Un vendeur signe une promesse en 2026 avec un diagnostic de performance énergétique encore valable. La vente définitive est prévue après le 1er janvier 2027. Entre les deux signatures, le coefficient de conversion de l’électricité passe de 1,9 à 1,7 et une attestation gratuite peut modifier l’étiquette du logement. Faut-il refaire le DPE, joindre l’attestation à l’acte, renégocier le prix ou permettre à l’acquéreur de renoncer ?
La réponse ne se réduit pas à la date du diagnostic. Les DPE établis avant le 1er janvier 2027 restent valables lorsqu’ils remplissent les conditions réglementaires. L’attestation délivrée par l’ADEME remplace leur étiquette sans imposer une nouvelle visite. Un vendeur ne doit donc pas commander systématiquement un second diagnostic. Il doit en revanche remettre une chaîne documentaire cohérente : DPE initial, attestation officielle lorsqu’elle existe, audit énergétique mis à jour si le bien y est soumis, annonce corrigée et information écrite de l’acquéreur.
L’enjeu devient contentieux lorsque la classe énergétique a déterminé le prix, le financement, le programme de travaux ou la décision d’acheter. La promesse peut aussi contenir une condition ou une déclaration précise sur l’étiquette. Vendeur, acquéreur, agent immobilier et notaire doivent alors vérifier le contrat, la validité des documents et la date à laquelle chacun a connu la nouvelle information. Voici la méthode applicable à une promesse signée en 2026 et réitérée en 2027.
I. Quel DPE faut-il remettre lorsque la promesse est signée en 2026 et l’acte authentique en 2027 ?
A. Le DPE établi avant 2027 reste valable, mais l’attestation ADEME remplace son ancienne étiquette
Le changement annoncé le 31 août 2026 concerne la méthode de calcul, non la durée de validité de chaque diagnostic. Le ministère chargé du Logement indique qu’à compter du 1er janvier 2027, le coefficient de conversion de l’électricité passera de 1,9 à 1,7. Il ajoute que les DPE et audits déjà réalisés pourront obtenir « une mise à jour gratuite et immédiate » sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans nouvelle visite.
Le texte de référence est l’arrêté du 19 août 2026 publié au Journal officiel. Son calendrier doit être respecté : l’ancien coefficient reste applicable jusqu’au 31 décembre 2026 et le nouveau calcul prend effet le 1er janvier 2027. Une simulation privée réalisée en septembre ou en décembre 2026 ne permet pas d’annoncer une nouvelle classe comme si elle était déjà officielle.
Le portail officiel de la réglementation énergétique répond directement au sort des diagnostics antérieurs : « Les DPE déjà réalisés restent valables pendant 10 ans et peuvent être utilisés. » Il précise que l’attestation officielle remplace l’étiquette du DPE, conserve la même durée de validité et peut être utilisée lors des ventes ou des locations. Le communiqué ministériel du 31 août 2026 confirme cette mise à jour gratuite sans nouvelle visite.
Cette articulation produit une règle pratique. Le document technique initial ne disparaît pas. Ses données sur le bâti, les surfaces, les murs, les fenêtres, la ventilation, le chauffage et les consommations conventionnelles restent celles relevées par le diagnostiqueur. L’attestation ne corrige que les étiquettes affectées par le nouveau facteur électrique. Elle doit donc être lue avec le DPE, pas comme un diagnostic autonome décrivant un autre logement.
L’article L. 126-26 du Code de la construction et de l’habitation définit le DPE comme un document comportant la consommation d’énergie primaire et finale, les émissions de gaz à effet de serre et « une classification en fonction de valeurs de référence ». Le passage de 1,9 à 1,7 modifie précisément cette conversion en énergie primaire pour l’électricité. Il ne prouve ni une baisse réelle de la facture, ni une amélioration physique de l’isolation.
Un appartement tout électrique proche d’un seuil peut gagner une classe sans travaux. Un logement dont l’étiquette climatique reste la plus défavorable peut ne pas changer. Une maison chauffée au gaz sera peu ou pas concernée. Le vendeur doit obtenir l’attestation officielle liée au numéro ADEME du diagnostic, puis vérifier que l’adresse, la référence du DPE et la nouvelle étiquette correspondent au bien vendu.
Le premier contrôle porte sur la validité du DPE. Un document expiré à la date de l’acte ne peut pas être sauvé par une attestation. Une attestation repose sur le diagnostic dont elle remplace l’étiquette et partage sa durée de validité. Si le bien a subi des travaux qui rendent les données initiales inexactes, par exemple le remplacement du chauffage, des fenêtres ou de l’isolation, une simple attestation de coefficient peut également être insuffisante. Un nouveau DPE décrit alors mieux l’état offert à la vente.
Le second contrôle porte sur le dossier de vente. L’article L. 271-4 du Code de la construction et de l’habitation dispose qu’en cas de vente d’un immeuble bâti, le dossier de diagnostic technique fourni par le vendeur « est annexé à la promesse de vente ou, à défaut de promesse, à l’acte authentique de vente ». Le DPE et, le cas échéant, l’audit énergétique font partie de ce dossier.
Une promesse signée en novembre 2026 avec un DPE valide satisfait donc, à cette date, à l’obligation documentaire. L’entrée en vigueur du coefficient de 1,7 ne rend pas rétroactivement irrégulière la promesse. Si l’acte authentique est signé en février 2027, le dossier doit cependant refléter l’information officielle disponible au jour de la réitération. La solution prudente consiste à annexer le DPE initial et son attestation de nouvelle étiquette, puis à faire reconnaître leur remise dans l’acte.
La loi prévoit expressément le remplacement d’un diagnostic qui n’est plus valide à la date de l’acte. Le changement de coefficient ne produit pas, à lui seul, cette expiration. Le besoin de compléter le dossier naît ici de la cohérence de l’information et de la fonction même de l’attestation, destinée aux transactions. Une partie ne devrait pas découvrir la nouvelle classe après le transfert de propriété alors que le document pouvait être téléchargé avant la signature.
Le troisième contrôle porte sur l’annonce. L’article L. 126-33 du Code de la construction et de l’habitation impose la mention des classements énergétique et climatique dans les annonces. À partir du 1er janvier 2027, une annonce encore diffusée pour un bien non vendu doit être mise en cohérence avec l’attestation officielle. Le professionnel qui manque à cette obligation s’expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale.
Le vendeur ne doit pas choisir opportunément entre deux lettres. Si l’attestation remplace l’ancienne étiquette, la communication commerciale et les documents remis doivent présenter la classe officielle actualisée, accompagnée du DPE initial. Conserver l’ancienne classe dans l’annonce alors que l’attestation améliore le résultat crée surtout une incohérence. Afficher la meilleure classe avant la délivrance officielle de l’attestation expose à un risque plus net d’information inexacte.
L’audit énergétique appelle une vérification séparée. L’article L. 126-28-1 du Code de la construction et de l’habitation prévoit un audit pour certaines maisons et monopropriétés proposées à la vente selon leur classe. Cet audit est remis à l’acquéreur potentiel lors de la première visite. L’arrêté de 2026 permet aussi une attestation actualisant les étiquettes de l’audit. Le vendeur doit donc vérifier si le nouveau classement modifie le champ de cette obligation et transmettre l’ensemble formé par l’audit initial et son attestation.
Une amélioration administrative n’efface pas la chronologie. Si l’audit était obligatoire lors de la première visite et de la promesse en 2026, son absence ne devient pas sans objet parce que le logement obtient une meilleure classe en 2027. L’acquéreur a négocié à partir de l’information qui devait lui être remise à ce moment. Inversement, l’attestation peut devenir utile pour apprécier les obligations au jour de l’acte et la valeur actuelle du bien.
B. La nouvelle étiquette doit être communiquée avant l’acte si elle influence le prix, le financement ou les travaux
Le droit spécial du DPE s’ajoute au devoir général d’information. L’article 1112-1 du Code civil oblige la partie qui connaît une information déterminante pour le consentement de l’autre à la communiquer lorsqu’elle sait que l’autre l’ignore légitimement. Le texte vise les informations ayant un lien direct et nécessaire avec le contenu du contrat.
Une nouvelle étiquette énergétique peut entrer dans cette catégorie. Elle peut commander l’audit énergétique, un calendrier de location, le gel d’un loyer, le coût prévisionnel des travaux, une aide bancaire, un prêt conditionné à la rénovation ou la stratégie patrimoniale de l’acquéreur. Le caractère déterminant ne se présume pas dans tous les dossiers. Il ressort de la promesse, des courriels, des demandes de financement et des échanges sur le prix.
Le vendeur qui télécharge une attestation en janvier 2027 doit la transmettre sans attendre la veille de l’acte. L’envoi au notaire et à l’acquéreur permet de vérifier la cohérence du dossier, de corriger l’annonce encore en ligne, d’actualiser l’audit et de traiter une éventuelle clause contractuelle. Un envoi écrit préserve la preuve de la date et de la version communiquée.
L’acquéreur doit éviter le raisonnement inverse : toute modification de lettre ne lui donne pas automatiquement un droit de renoncer. La réforme électrique a vocation à maintenir ou améliorer l’étiquette, pas à la dégrader. Si un logement passe de F à E, l’acquéreur ne subit pas, par principe, une information plus défavorable. Il peut même voir diminuer certaines contraintes réglementaires. Une demande de baisse de prix exige donc un fondement contractuel ou un préjudice réel, non la seule existence d’un document nouveau.
Le contrat peut toutefois avoir figé un équilibre précis. Une promesse peut indiquer que le prix a été négocié en considération d’un classement F et d’un budget de travaux. Elle peut prévoir une condition liée à une aide, un financement ou un audit. Si l’attestation modifie une donnée qui a servi au calcul, les parties doivent relire la clause. Certaines stipulations organisent une nouvelle information sans rouvrir le prix ; d’autres érigent la classe ou le coût des travaux en condition déterminante.
Le notaire n’a pas à promettre une classe future ni à réaliser le calcul technique. Son rôle consiste à identifier les documents, leurs dates, leur validité et les déclarations contractuelles. Il doit attirer l’attention des parties sur une discordance visible entre la promesse, l’annonce, le DPE et l’attestation. Une mention dans l’acte peut retracer la remise de l’attestation, la nouvelle classe et la position des parties sur le maintien de la vente.
L’agent immobilier doit également corriger l’annonce et transmettre le document à son mandant et à l’acquéreur. Il ne doit pas résumer l’attestation par une formule promotionnelle telle que « le logement est rénové » ou « la consommation baisse ». Le bâti n’a pas changé. La bonne formulation distingue l’évolution réglementaire de l’état matériel du logement.
La jurisprudence sur les diagnostics actualisés entre la promesse et l’acte fournit une méthode utile. Dans un arrêt du 19 février 2026, n° 24-10.524, la troisième chambre civile a jugé, à propos de l’état des risques, que le dossier devait être mis à jour lors de l’acte authentique lorsqu’un plan de prévention avait été approuvé après la promesse. La Cour rappelle que l’information fournie à l’avant-contrat ne dispense pas de signaler une évolution juridique intervenue avant la vente.
Cette décision ne transpose pas au DPE les sanctions propres à l’état des risques. Elle montre toutefois que le dossier technique est une information vivante jusqu’à l’acte authentique. Le vendeur ne doit pas raisonner comme si la promesse avait figé pour toujours le contexte réglementaire. Il doit vérifier les changements qui touchent les documents remis et la situation juridique du bien.
Quatre situations doivent être distinguées. Première situation : le DPE est valide, l’attestation ne change pas la classe et aucun travail n’a été réalisé. Le dossier peut être complété par l’attestation, sans nouvelle expertise. Deuxième situation : l’attestation améliore la classe. Il faut l’annexer ou, au minimum, établir sa remise avant l’acte et corriger les communications en cours.
Troisième situation : le DPE expire avant l’acte. Un nouveau diagnostic est nécessaire, car l’attestation n’allonge pas sa durée. Quatrième situation : des travaux, une erreur de surface, un équipement omis ou une incohérence rendent le DPE initial matériellement douteux. Le nouveau coefficient ne corrige pas ces données. Une intervention du diagnostiqueur ou un nouveau DPE peut être requis.
À Paris et en Île-de-France, les appartements en copropriété demandent une vigilance accrue. Le DPE du lot, le DPE collectif et les informations du syndic peuvent diverger parce qu’ils n’ont pas le même objet. Le vendeur doit identifier le chauffage individuel ou collectif, les travaux votés, la ventilation et les justificatifs disponibles. L’attestation du lot ne doit pas être confondue avec le classement de l’immeuble.
Une fiche de transmission simple peut sécuriser le dossier : numéro ADEME, date du DPE, date d’expiration, ancienne classe, date de l’attestation, nouvelle classe, audit initial, attestation d’audit, travaux intervenus, version de l’annonce et date d’envoi à l’acquéreur. Cette fiche ne remplace aucun document officiel. Elle évite les versions contradictoires entre l’agence, les deux études notariales et les parties.
II. Quels recours si la classe DPE change entre la promesse et l’acte authentique ?
A. L’acquéreur ne peut pas annuler automatiquement, mais il peut agir si une information déterminante était fausse ou dissimulée
Le premier réflexe consiste à relire la promesse. L’acquéreur doit relever la classe mentionnée, les diagnostics annexés, les déclarations du vendeur, les conditions suspensives, le délai de réitération et les clauses relatives à l’information nouvelle. Il doit comparer ces éléments avec l’annonce, l’attestation ADEME, l’audit et les échanges sur les travaux.
Une attestation qui améliore administrativement la classe ne constitue pas une erreur du DPE initial. Celui-ci appliquait la méthode en vigueur lors de son établissement. Le vendeur ne peut pas être fautif pour avoir annexé en 2026 un diagnostic conforme au coefficient applicable. Le débat porte sur ce qu’il fait après l’entrée en vigueur : transmet-il la nouvelle attestation, corrige-t-il l’annonce et évite-t-il les affirmations inexactes ?
Si le vendeur connaît une erreur matérielle du DPE et la dissimule, le régime change. L’article 1137 du Code civil qualifie de dol la dissimulation intentionnelle d’une information dont l’auteur sait le caractère déterminant pour l’autre partie. Une annulation suppose alors de prouver l’intention, l’importance de l’information et son influence sur le consentement.
Le simple silence sur une attestation améliorant la classe sera rarement suffisant pour démontrer que l’acquéreur a été trompé à son détriment. Le dossier devient différent si le vendeur utilise l’ancienne mauvaise classe pour justifier des travaux ou obtenir un avantage contractuel, tout en cachant l’attestation déjà disponible. Il faut alors identifier le bénéfice recherché et le préjudice causé.
Le DPE erroné au sens technique appelle une autre analyse. Le tribunal judiciaire de Bordeaux, le 11 juin 2026, n° 23/09245, a retenu la responsabilité d’un diagnostiqueur qui avait commis plusieurs erreurs sur les murs, l’isolation et la ventilation. Le tribunal écrit que le dossier annexé à la promesse ou à l’acte « a notamment vocation à renseigner l’acquéreur sur la performance énergétique et la consommation d’énergie réelle ou attendue ».
Dans cette affaire, les acquéreurs avaient acheté une maison annoncée en classe C alors que l’expertise retenait la classe D. Le juge a indemnisé une perte de chance de négocier le prix à hauteur de 15 000 euros, non la totalité du coût d’isolation ou de la consommation. Le diagnostic n’avait pas créé les caractéristiques énergétiques réelles du bien ; il avait faussé l’information utilisée pour négocier.
Cette distinction rejoint l’arrêt de la Cour de cassation du 21 novembre 2019, n° 18-23.251. Sous le régime alors applicable, la Cour juge que le préjudice causé par une mauvaise appréciation énergétique ne correspond pas au coût de l’isolation, mais à « une perte de chance de négocier une réduction du prix de vente ». Les règles ont évolué, notamment sur l’opposabilité du DPE, mais le lien causal reste central.
L’acquéreur doit donc formuler une demande adaptée. Avant l’acte, il peut solliciter la remise des documents, une explication écrite, une correction du projet d’acte, une nouvelle vérification technique ou un report très bref si la donnée conditionne réellement son financement. Il peut proposer une renégociation, mais le vendeur n’est pas tenu de l’accepter sans clause ou manquement qui la justifie.
Après l’acte, le recours dépend de l’erreur. Une différence issue uniquement du coefficient légal ne caractérise pas une faute du diagnostiqueur. Une surface fausse, une isolation inventée, un local non visité ou un système de chauffage mal décrit peuvent, eux, engager sa responsabilité. Le dossier doit comparer les données techniques des deux versions, pas seulement les lettres affichées.
L’article 1240 du Code civil fonde l’action contre le professionnel dont la faute cause un dommage à l’acquéreur. Il faut établir la faute, le préjudice et le lien de causalité. Les demandes peuvent viser le diagnostiqueur, son assureur, l’agent immobilier, le vendeur ou le notaire selon le rôle de chacun. Une assignation générale dirigée indistinctement contre tous affaiblit la démonstration.
La preuve doit être conservée avant toute correction. L’acquéreur doit télécharger l’attestation officielle, garder le DPE annexé à la promesse, l’annonce datée, le projet d’acte, l’audit, les simulations bancaires et les échanges. Si une erreur technique est suspectée, il peut demander le fichier ou les données utilisées par le diagnostiqueur et organiser une expertise contradictoire.
Une nouvelle lettre obtenue après une seconde visite ne prouve pas automatiquement que le premier DPE était fautif. Les méthodes, dates, travaux et données d’entrée peuvent différer. Le rapport doit isoler la cause de l’écart. Le coefficient 1,7 doit être séparé des corrections relatives à la surface, aux parois ou aux équipements.
Le délai d’action ne doit pas être calculé mécaniquement à partir de la vente. Dans l’arrêt du 25 septembre 2025, n° 24-12.596, la troisième chambre civile rappelle que le juge doit rechercher la date à laquelle les acquéreurs ont connu ou auraient dû connaître le caractère erroné du DPE remis par l’agent immobilier et le lien avec le dommage.
L’article 2224 du Code civil fixe à cinq ans le délai des actions personnelles ou mobilières à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits permettant d’agir. Une facture élevée ne révèle pas toujours, à elle seule, une erreur du diagnostic. Une expertise, un nouveau DPE ou la découverte d’une donnée fausse peut fournir l’information qui manquait.
B. Vendeur, acquéreur, agent et notaire : la checklist à suivre avant de signer en 2027
Le vendeur doit agir en premier, car il fournit le dossier de diagnostic technique. Dès le 1er janvier 2027, il vérifie le numéro ADEME et télécharge l’attestation officielle. Il compare l’ancienne et la nouvelle classe, contrôle la durée du DPE et recherche les travaux réalisés depuis sa visite. S’il vend une maison ou une monopropriété soumise à audit, il télécharge aussi l’attestation correspondant à cet audit.
Il adresse ensuite les documents à l’agence, au notaire et à l’acquéreur. Son message indique que l’attestation résulte du changement de coefficient et ne constate aucun travail nouveau. Il demande la mise à jour de l’annonce encore diffusée et du projet d’acte. Cette formulation évite de créer une garantie sur l’état thermique réel du logement.
L’acquéreur vérifie trois séries d’éléments. La première concerne l’identité documentaire : adresse, numéro de lot, numéro ADEME, date et durée de validité. La deuxième concerne le résultat : classes énergie et climat, étiquette finale, dépenses théoriques et recommandations. La troisième concerne l’économie de l’achat : financement, travaux, possibilité de louer, coût de rénovation et clauses négociées.
S’il estime l’information déterminante, il écrit avant l’acte. Sa demande doit être précise : obtenir l’attestation, expliquer une différence, corriger une annexe, vérifier l’audit ou reporter la signature le temps d’une analyse. Une formule vague sur un « DPE qui a changé » ne permet pas au notaire de traiter le problème.
L’agent immobilier contrôle la publicité. Il retire les anciennes images d’étiquette, actualise les mentions obligatoires et conserve la preuve de la date de modification. Il transmet l’attestation à tous les candidats encore engagés dans le processus. Il ne doit pas affirmer que le logement consomme moins ou que des travaux sont devenus inutiles si le seul changement est réglementaire.
Le notaire vérifie le dossier reçu, la validité du DPE à la date prévue et l’existence d’une attestation. Il compare les déclarations de la promesse avec le projet d’acte. Si la classe a changé, l’acte peut mentionner l’ancienne étiquette, la réforme, la nouvelle attestation et sa remise à l’acquéreur. Cette traçabilité limite les contestations sur l’information effectivement fournie.
Les parties doivent aussi relire la condition suspensive de prêt. Certaines banques évaluent le bien, les travaux ou un produit de financement à partir du DPE. Une attestation améliorant la classe peut modifier une aide ou un devis sans remettre en cause l’accord de prêt. L’acquéreur doit transmettre le document à la banque et obtenir une confirmation si le financement comporte une condition énergétique.
Le prix ne se recalcule pas automatiquement. Une classe meilleure peut augmenter l’attractivité du bien, mais le vendeur ne peut pas imposer un supplément après la promesse. L’acquéreur ne peut pas exiger une réduction seulement parce que l’étiquette administrative a changé. Le prix convenu reste la règle, sous réserve d’une clause, d’un vice du consentement ou d’un manquement démontré.
Les travaux promis doivent être distingués de l’étiquette. Si le vendeur s’est engagé à isoler, changer les fenêtres ou remplacer le chauffage avant l’acte, l’attestation ne le libère pas. La promesse contractuelle porte sur les travaux, pas seulement sur la lettre du DPE. L’acquéreur doit vérifier les factures, la réalisation et les éventuelles autorisations de copropriété.
Une attestation améliorée ne neutralise pas non plus les autres critères de décence ou les désordres. Humidité, moisissures, ventilation défaillante, chauffage dangereux ou infiltrations restent des faits matériels. Le DPE est un indicateur conventionnel ; il ne remplace ni une visite attentive, ni l’état du logement, ni une expertise lorsque des anomalies sont visibles.
La visite précédant l’acte conserve donc son utilité. Elle permet de constater les travaux, les équipements et l’état apparent du bien. Elle ne doit pas devenir un audit énergétique improvisé. Si une incohérence sérieuse apparaît, les parties la documentent et sollicitent le professionnel compétent avant de signer.
À Paris et en Île-de-France, le délai entre promesse et acte peut coïncider avec des travaux de copropriété ou la remise de nouveaux documents collectifs. Le vendeur doit transmettre les procès-verbaux utiles et éviter d’attribuer au seul changement de coefficient une amélioration liée à des travaux communs. L’acquéreur doit distinguer le DPE individuel du lot, le DPE collectif et l’audit éventuel de la monopropriété.
Le cabinet a déjà présenté le fonctionnement général du nouveau coefficient électrique du DPE en 2027 et les effets de l’attestation sur l’audit énergétique d’une maison classée E. Le présent guide répond au cas plus étroit de la vente déjà engagée par une promesse en 2026.
La dernière vérification tient en sept questions : le DPE est-il toujours valide ; l’attestation officielle existe-t-elle ; la classe change-t-elle ; l’audit est-il requis ; l’annonce a-t-elle été corrigée ; la promesse contient-elle une clause liée à la performance ; l’acquéreur et sa banque ont-ils reçu les documents avant l’acte ? Une réponse écrite à ces questions réduit fortement le risque d’un contentieux ultérieur.
Pour une analyse plus large de la vente, des diagnostics et de la responsabilité des professionnels, la page consacrée à l’avocat en droit immobilier à Paris présente les interventions du cabinet.
Conclusion
Une promesse signée en 2026 avec un DPE valide ne devient pas irrégulière lorsque le coefficient électrique passe à 1,7 le 1er janvier 2027. Le vendeur n’a pas à refaire systématiquement le diagnostic. Il doit télécharger l’attestation officielle lorsqu’elle est disponible, la joindre au DPE initial, actualiser l’annonce et transmettre l’ensemble à l’acquéreur et au notaire avant l’acte authentique.
L’attestation remplace l’ancienne étiquette pour la durée restante du DPE, mais elle ne corrige ni une erreur de surface, ni un équipement oublié, ni des travaux non décrits. Un nouveau diagnostic reste nécessaire si le document expire ou si l’état du bien a changé. L’audit énergétique doit être vérifié séparément selon le type de bien, sa classe et la date de la vente.
Une modification de classe ne donne pas automatiquement droit à l’annulation ou à une baisse de prix. Le recours dépend de la promesse, du caractère déterminant de l’information, d’une éventuelle erreur technique, de la preuve d’un manquement et du préjudice. Avant la signature, la meilleure protection reste une chronologie documentaire claire et une mention précise dans l’acte.
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