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Marchand de sommeil à Paris : signaler au préfet, suspendre votre loyer et faire condamner le bailleur en 2026

Le 18 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné quatre personnes à la tête d’un vaste réseau de marchands de sommeil en Île-de-France. Des peines d’emprisonnement comprises entre 18 mois et 3 ans, assorties de parties fermes, des amendes de 10 000 à 40 000 euros, l’interdiction d’acquérir un bien immobilier et de gérer, l’obligation de dédommager 80 parties civiles et la confiscation de dix pavillons. Le réseau comptait une centaine de logements répartis notamment à Bobigny, Saint-Denis, Drancy, Pantin et Vitry-sur-Seine, pour 300 occupants. Pendant le procès, la procureure avait relevé des loyers de 650 à 1 200 euros pour des surfaces d’environ 20 m², malgré la présence de rats, de souris, de cafards et d’humidité. Si vous vivez dans un logement insalubre, surpeuplé ou dangereux et que votre bailleur encaisse le loyer sans rien réparer, le droit vous donne des armes immédiates et graduées. Vous pouvez signaler les faits au préfet, obtenir un arrêté qui suspend le loyer de plein droit, exiger un relogement aux frais du bailleur, puis réclamer des milliers d’euros d’indemnisation devant le juge civil tout en exposant le bailleur à des années de prison. Ce guide explique chaque étape, les pièces à réunir et les erreurs à éviter, avec les textes en vigueur et les décisions rendues par les tribunaux.

I. Faire constater que votre logement est indigne et stopper le paiement du loyer

A. Signaler votre logement insalubre au préfet pour obtenir un arrêté qui vous protège

La première démarche consiste à faire constater officiellement l’état du logement par l’administration. Chaque département dispose d’un pôle de lutte contre l’habitat indigne qui reçoit les signalements des occupants, et l’agence régionale de santé contrôle les logements signalés avant que le préfet ne prenne un arrêté. Dans une affaire jugée par la cour d’appel de Poitiers le 16 décembre 2025, une locataire avait saisi le pôle départemental de lutte contre l’habitat indigne de la Charente-Maritime le 29 novembre 2023, puis, le 29 février 2024, un arrêté préfectoral de traitement de l’insalubrité pour local impropre par nature à l’habitation a été pris (CA Poitiers, 2e ch., 16 déc. 2025, RG 25/00886). Cet arrêté a tout déclenché : suspension des loyers, indemnité de relogement et condamnation du bailleur. Votre signalement doit donc décrire précisément les désordres, avec photos, vidéos datées, constats et certificats médicaux si votre santé est affectée.

L’autorité compétente prescrit alors, par arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l’insalubrité, les réparations, la cessation de la mise à disposition ou la démolition, dans un délai qu’elle fixe. L’article L. 511-11 du code de la construction et de l’habitation prévoit que « L’autorité compétente prescrit, par l’adoption d’un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l’insalubrité, la réalisation, dans le délai qu’elle fixe » des mesures nécessitées par les circonstances (CCH, art. L. 511-11). Cette police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, des locaux et des installations s’exerce dans les conditions fixées par le chapitre du code et précisées par décret en Conseil d’État (CCH, art. L. 511-1). Concrètement, le rapport de visite de l’agence régionale de santé ou du service communal d’hygiène décrit chaque désordre, et l’arrêté impose au propriétaire la liste des travaux avec une date butoir.

Quand le danger est imminent, l’administration n’a pas à attendre ni à discuter avec le bailleur au préalable. L’article L. 511-19 du même code dispose que l’autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser le danger dans un délai qu’elle fixe (CCH, art. L. 511-19). Un plancher qui menace de s’effondrer, une installation électrique qui provoque des départs de feu, un escalier sans garde-corps au-dessus du vide : ces situations relèvent de la procédure d’urgence, avec interdiction d’habiter possible dès l’arrêté. Gardez une copie de chaque arrêté, de sa notification et des rapports de visite : ce sont ces documents qui feront foi devant le juge pour la suspension du loyer et l’indemnisation.

Le propriétaire qui ignore l’arrêté s’expose à une sanction financière quotidienne qui court jusqu’à l’exécution des travaux. Lorsque les mesures prescrites n’ont pas été exécutées dans le délai fixé, la personne tenue de les réaliser est redevable d’une astreinte dont le montant, sous le plafond de 1 000 euros par jour de retard, est fixé par arrêté de l’autorité compétente (CCH, art. L. 511-15). Mille euros par jour de retard : cette somme donne au bailleur un motif puissant d’agir vite, et elle prouve au juge civil la gravité de sa faute. Dans l’affaire criminelle jugée définitivement en 2019, les services de l’agence régionale de santé avaient procédé à plusieurs contrôles en mai 2013, avril 2015, juin 2015 et juillet 2016, ce qui avait conduit à la prise de cinq arrêtés préfectoraux notifiés au propriétaire pour logements insalubres ou impropres à la location, sans que le bailleur ne se mette en règle (Cass. crim., 14 nov. 2019, n° 18-84.565). L’accumulation d’arrêtés ignorés transforme un litige locatif en dossier pénal.

Pour constituer un signalement solide, réunissez le bail, les dernières quittances, des photographies datées de chaque pièce, les échanges écrits avec le bailleur restés sans réponse, un constat de commissaire de justice si vous pouvez le financer, et tout document médical liant vos troubles à l’humidité, aux moisissures ou au froid. Signalez par écrit, conservez les accusés de réception et relancez : le délai entre le signalement et l’arrêté conditionne le point de départ de vos droits financiers, comme le montre l’affaire de Poitiers où tout s’est joué sur l’arrêté du 29 février 2024.

B. Suspendre votre loyer de plein droit et exiger un relogement payé par le bailleur

Dès qu’un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l’insalubrité frappe votre logement, le loyer cesse d’être dû automatiquement, sans que vous ayez à saisir le juge pour l’obtenir. L’article L. 521-2 du code de la construction et de l’habitation prévoit que le loyer en principal et toute autre somme versée en contrepartie de l’occupation cessent d’être dus pour les locaux visés par un arrêté pris en application des articles L. 511-11 ou L. 511-19, à compter du premier jour du mois qui suit l’envoi de la notification de la mesure de police (CCH, art. L. 521-2). Les loyers ne redeviennent dus qu’une fois les mesures prescrites réalisées et constatées. Dans l’affaire de Poitiers, le juge a ordonné la suspension des loyers et des charges à compter du 29 février 2024, date de l’arrêté préfectoral, et la cour d’appel a confirmé cette suspension (CA Poitiers, 2e ch., 16 déc. 2025, RG 25/00886). Concrètement, si l’arrêté est notifié en octobre, vous ne devez plus rien à partir du 1er novembre.

Attention à ne pas confondre ce mécanisme avec un droit général de ne plus payer. Sans arrêté, cesser unilatéralement de verser le loyer vous expose à un commandement de payer, à la clause résolutoire et à une procédure d’expulsion. La suspension légale naît de l’arrêté, pas de votre seule appréciation des désordres. Avant l’arrêté, la voie prudente consiste à payer puis à réclamer, ou à saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater l’indécence et obtenir une réduction de loyer et des dommages-intérêts, comme l’a fait le locataire dans l’affaire de Melun jugée le 24 avril 2026 (TJ Melun, JCP, 24 avr. 2026, RG 25/03176 (texte intégral lu via Judilibre authentifié, non diffusé publiquement)). Une fois l’arrêté pris, en revanche, conservez les loyers non dus et exigez la restitution de ceux que vous auriez versés après la date d’effet.

L’arrêté déclenche aussi l’obligation de relogement. Le propriétaire ou l’exploitant est tenu d’assurer le relogement ou l’hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues par la loi (CCH, art. L. 521-1). Si le bailleur ne s’exécute pas alors que l’arrêté comporte une interdiction temporaire ou définitive d’habiter, le maire ou le président de l’établissement public de coopération intercommunale prend les dispositions nécessaires pour héberger ou reloger les occupants, aux frais du propriétaire (CCH, art. L. 521-3-2). Dans l’affaire de Poitiers, la locataire relogée le 31 juillet 2024 a obtenu 899,79 euros à titre provisionnel pour ses frais de relogement, mis à la charge du bailleur. Réclamez donc le remboursement de chaque dépense : déménagement, dépôt de garantie du nouveau logement, surcoût de loyer, nuits d’hôtel, garde-meubles, avec factures à l’appui.

Tirez aussi les conséquences financières de la période antérieure à l’arrêté. La locataire de Poitiers demandait 787 euros de trop-perçu de loyers d’avril 2023 à août 2024, mais le juge l’en a déboutée, décision confirmée en appel : sans arrêté sur cette période, la restitution automatique ne jouait pas. La leçon est claire : pour les mois payés avant l’arrêté, fondez votre demande sur le manquement du bailleur à son obligation de délivrer un logement décent et sur votre préjudice de jouissance, avec diagnostics et constats, plutôt que sur la suspension légale. Chiffrez chaque chef de demande séparément : loyers suspendus depuis l’arrêté, frais de relogement, préjudice de jouissance antérieur, et conservez chaque justificatif.

Enfin, sachez que le bailleur ne peut pas retourner la procédure contre vous pour avoir alerté la presse ou les voisins. Dans l’affaire de Poitiers, le propriétaire réclamait 5 000 euros de préjudice moral parce qu’un article de presse le décrivait comme un véritable marchand de sommeil. La cour a relevé que l’article se bornait à rapporter les doléances de la locataire, manifestement identiques aux constatations objectives de l’autorité administrative dans l’arrêté du 29 février 2024, et a jugé qu’il n’en résultait aucune faute manifeste de la part de la locataire. Dénoncer des faits vérifiés et confirmés par l’administration ne constitue pas une faute.

II. Obtenir réparation et faire condamner le bailleur qui vous a loué un taudis

A. Réclamer des milliers d’euros d’indemnisation sans mise en demeure préalable

Le bailleur doit assurer au locataire la jouissance paisible du logement et le garantir des vices ou défauts qui y font obstacle, sous réserve des défauts consignés dans l’état des lieux et expressément acceptés. C’est ce qu’a rappelé le tribunal judiciaire de Melun le 24 avril 2026, en retenant un manquement du bailleur à son obligation de délivrer un logement décent (TJ Melun, JCP, 24 avr. 2026, RG 25/03176 (texte intégral lu via Judilibre authentifié, non diffusé publiquement)). Surtout, dans ce jugement, le tribunal a accordé au locataire l’indemnisation de ses troubles de jouissance alors même qu’aucune mise en demeure n’avait été adressée au bailleur. Vous n’avez donc pas perdu vos droits parce que vous n’avez pas envoyé de lettre recommandée au début : vos photos, vos diagnostics et vos plaintes suffisent à établir que le bailleur connaissait ou ne pouvait ignorer l’état du logement.

Dans cette affaire, le logement loué meublé depuis octobre 2015 présentait une très faible luminosité, aucune installation de chauffage fixe, des installations électriques défectueuses, de l’humidité persistante et un risque de chute vers le grenier. Le tribunal a retenu l’indécence pour l’absence de ventilation adaptée, les installations électriques défectueuses, l’absence totale de chauffage et la luminosité insuffisante, tout en écartant les griefs non prouvés, comme l’humidité après l’installation d’une ventilation dont la cause restait indéterminée. Le tribunal a condamné le bailleur à verser 7 800 euros en réparation du préjudice de jouissance, 329,47 euros de charges d’électricité indûment mises au compte du locataire et 1 800 euros au titre des frais d’avocat, avec intérêts au taux légal. Pour la seule luminosité insuffisante entre septembre 2020 et février 2026, le préjudice avait été évalué à 50 euros par mois, soit 3 250 euros. Ces chiffres montrent comment chiffrer votre demande : un montant mensuel multiplié par le nombre de mois de troubles, pièce par pièce, désordre par désordre.

Si une procédure pénale est engagée contre votre bailleur, constituez-vous partie civile : c’est le moyen le plus direct d’être indemnisé par le jugement pénal lui-même. Dans le dossier de Bobigny jugé le 18 septembre 2026, 80 parties civiles, dont plusieurs communes, ont obtenu le dédommagement dans le cadre de la condamnation pénale, en plus des peines de prison et des amendes. Dans l’affaire criminelle de 2019, la société propriétaire et son gérant ont été condamnés solidairement à payer diverses sommes aux parties civiles en réparation de leurs préjudices matériel et moral, en plus de 8 000 euros d’amende avec sursis et de la confiscation de l’immeuble au profit de l’agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Cass. crim., 14 nov. 2019, n° 18-84.565). La constitution de partie civile vous dispense d’un procès civil séparé et adosse votre indemnisation aux peines prononcées.

N’oubliez aucun poste de préjudice : préjudice de jouissance mois par mois, surcoût de chauffage d’appoint, vêtements et meubles abîmés par l’humidité, frais médicaux et préjudice moral, frais de relogement et de déménagement, nuits d’hôtel, perte de salaire pour les audiences et les visites d’experts. Faites évaluer votre logement par un diagnostic de décence, gardez les ordonnances et certificats médicaux, photographiez les dégradations de vos biens. Le juge indemnise ce qui est prouvé et chiffré : un dossier avec diagnostics, constats, factures et certificats médicaux vaut plusieurs milliers d’euros de plus qu’une plainte rédigée sans pièces. Si votre logement est indécent sans relever encore de l’insalubrité sanctionnée par arrêté, la voie civile de l’obligation de délivrance d’un logement décent reste ouverte, comme le montre le jugement de Melun qui a indemnisé six années de troubles.

Pour situer votre situation dans l’ensemble des recours liés à l’état du logement, vous pouvez utilement comparer avec les règles de l’indemnisation du logement indécent et de la protection des locataires (indemnisation du logement indécent en 2026). L’articulation est simple : l’indécence ouvre droit à la mise en conformité et à l’indemnisation devant le juge civil, tandis que l’insalubrité constatée par arrêté préfectoral ajoute la suspension automatique du loyer, le relogement aux frais du bailleur et le volet pénal. Visez les deux tableaux quand les faits le permettent : demandez au civil la réparation intégrale et signalez au pénal pour la sanction.

B. Exposer le marchand de sommeil à la prison, aux amendes et à la confiscation de ses biens

Le cœur pénal de la lutte contre les marchands de sommeil tient en un texte : le fait de soumettre une personne dont la vulnérabilité ou l’état de dépendance sont apparents ou connus de l’auteur à des conditions de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine est puni de sept ans d’emprisonnement et de 200 000 euros d’amende (Code pénal, art. 225-14). La vulnérabilité s’apprécie concrètement : précarité financière, situation irrégulière, méconnaissance de la langue, présence d’enfants, absence d’alternative de logement. Le locataire qui accepte 11 m² humides à 570 euros parce qu’il n’a pas le choix est une personne vulnérable au sens de ce texte. Portez plainte avec constitution de partie civile en joignant l’arrêté préfectoral, les rapports de l’agence régionale de santé, vos photos et vos quittances : ces pièces établissent à la fois l’indignité des conditions et la connaissance qu’en avait le bailleur.

La Cour de cassation a validé ce raisonnement dans une affaire de marchands de sommeil portant sur 17 logements. La chambre criminelle a jugé que la cour d’appel avait caractérisé en tous ses éléments, tant matériel qu’intentionnel, le délit et justifié sa décision au regard des articles 225-14 et 225-16 du code pénal (Cass. crim., 14 nov. 2019, n° 18-84.565, publié au Bulletin). Les faits étaient éloquents : un local d’environ 11 m² loué 570 euros, avec des traces d’humidité, des moisissures, des infiltrations, une absence de ventilation et un manque d’isolation, et un locataire en situation financière précaire dont l’état, accentué par la présence de son amie sans ressources, se déduisait de la modestie de ses revenus rapprochée du montant élevé du loyer. La société propriétaire avait été condamnée à 8 000 euros d’amende avec sursis et à la confiscation de l’immeuble, et le gérant à 5 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer. Les personnes morales encourent d’ailleurs, outre l’amende, les peines prévues par la loi et la confiscation du fonds de commerce destiné à l’hébergement ayant servi à commettre l’infraction (Code pénal, art. 225-16).

Les condamnations de Bobigny du 18 septembre 2026 s’inscrivent dans cette lignée répressive : 18 mois à 3 ans d’emprisonnement avec des parties fermes, 10 000 à 40 000 euros d’amende, interdiction d’acquérir un bien immobilier et de gérer, et confiscation de dix pavillons. La confiscation frappe le patrimoine constitué avec l’argent des loyers indignes, et l’interdiction de gérer empêche la reconstitution d’un nouveau réseau sous une autre société. Ajoutez les peines complémentaires classiques : affichage et diffusion de la condamnation, privation de droits civiques, et surtout l’inscription au fichier qui fermera l’accès aux aides publiques. Pour la victime, ces sanctions ont un effet pratique direct : un bailleur condamné et dessaisi de ses biens négocie plus facilement l’indemnisation, et le jugement pénal fait foi des faits devant le juge civil.

À Paris et en Île-de-France, où les loyers élevés et la pénurie de logements exposent les plus modestes aux pires abus, les circuits de signalement sont rodés et les parquets poursuivent. À Paris, signalez auprès des services d’hygiène de la Ville et du préfet, avec copie à l’agence régionale de santé d’Île-de-France ; en Seine-Saint-Denis, la préfecture, le parquet de Bobigny et les communes conduisent des opérations conjointes, comme celle de février 2025 qui a démantelé le réseau jugé en septembre 2026. Rassemblez le bail, les quittances, les relevés de versements en espèces s’il y en a, les constats d’huissier, les attestations de voisins et les documents médicaux, puis déposez plainte au commissariat ou directement auprès du procureur du tribunal judiciaire du lieu du logement : Paris, Bobigny, Créteil ou Nanterre selon l’adresse. Demandez un récépissé, constituez-vous partie civile et transmettez chaque nouvel arrêté ou rapport à l’enquêteur. Les délais pratiques comptent en mois, pas en semaines : signalez tôt, avant que l’hiver n’aggrave l’humidité et le froid, et avant que le bailleur ne revende le bien pour effacer les traces.

Ne laissez pas le bailleur vous intimider après votre plainte : menaces, coupures d’eau ou d’électricité, changement de serrure et expulsions sans jugement constituent des infractions distinctes qui aggravent son cas. Chaque pression doit faire l’objet d’une plainte complémentaire, avec captures de messages, témoignages et constats. Le dossier pénal se nourrit de ces pièces : ce qui ressemble à un simple conflit locatif devient, pièces à l’appui, la démonstration d’un système d’exploitation de la vulnérabilité, exactement ce que les tribunaux de Meaux, Paris puis la Cour de cassation ont sanctionné en 2019, et ce que Bobigny a de nouveau frappé en septembre 2026.

Conclusion

Un logement indigne n’est pas une fatalité ni un simple différend privé : c’est un fait que l’administration peut constater par arrêté, et cet arrêté change tout. Il suspend le loyer de plein droit, impose au bailleur de vous reloger à ses frais et ouvre la voie à des milliers d’euros d’indemnisation, sans mise en demeure préalable. Au pénal, le bailleur qui exploite votre vulnérabilité risque sept ans d’emprisonnement et 200 000 euros d’amende, la confiscation de ses immeubles et l’interdiction de gérer, comme l’ont rappelé la Cour de cassation en 2019 et le tribunal de Bobigny le 18 septembre 2026. Agissez dans l’ordre : photographiez et faites constater, signalez au pôle habitat indigne et à l’agence régionale de santé, cessez de payer uniquement à partir de l’arrêté, réclamez le relogement, chiffrez chaque préjudice, portez plainte et constituez-vous partie civile. Chaque pièce compte, chaque date compte, et les victimes qui documentent obtiennent réparation pendant que les marchands de sommeil perdent leurs biens.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».