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Dossier de surendettement et mutuelle santé impayée et résiliée : cotisations réclamées, soins restés sans remboursement — déclarer, suspendre, effacer et contester devant le juge, que faire ?

Quand le budget se tend, la cotisation de mutuelle est souvent l’une des premières dépenses que l’on cesse de payer, juste avant de découvrir ce que cela coûte vraiment : les remboursements complémentaires s’arrêtent, une hospitalisation ou des soins dentaires restent presque entièrement à votre charge, puis la mutuelle résilie le contrat et confie les cotisations impayées à un huissier. La spirale est connue et elle n’a rien d’une faute : c’est l’enchaînement mécanique du défaut de paiement, de la suspension de garantie et de la résiliation. Le dossier de surendettement permet d’en sortir. Les cotisations de mutuelle impayées se déclarent à la commission de la Banque de France comme les autres dettes, les poursuites de l’huissier sont suspendues dès la recevabilité, le solde peut être rééchelonné ou effacé, et son montant peut être contesté devant le juge des contentieux de la protection. Cet article explique comment déclarer chaque cotisation et chaque frais, comment la suspension des poursuites protège vos comptes et votre salaire, dans quels cas la dette de mutuelle s’efface, comment la complémentaire santé solidaire prend le relais quand les revenus chutent, et comment contester dans les vingt jours un montant réclamé à tort.

I. Déclarer les cotisations de mutuelle impayées dans le dossier de surendettement et faire suspendre les poursuites de l’huissier

A. Mutuelle suspendue puis résiliée pour impayé : comprendre la mécanique des trente jours et déclarer chaque cotisation à la Banque de France

La résiliation d’une mutuelle pour non-paiement n’est jamais immédiate : elle suit une mécanique légale en trois temps que vous devez connaître pour dater chaque dette. Pour les mutuelles, le texte applicable prévoit que le défaut de paiement dans les dix jours de l’échéance ouvre une première phase : « Dans le cadre des opérations individuelles, à défaut de paiement d’une cotisation ou fraction de cotisation due dans les dix jours de son échéance, et indépendamment du droit pour la mutuelle ou l’union de poursuivre l’exécution de l’engagement contractuel en justice, la garantie ne peut être suspendue que trente jours après la mise en demeure du membre participant. » Concrètement, après l’échéance impayée, la mutuelle doit vous adresser une mise en demeure, et ce n’est que trente jours plus tard que vos garanties peuvent être suspendues : pendant ce délai, vos soins restent couverts. Si la cotisation annuelle était fractionnée en mensualités, la suspension produit ses effets jusqu’à la fin de l’année considérée : « Au cas où la cotisation annuelle a été fractionnée, la suspension de la garantie, intervenue en cas de non-paiement d’une des fractions de cotisation, produit ses effets jusqu’à l’expiration de la période annuelle considérée. » Puis vient la résiliation : « La mutuelle ou l’union a le droit de résilier ses garanties dix jours après l’expiration du délai de trente jours prévu à l’alinéa précédent. » La loi impose en outre une information claire dès la mise en demeure : « Lors de la mise en demeure, le membre participant est informé qu’à l’expiration du délai prévu à l’alinéa précédent le défaut de paiement de la cotisation est susceptible d’entraîner la résiliation des garanties. » Vérifiez donc que vous avez bien reçu cette mise en demeure et qu’elle mentionnait ce risque : une résiliation prononcée sans mise en demeure régulière est contestable, comme on le verra devant le juge.

Deux situations particulières méritent d’être distinguées avant de déclarer. D’abord, si votre couverture résulte d’un contrat collectif obligatoire souscrit par votre employeur, le régime n’est pas le même : pour les contrats d’assurance à adhésion obligatoire, la loi prévoit que lorsque l’adhésion résulte d’une obligation prévue par une convention de branche ou un accord professionnel ou interprofessionnel, l’assureur ne peut pas recourir à la suspension de la garantie ni à la résiliation pour non-paiement. Si vous êtes salarié et que votre employeur prélevait la part salariale sur votre paie, c’est à lui qu’il appartient de reverser les cotisations : ne déclarez pas comme vôtre une dette qui incombe à l’employeur, et produisez vos bulletins de paie pour le démontrer. Ensuite, si le contrat n’a pas été résilié et que vous payez l’arriéré, la garantie reprend automatiquement : « La garantie non résiliée reprend pour l’avenir ses effets, à midi, le lendemain du jour où ont été payées à la mutuelle ou à l’union la cotisation arriérée ou, en cas de fractionnement de la cotisation annuelle, les fractions de cotisation ayant fait l’objet de la mise en demeure et celles venues à échéance pendant la période de suspension ainsi que, éventuellement, les frais de poursuites et de recouvrement. » Cette reprise ne joue que pour l’avenir et seulement si le contrat n’a pas été résilié : une fois la résiliation prononcée, payer l’arriéré n’efface pas la dette et ne rouvre pas les droits, il faut souscrire un nouveau contrat ou basculer vers la complémentaire santé solidaire.

La déclaration à la commission recense chaque cotisation impayée, échéance par échéance, avec les références du contrat, les dates d’échéance, les mises en demeure reçues et, le cas échéant, la notification de suspension puis de résiliation. Ajoutez les frais de poursuite et de recouvrement réclamés par la mutuelle ou son huissier, en exigeant leur détail, car seuls les frais justifiés intègrent le passif. Déclarez aussi les soins restés sans remboursement du fait de la suspension : s’ils ont donné lieu à des factures impayées, comme un reste à charge d’hôpital ou de dentiste, déclarez ces factures séparément avec leurs propres justificatifs, car ce sont des dettes distinctes de la cotisation. L’ensemble entre dans le champ du surendettement, la loi visant toutes les dettes des personnes de bonne foi : « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir. » Les cotisations à échoir d’un contrat toujours en cours se déclarent également. Et si vous cumulez dettes personnelles et dettes liées à une activité indépendante, aucune distinction ne peut fonder un refus : « Il résulte de ce texte que le bénéfice des mesures de traitement de la situation de surendettement est ouvert au bénéfice des personnes physiques de bonne foi qui se trouvent dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de leurs dettes, professionnelles et non professionnelles, sans distinction selon la part respective de ces dettes. » Il s’agit d’un arrêt de la deuxième chambre civile du 2 juillet 2026, rendu sur le pourvoi numéro 23-21.550.

B. Dossier déclaré recevable : l’huissier de la mutuelle doit suspendre les saisies et les retenues sur salaire, sans que la garantie reprenne pour autant

La recevabilité prononcée par la commission arrête les voies d’exécution engagées pour les cotisations impayées. La règle vise tous les biens du débiteur et les cessions de rémunération : « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » Une dette de mutuelle n’étant pas alimentaire, l’huissier missionné par la mutuelle ou par la société de recouvrement ne peut plus pratiquer une saisie-attribution sur votre compte bancaire, une saisie-vente de vos meubles ou une saisie de votre véhicule au titre des cotisations déclarées. Si une saisie sur salaire a été mise en place avant la recevabilité pour cette dette, les retenues cessent et les sommes déjà prélevées mais non encore reversées ne peuvent plus l’être pendant la suspension. La protection dure le temps de l’instruction et de la décision : « Les procédures et les cessions de rémunération sont suspendues ou interdites, selon les cas », jusqu’à l’approbation du plan conventionnel, jusqu’à la décision imposant les mesures de traitement ou jusqu’au jugement de rétablissement personnel, puis « Cette suspension et cette interdiction ne peuvent excéder deux ans. » Pendant ces deux ans au maximum, ne payez plus directement la mutuelle ni son huissier au titre des dettes déclarées, sauf instruction écrite contraire de la commission ; continuez en revanche à payer les cotisations du nouveau contrat ou de la complémentaire santé solidaire avec participation, car ces cotisations courantes ne font pas partie du passif suspendu. Et si la mutuelle conteste la recevabilité devant le juge, la protection demeure, car le recours formé contre la décision de recevabilité ne suspend pas ses effets.

Comme pour tout fichage, il faut distinguer la suspension des poursuites et la situation contractuelle : la recevabilité n’oblige pas la mutuelle à vous réassurer ni à rouvrir des garanties résiliées. Si le contrat a été résilié, il le reste ; si la garantie est seulement suspendue, elle ne reprend qu’en cas de paiement de l’arriéré dans les conditions légales, paiement que la suspension des poursuites ne vous autorise pas à effectuer isolément. Organisez donc sans attendre votre couverture santé de relais : vérifiez vos droits à la complémentaire santé solidaire, dont la loi ouvre le bénéfice aux personnes dont les ressources du foyer sont inférieures à un plafond fixé par décret, sans participation financière, ou avec une participation réduite quand les ressources se situent entre ce plafond et ce même plafond majoré de trente-cinq pour cent : « Les personnes mentionnées à l’article L. 160-1 ont droit à une protection complémentaire en matière de santé dans les conditions suivantes : 1° Sans acquitter de participation financière lorsque leurs ressources ainsi que celles des autres personnes membres du même foyer sont inférieures à un plafond déterminé par décret ; 2° Sous réserve d’acquitter une participation financière lorsque leurs ressources ainsi que celles des autres personnes membres du même foyer sont comprises entre le plafond mentionné au 1° et ce même plafond majoré de 35 % ». Déposez la demande auprès de votre caisse dès le dépôt du dossier de surendettement, car l’instruction prend plusieurs semaines et vos soins en cours n’attendent pas. Si vous êtes salarié et couvert par le contrat collectif obligatoire de l’entreprise, signalez à la commission tout maintien de garanties prévu en cas d’arrêt de travail, afin que la cotisation salariale éventuellement due soit correctement traitée.

Quand l’huissier continue malgré la recevabilité, réagissez par écrit et sans délai. Adressez-lui en recommandé avec accusé de réception la copie de la notification de recevabilité, le numéro du dossier et le rappel de l’interdiction des procédures d’exécution, et informez-en la mutuelle elle-même. Prévenez le secrétariat de la commission, qui peut rappeler le créancier à ses obligations et saisir le juge des contentieux de la protection si le trouble persiste. Conservez chaque courrier, chaque acte et chaque relevé bancaire montrant un prélèvement postérieur à la recevabilité : le juge pourra ordonner la mainlevée des mesures irrégulières et la restitution des sommes. Une vigilance particulière s’impose sur les prélèvements automatiques : une autorisation de prélèvement donnée à la mutuelle avant le dépôt peut continuer à produire des débits après la recevabilité. Révoquez par écrit auprès de votre banque le mandat de prélèvement correspondant aux dettes déclarées, en conservant la preuve de la révocation, et signalez à la commission tout débit intervenu malgré tout, afin qu’il soit pris en compte dans l’état du passif. En revanche, ne révoquez pas les prélèvements du nouveau contrat de complémentaire ni ceux de vos charges courantes, qui doivent continuer à être honorés.

II. Faire effacer la dette de mutuelle ou contester son montant devant le juge des contentieux de la protection

A. Effacement total ou partiel des cotisations : plan, mesures imposées et rétablissement personnel, avec vos frais de santé protégés

Une fois le dossier recevable et les créances vérifiées, la commission cherche d’abord un accord avec les créanciers, mutuelle comprise, puis elle peut imposer des mesures qui visent expressément les dettes de toute nature. Quand la conciliation échoue, la commission peut, à la demande du débiteur et après avoir mis les parties en mesure de présenter leurs observations, rééchelonner les cotisations impayées sur sept ans au maximum, imputer les paiements d’abord sur le capital, réduire le taux d’intérêt des échéances reportées et suspendre l’exigibilité des créances non alimentaires pour deux ans au plus. Pour une dette de mutuelle, cela donne des résultats concrets : un échéancier ramené à votre capacité réelle, des versements qui font baisser le principal au lieu d’alimenter des frais, et, quand vos revenus doivent d’abord se reconstruire, une suspension qui laisse le temps de stabiliser la situation. Ces mesures se calculent en préservant votre vie quotidienne, et la loi y intègre expressément les dépenses de santé : « Elle intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé. » Si vous payez une nouvelle complémentaire, des traitements, des lunettes, des prothèses dentaires ou des transports médicaux, chiffrez ces frais et produisez les justificatifs : ils augmentent votre reste à vivre et réduisent la mensualité exigible par la mutuelle et les autres créanciers. C’est le paradoxe fécond de ces dossiers : vos frais de santé non couverts pendant la période sans mutuelle deviennent la raison légale de payer moins chaque mois.

Quand aucun remboursement n’est réellement envisageable, la loi prévoit l’effacement. Si vos ressources ou votre patrimoine réalisable le permettent, la commission prescrit des mesures graduées ; mais « Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa, la commission peut, dans les conditions du présent livre : 1° Soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire si elle constate que le débiteur ne possède que des biens meublants nécessaires à la vie courante et des biens non professionnels indispensables à l’exercice de son activité professionnelle, ou que l’actif n’est constitué que de biens dépourvus de valeur marchande ou dont les frais de vente seraient manifestement disproportionnés au regard de leur valeur vénale ; 2° Soit saisir, si elle constate que le débiteur n’est pas dans la situation mentionnée au 1°, avec l’accord du débiteur, le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire. » Le rétablissement sans liquidation, que la commission impose elle-même quand le débiteur ne détient que les biens visés par la loi, efface les dettes non exclues, dont les cotisations de mutuelle et les frais s’y rapportant : « Si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l’article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article L. 724-1, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. » Une dette de mutuelle n’appartient à aucune des catégories exclues de tout effacement, qui sont énumérées strictement : « Sauf accord du créancier, sont exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement : 1° Les dettes alimentaires ; 2° Les réparations pécuniaires allouées aux victimes dans le cadre d’une condamnation pénale ; » suivies des dettes frauduleuses envers les organismes sociaux et de certaines dettes fiscales majorées. La mutuelle et son huissier ne peuvent donc plus réclamer une fois l’effacement prononcé, et toute somme prélevée après doit être restituée. L’effacement n’oblige toutefois pas la mutuelle à vous reprendre : pour vos soins futurs, appuyez-vous sur la complémentaire santé solidaire ou sur un nouveau contrat souscrit après l’effacement, en vérifiant que son questionnaire de santé et son délai de carence éventuel sont compatibles avec vos traitements en cours.

B. Contester les cotisations réclamées : le délai de vingt jours et la vérification de chaque créance devant le juge

Avant d’effacer ou d’échelonner, encore faut-il devoir vraiment la somme réclamée, et les relevés de mutuelle comportent parfois des erreurs : cotisations postérieures à la résiliation, frais de poursuite non justifiés, double facturation d’une échéance, part employeur réclamée au salarié dans un contrat collectif obligatoire, garantie prétendument suspendue alors qu’aucune mise en demeure régulière ne vous est parvenue. La procédure organise cette vérification. La commission dresse l’état du passif au vu des éléments des parties puis le notifie au débiteur par recommandé avec accusé de réception : « Au vu de l’ensemble des éléments produits par les parties, la commission dresse l’état du passif et le notifie au débiteur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. » Le débiteur peut alors exiger la saisine du juge : « Le débiteur peut, dans un délai fixé par décret, contester l’état du passif dressé par la commission et demander à celle-ci de saisir le juge des contentieux de la protection, aux fins de vérification de la validité des créances, des titres qui les constatent et du montant des sommes réclamées. La commission est tenue de faire droit à cette demande. » Ce droit s’exerce dans un délai impératif de vingt jours à compter de la notification, comme le rappelle la deuxième chambre civile : « le débiteur peut contester l’état de son passif dressé par la commission de surendettement des particuliers dans un délai de vingt jours à compter de la date à laquelle cet état lui est notifié ; qu’à l’expiration de ce délai, le débiteur ne peut plus formuler une telle demande ». Il s’agit d’un arrêt du 12 juin 2025, rendu sur le pourvoi numéro 23-15.025.

Pour une dette de mutuelle, les points à vérifier devant le juge sont précis. Premier point : la mise en demeure préalable à la suspension, avec sa date, son contenu et la preuve de son envoi, car la garantie ne peut être suspendue que trente jours après une mise en demeure régulière. Deuxième point : la date exacte de la résiliation, dix jours après l’expiration du délai de trente jours, afin d’écarter toute cotisation postérieure indûment réclamée. Troisième point : l’information donnée lors de la mise en demeure sur le risque de résiliation, exigée par la loi. Quatrième point : le détail des frais de poursuite et de recouvrement, qui doivent correspondre à des actes réels et justifiés. Cinquième point : dans un contrat collectif obligatoire, la part respective de l’employeur et du salarié, avec les bulletins de paie prouvant les précomptes. Rassemblez dès le dépôt du dossier le contrat, les appels de cotisation, les mises en demeure, les notifications de suspension et de résiliation, ainsi que tout courrier de la mutuelle : le jour où l’état du passif arrive, vous n’aurez plus qu’à chiffrer l’écart et à adresser votre contestation écrite au secrétariat de la commission dans les vingt jours, en indiquant la créance contestée et vos motifs. Si la créance est écartée en tout ou partie, votre passif diminue et les mesures s’adoucissent ; si elle est validée, vous paierez une somme juste, intégrée à un plan tenable ou effacée dans le cadre du rétablissement personnel.

Conclusion

Une mutuelle impayée puis résiliée n’est pas une dette à part, malgré l’impression d’être puni deux fois, par la perte des remboursements puis par l’huissier. La mécanique légale est connue : dix jours après l’échéance, mise en demeure obligatoire, suspension possible trente jours plus tard, résiliation dix jours après, avec une information imposée sur ce risque dès la mise en demeure. Chacune de ces étapes se déclare dans le dossier de surendettement comme n’importe quelle dette non professionnelle, et aucune n’appartient aux catégories exclues de toute remise ou de tout effacement. Dès la recevabilité, les saisies de l’huissier et les retenues sur salaire portant sur cette dette sont suspendues, pour deux ans au maximum, le temps que la commission instruise et décide. Selon votre situation, les cotisations seront ensuite rééchelonnées avec des intérêts réduits, suspendues pendant deux ans si vos revenus doivent se reconstruire, ou effacées dans le cadre d’un rétablissement personnel quand la situation est durablement compromise, tandis que la complémentaire santé solidaire assure le relais pour vos soins. Et avant tout cela, vous disposez de vingt jours à compter de la notification de l’état du passif pour contester un montant erroné et obtenir du juge la vérification de la créance, du titre et des sommes. Quatre réflexes résument la marche à suivre : conservez chaque mise en demeure et chaque notification de suspension ou de résiliation ; révoquez le mandat de prélèvement correspondant aux dettes déclarées ; demandez la complémentaire santé solidaire dès le dépôt du dossier ; contestez par écrit dans les vingt jours tout montant douteux avec vos pièces à l’appui. Préparé ainsi, votre dossier cesse d’être une source d’angoisse pour devenir un cadre qui suspend les poursuites, vérifie ce que vous devez vraiment et organise un remboursement possible, ou l’effacement quand le remboursement ne l’est plus.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».