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Contrôle DGCCRF : comment éviter ou contester une amende pour défaut d’affichage des prix ?

Deux sanctions publiées par la DGCCRF le 1er septembre 2026 ont rappelé un risque très concret pour les commerces : l’absence de prix visible en magasin ou en vitrine peut conduire à une amende administrative. Les montants annoncés, 20 000 euros pour un commerce alimentaire et 15 600 euros pour une enseigne de prêt-à-porter, montrent que le contrôle ne se résume pas à une observation sans suite. La question intéresse chaque magasin, mais aussi les prestataires, réparateurs, agences et sites marchands qui présentent un prix incomplet, un tarif ambigu ou des frais découverts trop tard.

Le cabinet accompagne les entreprises en droit des affaires et contentieux commercial. Une entreprise contrôlée doit agir sur deux fronts. Elle doit d’abord corriger immédiatement la présentation des prix, sans détruire les preuves de la situation constatée. Elle doit ensuite vérifier la base juridique, la matérialité de chaque grief, la période concernée, l’imputabilité du manquement et le calcul de la sanction. La régularisation protège l’activité future ; elle ne vaut ni aveu ni renonciation à contester.

Ce guide expose les règles applicables, les contrôles à mener dans un point de vente et la méthode pour répondre à la DGCCRF. Il distingue l’obligation d’information, la pratique trompeuse et la procédure de sanction, trois terrains qui ne produisent pas les mêmes risques.

I. Affichage des prix en magasin : quelles obligations vérifier avant un contrôle DGCCRF ?

A. Quel prix afficher en vitrine, en rayon et avant une prestation ?

Le principe se trouve à l’article L. 112-1 du code de la consommation. Son texte impose que : « Tout vendeur de produit ou tout prestataire de services informe le consommateur, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, sur les prix et les conditions particulières de la vente et de l’exécution des services ». La règle concerne donc la vente de biens et les services. Elle ne se limite pas à l’étiquette posée sur un article.

L’information doit permettre au consommateur de connaître le prix à payer avant de s’engager. Dans un magasin, le contrôle commence par une comparaison entre l’article exposé, l’étiquette du rayon, l’affichage promotionnel et le prix enregistré en caisse. En vitrine, chaque produit présenté à la vente doit pouvoir être relié sans ambiguïté au prix affiché. Une étiquette éloignée, masquée, illisible ou attribuable à plusieurs articles ne remplit pas correctement sa fonction.

Le commerçant doit aussi contrôler la monnaie, l’unité et le périmètre du prix. Un montant hors taxes ne renseigne pas correctement le consommateur lorsque celui-ci doit payer toutes taxes comprises. Un prix « à partir de » n’est utile que si l’offre accessible à ce montant existe réellement et si les conditions sont intelligibles. Pour un lot, une vente au poids ou une offre composée, l’affichage doit éviter qu’un prix unitaire soit pris pour le prix total.

La présentation numérique ne dispense pas de cohérence dans le magasin. Les bornes, écrans, QR codes et applications peuvent compléter l’étiquetage, mais ils deviennent fragiles lorsqu’ils imposent au client un équipement, une inscription ou plusieurs étapes avant d’identifier le prix. Le professionnel doit pouvoir démontrer que son procédé était approprié au lieu, au produit et au public concerné au moment du contrôle.

Lorsque le prix ne peut pas être déterminé à l’avance, le professionnel ne peut pas garder le silence. L’article L. 112-3 du code de la consommation prévoit : « le professionnel fournit le mode de calcul du prix et, s’il y a lieu, tous les frais supplémentaires de transport, de livraison ou d’affranchissement et tous les autres frais éventuels ». Un tarif horaire, un forfait de déplacement, un coût par unité ou une grille de tranches doivent donc être présentés avant l’intervention lorsqu’ils déterminent la facture.

Cette règle vise notamment les prestations dont le montant dépend du temps, de la surface, de la distance, de la valeur du bien ou d’un diagnostic préalable. Elle n’autorise pas un prix discrétionnaire. Le mode de calcul doit être assez précis pour que le client comprenne les paramètres qui feront varier le total. Si certains frais restent impossibles à chiffrer, le même article exige d’indiquer qu’ils peuvent être demandés.

La Cour de cassation, chambre criminelle, 4 juin 2013, n° 12-85.688, a précisé le traitement d’honoraires proportionnels. Selon le sommaire officiel : « l’affichage aux endroits prévus par les textes doit indiquer le ou les pourcentages prélevés, en précisant, le cas échéant, les tranches de prix correspondantes, et faire apparaître tous les éléments auxquels se rapportent ces pourcentages ». La décision montre qu’un tarif variable exige une formule exploitable, mais que le prix final ne peut pas toujours être annoncé avant la négociation qui détermine son assiette.

Pour les services complexes, la grille tarifaire doit donc identifier au minimum l’unité, les tranches, le taux, les frais fixes et les éléments inclus. Une mention générale telle que « tarif selon devis » ne remplace pas toujours l’information sur le mode de calcul. Le devis demeure utile, mais il intervient parfois après le premier contact ; l’information affichée doit déjà permettre au client de comprendre la formation du prix.

La jurisprudence récente renforce l’enjeu civil. Dans son arrêt du 28 mai 2025, première chambre civile, n° 23-15.927, la Cour énonce mot pour mot : « un tel manquement du professionnel à l’égard du consommateur entraîne l’annulation du contrat, dans les conditions prévues aux articles 1130 et suivants du code civil, si le défaut d’information porte sur des éléments essentiels du contrat ». Un défaut de prix peut donc dépasser l’amende administrative et fragiliser le contrat lui-même.

Dans cette affaire, le professionnel ne justifiait pas avoir fourni de devis ou de mode de calcul avant une réparation. La Cour a néanmoins distingué l’annulation du contrat et la restitution de la valeur réelle du service. Cette nuance interdit les raisonnements automatiques : un défaut d’information ne signifie pas nécessairement que toute valeur fournie devient gratuite, mais les pénalités prévues par le contrat annulé peuvent tomber.

L’article L. 121-2 du code de la consommation ouvre un autre risque lorsque la présentation fausse ou ambiguë porte sur « le prix ou le mode de calcul du prix, le caractère promotionnel du prix notamment les réductions de prix […], les comparaisons de prix et les conditions de vente, de paiement et de livraison ». Une simple omission relève d’abord de l’information sur le prix ; une mise en scène susceptible d’induire en erreur peut devenir une pratique commerciale trompeuse.

La distinction dépend des faits. L’absence accidentelle d’une étiquette sur quelques références n’est pas analysée comme une campagne qui annonce un prix d’appel inaccessible. Une différence ponctuelle entre rayon et caisse ne se confond pas avec un système de promotions dont les conditions essentielles sont dissimulées. Avant de répondre au contrôle, l’entreprise doit donc demander quelle qualification exacte est retenue et quels produits, supports et périodes la fondent.

B. Comment auditer rapidement l’affichage des prix et conserver les preuves ?

Le premier audit doit reproduire le parcours d’un client. Il commence à l’extérieur, se poursuit dans chaque zone de vente et s’achève au paiement. Le contrôleur interne photographie la vitrine depuis l’espace public, puis chaque présentoir, rayon, tête de gondole et affichage promotionnel. Il vérifie ensuite un échantillon en caisse et conserve le ticket correspondant. Les photographies doivent garder leur date, leur résolution et leur fichier d’origine.

Pour chaque référence testée, un tableau interne rapproche la désignation, le code produit, le prix affiché, le prix en caisse, l’unité, la promotion, sa période et ses conditions. Le tableau doit aussi mentionner les produits indisponibles ou déplacés, car un article posé sous la mauvaise étiquette crée une ambiguïté même si les deux prix existent quelque part dans le rayon.

Les prestations exigent un audit différent. L’entreprise rassemble l’affiche visible dans l’établissement, la page tarifaire du site, les modèles de devis, les conditions générales, les confirmations de commande et les scripts utilisés au téléphone. Elle teste les suppléments : déplacement, urgence, soir et week-end, diagnostic, livraison, consommables, minimum de facturation et annulation. Chaque supplément doit être annoncé avant l’engagement ou intégré à une méthode de calcul compréhensible.

Une entreprise ayant plusieurs magasins doit conserver les versions déployées. Un fichier central correct ne prouve pas que l’étiquette correspondante se trouvait dans le point de vente contrôlé. La preuve utile associe la consigne nationale, sa date d’envoi, l’accusé de réception local, les photographies du déploiement et le contrôle de caisse. Cette chaîne permet aussi d’identifier une erreur isolée sans nier un dispositif général.

Le jour d’un contrôle, le responsable note l’identité et le service des agents, l’heure d’arrivée, les zones visitées, les références examinées et les documents remis. Il demande une copie ou une liste précise des pièces emportées. Il ne modifie pas rétroactivement les documents et ne supprime aucun affichage avant de l’avoir photographié. La correction immédiate doit être datée et séparée de l’état antérieur.

Les agents disposent de pouvoirs de recherche et de constatation. L’article L. 511-5 du code de la consommation, applicable au 3 septembre 2026, indique qu’ils « disposent à cet effet des pouvoirs définis à la section 1, aux sous-sections 1 à 5 de la section 2 ainsi qu’à la section 3 du chapitre II du présent titre ». Le professionnel doit coopérer avec les demandes régulières, tout en gardant une trace exacte des questions et des réponses.

Une réponse improvisée peut transformer une incertitude en déclaration défavorable. Le salarié présent doit décrire ce qu’il sait personnellement et transmettre les demandes documentaires à la personne désignée. Il ne doit pas spéculer sur la durée du défaut, son origine ou le nombre de produits touchés. Une réponse ultérieure, vérifiée sur les systèmes de caisse et les plannings, est préférable à une estimation présentée comme un fait.

Après le départ des agents, l’entreprise gèle les données utiles : journaux de prix, historiques du logiciel de caisse, tickets, fichiers d’impression, instructions, échanges avec le prestataire, vidéos lorsque leur conservation est licite et témoignages des personnes présentes. Elle calcule la première date certaine du manquement et la date de correction. Elle recherche si une mise à jour, une panne ou une erreur d’import explique la discordance.

La mise en conformité doit être complète. Remplacer les seules étiquettes citées laisse subsister le risque sur les articles voisins. Il faut tester une sélection représentative de chaque famille, chaque promotion et chaque canal. Le procès-verbal interne indique les anomalies, la correction, son auteur et le contrôle final. Cette démarche ne gomme pas le passé, mais elle prouve la réaction de l’entreprise et réduit le risque de répétition.

Enfin, l’audit doit séparer les preuves destinées à la défense des documents de travail. Les hypothèses, commentaires et échanges avec l’avocat n’ont pas vocation à être diffusés avec les pièces factuelles. Un dossier chronologique conserve les notifications officielles, leurs enveloppes ou accusés électroniques, les photographies, les extractions et les réponses envoyées. Les délais se calculent à partir des actes reçus, pas de la date à laquelle la direction découvre le dossier.

II. Contrôle DGCCRF : comment répondre et contester une amende pour défaut d’affichage des prix ?

A. Quelle procédure suivre après le procès-verbal ou la lettre de griefs ?

La première étape consiste à identifier l’acte reçu. Une demande de documents, un avertissement, une injonction de mise en conformité, une lettre exposant les griefs et une décision d’amende n’appellent pas la même réponse. Le professionnel relève l’auteur, la base légale, les faits, la période, les établissements, le délai de réponse et les voies de recours. Il conserve le message complet et ses métadonnées.

L’administration peut d’abord imposer une correction. L’article L. 521-1 du code de la consommation prévoit qu’après une procédure contradictoire, les agents peuvent « enjoindre à un professionnel, en lui impartissant un délai raisonnable qu’ils fixent, de se conformer à ses obligations, de cesser tout agissement illicite ou de supprimer toute clause illicite ou interdite ». L’entreprise doit répondre sur l’exécution et sur les griefs, sans confondre les deux.

L’injonction peut être assortie d’une astreinte journalière. Le même article fixe, dans le régime ordinaire, un maximum de 3 000 euros par jour et un total de 300 000 euros. Ignorer une injonction parce que l’entreprise conteste le constat expose donc à un risque supplémentaire. La correction peut être exécutée sous réserve expresse des droits et moyens de contestation.

Pour le défaut d’information sur les prix, l’article L. 131-5 du code de la consommation dispose : « Tout manquement aux dispositions de l’article L. 112-1 […] est passible d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale ». Le plafond s’apprécie au regard de la qualification et du nombre de manquements retenus.

Pour l’absence de mode de calcul ou de frais éventuels, l’article L. 131-6 du code de la consommation reprend les mêmes plafonds : « 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale ». Une lettre qui cumule plusieurs griefs doit préciser les obligations distinctes prétendument méconnues et les faits correspondant à chacune.

L’autorité compétente est définie par l’article L. 522-1 du code de la consommation : « L’autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation est l’autorité compétente pour prononcer les amendes administratives ». La décision doit permettre au destinataire de comprendre qui statue, sur quel fondement et après quelle procédure contradictoire.

La réponse aux griefs doit suivre leur ordre. Pour chaque produit ou prestation, l’entreprise indique si le fait est admis, contesté ou impossible à vérifier, puis produit la pièce correspondante. Elle distingue l’absence totale de prix, la lisibilité, l’erreur de rattachement, la différence de caisse et la présentation trompeuse. Une réponse générale sur la bonne foi ne remplace pas cette analyse factuelle.

La bonne foi reste utile pour expliquer l’organisation et la correction, mais elle n’efface pas nécessairement un manquement matériel. La défense gagne en précision lorsqu’elle établit le nombre de références réellement concernées, la durée certaine, le nombre de magasins, l’incidence sur les transactions et l’absence ou l’existence de réclamations. Elle compare ensuite ces faits aux affirmations de l’administration.

Le professionnel doit aussi vérifier les personnes visées. L’établissement contrôlé, la société exploitante, la franchise, le propriétaire de la marque et le prestataire informatique peuvent être distincts. Le contrat de franchise ou de prestation ne suffit pas à déplacer la responsabilité, mais il éclaire la maîtrise de l’affichage, de la base de prix et du déploiement. La réponse décrit concrètement qui décide, qui imprime et qui contrôle.

Le dossier doit chiffrer l’activité sans noyer l’administration sous des données inutiles. Le nombre total de références, les ventes des produits concernés, la durée et les contrôles internes antérieurs permettent de mesurer l’étendue du fait. L’entreprise évite cependant les extrapolations qui ne peuvent pas être rapprochées des constats précis.

La régularisation est documentée par des photographies postérieures, des tickets test, une note de procédure et, si nécessaire, une formation des équipes. Elle doit répondre à la cause identifiée. Une panne d’interface appelle un contrôle technique et un mécanisme de secours ; une erreur humaine récurrente appelle une validation croisée ; une consigne ambiguë appelle une nouvelle documentation.

La réponse est envoyée par un canal qui prouve sa réception, avant l’heure limite. Chaque annexe porte un numéro et un intitulé. Le courrier contient une liste des pièces et formule clairement les demandes : abandon de certains griefs, requalification, réduction de la sanction ou délai de mise en conformité. Une demande d’accès aux éléments nécessaires à la défense peut être formulée lorsque le dossier reçu ne permet pas de comprendre le constat.

B. Quels arguments peuvent réduire ou faire annuler la sanction ?

La contestation commence par la légalité du fondement. Le texte invoqué était-il applicable aux produits, services, supports et dates visés ? L’arrêté sectoriel cité couvre-t-il réellement l’activité ? L’obligation reprochée concernait-elle le prix final, une unité, un taux, un devis ou le mode de calcul ? Une qualification exacte empêche de défendre un dossier de vitrine comme s’il s’agissait d’une publicité trompeuse.

Le deuxième axe porte sur la matérialité. Les photographies permettent-elles d’identifier le produit et la date ? Le constat décrit-il l’emplacement et la visibilité ? Le prix était-il accessible sur un support approprié ? Le passage en caisse confirme-t-il une discordance ? Un exemple isolé peut être prouvé, mais il ne démontre pas automatiquement que l’ensemble d’un réseau ou d’une période présentait le même défaut.

Le troisième axe concerne l’imputabilité. L’administration doit viser la personne qui exploitait l’activité et supportait l’obligation. Une fusion, une location-gérance, un changement d’enseigne ou un contrat de franchise peut rendre l’identification délicate. Les extraits d’immatriculation, baux, contrats et factures du système de caisse permettent de reconstruire la situation à la date contrôlée.

Le quatrième axe vérifie la procédure contradictoire. La société a-t-elle reçu les griefs et un délai réel pour répondre ? Les observations ont-elles été examinées ? La décision finale répond-elle aux contestations décisives et repose-t-elle sur les mêmes faits ? Une régularisation immédiate ne remplace pas le droit de discuter le manquement et son montant.

Le cinquième axe examine le cumul. L’article L. 522-7 du code de la consommation prévoit que « plusieurs sanctions administratives […] pour des manquements en concours […] s’exécutent cumulativement ». Cette règle rend décisive la délimitation de chaque manquement. L’administration doit éviter de compter plusieurs fois le même fait sous des formulations qui se recouvrent.

Une différence entre plusieurs produits peut justifier plusieurs constats, mais le calcul doit rester intelligible. Le professionnel demande le nombre d’occurrences, la méthode de regroupement et le plafond appliqué. Il recherche si certains griefs concernent une même information, un même support et une même période. La réponse ne nie pas le principe du cumul ; elle conteste les duplications factuelles.

Le montant doit ensuite être discuté à partir de critères concrets. L’entreprise expose l’étendue réelle, la durée, l’avantage éventuellement obtenu, le nombre de consommateurs concernés, les antécédents, la coopération et la correction. Une petite anomalie corrigée rapidement ne se compare pas à un dispositif organisé destiné à rendre le prix illisible. Les pièces comptables et techniques doivent soutenir cette différence.

La publicité d’une sanction produit un préjudice distinct sur la réputation. Elle doit être examinée dès la réception de l’acte, car une publication rapide peut rendre une victoire tardive moins utile. La Cour de cassation, chambre criminelle, 30 mai 2006, n° 05-85.921, a rappelé dans un régime alors applicable que « les juges ne sauraient prononcer une peine d’une durée supérieure à celle fixée par la loi ». La référence est ancienne et portait sur l’affichage d’une décision pénale, mais elle illustre l’exigence constante de respecter les limites textuelles d’une mesure de publication.

Le recours doit viser l’acte qui fait grief et respecter les voies et délais indiqués dans sa notification. Avant de saisir le juge compétent, l’entreprise vérifie si un recours administratif préalable est prévu ou utile, si une demande de suspension est nécessaire et quelles pièces doivent être communiquées. Le choix dépend du texte appliqué et du contenu exact de la décision reçue.

Une demande de suspension n’est pas une seconde version de la contestation au fond. Elle doit expliquer les effets immédiats de l’exécution et présenter des moyens précisément rattachés au dossier. Le risque financier, la publication, l’astreinte et les conséquences commerciales sont documentés par des éléments contemporains, pas seulement affirmés.

Le contentieux ne dispense jamais de corriger. Un affichage demeuré irrégulier après notification fragilise le discours de l’entreprise et peut nourrir une injonction ou de nouveaux constats. La version corrigée doit être contrôlée dans tous les canaux : vitrine, rayon, caisse, site, application, devis et conditions générales.

Pour prévenir une répétition, le responsable du magasin reçoit une liste de contrôle courte et datée. Toute campagne promotionnelle fait l’objet d’un test avant ouverture. Un échantillon de prix est vérifié chaque semaine entre la base centrale, l’étiquette et la caisse. Les anomalies sont enregistrées avec leur correction. Ces preuves transforment une politique interne abstraite en dispositif vérifiable.

Les entreprises en réseau doivent ajouter une procédure d’alerte. Lorsqu’un prix change, le système identifie les points de vente qui n’ont pas confirmé le déploiement. Une promotion expirée déclenche le retrait automatique ou une alerte locale. Les supports imprimés gardent un identifiant de version. Ces mesures réduisent les écarts et permettent d’expliquer leur origine s’ils surviennent.

L’avocat peut intervenir dès la lettre de griefs pour délimiter les faits, protéger la chronologie et structurer les observations. Son rôle n’est pas de retarder la correction. Il confronte le constat aux textes applicables, vérifie le cumul et prépare, si nécessaire, un recours adapté à la décision finale.

Conclusion

Les sanctions rendues publiques le 1er septembre 2026 rappellent qu’un prix absent ou mal rattaché peut coûter davantage qu’une correction d’étiquette. Le risque associe l’amende administrative, l’injonction assortie d’une astreinte, la qualification de pratique trompeuse et, dans certains contrats, une contestation civile portant sur le consentement.

La réponse efficace commence par un audit factuel. L’entreprise photographie l’état constaté, rapproche les prix de la caisse, conserve les versions et corrige l’ensemble du parcours client. Elle analyse ensuite chaque grief selon son texte, son support, sa période et la personne juridiquement responsable. Cette méthode permet de coopérer sans admettre ce qui demeure contesté.

Une contestation utile ne se limite pas à invoquer la bonne foi. Elle vérifie la matérialité, le champ du texte, le contradictoire, l’imputabilité, le nombre de manquements et la proportion du montant. Elle documente aussi la régularisation et les contrôles futurs. Plus la réponse est adressée tôt, plus l’entreprise conserve de choix face à une injonction, une astreinte ou une publication.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».