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Dossier de surendettement et LLD : faut-il restituer la voiture, payer le solde et contester les frais ?

Une location longue durée (LLD) peut devenir difficile à supporter après une perte d’emploi, une séparation, une maladie ou une baisse durable des revenus. Lorsque les loyers ne sont plus réglés, le locataire reçoit parfois une mise en demeure, une demande de restitution du véhicule, puis un décompte qui additionne les impayés, les frais de remise en état et une indemnité de résiliation. Le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France ne répond pas, à lui seul, à toutes ces questions. Il faut distinguer la nature du contrat, les loyers échus, les sommes nées après la recevabilité, la propriété du véhicule et la méthode de calcul du solde. La LLD n’est pas une LOA : elle ne comporte normalement pas d’option d’achat, et son traitement exige une lecture précise des clauses de restitution. Cet article présente les réflexes utiles pour déclarer la dette, demander le maintien du véhicule lorsque son coût reste soutenable, organiser une restitution et contester un décompte incomplet devant la commission ou le juge des contentieux de la protection. Il complète le dossier général sur la contestation de la recevabilité et la saisine du juge.

I. Que devient une voiture en LLD quand un dossier de surendettement est recevable ?

A. La LLD est-elle une dette à déclarer et que faut-il distinguer de la LOA ?

La première question porte sur la qualification du contrat. En LLD, une société loue un véhicule pour une durée déterminée, souvent comprise entre deux et cinq ans, en contrepartie de loyers périodiques. Le contrat peut inclure l’entretien, l’assistance, les pneumatiques ou d’autres services. Le locataire acquiert un droit d’usage, mais il n’a pas, en principe, de faculté d’acheter la voiture à un prix fixé à l’avance comme dans une location avec option d’achat. La voiture reste la propriété du loueur pendant l’exécution et après la restitution.

Cette différence ne met pas la dette LLD à l’écart du dossier de surendettement. L’article L. 711-1 du code de la consommation ouvre le dispositif aux personnes physiques de bonne foi et décrit la situation de surendettement comme « l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir ». Les loyers déjà dus et les sommes contractuelles exigibles peuvent donc être portés à la connaissance de la commission, sous réserve de leur réalité, de leur date et de leur caractère personnel ou professionnel.

La décision récente de la deuxième chambre civile du 2 juillet 2026, pourvoi n° 23-21.550, rappelle que l’article L. 711-1 s’applique aux dettes « professionnelles et non professionnelles, sans distinction selon la part respective de ces dettes ». Cette solution évite une lecture trop étroite du passif. Elle ne dispense toutefois pas de vérifier la procédure applicable lorsque la dette provient d’une activité commerciale soumise à une procédure collective. Le présent article concerne la LLD souscrite par un particulier pour ses besoins personnels, familiaux ou professionnels individuels, et non le financement d’une entreprise placée sous le livre VI du code de commerce.

Le dossier doit employer le bon vocabulaire. Il ne faut pas inscrire seulement « crédit voiture » si le contrat est une LLD. Il faut indiquer le nom exact du loueur, le numéro du contrat, l’immatriculation, la date de livraison, la durée prévue, le loyer mensuel, le premier loyer majoré, le dépôt de garantie, les prestations comprises et les conditions de sortie. Cette précision permet de distinguer le loyer courant, l’arriéré, les pénalités, les frais de restitution et l’indemnité éventuellement demandée pour une fin anticipée.

La confusion avec la LOA peut produire une mauvaise demande. Une LOA est normalement rattachée aux règles du crédit à la consommation et comporte une option d’achat. Une LLD est présentée par le service public comme un contrat de location, avec des frais de restitution et des conditions contractuelles propres. Les deux contrats peuvent conduire à rendre le véhicule, mais la somme réclamée ne se calcule pas de la même manière. En LLD, le loueur peut réclamer des loyers ou une indemnité de résiliation prévue par le contrat, tandis que le locataire ne dispose pas d’une valeur d’option à imputer comme dans une LOA.

La fiche Service-Public consacrée à la LOA et à la LLD indique que la LLD fonctionne comme une location et que les contrats prévoient souvent, en cas de résiliation anticipée, le paiement des loyers restant à courir. La même fiche précise que des frais peuvent être facturés au retour pour un dépassement du kilométrage, des dégradations dépassant l’usure normale ou un retard de restitution, lorsqu’ils sont prévus au contrat. Ces indications ne valident pas automatiquement la facture reçue : elles invitent à comparer chaque poste avec la clause signée et avec l’état contradictoire du véhicule.

Le passif doit être arrêté à partir d’une chronologie. Notez la date du premier rejet, celle de la mise en demeure, celle de la résiliation annoncée, celle de la remise des clés, celle de l’expertise ou de l’état de retour, celle de la vente ou de la remise en parc, puis celle de la décision de recevabilité. Les paiements effectués entre ces dates doivent être rapprochés des relevés bancaires. Une mensualité prélevée après la résiliation, un avoir d’assurance ou une remise commerciale oubliée peut modifier le solde. Le locataire doit aussi vérifier si le bailleur réclame des loyers postérieurs à la remise du véhicule sans expliquer la base de cette demande.

Un décompte utile comporte au moins cinq colonnes : la date de naissance de la somme, son intitulé, le montant réclamé, la clause invoquée et la pièce justificative. Ajoutez une colonne consacrée aux paiements et une autre aux contestations. Les frais de transport, de gardiennage, de remise en état et d’expertise ne doivent pas être noyés dans un total unique. Si le véhicule a été revendu, le loueur doit expliquer comment cette opération intervient dans ses comptes. Une facture sans date de restitution, sans état du véhicule ou sans méthode de calcul ne permet pas de reconnaître l’intégralité de la créance.

La propriété du véhicule doit rester distincte de la dette. Une procédure de surendettement peut effacer ou rééchelonner un passif sans transférer au locataire la propriété d’un bien appartenant au loueur. La deuxième chambre civile, dans son arrêt du 27 février 2014, pourvoi n° 13-10.891, a retenu la formule suivante : « l’extinction de la créance n’équivalait pas à son paiement ». L’arrêt concernait une réserve de propriété et non une LLD, mais il montre la prudence nécessaire : effacement d’une somme, extinction d’une obligation et transfert de propriété ne sont pas des notions interchangeables.

Le contrat doit également être rapproché de l’usage réel du véhicule. Un véhicule utilisé pour rejoindre un emploi éloigné, se rendre à des soins réguliers ou transporter un enfant peut être déclaré comme charge nécessaire. Cette utilité ne rend pas le loyer prioritaire par principe. Elle doit être comparée au coût de la location, aux revenus disponibles, aux autres dépenses essentielles et aux solutions de déplacement réellement accessibles. La commission doit pouvoir comprendre pourquoi la voiture est nécessaire et pourquoi le maintien de cette LLD, plutôt qu’une restitution ou une solution moins coûteuse, ne compromet pas le traitement de l’ensemble des dettes.

B. La recevabilité suspend-elle la résiliation et faut-il continuer à payer ?

La recevabilité crée un cadre protecteur, mais elle ne transforme pas la LLD en contrat gratuit. Il faut séparer trois périodes : les sommes nées avant le dépôt, celles nées entre le dépôt et la recevabilité, puis les loyers et frais qui apparaissent après la décision. Une erreur sur cette chronologie peut conduire soit à demander le paiement d’une dette déjà intégrée au passif, soit à croire qu’une échéance nouvelle est effacée alors qu’elle correspond à l’usage poursuivi après la recevabilité.

L’article L. 722-2 du code de la consommation dispose que « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires ». Le texte concerne les procédures d’exécution. Il ne décide pas, à lui seul, si le contrat de LLD doit être maintenu, résilié ou réaménagé. Il faut donc répondre à la demande du loueur et transmettre la décision à la commission, sans présenter la suspension des poursuites comme un effacement immédiat des loyers.

Le contrat en cours bénéficie d’une protection particulière. Selon l’article L. 722-11 du code de la consommation, « aucune indivisibilité, résiliation ou résolution d’un contrat en cours ne peut résulter du seul fait de la décision de recevabilité de la demande ». Une lettre qui dirait seulement « votre dossier est recevable, le contrat est donc résilié » ne suffit pas à appliquer cette règle. Le loueur doit identifier un autre fondement, par exemple un impayé, une clause contractuelle régulièrement mise en œuvre, un défaut d’assurance ou une restitution déjà due.

Cette protection ne doit pas être interprétée comme une autorisation de ne plus rien payer. Si le locataire garde le véhicule et continue à l’utiliser, les loyers courants, l’assurance et les dépenses indispensables à l’usage doivent être intégrés au budget. Si le paiement devient impossible, il faut prévenir immédiatement le loueur et la commission, demander une position écrite et éviter de laisser les échéances s’accumuler en silence. La personne qui rend le véhicule doit fixer la date de fin d’usage et conserver la preuve de la remise des clés, afin d’éviter une facturation prolongée sans justification.

Un ancien arrêt de la deuxième chambre civile du 6 juin 2013, pourvoi n° 12-19.155, énonçait dans son sommaire que « les dettes nées après le jugement d’ouverture ne sont pas effacées par la procédure de rétablissement personnel ». La numérotation et le régime de l’époque doivent être distingués du droit actuel, mais la vigilance sur la date de naissance de la dette reste utile. Une LLD maintenue après une décision de traitement ne doit pas être présentée comme un arriéré antérieur si le loyer correspond à une période d’usage postérieure.

La recevabilité n’autorise pas non plus le débiteur à régler un ancien créancier comme s’il était seul concerné. Tout paiement doit être rapproché de la période et de la cause de la dette. Un virement exceptionnel destiné à éviter une reprise du véhicule peut modifier l’égalité entre créanciers et compliquer la lecture du dossier. Avant de payer un arriéré, demandez l’accord ou les instructions utiles de la commission et faites préciser par écrit si le versement porte sur une échéance courante, une régularisation ou une somme contestée.

La capacité de paiement doit être calculée à partir des dépenses réelles. L’article L. 731-2 du code de la consommation prévoit que la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes « intègre le montant des dépenses de logement, d’électricité, de gaz, de chauffage, d’eau, de nourriture et de scolarité, de garde et de déplacements professionnels ainsi que les frais de santé ». La LLD doit être présentée avec ses dépenses connexes : assurance, carburant, entretien non compris, stationnement, péages et réparations restant à la charge du locataire. Un loyer isolé sous-estime la charge véritable.

Le courrier adressé au loueur doit être factuel. Mentionnez la date de la recevabilité, joignez la notification, indiquez le numéro du dossier et demandez la suspension des relances incompatibles avec la procédure. Si vous souhaitez conserver le véhicule, écrivez que la demande est soumise à l’examen du budget et ne vaut pas reconnaissance de toutes les sommes. Si vous envisagez la restitution, demandez un rendez-vous, un état contradictoire, l’inventaire des accessoires et le décompte qui sera établi après reprise. Une formulation neutre protège la possibilité de discuter le montant ultérieur.

Il faut surveiller les courriers recommandés et les espaces en ligne. Dans son arrêt du 16 avril 2026, pourvoi n° 24-14.712, la deuxième chambre civile a validé la communication d’observations écrites d’un créancier à l’adresse déclarée du débiteur, avec une lettre recommandée portant la mention « non réclamée ». La règle pratique est simple : une lettre non retirée ne doit pas être ignorée. Conservez l’avis de passage, ouvrez le courrier dès que possible et transmettez-le à la commission ou à votre conseil avec sa date d’arrivée.

La chronologie permet aussi de déterminer si la résiliation est acquise. Une mise en demeure peut ouvrir un délai contractuel, mais la clause doit être lue intégralement : montant minimal d’impayé, délai de régularisation, mode d’envoi, effet d’un paiement partiel et date de prise d’effet. Une lettre de recouvrement qui annonce une résiliation future ne produit pas nécessairement les mêmes effets qu’une notification de résiliation. Le locataire doit demander au loueur d’indiquer la date exacte à laquelle il considère le contrat terminé et le fondement précis de cette position.

Lorsque le véhicule est indispensable, ne le dissimulez pas et ne le déplacez pas pour empêcher sa reprise. Transmettez les justificatifs de trajet, le contrat de travail, les horaires, les certificats de soins ou les éléments familiaux pertinents. Lorsque la restitution paraît inévitable, organisez-la plutôt que d’attendre une reprise conflictuelle. La remise volontaire permet de dater l’arrêt de l’usage, de photographier l’état du véhicule et de discuter immédiatement les accessoires ou les kilomètres. Elle ne vaut pas accord sur le décompte financier.

La demande doit enfin tenir compte du stade de la procédure. Au dépôt, la LLD doit figurer parmi les créanciers avec le contrat et le dernier relevé. Après la recevabilité, toute lettre du loueur doit être transmise. Lors de l’état du passif, chaque montant doit être comparé aux pièces. Lors de l’orientation vers un plan ou un rétablissement personnel, le coût futur du véhicule et le sort du contrat doivent être traités séparément. Une décision de recevabilité n’est donc qu’une étape : elle protège contre certaines poursuites et impose une discipline de déclaration, mais elle ne règle pas la restitution.

II. Faut-il restituer le véhicule et comment contester le solde LLD ?

A. Comment demander le maintien ou organiser la restitution de la voiture ?

Le choix entre maintien et restitution doit reposer sur deux budgets comparés. Le premier scénario additionne les loyers restant à courir, l’assurance, le carburant, les frais d’entretien, les kilomètres supplémentaires et les autres charges du foyer. Le second ajoute le coût de la restitution, l’indemnité éventuelle, les frais de remise en état et le coût d’un moyen de transport de remplacement. Comparez ces scénarios sur douze mois au moins, puis sur toute la durée restant au contrat lorsque les sommes sont connues. Un tableau honnête peut montrer qu’une restitution immédiate coûte cher, mais évite une accumulation beaucoup plus lourde.

L’orientation vers un rétablissement personnel dépend de la situation globale, et non de la seule présence d’une voiture. L’article L. 724-1 du code de la consommation permet à la commission d’imposer un rétablissement personnel sans liquidation lorsqu’elle constate que le débiteur ne possède que des biens nécessaires à la vie courante ou des biens non professionnels indispensables à son activité, ou que l’actif est dépourvu de valeur marchande ou trop coûteux à vendre. Une voiture appartenant au loueur n’est pas un actif du débiteur, mais son utilité et la charge de son usage influencent l’analyse du budget.

La commission peut traiter la dette par plusieurs mesures. L’article L. 733-1 du code de la consommation lui permet notamment de « Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature » et, dans les conditions du texte, de différer ou suspendre certaines sommes. Pour une LLD, cette possibilité ne garantit pas la conservation du véhicule. Les loyers futurs rémunèrent un usage qui continue, alors que l’arriéré doit être intégré aux mesures de traitement. Le plan doit donc dire qui paie le loyer courant, qui règle l’assurance et comment le passif arrêté est apuré.

Une demande de maintien doit être chiffrée. Indiquez le loyer mensuel, le nombre de mois restant, le kilométrage prévu, les frais compris dans le contrat et ceux qui restent à votre charge. Ajoutez les revenus stables, les charges retenues, les frais de déplacement économisés grâce au véhicule et les alternatives étudiées. Un contrat de 280 euros par mois peut devenir une charge de 450 euros une fois l’assurance, le carburant, le stationnement et les péages ajoutés. La commission doit connaître le coût complet, pas seulement le montant de la publicité ou du prélèvement.

L’utilité professionnelle ou médicale demande des preuves concrètes. Une attestation de l’employeur peut préciser les horaires, les déplacements et l’absence de transport collectif adapté. Un calendrier de soins peut indiquer la fréquence et la distance des rendez-vous. Pour la garde d’un enfant, les horaires d’école et les trajets peuvent être documentés. Si une voiture moins chère est disponible, joignez une comparaison sérieuse : devis d’assurance, annonces vérifiables, estimation du coût de remplacement et délai de mise en œuvre. L’argument n’est pas « je veux garder cette voiture », mais « voici le scénario qui permet de respecter les mesures sans compromettre les dépenses essentielles ».

La bonne foi se travaille dans la cohérence du dossier. La deuxième chambre civile, dans son arrêt du 2 juillet 2020, pourvoi n° 18-26.213, a censuré une appréciation qui ne caractérisait pas suffisamment la mauvaise foi au regard des éléments soumis au juge. Cette jurisprudence ne crée pas un droit au maintien d’un véhicule coûteux. Elle rappelle que la situation doit être examinée concrètement. Déclarer la LLD, expliquer l’origine des impayés, produire les relevés et renoncer à un nouveau financement irréaliste rendent la demande plus lisible.

Dans une demande conjointe, la situation de chaque signataire doit être exposée. L’arrêt de la deuxième chambre civile du 21 mai 2026, pourvoi n° 23-20.970, indique que « le juge doit se prononcer sur la bonne foi de chaque demandeur à la procédure de surendettement ». Si les deux membres du couple sont titulaires de la LLD, précisez qui utilise la voiture, qui paie les loyers, qui a subi la baisse de revenus et comment chacun entend respecter la solution proposée. Si un seul a signé, cette qualité doit aussi apparaître sans ambiguïté.

La restitution doit être préparée comme une opération probatoire. Avant le rendez-vous, photographiez la carrosserie, les jantes, les pneus, l’habitacle, le coffre, les vitres, les voyants, le niveau de carburant et le kilométrage. Rassemblez les factures d’entretien et les doubles de clés. Demandez que les réserves soient inscrites sur l’état de retour et refusez de signer une mention qui affirme que les frais sont acceptés si vous n’avez pas reçu le détail. Si le loueur mandate un expert, demandez les conditions de l’examen et conservez le rapport lorsqu’il est communiqué.

Le kilométrage doit être rapproché du contrat et non d’une estimation orale. Le contrat peut prévoir un plafond, un tarif par kilomètre supplémentaire, un forfait de remise en état ou une grille de vétusté. Une usure normale ne se confond pas avec une dégradation facturable. Le locataire peut demander les photographies, le barème contractuel, les factures de réparation et la preuve du dépassement. Une somme calculée à partir d’un devis non réalisé doit être présentée comme une estimation tant que le contrat ou une pièce ne permet pas de retenir un montant définitif.

La restitution n’empêche pas une négociation. Vous pouvez demander un décompte provisoire après remise du véhicule, proposer un paiement de la partie non contestée et solliciter un échéancier pour le solde. Toute proposition doit préciser qu’elle ne vaut pas reconnaissance des frais non justifiés. Le loueur peut accepter une remise commerciale, une suppression de certains frais ou une imputation des paiements déjà reçus. La commission doit être informée de tout accord car le passif déclaré et les mesures envisagées peuvent en être modifiés.

La demande principale et la demande subsidiaire peuvent être rédigées ensemble. Demandez d’abord le maintien si le loyer complet est compatible avec le budget et si la voiture est objectivement nécessaire. À titre subsidiaire, sollicitez une restitution organisée, le calcul contradictoire du solde, l’imputation du prix de revente ou des frais effectivement supportés et le traitement du montant justifié dans le plan. Cette présentation évite de réduire le débat à une opposition entre le besoin de mobilité et le droit du loueur. Elle montre que vous recherchez une solution soutenable.

Si le véhicule n’est pas indispensable et que le loyer compromet les charges vitales, la restitution peut être la décision financière la plus prudente. Elle doit cependant être distinguée d’un abandon du dossier. Après la remise des clés, continuez à répondre à la commission, réclamez le solde actualisé et déclarez la nouvelle créance si elle apparaît. Un défaut de suivi peut laisser subsister des frais non vérifiés ou un contrat réputé encore en cours dans les fichiers du loueur.

B. Comment contester les frais, le décompte et la décision de la commission ?

Avant toute contestation, identifiez le document reçu. Une relance simple, une mise en demeure, une notification de résiliation, une facture de restitution, un état du passif, des mesures imposées et une convocation judiciaire ne produisent pas les mêmes effets. La lettre doit être conservée avec son enveloppe, l’avis de passage, les pièces jointes et la date de consultation lorsqu’elle est déposée dans un espace numérique. La réponse doit être adressée au bon interlocuteur : loueur, commission, greffe ou juge selon la nature de l’acte.

Le contrôle du passif a un fondement précis. L’article L. 723-3 du code de la consommation prévoit que « Le débiteur peut, dans un délai fixé par décret, contester l’état du passif dressé par la commission et demander à celle-ci de saisir le juge des contentieux de la protection, aux fins de vérification de la validité des créances, des titres qui les constatent et du montant des sommes réclamées ». La commission est tenue de donner suite à cette demande. Il faut préciser les lignes contestées, les pièces manquantes et, lorsque cela est possible, le montant qui paraît justifié.

Le juge compétent est désigné par l’article L. 713-1 du code de la consommation : « Le juge des contentieux de la protection connaît des mesures de traitement des situations de surendettement des particuliers et de la procédure de rétablissement personnel ». Cette compétence ne signifie pas que le juge tranche toutes les questions de droit de propriété ou de responsabilité contractuelle nées autour du véhicule. La deuxième chambre civile, le 24 septembre 2015, pourvoi n° 13-20.996, a jugé que le juge du surendettement ne pouvait pas, sans excéder ses pouvoirs, connaître d’une demande de restitution fondée sur une clause de réserve de propriété. Le précédent ne concerne pas directement une LLD, mais il oblige à séparer la vérification du passif, les mesures de désendettement et le contentieux autonome de la restitution.

Le décompte LLD doit être ventilé en postes vérifiables. Commencez par les loyers échus avant la date retenue par la commission. Ajoutez les frais contractuels identifiables, puis examinez l’indemnité de résiliation. Vérifiez ensuite les frais de remise en état, le kilométrage, les accessoires manquants et les frais de transport. Enfin, demandez comment le loueur a tenu compte de la récupération, de la vente ou de la valeur du véhicule. Le total ne doit pas être accepté parce qu’il figure sur une facture : chaque ligne doit correspondre à un contrat, un événement et une preuve.

Les paiements sont souvent le premier point d’écart. Exportez les relevés du compte sur toute la période litigieuse et surlignez chaque prélèvement du loueur. Ajoutez les virements, les remboursements et les prélèvements rejetés puis régularisés. Comparez le résultat avec l’historique fourni par le bailleur. Si un paiement a été imputé à une mauvaise échéance, demandez une rectification. Si un prélèvement a été réalisé après la restitution, demandez son imputation ou son remboursement. Le tableau doit afficher les dates et les références, pas seulement une différence globale.

Le second point porte sur la résiliation. Une clause n’est efficace que si les conditions prévues sont réunies et si la notification permet de comprendre la somme demandée. Contrôlez l’adresse utilisée, la date de réception, le délai laissé, la régularisation intervenue et la date de fin d’usage. Si le loueur invoque un défaut d’assurance, vérifiez la police et les attestations. Si la résiliation repose sur un impayé, rapprochez-le du calendrier de la commission. Une lettre postérieure à la recevabilité ne peut pas faire comme si cette décision n’existait pas : elle doit être analysée avec les articles L. 722-2 et L. 722-11.

Le troisième point concerne les frais de retour. Demandez le contrat, la grille de vétusté, l’état contradictoire, les photographies, le rapport d’expertise, les devis et les factures. Une simple estimation ne démontre pas nécessairement une dépense supportée. Les conditions générales peuvent prévoir une procédure particulière de contestation ou un délai pour demander une contre-expertise. Utilisez ce délai sans attendre le règlement global. Une réserve écrite envoyée rapidement peut préserver la discussion, alors qu’un silence prolongé rend plus difficile la reconstitution de l’état du véhicule.

La question de la compétence revient lorsque le loueur réclame une reprise du véhicule. Le juge du surendettement peut examiner l’état du passif et les mesures de traitement, mais une demande de restitution fondée sur un titre de propriété, une clause particulière ou une action contractuelle peut relever d’un autre débat. Le précédent du pourvoi n° 13-20.996 enseigne que le locataire ne doit pas demander au juge du surendettement une décision qui excéderait la mission de cette juridiction. Dans le courrier, distinguez donc « je conteste le montant inscrit au passif » de « je demande de statuer sur la propriété ou la restitution ».

Les mesures imposées peuvent elles-mêmes être contestées. L’article L. 733-10 du code de la consommation dispose qu’« Une partie peut contester devant le juge des contentieux de la protection, dans un délai fixé par décret, les mesures imposées par la commission en application des articles L. 733-1, L. 733-4 ou L. 733-7 ». La contestation doit viser la notification reçue et respecter le délai indiqué par les textes et l’acte. Elle peut porter sur le maintien ou la restitution du véhicule, le montant du passif, la capacité retenue, la durée, la répartition des paiements ou une condition imposée au débiteur.

Une contestation utile formule une demande précise. Vous pouvez solliciter la réduction du poste « frais de restitution » au montant documenté, le retrait d’un loyer déjà payé, la prise en compte d’un avoir, la rectification de la date de résiliation ou la vérification du solde après vente. Ajoutez un tableau qui renvoie chaque ligne à une pièce numérotée. Si le montant exact ne peut pas encore être calculé, demandez au loueur de produire les documents nécessaires et indiquez quelle somme est admise sans renoncer au surplus. Le juge ou la commission dispose alors d’une contestation ciblée.

La décision de la deuxième chambre civile du 25 juin 2015, pourvoi n° 14-17.733, rappelle, dans un contentieux d’effacement, qu’un débiteur qui n’avait pas contesté la créance et n’avait pas fait état de l’effacement ne pouvait pas l’invoquer tardivement devant la Cour de cassation. La leçon est procédurale : une dette de LLD doit être signalée dès le premier acte utile, et l’effacement ou la contestation doit être expressément opposé au loueur et à la juridiction saisie. Ne supposez pas qu’un tableau de la commission sera automatiquement compris par le recouvreur ou repris dans un procès.

Le rétablissement personnel sans liquidation ne doit pas être confondu avec la disparition de toute relation contractuelle. L’article L. 741-2 du code de la consommation prévoit, en l’absence de contestation, que le rétablissement personnel sans liquidation « entraîne l’effacement de toutes les dettes, professionnelles et non professionnelles, du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission », sous les exceptions prévues par le texte. La date d’arrêté est essentielle. Une dette de LLD née avant cette date et comprise dans le périmètre peut être effacée selon la décision. Un loyer né après cette date ou une nouvelle obligation liée à un contrat maintenu doit être analysé séparément.

La Cour de cassation a aussi rappelé, dans la décision du 6 juin 2013, pourvoi n° 12-19.155, que la période de naissance de la dette compte pour l’effacement. Cette décision reposait sur les textes alors en vigueur et ne doit pas être copiée mécaniquement dans un dossier actuel. Elle justifie toutefois une vérification ligne par ligne lorsque le loueur réclame plusieurs années de loyers, une indemnité calculée jusqu’au terme ou des frais apparus après restitution. La décision de traitement et le décompte du bailleur doivent être mis en regard des mêmes dates.

La bonne foi reste examinée jusqu’à l’audience. La deuxième chambre civile, dans le pourvoi n° 18-26.213, a rappelé que l’analyse doit reposer sur les éléments soumis au juge au jour où il statue. Informez donc la commission d’une restitution, d’une reprise d’emploi, d’une baisse de revenus ou d’un nouveau décompte. Ne signez pas une nouvelle LLD pour remplacer l’ancienne sans vérifier l’autorisation et la compatibilité avec les mesures. Une démarche destinée à réduire la charge peut devenir une dette nouvelle si elle n’est pas présentée et financée.

Le dossier d’audience doit être court dans sa présentation et complet dans ses annexes. Préparez une chronologie d’une page, un tableau du décompte, le contrat et ses conditions générales, les relevés bancaires, les lettres recommandées, l’état du véhicule, les photographies, les justificatifs de revenus et de charges, ainsi que les documents qui démontrent l’utilité ou le caractère remplaçable de la voiture. Numérotez chaque pièce. Dans vos écritures, renvoyez à ces numéros et formulez une demande par ordre de priorité. Le juge doit pouvoir retrouver en quelques instants la date de restitution, le prélèvement contesté et la clause invoquée.

Une lettre de contestation peut suivre une structure simple : rappel du contrat et de la date de recevabilité ; indication de la date de remise du véhicule ; liste des paiements ; postes contestés ; pièces demandées au loueur ; montant admis, le cas échéant ; demande de suspension des relances incompatibles avec la procédure ; et réserve sur les sommes non justifiées. Évitez les accusations générales. Écrivez plutôt que le solde « ne peut pas être vérifié en l’état » parce qu’il ne comporte pas le rapport d’expertise, la preuve de la vente ou l’imputation des paiements. Cette rédaction facilite une réponse exploitable.

Le recours contre la décision de la commission doit aussi préserver les délais. La décision du 16 avril 2026, pourvoi n° 24-14.712, montre que l’adresse déclarée et la lettre recommandée jouent un rôle important dans le contradictoire. Signalez tout changement d’adresse à la commission, retirez les recommandés et demandez une copie si une pièce vous manque. Si vous découvrez tardivement une décision, indiquez la date de découverte et joignez les justificatifs de notification. Un délai ne doit pas être calculé à partir d’une information approximative trouvée en ligne.

Le contrôle doit enfin porter sur les dettes exclues ou prioritaires. Une LLD personnelle n’est pas, par elle-même, une dette alimentaire ou une réparation pénale. Elle peut donc relever du traitement si elle entre dans le champ du livre VII, mais la présence d’autres dettes peut modifier l’ordre des paiements et la capacité disponible. Ne retirez pas une créance parce que le loueur menace de reprendre le véhicule, et ne la doublez pas parce qu’un recouvreur différent écrit. Demandez à la commission de confirmer le créancier déclaré et le montant retenu.

Lorsque le solde reste discuté après restitution, un accord écrit peut être préférable à une relance indéfinie. L’accord doit préciser le montant total, les frais abandonnés, les versements déjà imputés, l’échéancier, l’absence de nouvelle facturation et la transmission de l’information à la commission. Vérifiez aussi que le loueur clôture bien le contrat et met à jour son compte. Un accord oral passé au téléphone ne donne pas la même sécurité qu’un document daté, signé ou envoyé par un canal permettant d’en prouver le contenu.

La réponse dépend donc de quatre contrôles : le contrat est-il une LLD ou une LOA ? La résiliation a-t-elle été régulièrement acquise et à quelle date ? Le véhicule a-t-il été rendu dans un état et avec un kilométrage documentés ? Le solde tient-il compte des paiements, des frais prouvés et de la récupération du véhicule ? Si une réponse manque, la dette ne doit pas être abandonnée dans le dossier : elle doit être déclarée avec une réserve et soumise à vérification. Le juge peut traiter le passif dans sa compétence, mais la propriété et les demandes autonomes doivent rester dans le cadre juridictionnel approprié.

Conclusion

Une LLD impayée peut être intégrée à un dossier de surendettement, mais sa présence ne signifie ni maintien automatique de la voiture ni effacement immédiat des loyers. Le locataire doit distinguer le contrat de location de la LOA, les échéances antérieures, les loyers courants, l’indemnité de résiliation et les frais de restitution. La recevabilité suspend certaines procédures d’exécution et empêche la résiliation fondée sur ce seul événement, sans supprimer les obligations liées à un contrat poursuivi ni les causes de résiliation régulièrement établies. Pour demander le maintien, présentez un budget complet et des preuves d’utilité. Pour restituer, fixez la date, photographiez le véhicule, obtenez un état contradictoire et réclamez un décompte après récupération ou vente. Pour contester, utilisez l’état du passif, les relevés bancaires, le contrat et les délais de recours afin de viser chaque poste. Le rétablissement personnel efface les dettes arrêtées dans son périmètre, sous les exceptions légales, mais ne transfère pas la propriété du véhicule et ne couvre pas mécaniquement une obligation née plus tard. La priorité reste une chronologie documentée, un budget réaliste et une réponse écrite à chaque notification.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».