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Metavisio (Thomson Computing) en redressement judiciaire : que peuvent faire les actionnaires et les créanciers après le retour aux bénéfices ?

Le 26 août 2026, Metavisio, qui commercialise les produits Thomson Computing, a annoncé des résultats préliminaires positifs pour le premier semestre 2026. La société indique avoir retrouvé un résultat d’exploitation et un résultat net positifs pour la première fois depuis quatorze ans, après une réduction des coûts, de la masse salariale et des charges financières. Cette annonce est importante, mais elle ne signifie pas que le redressement judiciaire est terminé. La procédure ouverte par le tribunal de commerce de Melun à la demande de la société poursuit un objectif distinct : réorganiser l’endettement, financer la période d’observation et rechercher une solution durable pour l’activité. Cette actualité peut donner l’impression qu’une entreprise redevenue bénéficiaire retrouve immédiatement sa liberté financière. En droit, le résultat comptable, la trésorerie disponible, les créances antérieures, les engagements postérieurs et le projet soumis au tribunal obéissent à des règles différentes. Les commandes, garanties, obligations convertibles, actions et dettes fournisseurs doivent être examinées séparément, avec un calendrier précis.

Le lecteur qui fournit des composants, distribue des ordinateurs Thomson, détient une obligation convertible, attend une facture ou possède des actions ne se trouve pas dans la même situation juridique. Le fournisseur doit préserver sa déclaration de créance et ses sûretés. Le cocontractant doit sécuriser les commandes et les garanties postérieures au jugement d’ouverture. L’actionnaire doit distinguer la perte de valeur de ses titres d’une créance contre la société, puis surveiller les décisions relatives au capital et au plan. La fiche publique consacrée à Metavisio mentionne une ouverture le 16 mars 2026, une cessation des paiements fixée au 19 novembre 2025 et une période d’observation allant jusqu’au 16 septembre 2026 ; ces éléments doivent être confrontés au jugement et aux annonces du BODACC. Le retour aux bénéfices peut renforcer un projet de continuation, sans donner automatiquement droit au paiement des dettes anciennes ni empêcher une cession ou une liquidation.

I. Metavisio en redressement judiciaire : que faire quand une créance reste impayée ?

A. Comment déclarer une créance Metavisio et respecter le délai de deux mois ?

Le point de départ n’est pas la publication des résultats semestriels. C’est le jugement d’ouverture, puis sa publication au BODACC. Le redressement judiciaire suppose une cessation des paiements, mais il est ouvert parce qu’une perspective de redressement peut encore être recherchée. L’article L. 631-1 du code de commerce décrit cette finalité en visant la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif. Le texte dit que la procédure « est destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». Le résultat positif du premier semestre s’inscrit donc dans le débat économique du redressement ; il ne modifie pas, à lui seul, le classement des créances.

Un fournisseur de Metavisio doit d’abord dater sa créance. Sont notamment concernées les factures de marchandises livrées avant le jugement, les prestations déjà exécutées, les avoirs non réglés, les pénalités contractuelles acquises avant l’ouverture, ainsi que les intérêts arrêtés à la date du jugement selon leur régime juridique. La créance doit être déclarée même lorsqu’un litige subsiste sur son montant ou lorsqu’elle n’est pas encore consacrée par une décision définitive. Dans cette hypothèse, le créancier expose le montant réclamé, la méthode de calcul et le caractère provisoire de l’évaluation.

L’article L. 622-24 du code de commerce organise la déclaration des créances antérieures. Il précise notamment : « La déclaration des créances peut être faite par le créancier ou tout préposé ou mandataire de son choix. » Le fournisseur peut donc agir lui-même, par un salarié habilité ou par un avocat. La déclaration doit être adressée au mandataire judiciaire désigné dans le jugement, selon les modalités indiquées dans l’avis BODACC et par l’organe de la procédure. Dans le dossier Metavisio, l’annonce de mars 2026 a désigné une administratrice judiciaire avec mission d’assistance et un mandataire judiciaire ; leurs coordonnées et les éventuelles modalités électroniques doivent être vérifiées dans l’annonce la plus récente.

Le délai usuel est de deux mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au BODACC. Pour un créancier établi hors de France, le délai est en principe augmenté selon les règles applicables, mais cette situation ne doit pas être présumée sans vérification. Le créancier titulaire d’une sûreté publiée ou d’un contrat publié bénéficie d’un avertissement personnel ; le délai se calcule alors à partir de la notification de cet avertissement. Une erreur fréquente consiste à attendre le courrier du mandataire. Cette attente est risquée : l’absence de courrier ne dispense pas nécessairement d’une surveillance du BODACC et du respect de la date de publication.

Le dossier de déclaration doit permettre au mandataire de comprendre immédiatement la dette et son rang. Il faut réunir, dans un même fichier ou une même transmission :

  • le contrat, le bon de commande, les conditions générales et les éventuelles clauses de réserve de propriété ;
  • les factures, avoirs, bons de livraison, procès-verbaux de réception et relevés de compte ;
  • la correspondance relative aux retards, réclamations, retours, garanties, pénalités ou compensations ;
  • le décompte arrêté à la date du jugement, en séparant principal, intérêts, frais et sommes contestées ;
  • la description et la preuve de chaque sûreté, garantie autonome, cautionnement, réserve de propriété ou assurance-crédit ;
  • les coordonnées exactes du créancier et du représentant qui certifie la déclaration.

Il faut aussi distinguer une facture impayée d’une somme due au titre d’une livraison postérieure. Une commande livrée après le jugement peut relever du traitement des créances postérieures, mais la date de la facture ne suffit pas. La date de naissance de l’obligation, la nécessité de la prestation pour la période d’observation, la poursuite du contrat et l’autorisation de l’administrateur sont déterminantes. Une facture antérieure réémise après l’ouverture reste une créance antérieure.

Si le délai est dépassé, le créancier ne doit pas conclure que tout recours est impossible. L’article L. 622-26 du code de commerce prévoit que, sauf relevé de forclusion, les créanciers tardifs « ne sont pas admis dans les répartitions et les dividendes ». La demande de relevé doit être engagée dans le délai légal et justifier que la défaillance n’est pas imputable au créancier ou qu’une omission du débiteur a empêché la déclaration. Une notification reçue tardivement, une créance volontairement omise de la liste des créanciers ou une difficulté objective d’identification peuvent être discutées, pièces à l’appui. La demande doit expliquer la chronologie, et non se limiter à produire la facture.

Le même article rend les créances et sûretés non déclarées inopposables pendant l’exécution du plan dans certaines conditions. Le fournisseur qui découvre tardivement le redressement de Metavisio doit donc agir immédiatement : récupérer l’annonce BODACC, calculer la date limite, vérifier la qualité de la personne qui a signé, préserver la preuve d’envoi et solliciter une analyse du relevé de forclusion si nécessaire. Pour une dette importante, la déclaration et la stratégie de contestation doivent être préparées ensemble, car une formulation trop étroite peut réduire le montant ensuite soutenu devant le juge-commissaire.

B. Facture, contrat ou garantie : que devient la dette pendant la période d’observation ?

L’ouverture du redressement n’est pas une résiliation générale des relations commerciales. Elle déclenche une séparation entre le passif antérieur et les engagements utiles à la poursuite de l’activité. Pour les créanciers antérieurs, le principe est l’interdiction du paiement individuel et la déclaration au passif. Pour les prestations postérieures régulièrement fournies dans l’intérêt de la procédure ou de la période d’observation, le régime peut être plus favorable, à condition de conserver la preuve de la commande, de la livraison et de la décision de poursuite du contrat.

L’article L. 622-17 du code de commerce protège les créances postérieures répondant aux critères du texte. Il pose une règle simple : « sont payées à leur échéance ». Cette formule ne transforme pas toute facture postérieure en créance privilégiée. Le fournisseur doit démontrer que l’obligation est née régulièrement après le jugement, qu’elle répond aux besoins du déroulement de la procédure ou de la période d’observation, ou qu’elle correspond à une prestation fournie au débiteur pendant cette période. Une commande acceptée sans vérification des pouvoirs de l’interlocuteur et sans confirmation de financement crée un risque de non-paiement.

Avant d’expédier une nouvelle marchandise à Metavisio, le fournisseur doit demander qui engage la société, si l’administrateur assiste l’entreprise pour l’acte envisagé, si une autorisation est requise et quel paiement est prévu. Il faut conserver la réponse écrite, le devis accepté, la preuve de livraison et les relances. Les conditions de garantie doivent être adaptées : une garantie commerciale, un retour de produit ou un remplacement peuvent produire une nouvelle obligation après le jugement. Le coût d’une intervention réalisée après l’ouverture ne doit pas être confondu avec la facture initiale.

Les contrats en cours obéissent à une logique propre. L’article L. 622-13 du code de commerce interdit que l’ouverture produise, à elle seule, la résiliation du contrat et impose au cocontractant de tenir ses engagements malgré les impayés antérieurs, ceux-ci devant être déclarés au passif. L’administrateur peut demander la poursuite du contrat en fournissant la prestation promise et en vérifiant qu’il dispose des fonds nécessaires. Le cocontractant peut mettre en demeure l’administrateur de prendre position. Une absence de réponse prolongée ou un défaut de paiement des échéances postérieures peut entraîner la résiliation selon les conditions du texte.

Le mécanisme est particulièrement sensible pour les revendeurs, intégrateurs et clients professionnels de Thomson Computing. Une relation commerciale peut comporter des stocks confiés, une réserve de propriété, des licences, des engagements de maintenance, des garanties et des retours. Chaque élément doit être isolé. Le fournisseur qui réclame globalement « toutes les sommes dues » risque de mélanger une dette antérieure soumise à déclaration, une prestation postérieure payable à échéance et une demande de restitution qui répond à un autre régime.

Le pourvoi n° 24-22.541, arrêt du 1er juillet 2026 de la chambre commerciale, rappelle cette exigence de qualification. La Cour a jugé qu’une créance de restitution née après l’ouverture, à la suite de la résolution d’un contrat antérieur pour une obligation autre que le paiement d’une somme d’argent, « ne peut bénéficier du traitement préférentiel prévu par ces dispositions ». La date de naissance apparente de la créance ne suffit donc pas. Le créancier doit identifier la cause exacte de l’obligation et son lien avec l’activité de la période d’observation.

Le gel des poursuites doit également être intégré dans toute stratégie de recouvrement. L’article L. 622-21 du code de commerce prévoit que « Le jugement d’ouverture interrompt ou interdit toute action en justice » visant notamment le paiement d’une somme d’argent, sous réserve des créances postérieures relevant du régime légal. Une assignation en paiement introduite après l’ouverture, une saisie ou une demande de résolution pour impayé antérieur peuvent être interrompues ou interdites. Il faut vérifier la date de l’assignation, l’objet de la demande et la nature de la créance avant toute initiative devant le tribunal.

Les garanties personnelles doivent être examinées séparément. Une caution, un garant autonome, un assureur-crédit et un fournisseur ne disposent pas des mêmes droits. La déclaration à la procédure de Metavisio ne remplace pas automatiquement une action contre une caution ; inversement, une poursuite contre une personne physique peut être affectée par les règles de suspension et par les textes protecteurs applicables. Les contrats de distribution et de maintenance doivent être relus avec leur clause de garantie, leur clause de réserve de propriété et leurs conditions de restitution.

Pour les dettes postérieures, la méthode est opérationnelle : ne rien livrer sans commande traçable, demander la confirmation de la poursuite du contrat, fixer un plafond d’encours, facturer sans retard, alerter l’administrateur en cas d’impayé et conserver la preuve du caractère utile de la prestation. Le retour aux bénéfices peut rassurer commercialement, mais il ne remplace ni une garantie, ni un paiement effectif, ni la vérification de la situation de trésorerie pendant la période d’observation.

II. Actionnaires de Metavisio : que change le retour aux bénéfices pour le plan et la dilution ?

A. Les bénéfices effacent-ils le redressement judiciaire et protègent-ils les actionnaires ?

Un résultat semestriel positif est un signal économique ; ce n’est pas un jugement de clôture. Le communiqué du 26 août 2026 précise que les résultats sont préliminaires et en cours d’audit. Il attribue l’amélioration à des changements structurels, à la baisse des charges et à une meilleure marge, et évoque des références commerciales avec l’UGAP, un revendeur français et un grossiste européen. Ces informations peuvent nourrir le bilan économique et social, le prévisionnel de trésorerie et le projet de plan. Elles ne font pas disparaître les dettes nées avant le 16 mars 2026, la cessation des paiements fixée dans le jugement, ni les besoins de financement à venir.

L’actionnaire doit séparer quatre questions. Premièrement, quelle est la valeur économique de l’entreprise après restructuration ? Deuxièmement, quel montant de passif antérieur doit être apuré et selon quel échéancier ? Troisièmement, le financement de la période d’observation et du plan prévoit-il une émission de titres ou la conversion d’instruments obligataires ? Quatrièmement, le tribunal peut-il arrêter un plan qui modifie la répartition du capital ou qui organise une cession ? Une action cotée peut perdre une grande partie de sa valeur sans que l’actionnaire devienne pour autant créancier du montant perdu.

Le détenteur d’actions ordinaires ne déclare donc pas au passif une simple moins-value boursière. Il peut, selon les circonstances, avoir une créance distincte : remboursement d’une obligation, intérêts dus au titre d’un instrument de financement, restitution d’une somme versée à la société, indemnisation fondée sur une faute démontrée ou créance née d’un contrat. Chaque prétention doit être qualifiée. Un détenteur d’ORNANE ou d’une obligation convertible doit lire les modalités d’émission, les événements de défaut, les règles de conversion et l’impact du jugement d’ouverture. La qualification de créancier obligataire ne se déduit pas de la seule mention du mot « convertible ».

Le plan peut aussi affecter la participation des actionnaires. L’article L. 631-19 du code de commerce rend applicables au plan de redressement les règles du plan et dispose, lorsqu’une modification du capital ou une cession de droits sociaux est prévue, que « les clauses d’agrément sont réputées non écrites ». Cette règle ne signifie pas que toute augmentation de capital est imposée sans cadre. Elle signifie qu’un plan validé par le tribunal peut neutraliser certaines clauses statutaires qui empêcheraient sa mise en œuvre. Le dossier doit donc être lu à partir du projet de plan, des résolutions proposées et du jugement, non à partir de la seule évolution du cours.

Le droit de vote des dirigeants peut lui aussi être concerné dans des hypothèses particulières. L’article L. 631-19-1 du code de commerce permet au tribunal, sur demande du ministère public et lorsque le redressement le requiert, de subordonner l’adoption du plan au remplacement d’un ou plusieurs dirigeants. Le texte permet également, sous conditions, de rendre certains titres incessibles, de confier le vote à un mandataire de justice ou d’ordonner une cession à dire d’expert. Ces mesures ne sont ni automatiques ni déclenchées par une simple baisse du cours ; elles exigent un débat judiciaire et une appréciation des intérêts de la société.

Une assemblée générale peut rester nécessaire pour les opérations qui relèvent de la compétence des actionnaires. L’actionnaire doit conserver les avis de convocation, les projets de résolutions, les rapports, les bulletins de vote et les demandes de renseignements. Si une résolution de réduction ou d’augmentation du capital est proposée, il faut vérifier son plafond, sa durée, le maintien ou la suppression du droit préférentiel, la catégorie de bénéficiaires, la parité de conversion et l’effet de dilution. Une autorisation générale ne prouve pas qu’une émission a été réalisée ; le procès-verbal, les communiqués et les déclarations de capital doivent être rapprochés.

La jurisprudence récente impose de ne pas confondre le calendrier du plan avec celui des dettes. Dans le pourvoi n° 24-20.709, arrêt du 4 mars 2026, la chambre commerciale a rappelé, pour une procédure soumise à la rédaction applicable aux faits, que le jugement d’ouverture emporte « l’interdiction de payer toute créance née antérieurement à son prononcé ». La Cour a déduit que cette interdiction faisait obstacle à l’exercice d’un retrait litigieux par le débiteur pendant la période d’observation et après l’adoption d’un plan. Cet arrêt ne tranche pas la situation de Metavisio, mais il illustre la persistance des effets du jugement d’ouverture au-delà d’une annonce financière positive.

Le raisonnement de l’actionnaire doit enfin intégrer le scénario de sortie. Un plan de continuation peut préserver l’activité et organiser le paiement du passif. Une cession peut transférer une branche, des contrats ou des actifs à un repreneur, sans garantir la conservation de la valeur des titres existants. Une liquidation peut conduire à la disparition de la valeur résiduelle des actions. Le résultat positif du semestre améliore l’argument économique en faveur de la poursuite ; il ne crée pas un droit acquis à une valeur minimale des titres.

B. Que faire avant la fin de la période d’observation et l’audience du tribunal ?

La priorité est de reconstruire une chronologie vérifiable. Il faut télécharger le jugement d’ouverture, l’avis BODACC, les communiqués Euronext et les résultats du 26 août, puis relever les dates de déclaration de créance, d’audience, de prolongation éventuelle et de dépôt du projet de plan. Les données publiques indiquent une échéance de la période d’observation au 16 septembre 2026 ; cette date peut évoluer par décision du tribunal. Le créancier ou l’actionnaire doit donc vérifier le greffe, les publications de la société et les avis des organes de la procédure plutôt que de se fier à une date isolée.

Le article L. 631-8 du code de commerce encadre la fixation de la date de cessation des paiements. Il indique que le tribunal fixe cette date après avoir sollicité les observations du débiteur et qu’à défaut elle est réputée être celle du jugement d’ouverture. La date du 19 novembre 2025 mentionnée dans les données publiques de Metavisio peut avoir des conséquences sur la période suspecte, les actes accomplis avant l’ouverture et l’analyse des paiements ; elle ne doit pas être utilisée sans lecture du jugement et de ses éventuelles modifications.

Pour le créancier, la vérification doit aboutir à une décision claire :

  • la créance est-elle antérieure, postérieure ou mixte, avec plusieurs livraisons ?
  • le délai de déclaration est-il expiré, et une notification personnelle a-t-elle été reçue ?
  • une sûreté, une réserve de propriété ou une assurance couvre-t-elle tout ou partie de la dette ?
  • le contrat est-il poursuivi, résilié ou en attente de position de l’administrateur ?
  • les livraisons futures disposent-elles d’un financement et d’une autorisation traçables ?
  • la créance a-t-elle été admise, contestée ou renvoyée devant le juge-commissaire ?

Pour l’actionnaire, la liste est différente. Il faut comparer le nombre d’actions et de droits de vote, le capital social publié, les instruments convertibles et les résolutions proposées. Il faut également identifier les documents qui expliquent la restructuration : plan de réduction des coûts, financement de trésorerie, contrats commerciaux annoncés, niveau d’encours fournisseurs et hypothèses de marge. Un résultat net positif réalisé sans produit exceptionnel peut être encourageant ; il faut encore savoir s’il génère suffisamment de trésorerie pour honorer les créances postérieures et financer les échéances du plan.

Les issues possibles sont encadrées par le livre VI. L’article L. 631-15 du code de commerce autorise la liquidation lorsque « le redressement est manifestement impossible ». À l’inverse, si les capacités de financement et les perspectives sont suffisantes, la période d’observation peut être poursuivie et le projet de plan examiné. Le tribunal peut aussi retenir une cession. L’article L. 631-22 du code de commerce prévoit que « Le tribunal peut ordonner la cession totale ou partielle de l’entreprise » lorsqu’aucun plan sérieux ne permet le redressement ou lorsque les plans proposés sont manifestement insuffisants.

Une offre de reprise ne se lit pas comme une vente d’actions. Le repreneur peut sélectionner des actifs, des contrats et des emplois nécessaires à la poursuite, tandis que les actionnaires de la société débitrice ne reçoivent pas automatiquement le prix de cession. Le créancier doit vérifier la place de sa créance dans le plan ou dans la procédure de cession. Le cocontractant doit examiner si son contrat est repris. Le salarié doit suivre les mesures qui le concernent. La société, son administrateur et son mandataire n’ont pas les mêmes missions : le premier dirige avec l’assistance définie par le jugement, le second prépare et met en œuvre la solution, le troisième représente l’intérêt collectif des créanciers.

Le plan de redressement peut prévoir un échelonnement long. L’article L. 626-12 du code de commerce rappelle que « La durée du plan est fixée par le tribunal. Elle ne peut excéder dix ans ». Un échéancier sur plusieurs années ne vaut pas paiement immédiat et ne transforme pas une créance chirographaire en créance garantie. Le créancier doit calculer l’effet des délais, des intérêts, des garanties et du risque d’inexécution. Pour replacer le dossier dans le cadre général, le plan de redressement judiciaire et ses issues sont présentés dans un article de référence du cabinet. Le plan peut être favorable à la continuité tout en imposant un effort financier important aux fournisseurs et aux financeurs.

Paris et Île-de-France. Metavisio relève du tribunal de commerce de Melun selon les annonces publiques de mars 2026, et non du tribunal de commerce de Paris du seul fait que l’actionnaire, le fournisseur ou son avocat se trouve à Paris. Les actes de la procédure doivent être adressés aux organes désignés et les audiences suivies auprès de la juridiction compétente. Un conseil situé à Paris peut préparer la déclaration, examiner les publications et assister un créancier francilien, mais la compétence territoriale ne se déplace pas automatiquement. Pour une entreprise de Seine-et-Marne, les pièces de livraison, les garanties, les correspondances avec le siège et les échanges avec l’administrateur doivent être centralisés avant toute audience.

Une action contentieuse peut être envisagée lorsqu’une irrégularité précise est identifiée : défaut de déclaration d’une créance, contestation injustifiée, rupture fautive d’un contrat, non-paiement d’une créance postérieure, décision sociale irrégulière ou faute distincte causant un dommage personnel. La procédure collective ne permet pas de remplacer la preuve par une accusation générale. Il faut conserver les procès-verbaux, les convocations, les ordres de mouvement, les relevés de compte, les courriels, les bons de livraison, les versions successives des communiqués et les réponses des organes de la procédure.

La bonne action avant septembre est donc souvent documentaire : déclarer ou régulariser la créance, formaliser une demande à l’administrateur, mettre à jour le décompte, sécuriser les commandes futures, demander les informations sociales accessibles et préparer des observations sur le plan. L’actionnaire qui envisage de contester une opération de capital doit identifier l’acte exact, la résolution, le délai applicable, le préjudice personnel et le lien de causalité. Le fournisseur qui envisage une poursuite doit d’abord qualifier la créance et contrôler l’effet du jugement d’ouverture. Cette discipline évite de laisser une urgence financière se transformer en erreur procédurale.

Conclusion

Le retour annoncé de Metavisio aux bénéfices au premier semestre 2026 peut soutenir la recherche d’un plan, mais il ne clôt pas le redressement judiciaire et ne garantit ni le paiement des dettes anciennes ni la valeur des actions. Le fournisseur doit déclarer chaque créance antérieure, préserver ses sûretés et distinguer les prestations postérieures. Le cocontractant doit obtenir une position claire sur la poursuite du contrat et sécuriser le financement des nouvelles commandes. L’actionnaire doit séparer la moins-value de ses titres d’une véritable créance, suivre les opérations de capital et examiner les scénarios de continuation, de cession ou de liquidation.

La période d’observation et l’échéance publique annoncée pour septembre imposent une revue immédiate des documents. Le jugement, le BODACC, les communiqués de la société, les modalités de financement et les échanges avec l’administrateur doivent être comparés. Une analyse personnalisée est nécessaire dès qu’un délai de déclaration est incertain, qu’une garantie doit être exercée, qu’une commande postérieure reste impayée ou qu’une opération de capital risque de diluer les titres.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».