Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dossier de surendettement après licenciement : chômage en baisse, huissier qui réclame — faire suspendre, réviser et contester devant le juge, que faire ?

Vous venez de recevoir votre lettre de licenciement. Le salaire s’arrête, les allocations chômage prennent le relais avec un montant plus faible et un versement décalé, tandis que les mensualités de crédits, le loyer et les factures restent calculées sur l’ancien budget. Le commissaire de justice réclame, la banque menace de passer en phase contentieuse, un commandement de payer arrive. La question qui revient chaque jour au cabinet est simple et angoissée : après un licenciement, le dossier de surendettement peut-il suspendre les poursuites, effacer une partie des dettes et s’adapter si la situation empire encore ? La réponse est oui, sous conditions, avec une méthode précise et des délais à respecter.

Ce guide s’adresse aux salariés licenciés, aux fins de contrat non renouvelées, aux démissionnaires contraints et aux personnes inscrites à France Travail dont les revenus chutent brutalement. Le ton se veut direct et respectueux : la perte d’emploi n’enlève rien à votre sérieux, elle modifie votre capacité de remboursement, et le droit du surendettement prévoit exactement ce cas. Nous expliquons comment déposer après un licenciement sans faute de procédure, comment obtenir la suspension des saisies et des prélèvements, comment faire réviser un plan devenu intenable, et comment contester devant le juge des contentieux de la protection en cas de refus, d’irrecevabilité ou de mesure inadaptée. Chaque étape repose sur des textes vérifiés et sur la jurisprudence de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation, avec les pièces à réunir et les erreurs qui coûtent cher.

Point de repère immédiat : le dépôt ne vous fait pas perdre vos droits au chômage et ne constitue pas un motif de licenciement. La Banque de France le rappelle dans sa foire aux questions : le dépôt d’un dossier de surendettement ne constitue pas un motif de licenciement. En revanche, le dépôt modifie vos obligations : vous devez déclarer toutes vos dettes, ne pas aggraver votre passif, signaler tout changement important de ressources, et répondre aux demandes de la commission. Si votre plan actuel a été construit sur un salaire à temps plein et que vous touchez désormais l’allocation d’aide au retour à l’emploi, ne laissez pas les impayés s’accumuler en silence : un redépôt rapide, documenté, suspend les poursuites et ouvre la voie à des mesures adaptées, jusqu’à l’effacement partiel ou au rétablissement personnel lorsque la situation est durablement compromise.

I. Déposer après un licenciement quand le salaire s’effondre : recevabilité, bonne foi et suspension des poursuites de l’huissier, comment faire ?

A. Prouver le surendettement et la bonne foi après la perte d’emploi : quelles pièces France Travail et quels calculs joindre au dossier Banque de France ?

La base du dossier reste l’article fondateur du surendettement. Aux termes de la loi : « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. » Ce texte est l’article L711-1 du code de la consommation. La même disposition ajoute que la situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble des dettes exigibles et à échoir. Après un licenciement, cette impossibilité se démontre par la comparaison entre les ressources nouvelles et les charges incompressibles, pas par des explications générales. La commission et, en cas de recours, le juge attendent des chiffres datés, des attestations et des relevés complets.

La bonne foi se présume, mais elle se vérifie. Un arrêt récent de la deuxième chambre civile rappelle une règle souvent méconnue des dossiers communs : « Il résulte de ce texte, qui n’ouvre le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement qu’aux personnes physiques de bonne foi, que le juge doit se prononcer sur la bonne foi de chaque demandeur à la procédure de surendettement. » Cette solution figure dans l’arrêt du 21 mai 2026, deuxième chambre civile, pourvoi n° 23-20.970. Concrètement, si vous déposez seul après votre licenciement, votre situation personnelle suffit. Si vous déposez en couple, chacun doit exposer sa propre bonne foi, même lorsque seul l’un des deux a perdu son emploi. Joignez une déclaration claire sur l’origine des dettes, sans dissimulation d’actif ni de ressource.

L’autre arrêt de référence précise l’étendue du contrôle du juge : « En matière de surendettement, l’appréciation de la bonne foi du débiteur relève du pouvoir souverain du juge du fond. » Cette formule est tirée de l’arrêt du 2 juillet 2020, deuxième chambre civile, pourvoi n° 18-26.213. Dans cette affaire, la Cour approuve les juges qui avaient déduit l’absence de bonne foi d’éléments précis : absence de revenu et d’effort de recherche d’emploi, condamnations pénales à l’origine de l’endettement. Le message pour un salarié licencié de bonne foi est inverse et rassurant : une inscription effective à France Travail, des candidatures conservées, une formation suivie, des indemnités déclarées, des efforts de paiement à la mesure des moyens restants plaident fortement pour la recevabilité. À l’inverse, laisser croire à un maintien de salaire, omettre un solde de tout compte, une indemnité de licenciement, un rappel de salaire ou une allocation versée en retard fragilise le dossier.

Le licenciement lui-même doit être prouvé avec des documents récents. La liste minimale comprend la lettre de licenciement ou la fin de contrat, le certificat de travail, l’attestation France Travail, les trois derniers bulletins de salaire avant rupture et les deux premiers relevés après rupture, le solde de tout compte détaillé avec indemnité légale ou conventionnelle, indemnité compensatrice de congés payés et de préavis, la notification d’ouverture de droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi avec montant journalier, délai de carence et date de premier versement, les relevés de tous les comptes bancaires sur trois mois, le dernier avis d’imposition, les tableaux d’amortissement des crédits, les commandements, mises en demeure et actes du commissaire de justice déjà reçus. Ajoutez un budget mensuel réaliste intégrant loyer, énergie, eau, alimentation, transport pour recherche d’emploi, garde d’enfants, santé et scolarité. La loi protège ce socle : « La part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage ne peut être inférieure » selon l’article L731-2 du code de la consommation. Ce texte énumère le logement, l’électricité, le gaz, le chauffage, l’eau, la nourriture, la scolarité, la garde, les déplacements professionnels et la santé. Après un licenciement, documentez chaque poste avec factures, car la commission calcule le reste à vivre sur cette base.

Le droit au revenu de remplacement doit être mentionné tel qu’il est écrit, sans extrapolation. Le code du travail prévoit que « les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre. » Cette phrase est issue de l’article L5421-1 du code du travail. Elle ne garantit ni un montant ni une date, elle fonde votre statut de demandeur d’emploi indemnisé. La commission retient le montant net réellement versé, après carence et différés, et non le salaire antérieur ni le montant brut annoncé. Si vos droits ne sont pas encore calculés, indiquez-le, joignez la preuve d’inscription et d’actualisation, et actualisez dès notification. Un dossier déposé avec un budget fondé sur une estimation prudente, expliquée et datée, vaut mieux qu’un dossier retardé de deux mois pendant lesquels les saisies reprennent.

Trois erreurs reviennent dans les dossiers après licenciement. Première erreur : ne déclarer que les crédits et oublier le découvert à résorber, le loyer en retard, la dette d’énergie, l’arriéré d’impôt sur le revenu ou la dette de cantine. Toute dette non déclarée reste hors traitement et peut relancer les poursuites. Deuxième erreur : continuer à payer un seul créancier pour acheter la paix, en particulier le crédit le plus agressif, au détriment des autres et du loyer. Ces paiements préférentiels n’empêchent pas la procédure et compliquent la démonstration de bonne foi. Troisième erreur : contracter un nouveau crédit relais ou un rachat fragile entre le licenciement et le dépôt, en espérant tenir jusqu’à la reprise d’emploi. Un nouvel emprunt souscrit alors que l’insolvabilité est manifeste est examiné de près et peut conduire à une irrecevabilité partielle. La bonne attitude consiste à geler l’endettement nouveau, à payer en priorité le loyer courant et l’alimentation, à conserver chaque preuve de recherche d’emploi et à déposer vite un dossier complet.

B. Recevabilité, suspension des saisies et cessions de salaire : que gagne-t-on dès le dépôt quand l’employeur a soldé les comptes et que le commissaire de justice réclame ?

Le premier effet attendu du dépôt est la suspension des poursuites après recevabilité. La formule légale est nette : « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » Ce principe figure à l’article L722-2 du code de la consommation. Concrètement, une fois la recevabilité notifiée, le commissaire de justice ne peut plus engager ni poursuivre une saisie-vente, une saisie-attribution ou une saisie de véhicule pour les dettes visées, sauf exceptions limitativement prévues. Les cessions de rémunération que vous aviez consenties sont suspendues pour les dettes non alimentaires. Les dettes alimentaires, elles, continuent : la pension due aux enfants n’est ni suspendue ni effaçable sans l’accord du créancier, et les dettes pénales indemnitaires suivent leur régime propre.

Ce répit ne signifie pas l’arrêt des prélèvements bancaires automatiques ni l’effacement immédiat. La suspension vise les procédures d’exécution diligentées contre vos biens. Elle n’autorise pas à laisser filer le découvert en autorisant la compensation bancaire sur l’allocation chômage sans réagir. Prévenez votre banque par écrit dès la recevabilité, demandez le maintien des moyens de paiement essentiels, contestez par écrit toute compensation qui priverait le foyer du reste à vivre, et conservez les relevés. Si une saisie-attribution a été pratiquée juste avant la recevabilité, signalez la date exacte à la commission et au commissaire de justice, car le sort des sommes dépend de la chronologie et de la nature des fonds, en particulier pour les sommes insaisissables issues de minima sociaux ou d’une part d’allocation protégée.

Le cas du salarié licencié présente une particularité utile : le solde de tout compte et les indemnités peuvent attirer les créanciers. Une indemnité de licenciement versée sur le compte juste avant la recevabilité reste un actif à déclarer. Ne la dissimulez pas, ne la distribuez pas à un seul créancier, ne la placez pas sur le compte d’un proche. Déclarez son montant, sa date et son utilisation : loyer courant, dettes urgentes alimentaires, frais de recherche d’emploi, réserve limitée pour les charges du mois. La commission apprécie la transparence et peut intégrer cette somme dans le plan sous forme de versement partiel ou de trésorerie de précaution justifiée. Une somme dissimulée découverte par un créancier alimente une contestation de recevabilité pour mauvaise foi et retarde toute protection.

Lorsque la situation est irrémédiablement compromise malgré le chômage indemnisé, la loi prévoit une sortie sans remboursement total. Le texte applicable dispose : « Si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l’article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article L. 724-1, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. » Cette règle est posée par l’article L741-1 du code de la consommation. La condition de fond est précisée par un autre texte : « Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en œuvre des mesures de traitement mentionnées au premier alinéa » selon l’article L724-1 du code de la consommation. Pour un licencié de plus de cinquante ans sans perspective rapide de retour à l’emploi, avec un actif limité aux meubles courants et un véhicule ancien indispensable, cette orientation peut être sollicitée dès le premier dépôt, avec un argumentaire chiffré sur deux ans, pas seulement sur le mois en cours.

Les dettes exclues doivent être identifiées tôt pour éviter les faux espoirs. La loi exclut, sauf accord du créancier, de toute remise, rééchelonnement ou effacement plusieurs familles de dettes, notamment les dettes alimentaires, les réparations allouées aux victimes dans le cadre d’une condamnation pénale, certaines dettes frauduleuses envers les organismes sociaux et certaines dettes fiscales assorties de majorations non remissibles. Ce verrou est écrit à l’article L711-4 du code de la consommation. Après un licenciement, cela signifie que l’arriéré de pension alimentaire, l’amende pénale et la part frauduleuse d’un indu d’allocations ne seront pas effacés par la procédure. Ils doivent être déclarés, ils participent au budget, ils peuvent faire l’objet de délais négociés, mais ils ne disparaîtront pas par un effacement. Les présenter honnêtement dès le dépôt évite un plan inapplicable et un recours perdu d’avance.

Pour une vision d’ensemble des dettes éligibles, de la suspension et de l’effacement, le lecteur peut se reporter à notre page pilier sur les dettes éligibles, la suspension des poursuites et l’effacement légal, qui expose le cadre commun applicable à tous les dossiers : dettes éligibles, suspension des poursuites et effacement légal. Le présent article se concentre sur la chute de revenus liée au licenciement, la preuve du chômage indemnisé et la révision du plan, qui appellent des pièces et des délais propres.

II. Plan devenu intenable après la rupture du contrat : faire réviser, obtenir un moratoire et contester utilement devant le juge, quels recours ?

A. Mensualité calculée sur l’ancien salaire, allocation plus faible et restes à vivre : comment obtenir la révision, le rééchelonnement ou le moratoire après licenciement ?

Beaucoup de salariés déposent avant le licenciement, sur la base d’un salaire complet, puis se retrouvent avec un plan ou des mesures imposées intenables après la rupture. D’autres déposent après, mais voient leurs droits au chômage révisés à la baisse ou leurs missions d’intérim s’interrompre. Dans les deux cas, la conduite à tenir est identique : signaler vite, chiffrer l’écart, demander la révision, et ne pas cesser brutalement tout paiement sans cadre. La commission peut rééchelonner, différer, réduire le taux, imputer les paiements sur le capital en priorité, et aménager les dettes de toute nature dans des limites légales. Le texte de référence prévoit la possibilité de « Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles » selon l’article L733-1 du code de la consommation. Ce rééchelonnement ne peut dépasser sept ans ou la moitié de la durée restant à courir, avec des aménagements en cas de déchéance du terme. La demande doit préciser la durée sollicitée, le différé demandé et l’effort restant possible.

La révision suppose un dossier de changement de situation, pas un simple courrier de plainte. Joignez la preuve de la baisse : comparaison salaire net avant et allocation nette après, notification France Travail, attestation de fin de mission, relevés bancaires montrant la chute, nouveau budget avec reste à vivre calculé selon les postes protégés par l’article L731-2 du code de la consommation, tableau des mensualités actuelles et de leur poids en pourcentage des ressources. Demandez explicitement : suspension temporaire des paiements ou moratoire partiel de six à douze mois pour retrouver un emploi, réduction de la mensualité au montant soutenable, report d’échéances avec intérêts réduits, effacement partiel du solde si le retour à meilleure fortune est improbable. Si vous avez déjà un plan conventionnel signé, la commission peut proposer un avenant. Si vous êtes sous mesures imposées, elle peut les réviser. Si vous avez repris un emploi précaire entre-temps, actualisez sans attendre, car une reprise même partielle modifie l’appréciation.

Lorsque le juge est saisi d’une contestation des mesures, ses pouvoirs sont larges et encadrés par le reste à vivre. La loi prévoit que le juge saisi prend tout ou partie des mesures définies aux articles L733-1, L733-4 et L733-7, et que la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes est déterminée dans les conditions prévues à l’article L731-2 et mentionnée dans la décision. Ce cadre est fixé par l’article L733-13 du code de la consommation. Le même article ajoute que le juge peut prononcer un redressement personnel sans liquidation judiciaire lorsqu’il statue sur cette contestation. Pour un licencié dont l’allocation couvre à peine le loyer parisien ou francilien et les charges, cette disposition ouvre une issue complète : le juge peut substituer aux mensualités intenables un moratoire, un rééchelonnement réaliste ou un effacement avec ou sans liquidation selon l’actif.

La commission peut aussi subordonner ses mesures à des actes utiles du débiteur. Le texte applicable énonce que la commission peut imposer que les mesures soient subordonnées à l’accomplissement par le débiteur d’actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette, selon l’article L733-7 du code de la consommation. Après un licenciement, ces actes s’entendent de manière concrète et bienveillante : maintien de l’inscription à France Travail, suivi d’une formation financée, vente amiable d’un véhicule surdimensionné avec accord sur l’affectation du prix, mise en location d’une pièce, résiliation d’abonnements non essentiels, recherche d’un logement moins cher sans rupture brutale du bail. Acceptez ce qui est faisable, refusez par écrit et de manière motivée ce qui mettrait le foyer en danger, et joignez les preuves. Un refus général et non expliqué est retenu contre vous, un engagement ciblé et tenu renforce votre crédibilité.

Le calcul du reste à vivre mérite une méthode rigoureuse. Partez de l’allocation nette mensuelle moyenne sur trois mois, ajoutez les autres ressources stables du foyer, aides au logement réellement versées, pension reçue, salaire du conjoint, sans intégrer les aides ponctuelles. Déduisez les dépenses protégées justifiées par factures : loyer résiduel après aide, énergie, eau, alimentation, transport pour recherche d’emploi, garde, santé, scolarité. Comparez le solde à la mensualité imposée. Si la mensualité dépasse le solde, le plan est mathématiquement inexécutable. Présentez ce tableau en une page, avec pièces numérotées. Les commissions et les juges tranchent sur des chiffres vérifiables, pas sur des promesses de réembauche. Si une reprise d’emploi se profile, indiquez la date prévisible, le type de contrat et le salaire net attendu, et demandez un moratoire court plutôt qu’un effacement que la reprise rendrait injustifié.

Deux situations fréquentes appellent une vigilance particulière. D’abord, le licenciement pour faute avec contestation prud’homale en cours : ne masquez pas le litige, indiquez les sommes réclamées comme créances éventuelles, sans les intégrer au budget tant qu’elles ne sont pas versées. Ensuite, la rupture conventionnelle avec indemnité supra-légale : l’indemnité est un actif à déclarer, son utilisation doit être tracée, et une partie peut être affectée au désendettement immédiat pour démontrer votre engagement. Dans les deux cas, conservez les échanges avec l’employeur, Pôle devenu France Travail, et la banque, car la chronologie des versements conditionne la suspension des poursuites et l’imputation des paiements.

B. Contester la recevabilité, les mesures imposées ou le refus de moratoire devant le juge des contentieux de la protection : délais, preuves et réflexes à Paris et en Île-de-France

La contestation suit un circuit court et formaliste. La décision de la commission indique les voies et délais de recours devant le juge des contentieux de la protection. Le recours doit être formé dans le délai indiqué, par déclaration motivée, avec copie de la décision contestée, état civil complet, liste des créanciers concernés et pièces nouvelles classées. Après un licenciement, les moyens les plus efficaces sont la baisse de ressources postérieure au dépôt, l’erreur sur le reste à vivre, la non-prise en compte du différé d’indemnisation chômage, l’oubli d’une charge incompressible, ou la disproportion entre la mensualité et l’allocation réelle. Un recours qui se limite à dire que la somme est trop élevée, sans tableau ni pièce, est rejeté. Un recours qui démontre, ligne à ligne, que l’allocation nette de 1 280 euros laisse 120 euros disponibles après loyer et charges pour une mensualité imposée de 450 euros obtient une révision ou un moratoire.

Devant le juge, la preuve du chômage et des efforts prime. Apportez l’historique d’inscription et d’actualisation, les notifications de droits et de paiements, les relevés bancaires où apparaît chaque versement France Travail, les candidatures avec réponses, les attestations de formation, les bulletins de salaire de la période de référence, le solde de tout compte, et le budget actualisé au jour de l’audience. Rappelez les textes applicables sans les déformer : la définition du surendettement et la bonne foi de l’article L711-1 du code de la consommation, la suspension des poursuites de l’article L722-2 du code de la consommation, le calcul du reste à vivre de l’article L731-2 du code de la consommation, les pouvoirs du juge de l’article L733-13 du code de la consommation, et l’orientation vers le rétablissement sans liquidation de l’article L741-1 du code de la consommation. Citez les passages entre guillemets tels qu’ils figurent dans les textes, avec leur lien officiel, et expliquez en quoi ils s’appliquent à vos chiffres. Le juge apprécie les dossiers qui l’aident à motiver, pas ceux qui récitent des formules.

À Paris et en Île-de-France, trois spécificités pratiques renforcent l’article. D’abord, la juridiction compétente est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de votre domicile, à Paris au tribunal judiciaire de Paris, avec des audiences chargées où le dossier écrit fait la différence. Déposez un jeu classé, paginé, avec sommaire, et prévoyez un tableau d’une page remis à l’audience. Ensuite, les délais pratiques : loyers élevés, transports coûteux, gardes d’enfants tendues. Chiffrez le coût réel de la recherche d’emploi en métro, RER et garde ponctuelle, car ces frais conditionnent le reste à vivre retenu. Enfin, les pièces à préparer côté parisien : bail avec décompte du bailleur, attestation de loyer à jour, factures d’énergie franciliennes, justificatif de transport Navigo, attestation France Travail d’Île-de-France, et échanges avec le commissaire de justice intervenu à domicile. Le canal procédural reste national, mais ces preuves locales rendent la baisse de ressources tangible et contrôlable.

Le créancier peut aussi contester la recevabilité en invoquant la mauvaise foi, par exemple en soutenant que vous avez organisé votre insolvabilité ou dissimulé l’indemnité. La parade consiste à rapporter la chronologie complète : date du licenciement, date de notification des droits, dates des versements, date du dépôt, affectation de chaque euro du solde de tout compte. L’arrêt du 21 mai 2026, pourvoi n° 23-20.970 vous protège contre les amalgames familiaux en imposant un examen individualisé de la bonne foi, tandis que l’arrêt du 2 juillet 2020, pourvoi n° 18-26.213 rappelle que l’absence d’effort de retour à l’emploi peut être retenue contre le débiteur. Montrez l’inverse : inscriptions, candidatures, formations, petits contrats acceptés, loyers courants payés en priorité. Un licencié qui documente ses efforts obtient plus facilement le maintien de la recevabilité et des mesures adaptées.

Si le juge confirme des mesures intenables, demandez sur place ou par note écrite les ajustements prévus par la loi : report d’une partie des échéances, intérêts réduits, imputation sur le capital, moratoire pour retrouver un emploi, ou redressement personnel sans liquidation lorsque l’actif est dérisoire. Si le juge prononce un rétablissement personnel, vérifiez la liste des dettes effacées et celles qui subsistent au titre de l’article L711-4 du code de la consommation, puis demandez la mise à jour du fichage. Si le juge ordonne une vente, discutez du calendrier et des frais pour limiter la perte. Chaque décision doit mentionner la part réservée aux dépenses courantes : contrôlez ce chiffre à la lecture du jugement, car une erreur de calcul se corrige par une demande ciblée plutôt que par un nouvel endettement.

Conclusion

Après un licenciement, le dossier de surendettement n’est ni une faveur ni un aveu d’échec, mais un cadre légal qui ajuste les dettes à la réalité des allocations chômage. Déposez vite un dossier complet fondé sur l’allocation nette réellement versée, avec attestation France Travail, solde de tout compte, relevés bancaires et budget détaillé. Obtenez la recevabilité pour suspendre les poursuites du commissaire de justice et les cessions de salaire non alimentaires. Si le plan devient intenable, demandez la révision avec un tableau chiffré, un moratoire pour retrouver un emploi, ou un rééchelonnement compatible avec le reste à vivre. En cas de refus ou de mesure disproportionnée, contestez devant le juge des contentieux de la protection avec des preuves datées et des textes cités exactement. Lorsque la situation est durablement compromise et l’actif dérisoire, sollicitez le rétablissement personnel sans liquidation. La méthode prime : transparence sur les indemnités, priorité au loyer courant et à l’alimentation, traçabilité de chaque versement, efforts de retour à l’emploi documentés. C’est cette rigueur qui emporte la recevabilité, la suspension des saisies et, au bout, un effacement juridiquement solide.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous venez d’être licencié et les mensualités deviennent intenables malgré l’inscription à France Travail. Obtenez une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour vérifier la recevabilité, chiffrer le reste à vivre et préparer la suspension des poursuites. Appelez Maître Reda Kohen au 06 46 60 58 22 ou écrivez via notre page contact. Nous intervenons à Paris et en Île-de-France devant le juge des contentieux de la protection et la commission de surendettement de la Banque de France.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».