que l’effacement des dettes ne soit pas subordonné à la vente de la résidence principale lorsque le débiteur établit qu’il se trouverait dans l’impossibilité de se reloger (Civ. 2, 22 mai 2025, n° 23-10.900). Pour une personne handicapée dont le logement est adapté, cet argument pèse d’autant plus : joignez les devis d’adaptation déjà engagés et l’attestation médicale décrivant les aménagements indispensables.

II. Commission, mensualités trop lourdes et huissier qui continue : suspendre, contester et effacer

A. Recevabilité, suspension des poursuites et mensualité de remboursement : que se passe-t-il concrètement ?

Une fois le dossier déposé, la commission examine d’abord la recevabilité, puis oriente le dossier. « La demande de traitement de la situation de surendettement est portée devant la commission compétente qui peut, soit proposer ou imposer des mesures de traitement dans les conditions prévues au titre III, soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou saisir, avec l’accord du débiteur, le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire dans les conditions prévues au titre IV. » (article L. 712-2 du code de la consommation). Trois issues sont donc possibles : un plan conventionnel négocié avec les créanciers, des mesures imposées par la commission, ou le rétablissement personnel avec effacement total ou partiel des dettes.

L’effet le plus immédiat de la recevabilité concerne les poursuites. Dès la décision de recevabilité, les voies d’exécution sont suspendues et interdites pour les dettes autres qu’alimentaires, comme le rappelle l’article L. 722-2 cité plus haut. Le commissaire de justice qui continue à saisir après cette date agit en violation de l’interdiction : conservez chaque acte, chaque courrier et chaque relevé bancaire postérieurs à la notification de la recevabilité. La commission peut demander au juge des contentieux de la protection l’annulation de l’acte irrégulier dans le délai d’un an, et vous pouvez vous-même contester une mesure conservatoire devant le juge de l’exécution. L’arrêt du 28 mars 2024 précise que la faculté donnée à la commission ne fait pas obstacle au droit du débiteur d’agir lui-même : ne restez pas passif en attendant que la commission se saisisse du problème.

Vient ensuite la question centrale pour un bénéficiaire de l’AAH : la mensualité. La commission calcule une capacité de remboursement à partir de vos ressources, AAH comprise, diminuées des dépenses courantes réservées par priorité. Si le résultat est positif mais faible, elle propose un rééchelonnement ou impose des mesures : « En l’absence de mission de conciliation ou en cas d’échec de celle-ci, la commission peut, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de fournir leurs observations, imposer tout ou partie des mesures suivantes : 1° Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours » (article L. 733-1 du code de la consommation). La Cour de cassation rappelle que « Selon l’article L. 733-1, 1°, du même code, le juge peut notamment, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de fournir leurs observations, imposer le rééchelonnement du paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours. » (Civ. 2, 22 mai 2025, n° 23-10.900).

Si la mensualité fixée dépasse ce que votre budget permet une fois payées les dépenses de santé et de handicap, ne la laissez pas s’installer. Écrivez immédiatement à la commission pour signaler l’erreur de calcul, chiffres et justificatifs à l’appui : AAH nette réellement perçue, reste à charge mensuel, dépenses d’appareillage lissées sur l’année. Une mensualité tenable pendant trois mois puis impayée conduit à la déchéance du plan et au retour des poursuites. Mieux vaut contester tout de suite une mesure intenable que de subir ensuite une déchéance qui fragilise tout nouveau dépôt.

Le dépôt entraîne aussi l’inscription au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers : « Un fichier national recense les informations sur les incidents de paiement caractérisés liés aux crédits accordés aux personnes physiques pour des besoins non professionnels. » (article L. 751-1 du code de la consommation). Cette inscription complique l’accès à un nouveau crédit pendant la procédure, mais elle ne bloque ni le maintien du compte bancaire ni le bénéfice des mesures. Vérifiez que la banque n’en profite pas pour clôturer votre compte ou supprimer vos moyens de paiement sans motif : le droit au compte reste ouvert même en cours de procédure.

B. Mesures imposées trop lourdes, plan non tenu et effacement : contester devant le juge, redéposer et agir à Paris

Lorsque la commission impose des mesures que vous jugez intenables, la contestation suit un circuit précis. « Une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans un délai fixé par décret, les mesures imposées par la commission en application des articles L. 733-1 , L. 733-4 ou L. 733-7 . » (article L. 733-10 du code de la consommation). Ce délai est de trente jours à compter de la notification : « la contestation à l’encontre des mesures que la commission entend imposer est formée par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à son secrétariat dans un délai de trente jours à compter de leur notification » (article R. 733-6 du code de la consommation). La déclaration doit indiquer vos nom, prénoms et adresse, les mesures contestées et les motifs de la contestation, et être signée. Un envoi en lettre simple ou hors délai rend la contestation irrecevable : utilisez le recommandé avec accusé de réception et conservez-en la preuve.

Devant le juge, tout se rejoue sur le fond. La Cour de cassation juge que « c’est dans l’exercice de son pouvoir souverain d’appréciation que le juge du surendettement détermine, pour chacune des dettes, les mesures propres à assurer le redressement de la situation du débiteur, sans qu’il soit tenu par les dispositions de l’article 2285 du code civil » (Civ. 2, 4 juillet 2024, n° 23-17.625), et que « Selon l’article L. 733-13 du code de la consommation, le juge saisi de la contestation prévue à l’article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1, L. 733-4 et L. 733-7. » (même arrêt). Le juge peut donc rééchelonner, réduire le taux, suspendre l’exigibilité jusqu’à deux ans, ou effacer partiellement, dette par dette, en tenant compte de votre situation réelle de personne handicapée. Préparez l’audience comme un nouveau calcul : budget actualisé, devis d’appareillage récents, attestation MDPH à jour, preuve que la mensualité imposée absorbe le minimum vital.

Si votre situation est irrémédiablement compromise et que vous ne possédez que des biens insaisissables ou sans valeur, la commission impose le rétablissement personnel sans liquidation : « Si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l’article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article L. 724-1, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. » (article L. 741-1 du code de la consommation). L’effet est radical : « En l’absence de contestation dans les conditions prévues à l’article L. 741-4 , le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l’effacement de toutes les dettes, professionnelles et non professionnelles, du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission, à l’exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 et L. 711-5 et des dettes dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques. » (article L. 741-2 du code de la consommation). Les dettes alimentaires, les amendes pénales et les dettes frauduleuses restent dues : faites vérifier la liste des dettes effaçables avant de fonder votre stratégie sur cette issue.

À Paris et en Île-de-France, quelques repères pratiques. Le dossier se dépose auprès de la commission de surendettement de votre département de résidence, via le secrétariat assuré par la Banque de France : préparez un dossier complet en un seul envoi pour éviter les demandes de pièces qui allongent l’instruction de plusieurs semaines. Les contestations relèvent du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de votre domicile — à Paris, le tribunal judiciaire de Paris, pôle de la protection. Les délais parisiens d’audiencement imposent d’anticiper : formez votre contestation dès la notification, sans attendre la fin du délai de trente jours, et demandez à l’audience la vérification des créances dont le montant vous paraît contestable. Apportez l’attribution MDPH, les trois derniers relevés bancaires faisant apparaître le versement de l’AAH, le tableau mensuel des dépenses de handicap et toute décision de la caisse : un dossier parisien bien chiffré obtient plus vite une mensualité réaliste ou une orientation vers le rétablissement personnel.

Enfin, si un premier plan a échoué parce que la mensualité était inadaptée à vos charges de handicap, un nouveau dépôt reste possible après la déchéance, à condition de démontrer un changement dans votre situation ou une erreur dans l’évaluation précédente. Joignez au nouveau dossier l’historique des paiements effectués, la preuve des dépenses de santé intervenues depuis, et l’explication précise de l’impayé : une déchéance expliquée par des frais d’appareillage imprévus se présente différemment d’un abandon silencieux des versements. Chaque dépôt fait l’objet d’un nouvel examen de recevabilité et de bonne foi.

Conclusion

L’AAH ne vous exclut pas du surendettement : elle modifie seulement la manière de calculer ce que vous pouvez payer. Retenez l’essentiel. L’allocation est insaisissable sauf pour les frais d’entretien et les créances recouvrées sur le fondement des articles L. 581-1 et L. 581-3, et la banque doit toujours laisser le solde bancaire insaisissable sur votre compte. La recevabilité suspend et interdit les poursuites pour les dettes autres qu’alimentaires, et tout acte accompli en violation de cette interdiction peut être annulé par le juge. La commission calcule votre mensualité après avoir réservé par priorité les dépenses courantes du ménage : vos charges de handicap documentées diminuent directement ce que les créanciers peuvent exiger. Les mesures imposées se contestent dans les trente jours devant le juge des contentieux de la protection, qui statue avec un pouvoir souverain d’appréciation, dette par dette. Et lorsque la situation est irrémédiablement compromise, le rétablissement personnel sans liquidation efface les dettes, à l’exception des dettes alimentaires, pénales et frauduleuses.

Le fil conducteur de chaque étape est le même : déclarer l’AAH au centime près, chiffrer les dépenses liées au handicap avec des justificatifs, réagir par recommandé dans chaque délai, et conserver la preuve de tout acte de poursuite postérieur à la recevabilité. Un dossier précis, déposé complet et contesté à temps, transforme une allocation fragile en socle protégé sur lequel la commission puis le juge peuvent bâtir une mesure tenable.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».