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Préavis d’un mois à Paris en septembre 2026 [RETIRE DOUBLON, BROUILLON]

A la rentrée de septembre 2026, les congés se multiplient à Paris : mutation professionnelle, premier emploi après les études, perte d’emploi, état de santé qui impose un déménagement, logement devenu trop petit ou trop cher. Dans presque tous ces dossiers parisiens, le bailleur répond la même chose : le préavis serait de trois mois, le locataire devrait payer jusqu’au bout, et la lettre de congé serait de toute façon mal rédigée. Or, à Paris, commune située en zone tendue, le locataire qui donne congé bénéficie d’un préavis d’un mois à la seule condition de viser le bon texte et d’indiquer l’adresse du logement. La Cour de cassation l’a jugé le 11 janvier 2026 dans un arrêt de troisième chambre civile très net : pour un bien situé en zone tendue, mentionner l’adresse dans le congé et revendiquer le préavis réduit au visa de la loi suffit à préciser et à justifier le motif. Ce même arrêt sanctionne le bailleur qui, en connaissance de cause, applique trois mois et encaisse un double loyer : la mauvaise foi ouvre droit à des dommages-intérêts en plus du remboursement. Reste à respecter la forme du congé, à calculer la date exacte de fin du préavis à compter de la réception, et à ne payer le loyer que pour la période réellement due, notamment quand le logement est reloué avant la fin du préavis. Ce guide pratique explique, pas à pas, comment donner congé à Paris en septembre 2026, quels justificatifs joindre selon votre situation, comment répondre à un bailleur qui conteste, et quels recours saisir devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris si le trop-perçu n’est pas restitué.

I. A Paris, le locataire obtient un préavis d’un mois : la zone tendue et les motifs personnels qui ouvrent le délai réduit

A. Logement à Paris en zone tendue : un préavis d’un mois avec la seule adresse du bien et le visa de la loi

Le principe posé par l’article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 est simple : « Lorsqu’il émane du locataire, le délai de préavis applicable au congé est de trois mois. » La même phrase ajoute aussitôt l’exception qui intéresse tous les locataires parisiens : « Le délai de préavis est toutefois d’un mois : » « 1° Sur les territoires mentionnés au premier alinéa du I de l’article 17 ; » Ces territoires sont les zones tendues, où la demande de logement dépasse fortement l’offre, listées en annexe du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d’application de la taxe annuelle sur les logements vacants. Paris figure dans cette liste, comme toutes les communes de la petite couronne. Concrètement, tout locataire d’un logement vide à Paris qui donne congé part d’un préavis d’un mois, sans avoir à démontrer une mutation, un problème de santé ou une perte d’emploi.

La seule exigence de forme tient en deux mentions dans la lettre de congé, rappelées par la fiche officielle de service-public consacrée au congé du locataire : le préavis est d’un mois si la lettre de congé indique l’adresse du logement et le bénéfice du délai réduit au visa de l’article 15 et du décret du 10 mai 2013, et reste de trois mois dans le cas contraire. Autrement dit, l’adresse du bien plus le visa des deux textes suffisent ; aucun justificatif extérieur n’est attendu quand le fondement est la zone tendue. Le simulateur officiel des zones tendues, accessible sur service-public.gouv.fr, confirme en quelques clics que Paris ouvre ce délai réduit, et son résultat imprimé rejoint utilement le dossier en cas de contestation.

C’est exactement ce qu’a validé la Cour de cassation dans son arrêt du 11 janvier 2024, troisième chambre civile, pourvoi n° 22-19.891. Une locataire d’un studio avait donné congé en invoquant le préavis réduit au visa de la loi, avec l’adresse du bien, puis précisé après son départ que le logement se trouvait en zone tendue. La bailleresse, soutenant que le motif n’avait été ni précisé ni justifié dans la lettre initiale, avait appliqué trois mois de préavis et conservé deux mois de loyers. La Cour rejette le pourvoi de la bailleresse et pose une règle que tout locataire parisien doit connaître : « le fait pour le locataire de mentionner l’adresse de ce bien dans son congé et de revendiquer le bénéfice d’un préavis réduit au visa des dispositions de la loi Alur suffit à préciser et à justifier le motif invoqué de réduction du délai de préavis. » Le tribunal qui avait constaté que la lettre précisait l’adresse du bien, situé en zone tendue, et que la locataire revendiquait le préavis réduit, « en a exactement déduit que le délai de préavis applicable était d’une durée d’un mois ».

Le même arrêt ajoute une sanction que les bailleurs parisiens, souvent détenteurs de plusieurs logements dans la capitale, redoutent : la Cour approuve les juges du fond d’avoir, dans cet arrêt du 11 janvier 2024, « Ayant souverainement retenu que le contrat de location n’avait pas été exécuté de bonne foi au moment du congé puisque la bailleresse, propriétaire de plusieurs logements au [Localité 4], ne pouvait ignorer que cette commune était située sur l’un des territoires mentionnés au premier alinéa du I de l’article 17 de la loi du 6 juillet 1989 et qu’elle avait, par sa mauvaise foi, causé à la locataire un préjudice financier distinct du retard dans le paiement des sommes dues, caractérisé par le paiement d’un double loyer durant deux mois, le tribunal a légalement justifié sa décision ». Conserver deux mois de loyers en appliquant sciemment trois mois à un logement parisien expose donc le bailleur non seulement au remboursement du trop-perçu, mais aussi à une condamnation indemnitaire. Pour le locataire, la leçon pratique est claire : rédiger un congé qui mentionne l’adresse exacte du logement, vise l’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret du 10 mai 2013, et conserver la preuve de l’envoi et de la réception. Avec ces trois éléments, un bailleur qui persiste à réclamer trois mois se place en tort avéré.

Deux précisions complètent ce tableau parisien. D’abord, le logement meublé constituant la résidence principale relève d’un régime encore plus simple : l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que « Le locataire peut résilier le contrat à tout moment, sous réserve du respect d’un préavis d’un mois, y compris lorsque la durée du bail est réduite à neuf mois. » A Paris, où les baux meublés étudiants et jeunes actifs sont légion à la rentrée, le préavis d’un mois s’applique donc de plein droit, sans condition de zone tendue ni de motif. Ensuite, le bail mobilité, d’une durée d’un à dix mois pour les étudiants et les personnes en mobilité professionnelle, prévoit lui aussi un préavis d’un mois de plein droit. Dans ces deux cas, la seule vigilance porte sur la forme du congé et sur son point de départ, examinés dans la seconde partie.

B. Mutation, premier emploi, perte d’emploi et état de santé : les motifs d’un mois et les justificatifs qui les prouvent

Quand le logement ne se trouve pas en zone tendue, ou quand le locataire veut cumuler les fondements par prudence, l’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 ouvre le préavis d’un mois dans quatre autres situations que la rentrée de septembre rend très fréquentes : « 2° En cas d’obtention d’un premier emploi, de mutation, de perte d’emploi ou de nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi ; » « 3° Pour le locataire dont l’état de santé, constaté par un certificat médical, justifie un changement de domicile ; » S’y ajoutent les bénéficiaires du revenu de solidarité active ou de l’allocation aux adultes handicapés, les victimes de violences conjugales protégées par ordonnance de protection ou poursuites en cours, et les locataires attributaires d’un logement social. Chacun de ces motifs suppose un justificatif joint à la lettre de congé, car la loi impose que « Le locataire souhaitant bénéficier des délais réduits de préavis mentionnés aux 1° à 5° précise le motif invoqué et le justifie au moment de l’envoi de la lettre de congé. A défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois. »

En pratique, la mutation professionnelle se prouve par l’attestation de l’employeur ou l’avenant au contrat de travail précisant la nouvelle affectation et sa date d’effet ; un simple changement de poste dans la même agglomération, sans éloignement réel, reste discuté devant les tribunaux, tandis qu’une mutation de Paris vers une autre région, ou l’inverse à l’arrivée dans la capitale, ne pose aucune difficulté. L’obtention d’un premier emploi, typique des jeunes diplômés qui signent leur premier contrat à Paris en septembre, se justifie par le contrat de travail ou l’attestation d’embauche ; la jurisprudence admet largement ce motif quand le premier emploi suit de près la fin des études, même après un stage ou un contrat court. La perte d’emploi, qu’il s’agisse d’un licenciement, d’une rupture conventionnelle ou de la fin d’un contrat à durée déterminée non renouvelé, s’établit par l’attestation de l’employeur destinée à France Travail, le solde de tout compte ou la notification de rupture ; le nouvel emploi obtenu après une perte d’emploi ouvre le même droit, sur présentation du nouveau contrat. Pour l’état de santé, le certificat médical doit établir le lien entre la pathologie et la nécessité de changer de domicile : un certificat qui se borne à décrire une maladie sans expliquer en quoi le logement actuel est inadapté risque d’être écarté, alors qu’un document qui précise l’escalier impraticable, l’humidité aggravant l’asthme ou l’éloignement des soins emporte la conviction du juge.

A Paris, ces motifs personnels se cumulent presque toujours avec la zone tendue, et le réflexe gagnant consiste à les invoquer ensemble dans la même lettre : viser d’une part la zone tendue avec l’adresse du bien, d’autre part le motif personnel avec son justificatif. Cette double fondation neutralise d’avance les deux objections classiques des bailleurs : si le motif personnel est discuté, la zone tendue suffit, comme l’a jugé la Cour de cassation le 11 janvier 2024 ; si la zone tendue était un jour contestée, le motif personnel documenté prend le relais. La lettre de congé gagne donc à comporter un paragraphe distinct par fondement, chacun avec sa pièce jointe listée en annexe, et à être envoyée avec un bordereau d’envoi conservé. Les agences parisiennes qui gèrent des centaines de lots à la rentrée traitent en priorité les dossiers complets ; un congé qui cite les textes, précise les motifs et joint les preuves obtient le décompte rectifié en quelques jours, là où un congé lapidaire sans visa ni pièce ouvre des semaines d’échanges.

Une erreur fréquente mérite d’être signalée aux locataires qui quittent Paris pour la province : croire que le préavis réduit disparaît avec le départ de la capitale. Le critère légal porte sur la situation du logement quitté, pas sur celle du logement d’arrivée. Un locataire qui libère un appartement parisien pour rejoindre une mutation en région bénéficie du mois de préavis au titre de la zone tendue parisienne, quel que soit le statut de sa commune d’arrivée. Inversement, le locataire qui quitte un logement situé hors zone tendue pour s’installer à Paris ne peut invoquer la zone tendue parisienne ; il doit fonder son mois de préavis sur la mutation, le premier emploi ou un autre motif personnel, avec les justificatifs correspondants. Cette dissymétrie explique de nombreux litiges de septembre, quand les déménagements croisés se multiplient entre Paris et la province, et justifie de dater précisément chaque pièce : contrat de travail signé, attestation reçue, certificat établi avant l’envoi du congé.

II. Congé régulier, date de fin exacte et loyer strictement dû : la méthode qui fait payer le bailleur récalcitrant

A. Notifier un congé inattaquable et calculer sa date d’effet à Paris : lettre recommandée, commissaire de justice ou remise en main propre

Un mois de préavis ne vaut que si le congé est régulier en la forme et si son point de départ est calculé au jour près. L’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 est impératif : « Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, signifié par acte d’un commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. Ce délai court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l’acte du commissaire de justice ou de la remise en main propre. » Tout autre canal, courrier simple, message électronique, appel téléphonique ou lettre glissée sous la porte de l’agence, ne fait courir aucun délai, et le bailleur reste fondé à soutenir qu’il n’a jamais reçu congé. A Paris, où les agences changent parfois d’adresse entre deux rentrées, l’envoi doit viser l’adresse du bailleur ou du mandataire mentionnée dans le bail, à jour de tout avenant ; en cas de doute, le doublon par acte de commissaire de justice, dont l’étude parisienne instrumente dans tout l’arrondissement, sécurise totalement la notification.

Le point de départ du délai concentre l’essentiel des litiges de septembre. Pour la lettre recommandée avec avis de réception, le délai court du jour de la réception effective, c’est-à-dire de la remise contre signature ou du retrait au bureau de poste, et non du jour de l’envoi ni de la première présentation. Un congé posté le 28 août mais retiré le 5 septembre fait courir le mois jusqu’au 5 octobre, et le loyer reste dû jusqu’à cette date. La Cour de cassation applique cette règle avec une rigueur constante, y compris quand le retard de réception vient du bailleur lui-même : dans son arrêt du 23 novembre 2022, troisième chambre civile, pourvoi n° 21-15.899, elle rappelle que « le locataire peut résilier le contrat à tout moment, sous réserve du respect d’un préavis d’un mois. Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou signifié par acte d’huissier ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. Ce délai court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée ou de la signification de l’acte d’huissier ou de la remise en main propre. » En l’espèce, le congé reçu le 18 février ne pouvait prendre effet que le 18 mars, et les juges du fond qui avaient avancé la date au 5 mars, au motif que la bailleresse aurait dû informer les locataires de son changement d’adresse, ont été censurés. La morale parisienne est directe : pour partir tôt, faire partir le recommandé tôt, suivre l’avis de réception en ligne, et relancer par commissaire de justice dès que la lettre stagne.

La remise en main propre contre récépissé ou émargement, très pratiquée dans les agences parisiennes à la rentrée, offre l’avantage d’un point de départ immédiat et incontestable, à condition de faire signer un reçu daté mentionnant l’objet du document remis. Exiger deux exemplaires signés, conserver l’original du récépissé et photographier le document remis écarte toute contestation ultérieure sur le contenu de l’enveloppe. L’acte de commissaire de justice, plus coûteux, présente l’atout inverse : il prouve à la fois la date et le contenu de la signification, et il impressionne les bailleurs qui spéculent sur les vices de forme. Dans les trois cas, la lettre elle-même doit comporter l’identité du locataire, l’adresse précise du logement, la volonté non équivoque de donner congé, le fondement du délai d’un mois avec le visa des textes, le motif personnel et son justificatif le cas échéant, la date d’effet calculée, et la demande d’état des lieux de sortie avec proposition de rendez-vous. Un congé qui réunit ces mentions ne laisse aucune prise : le bailleur qui veut le contester doit attaquer le fond du motif, et à Paris la zone tendue rend cette attaque vaine.

Les colocations et les couples parisiens appellent une vigilance particulière. Quand le bail est signé par plusieurs colocataires avec clause de solidarité, le congé d’un seul ne libère que celui qui part, et la solidarité du sortant pour les loyers postérieurs cesse au plus tard à l’expiration du préavis applicable, à condition qu’un nouveau colocataire ait été trouvé ou que le bail ait été résilié. Chaque colocataire qui quitte les lieux doit donc notifier son propre congé dans les formes légales ; le message groupé ou la lettre signée d’un seul pour le compte de tous ne suffit pas. Pour les couples mariés ou liés par un pacte civil de solidarité, le congé donné par l’un des deux partenaires, dès lors que le bail est commun, produit effet à l’égard des deux, mais la prudence commande une signature conjointe ou deux lettres parallèles. Ces situations, omniprésentes dans les petites surfaces parisiennes, expliquent une part notable des doubles loyers réclamés à tort chaque automne : le colocataire resté dans les lieux croit le congé commun valable, le bailleur exige trois mois, et le sortant paie pour éviter le contentieux. Un congé individuel régulier, fondé sur la zone tendue parisienne, coupe court à ce scénario.

B. Ne payer que le loyer réellement dû et récupérer le trop-perçu : relogement anticipé, dépôt de garantie et juge parisien

Une fois la date de fin du préavis fixée, le montant dû se calcule au jour près, et c’est là que les bailleurs parisiens retiennent le plus souvent des sommes indues. L’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 distingue deux cas : « Pendant le délai de préavis, le locataire n’est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux si le congé a été notifié par le bailleur. Il est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis si c’est lui qui a notifié le congé, sauf si le logement se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur. » Quand le congé émane du locataire, hypothèse de ce guide, le loyer court donc jusqu’au dernier jour du préavis, même après la remise des clés, sauf si un nouveau locataire entre dans les lieux avant ce terme avec l’accord du bailleur. Dans ce cas, l’obligation du sortant cesse le jour de l’entrée du successeur, et tout mois commencé n’est dû qu’au prorata des jours couverts.

Le tribunal judiciaire de Lyon l’a jugé sans détour dans un jugement du 19 mars 2026, pôle de la proximité et de la protection, RG n° 24/01950, dont le raisonnement vaut pour tous les contentieux parisiens identiques : « le locataire qui a notifié le congé n’est pas tenu au paiement du loyer si le logement a été reloué après son départ avec l’accord du bailleur. » Le bailleur, qui avait reloué dès le 17 octobre tout en exigeant le loyer jusqu’au 14 novembre, a été condamné à restituer le prorata indûment conservé. A Paris, où la vacance locative se compte en jours et où les agences relouent fréquemment avant même la fin du préavis du sortant, ce contrôle du chevauchement est décisif : demander par écrit la date d’entrée du nouveau locataire, exiger le décompte proratisé jour par jour, et comparer avec l’avis de taxe ou l’attestation d’assurance du successeur quand le bailleur élude la question. Tout loyer encaissé à la fois du sortant et du nouvel occupant pour la même période constitue un double loyer indu, dont le juge ordonne la restitution, avec intérêts à compter de la mise en demeure.

Le dépôt de garantie obéit à des délais tout aussi stricts, que les bailleurs parisiens dépassent chaque rentrée sous prétexte de devis en cours. L’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 dispose qu’« Il est restitué dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise en main propre, ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, des clés au bailleur ou à son mandataire, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu, aux lieu et place du locataire, sous réserve qu’elles soient dûment justifiées. » Quand l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, ce délai tombe à un mois. Et « A défaut de restitution dans les délais prévus, le dépôt de garantie restant dû au locataire est majoré d’une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard. » Chaque retenue doit donc être justifiée pièce par pièce : facture ou devis, état des lieux d’entrée et de sortie comparés, photos datées. Les forfaits de remise en état, les retenues pour usure normale et les déductions de loyers déjà contestés au titre du préavis sont écartés par le juge, qui statue au vu des pièces et non des affirmations. Le locataire qui transmet sa nouvelle adresse par écrit dès la remise des clés prive en outre le bailleur de la seule excuse légale au retard.

Quand la relance amiable échoue, le contentieux parisien suit un chemin balisé et rapide. La première étape reste la mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception, qui récapitule le congé, le délai d’un mois applicable avec ses fondements, la date de fin du préavis, le décompte proratisé et les sommes réclamées, avec copie des pièces. Joindre l’arrêt de la Cour de cassation du 11 janvier 2024 et le calcul jour par jour accélère souvent le règlement, car les services contentieux des agences parisiennes connaissent cette jurisprudence. A défaut de réponse sous quinze jours, la saisine du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, compétent pour les baux d’habitation de la capitale, s’effectue par requête ou assignation selon le montant, avec un dossier ordonné : bail, lettre de congé et preuve de réception, justificatifs du motif, décompte des loyers, état des lieux d’entrée et de sortie, échanges avec le bailleur. Le juge ordonne la restitution du trop-perçu avec intérêts, applique la majoration de 10 % par mois de retard sur le dépôt de garantie, et alloue des dommages-intérêts quand la mauvaise foi du bailleur est établie, notamment pour les professionnels qui ne pouvaient ignorer la zone tendue parisienne. Les litiges nés des congés de septembre 2026 se plaident ainsi sur un terrain juridique fermement balisé, où le locataire méthodique l’emporte presque toujours.

Conclusion

A Paris, le locataire qui donne congé en septembre 2026 tient un droit au préavis d’un mois que ni l’agence ni le bailleur ne peuvent lui retirer : la zone tendue suffit, avec l’adresse du bien et le visa de l’article 15 et du décret du 10 mai 2013, et les motifs personnels documentés renforcent encore le dossier. La forme du congé et le calcul de sa date d’effet à compter de la réception commandent tout le reste : un recommandé suivi, un récépissé de remise en main propre ou un acte de commissaire de justice écarte les contestations, tandis que le loyer n’est dû que jusqu’au dernier jour du mois de préavis, sauf relogement anticipé qui libère le sortant plus tôt. Face à un bailleur qui applique trois mois, retient un double loyer ou tarde à restituer le dépôt de garantie, la mise en demeure chiffrée puis le juge des contentieux de la protection de Paris obtiennent le remboursement, la majoration de 10 % et, en cas de mauvaise foi avérée, des dommages-intérêts. Conserver chaque preuve, compter chaque jour, viser chaque texte : telle est la méthode qui transforme un congé de rentrée en départ apaisé et soldé.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».