Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Banque a clôturé ou bloqué votre compte professionnel en 2026 : frais gratuits, préavis, droit au compte, comment contester et rouvrir vite

Votre carte professionnelle est refusée un matin de paie, vos virements fournisseurs reviennent impayés, puis un courrier de la banque annonce la clôture de votre compte dans trente jours. Pour une société, un artisan ou un indépendant, quelques jours sans compte signifient des salaires bloqués, des prélèvements URSSAF rejetés et, depuis le 1er septembre 2026, des factures électroniques que vous ne pouvez plus recevoir ni payer dans les règles. La séquence est brutale, mais le droit a changé en votre faveur cette année : depuis le 28 mai 2026, la clôture de tout compte professionnel est gratuite, et la banque qui ferme ou qui bloque doit respecter des procédures strictes. Si elle s’en affranchit, vous pouvez la faire condamner et rouvrir un compte en dix jours grâce au droit au compte. Ce dossier explique, pas à pas, comment réagir dans l’urgence, quelles pièces réunir, quels délais imposer à la banque et quels recours engager devant les juridictions parisiennes.

I. Compte professionnel clôturé ou bloqué par votre banque en 2026 : frais gratuits, préavis et limites du droit de la banque

A. Clôture imposée ou voulue : la fermeture est gratuite depuis le 28 mai 2026 et le préavis reste dû

Premier réflexe : vérifier ce que la banque vous facture. Jusqu’au printemps 2026, plusieurs établissements prélevaient encore des frais de clôture sur les comptes professionnels, parfois plusieurs dizaines d’euros par compte, auxquels s’ajoutaient des frais de transfert ou de dossier. Cette pratique est désormais interdite. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a modifié le article L. 312-1-7 du Code monétaire et financier, dont le premier paragraphe dispose :

« La clôture de tout compte de dépôt ou compte sur livret appartenant à une personne physique ou morale est gratuite. »

Le texte vise expressément les personnes morales : sociétés, associations, entreprises individuelles et professions libérales sont couvertes au même titre que les particuliers. Si votre relevé fait apparaître une ligne « frais de clôture », « frais de fermeture » ou « indemnité de résiliation » débitée après le 28 mai 2026, contestez-la par écrit en visant cet article et exigez le remboursement. Conservez le relevé, la convention de compte et le courrier de clôture : ces trois pièces suffisent à établir le trop-perçu.

Deuxième réflexe : contrôler le préavis. La banque a le droit de mettre fin à la relation de compte, mais elle ne peut pas le faire du jour au lendemain. La convention de compte, que l’établissement doit mettre à votre disposition en vertu de l’article L. 312-1-1 du Code monétaire et financier, fixe le délai de préavis applicable :

« Les établissements de crédit sont tenus de mettre à la disposition, sur support papier ou sur un autre support durable, de leur clientèle et du public les conditions générales et tarifaires applicables aux opérations relatives à la gestion d’un compte de dépôt, selon des modalités fixées par un arrêté du ministre chargé de l’économie. »

En pratique bancaire, ce préavis est le plus souvent de trente jours pour un compte de dépôt professionnel sans crédit associé. Pendant ce délai, la banque doit assurer le fonctionnement normal du compte : encaisser vos remises, honorer les prélèvements provisionnés, laisser passer les virements récurrents. Une fermeture sèche, un blocage des moyens de paiement dès l’annonce de la clôture ou une résiliation notifiée par simple appel téléphonique constituent des fautes. La cour d’appel de Paris a ainsi retenu la responsabilité d’une banque qui avait, je cite, « irrégulièrement clôturé leurs comptes- notamment au mépris des délais raisonnables », et a jugé que « CONDAMNE la société Bnp PARIBAS à payer à la société Immobilière des Comptoirs la somme de 8 000 euros de dommages-intérêts au titre du préjudice matériel ». Huit mille euros pour une clôture précipitée : le préavis n’est pas une formalité, c’est un droit qui se paie quand il est bafoué.

À l’inverse, lorsque la procédure est respectée, le juge valide la fermeture. Dans un litige opposant la Société Générale à une société de négoce, la cour d’appel de Paris a rappelé que « C’est à bon droit que le tribunal a relevé que la banque a toujours la faculté de décider de la fermeture d’un compte, la seule obligation pesant sur elle étant de respecter les règles de procédure qui y président, ce qui en l’espèce a été le cas. » La banque avait dénoncé la facilité de caisse et annoncé la clôture du compte moyennant un préavis de soixante jours : la fermeture a été jugée régulière. La leçon est claire : vous ne pouvez pas empêcher une banque déterminée à partir, mais vous pouvez exiger qu’elle parte dans les règles, et obtenir réparation pour chaque manquement.

Troisième réflexe : organiser la sortie. Si c’est vous qui quittez la banque, le même article L. 312-1-7 du Code monétaire et financier vous offre un service gratuit d’aide à la mobilité bancaire : la banque d’arrivée recueille votre accord formel, sollicite l’ancienne banque dans un délai de deux jours ouvrés, reçoit sous cinq jours ouvrés la liste des prélèvements et virements récurrents des treize derniers mois, puis prévient vos créanciers et débiteurs. L’ancienne banque doit transférer tout solde positif et, pendant treize mois après la clôture, vous signaler sous trois jours ouvrés toute opération qui se présenterait sur le compte fermé. Utilisez ce service par écrit, listez vous-même vos prélèvements sensibles (loyer commercial, leasing, URSSAF, impôts, salaires) et vérifiez un par un leur bascule : la plupart des incidents de mobilité viennent d’un mandat oublié, pas d’une faute de la banque.

B. Compte gelé sans clôture : quand la banque peut bloquer et quand le blocage devient une faute

Plus angoissant encore que la clôture annoncée, le blocage sans explication : le solde est là, mais tout est rejeté. Avant de crier à l’abus, il faut identifier la cause, car plusieurs blocages sont imposés à la banque par la loi et ne peuvent pas être contestés contre elle.

Premier cas légitime, la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Quand une opération paraît inhabituelle au regard de votre activité déclarée, quand vos documents d’identité de dirigeant ou votre bénéficiaire effectif ne sont plus à jour, ou quand un virement vient d’une juridiction sensible, la banque doit geler l’opération, vous demander des justificatifs et, en cas de soupçon caractérisé, déclarer l’opération à TRACFIN sans vous en avertir. Le gel dure alors le temps de la vérification. Votre intérêt est de répondre vite et par écrit : pièce d’identité en cours de validité, extrait Kbis de moins de trois mois, factures correspondant aux flux litigieux, identité du donneur d’ordre. Un dossier complet lève le gel en quelques jours ; un silence le prolonge et expose la banque à une sanction du régulateur si elle libère les fonds, de sorte qu’elle préférera toujours attendre.

Deuxième cas légitime, la saisie par un créancier. Un créancier muni d’un titre exécutoire, typiquement l’URSSAF avec une contrainte, le Trésor public avec un avis à tiers détenteur, ou un fournisseur muni d’un jugement, peut faire saisir les sommes figurant sur votre compte entre les mains de la banque. La banque ne fait alors qu’exécuter l’acte du commissaire de justice : elle doit vous notifier la saisie dans les huit jours et laisser un solde minimum indisponible le temps de la procédure. Contester le blocage contre la banque est inutile ; c’est la saisie elle-même qu’il faut attaquer, devant le juge de l’exécution, dans le délai d’un mois à compter de sa dénonciation, en soulevant par exemple la prescription de la créance, l’absence de notification préalable de la contrainte ou l’erreur sur le débiteur.

Troisième cas légitime, l’ouverture d’une procédure collective. Dès le jugement d’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire, la banque bloque les comptes sauf accord du mandataire ou de l’administrateur, et les soldes sont appréhendés par la procédure. Là encore, le blocage n’est pas une décision commerciale de la banque.

Hors de ces trois hypothèses, un blocage persistant, partiel ou total, sans notification écrite et sans motif communiqué, devient une faute contractuelle. La banque est tenue d’exécuter les ordres provisionnés et de maintenir les services convenus jusqu’à la clôture régulière du compte. Concrètement, dès le premier rejet anormal, envoyez une réclamation écrite au service clients puis au service réclamations de la banque, par lettre recommandée avec accusé de réception et par courriel, en décrivant chaque opération rejetée avec sa date, son montant et son objet, et en chiffrant déjà le préjudice : agios facturés, pénalités de retard appliquées par vos fournisseurs, perte d’un marché, salaires payés en retard. Demandez la levée du blocage sous quarante-huit heures et la communication écrite du motif. Ce courrier fera foi devant le juge. Si la banque persiste sans motif légal, le blocage s’analyse comme une rupture abusive de la relation : les dommages-intérêts obtenus dans l’affaire BNP Paribas, 8 000 euros pour une clôture précipitée de comptes de sociétés civiles immobilières, donnent l’échelle de ce que les juridictions accordent quand la banque paralyse une entreprise sans respecter les délais raisonnables.

Attention enfin aux blocages déguisés : plafonds de virement abaissés sans avenant, chéquier non renouvelé, autorisation de découvert supprimée du jour au lendemain sur le relevé. Chacune de ces mesures, si elle n’est pas prévue par la convention de compte ou notifiée dans les formes, se conteste comme le blocage lui-même. Exigez systématiquement un écrit : une banque qui agit pour des raisons sérieuses sait les formuler ; une banque qui n’écrit pas s’expose.

II. Obtenir un nouveau compte, maintenir vos crédits et faire condamner la banque : délais, pièces et recours

A. Rouvrir un compte professionnel en dix jours grâce au droit au compte et à la mobilité bancaire gratuite

Une entreprise sans compte ne peut ni payer ni être payée, et depuis la généralisation de la facturation électronique entre assujettis à la TVA le 1er septembre 2026, elle ne peut plus recevoir ses factures dans les conditions exigées par l’administration. Rouvrir un compte est donc l’urgence absolue, avant même de plaider sur les torts de l’ancienne banque. Le droit français offre pour cela une arme redoutable et méconnue : le droit au compte.

Toute personne physique ou morale domiciliée en France qui ne détient aucun compte de dépôt a droit à l’ouverture d’un tel compte dans l’établissement de son choix. C’est ce que prévoit l’article L. 312-1 du Code monétaire et financier. Si la banque choisie refuse, elle doit vous remettre systématiquement, gratuitement et sans délai, une attestation de refus et vous informer de votre recours devant la Banque de France. Le code précise :

« L’établissement de crédit qui a refusé l’ouverture d’un compte fournit au demandeur systématiquement, gratuitement et sans délai, sur support papier »

Exigez cette attestation sur le champ, à chaque refus, car elle conditionne la suite. Munie de l’attestation et d’une pièce d’identité, des statuts et d’un Kbis pour une société, la personne peut alors saisir la Banque de France :

« En cas de refus de la part de l’établissement choisi d’ouvrir un tel compte à l’une des personnes mentionnées au I, celle-ci peut saisir la Banque de France afin qu’elle lui désigne un établissement de crédit situé à proximité de son domicile ou d’un autre lieu de son choix, en prenant en considération les parts de marché de chaque établissement concerné, dans un délai d’un jour ouvré à compter de la réception des pièces requises définies par arrêté. »

La Banque de France désigne alors d’office une banque, qui doit ouvrir le compte dans les trois jours ouvrés suivant la réception du dossier complet, avec les services bancaires de base dont le contenu et les tarifs sont fixés par décret. Comptez donc une dizaine de jours calendaires entre le premier refus et le compte fonctionnel, à condition de présenter un dossier complet dès le départ. Déposez la demande auprès de la succursale de la Banque de France de votre département, à Paris auprès du siège, et conservez le récépissé : le délai d’un jour ouvré pour la désignation court à compter de la réception des pièces requises, de sorte qu’un dossier incomplet fait perdre une semaine.

Pour une société, préparez : statuts à jour, Kbis de moins de trois mois, pièce d’identité du représentant légal, justificatif de siège social, attestation de refus de chaque banque démarchée. Démarchez au moins deux établissements avant de saisir la Banque de France et faites constater chaque refus par écrit : la désignation est d’autant plus rapide que le dossier est carré. Notez que le compte ouvert au titre du droit au compte offre des services de base, suffisants pour encaisser, payer, prélever et domicilier, mais sans découvert ni facilité de caisse automatique : c’est un compte de rebond, pas un compte de confort. Une fois l’activité stabilisée, vous renégocierez une relation complète, éventuellement avec des garanties.

Parallèlement, activez la mobilité bancaire gratuite de l’article L. 312-1-7 du Code monétaire et financier pour rapatrier vos flux vers le nouveau compte : la banque d’arrivée se charge des formalités, prévient les émetteurs de prélèvements et de virements récurrents, et l’ancienne banque transfère le solde positif. Pendant la période de chevauchement, laissez une provision sur l’ancien compte pour les chèques non encore débités et les prélèvements en cours : un chèque revenu impayé sur compte clôturé expose le signataire à une interdiction bancaire, alors qu’une provision de quelques semaines l’évite.

Si la banque d’origine vous a facturé des frais de clôture après le 28 mai 2026, joignez à votre réclamation la copie du relevé litigieux et le rappel du texte : « La clôture de tout compte de dépôt ou compte sur livret appartenant à une personne physique ou morale est gratuite. » La plupart des établissements remboursent au stade de la réclamation ; à défaut, le médiateur puis le juge trancheront sur pièces, et le dossier est simple.

B. Crédit coupé, découvert supprimé, préjudice subi : exiger les raisons, chiffrer et saisir le juge à Paris et en Île-de-France

La clôture du compte s’accompagne souvent d’une seconde lame : la suppression du découvert, la dénonciation de la facilité de caisse ou l’exigibilité anticipée d’un prêt. Or le crédit professionnel obéit à des règles plus protectrices encore que le compte. L’article L. 313-12 du Code monétaire et financier dispose :

« Tout concours à durée indéterminée, autre qu’occasionnel, qu’un établissement de crédit ou une société de financement consent à une entreprise, ne peut être réduit ou interrompu que sur notification écrite et à l’expiration d’un délai de préavis fixé lors de l’octroi du concours. »

Et le texte ajoute une sanction redoutable pour la banque pressée :

« Ce délai ne peut, sous peine de nullité de la rupture du concours, être inférieur à soixante jours. »

Soixante jours minimum, par écrit, sauf comportement gravement répréhensible du client ou situation irrémédiablement compromise. Une dénonciation verbale, un simple courriel non prévu au contrat ou un préavis de quinze jours sont nuls : la banque reste engagée et doit réparer tout le préjudice causé par la coupure. Dans l’affaire Société Générale jugée par la cour d’appel de Paris, la banque avait dénoncé la facilité de caisse de 400 000 euros et annoncé la clôture du compte avec un préavis de soixante jours à effet au 3 février 2020 : la cour a validé la rupture parce que le délai légal était respecté. Retenez le miroir : avec cinquante-neuf jours ou sans écrit, la même banque aurait été condamnée.

L’arme la plus neuve se trouve dans la jurisprudence de la Cour de cassation. Par un arrêt du 30 novembre 2022, la chambre commerciale a jugé que « Il résulte de l’article L. 313-12 du code monétaire et financier que l’entreprise qui subit la réduction ou l’interruption d’un concours bancaire peut, même après l’expiration du délai de préavis, en demander les raisons à la banque et qu’à défaut de réponse, la banque est susceptible de voir sa responsabilité engagée. » Autrement dit, même si le préavis de soixante jours a été respecté, vous pouvez encore exiger les motifs de la coupure, et le silence de la banque engage sa responsabilité. Envoyez cette demande par lettre recommandée avec accusé de réception, en visant l’arrêt du 30 novembre 2022, pourvoi n° 21-17.703, et laissez à la banque quinze jours pour répondre. Une banque qui s’est contentée d’un motif vague, tel que « politique de risque », sans élément propre à votre dossier, s’expose : la motivation doit porter sur votre situation, pas sur une formule générale.

Chiffrez ensuite le préjudice avec la rigueur d’un comptable, car le juge ne répare que ce qui est prouvé. Distinguez le préjudice matériel direct, agios et commissions d’intervention facturés après la coupure, pénalités contractuelles payées aux fournisseurs, majorations URSSAF et fiscales pour paiement tardif, coût d’un financement de substitution, du préjudice d’exploitation, marge perdue sur les marchés manqués, attestée par les bons de commande annulés et la correspondance commerciale, et du préjudice moral de la société, atteinte au crédit et à la réputation auprès des partenaires, établi par les lettres de mise en demeure reçues et les refus de livraison. Faites certifier les calculs par votre expert-comptable et joignez chaque justificatif : un tableau non étayé ne vaut rien, un classeur de pièces numérotées emporte la conviction. La cour d’appel de Versailles, dans un arrêt du 19 mai 2026 rejetant la demande d’annulation de la clôture d’un compte ouvert dans les livres de BNP Paribas au nom d’une société, confirme en creux la méthode : sans faute démontrée de la banque, pas d’annulation ni de rétablissement du compte, comme le rappelle la décision consultable sous la référence 25/04564 du 19 mai 2026. Concentrez donc vos efforts sur la faute et son lien avec chaque euro réclamé.

Pour le parcours procédural, commencez par la réclamation écrite au service réclamations, puis saisissez le médiateur bancaire désigné dans la convention de compte : la médiation est gratuite et suspend utilement les poursuites commerciales pendant l’instruction. Le médiateur compétent pour les litiges relatifs aux comptes et aux services de paiement intervient dans le cadre de l’article L. 316-1 du Code monétaire et financier et rend un avis en quelques mois. En parallèle, si l’urgence l’exige, assignez en référé pour obtenir la poursuite provisoire des relations ou la mainlevée d’un blocage : le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris statue en quelques semaines quand l’existence d’un trouble manifestement illicite est établie sur pièces.

Au fond, l’entreprise assignera devant la juridiction commerciale : à Paris, le tribunal des activités économiques de Paris, 1 quai de Corse, connaît des litiges entre commerçants et établissements de crédit ; en petite couronne, les tribunaux de commerce de Nanterre, Bobigny et Créteil se partagent le contentieux selon le siège de la banque défenderesse. Demandez la nullité de la rupture pour préavis insuffisant, la condamnation au paiement des dommages-intérêts chiffrés par l’expert-comptable, le remboursement des frais de clôture indûment prélevés depuis le 28 mai 2026, et une indemnité au titre des frais de justice. Joignez systématiquement la convention de compte, les conditions tarifaires, tous les courriers échangés, les relevés couvrant les six mois précédant et suivant la coupure, l’attestation de refus de compte le cas échéant, la décision de désignation de la Banque de France et le dossier de préjudice certifié. Un dossier complet déposé tôt aboutit souvent à une transaction avant l’audience : les banques provisionnent ces litiges et préfèrent transiger quand la faute est documentée.

Enfin, tirez les leçons pour l’avenir : répartissez vos flux sur deux établissements dès que la trésorerie le permet, négociez par écrit chaque autorisation de découvert avec son préavis conventionnel, tenez à jour en permanence le dossier de connaissance client, Kbis, pièces du dirigeant, bénéficiaires effectifs, et conservez chaque année une copie des conditions générales applicables. La banque de demain contrôlera davantage, entre facturation électronique généralisée, transparence fiscale et vigilance anti-blanchiment : l’entreprise qui documente ses flux ne craint ni le contrôle ni le blocage.

Conclusion

Depuis le 28 mai 2026, aucune banque ne peut vous facturer la clôture de votre compte professionnel, et aucune ne peut vous fermer la porte ou couper vos crédits sans respecter un préavis écrit, soixante jours minimum pour les concours à durée indéterminée. Le blocage sans motif légal, la clôture sans délai raisonnable et le silence opposé à votre demande de raisons sont des fautes qui se réparent devant le juge, comme l’ont montré les 8 000 euros obtenus contre BNP Paribas pour une clôture précipitée et la cassation du 30 novembre 2022 sur le droit aux explications. Face à la crise, l’ordre des priorités ne change pas : sécuriser les paies et les flux par le droit au compte et la mobilité bancaire gratuite, exiger par écrit chaque motif, chiffrer chaque euro de préjudice avec l’expert-comptable, puis réclamer, médier et assigner. Une entreprise qui écrit vite, conserve tout et saisit la Banque de France dans les dix jours transforme une asphyxie bancaire en simple incident de parcours.

À lire aussi sur ce dossier : compte pro bloqué ou clôturé par votre banque, contester la mesure, garder un compte et récupérer vos fonds.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Votre banque vient de clôturer ou de bloquer votre compte professionnel, ou elle menace de couper votre découvert. Le cabinet vous propose une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour examiner votre courrier de clôture, vos relevés et votre dossier de préjudice, et définir la voie la plus rapide vers un nouveau compte et une indemnisation. Appelez le 06 46 60 58 22 ou écrivez via la page contact du cabinet. Le cabinet reçoit à Paris et intervient dans toute l’Île-de-France devant le tribunal des activités économiques de Paris et les tribunaux de commerce du ressort.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».