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L’exception d’inexécution dans les contrats commerciaux : conditions de gravité du manquement, notification préalable et suspension par anticipation selon les articles 1219 et 1220 du Code civil

Les relations économiques contemporaines reposent sur un équilibre synallagmatique au sein duquel chaque engagement contractuel trouve sa cause directe dans la prestation réciproque promise. Aux termes de l’article 1103 du Code civil, les contrats légalement formés tiennent lieu de loi impérative à ceux qui les ont valablement souscrits. Or la vie des affaires confronte régulièrement les opérateurs économiques à des défaillances opérationnelles qui menacent directement la poursuite normale de leurs engagements contractuels réciproques. Face à une telle défaillance, l’article 1217 du Code civil ouvre un éventail gradué de sanctions permettant au créancier de réagir efficacement.

Parmi ces remèdes juridiques, l’article 1219 du Code civil consacre le mécanisme d’autodéfense contractuelle permettant à une partie de suspendre immédiatement ses propres prestations. Ce droit de rétention comportemental autorise ainsi un contractant à refuser l’exécution de son obligation exigible tant que son partenaire ne satisfait point à ses engagements. Par ailleurs, l’article 1220 du Code civil a introduit une innovation majeure en consacrant la faculté d’opposer une exception d’inexécution par anticipation. Cette prérogative préventive permet de paralyser l’exécution avant même l’échéance contractuelle dès lors que la défaillance future du cocontractant apparaît manifestement certaine et lourde de conséquences.

Dans le domaine complexe du contentieux commercial à Paris, le recours intempestif à ce moyen de pression unilatéral comporte des périls juridiques particulièrement redoutables. En effet, la suspension injustifiée ou disproportionnée d’un contrat commercial expose son auteur à une condamnation pécuniaire sévère pour inexécution fautive de ses obligations contractuelles. Dès lors, les juridictions consulaires exercent un contrôle approfondi sur la gravité intrinsèque du manquement allégué et sur la proportionnalité des mesures conservatoires mises en œuvre. Il convient donc d’analyser méthodiquement les conditions d’exercice de l’exception d’inexécution curatrice puis les modalités spécifiques de la suspension préventive par anticipation.

La distinction fondamentale entre l’exception curatrice et l’exception préventive gouverne l’ensemble de la stratégie contentieuse des parties lors d’une crise contractuelle majeure. Tandis que l’article 1219 du Code civil sanctionne une inexécution déjà consommée, l’anticipation requiert une certitude quasi absolue quant au défaut futur de prestation. Par ailleurs, la pratique judiciaire démontre que le juge consulaire n’hésite pas à requalifier une suspension abusive en rupture unilatérale illicite du contrat commercial. À cet égard, l’étude approfondie de la jurisprudence récente éclaire les conditions de sécurité juridique indispensables aux entreprises confrontées à la défaillance d’un partenaire commercial.

I. Le régime fondamental de l’exception d’inexécution curatrice face au manquement avéré

A. L’exigence impérative d’une inexécution synallagmatique d’une gravité suffisante

Le mécanisme de l’exception d’inexécution codifié à l’article 1219 du Code civil subordonne la suspension des prestations à l’existence d’obligations réciproques et interdépendantes. Dans les contrats synallagmatiques du commerce, l’obligation de chaque partie constitue la contrepartie économique et juridique directe de l’obligation assumée par l’autre contractant. À cet égard, le Tribunal des activités économiques de Paris dans son jugement du 22 juin 2026 a rappelé les critères structurels guidant l’application de ce texte. La juridiction consulaire a ainsi posé que « l’exception suppose un contrat synallagmatique où les prestations sont la contrepartie l’une de l’autre ».

Cette corrélation fonctionnelle implique que le manquement reproché doit porter directement sur l’obligation dont la prestation suspendue forme la contrepartie économique immédiate. C’est ainsi que dans les contrats synallagmatiques, la mise à disposition effective constitue la contrepartie indivisible du règlement financier selon l’article 1219 du Code civil. Or l’entreprise qui subit un manquement mineur ne peut valablement bloquer des flux financiers portant sur des prestations parfaitement exécutées par son partenaire commercial. Dès lors, l’analyse judiciaire exige une vérification méticuleuse de la connexité et de l’interdépendance des obligations litigieuses soumises à la suspension unilatérale.

La seule constatation d’une inexécution contractuelle ne suffit point à légitimer l’arrêt unilatéral des prestations dues par le cocontractant victime de l’incident d’exécution. En effet, l’article 1219 du Code civil dispose formellement que l’inexécution invoquée doit présenter un caractère de gravité suffisant pour autoriser la suspension. Ce principe a été réaffirmé par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence dans son arrêt du 30 avril 2025 relatif à un contrat de vente commerciale. Les juges aixois ont posé que « l’inexécution doit revêtir un caractère de gravité suffisant pour justifier que le cocontractant s’affranchisse lui-même de ses propres obligations ».

Dans cette espèce soumise à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence le 30 avril 2025, la livraison d’un matériel industriel défectueux avait totalement paralysé l’activité. Les juges ont constaté que les malfaçons affectant les tuyauteries avaient provoqué des pannes répétées rendant la stérilisation commerciale des produits entièrement impossible. En conséquence, la cour a retenu que l’acheteur était pleinement fondé à refuser le paiement du solde de la facture d’achat réclamé par le fournisseur. Le manquement touchait ici au cœur même de la destination contractuelle, justifiant ainsi l’application intégrale du remède prévu à l’article 1219 du Code civil.

L’appréciation souveraine des juges du fond porte dès lors sur la substance même de l’obligation contractuelle méconnue par le partenaire commercial défaillant. Une illustration topique a été rendue par la Cour d’appel de Rennes dans sa décision du 20 janvier 2026 concernant un matériel de ventilation commerciale. La cour a retenu que le fournisseur avait installé un équipement d’une puissance nettement inférieure à celle expressément stipulée sur le devis contractuel accepté. Dès lors, en installant un équipement non conforme au devis accepté, le prestataire avait méconnu la substance même de son obligation contractuelle.

La cour a souligné que « l’inexécution réciproque de son obligation par la société Le 19 de Paul Bert est proportionnée » selon l’arrêt du 20 janvier 2026. La proportionnalité s’évalue ainsi par la comparaison concrète entre le coût des réfections nécessaires et le montant total des factures dont le paiement est suspendu. Or lorsque le manquement n’affecte qu’une partie accessoire des prestations fournies, le blocage de l’intégralité du prix convenu devient manifestement fautif et illégitime. Cette rigueur probatoire a été mise en lumière par la Cour d’appel de Versailles dans son arrêt du 2 juin 2026.

Dans cette affaire soumise aux magistrats versaillais, la juridiction a rappelé les termes de l’article 1219 du Code civil pour sanctionner une suspension injustifiée du règlement. La Cour d’appel de Versailles a retenu que « les désordres allégués par la société Sophrea ne portent que sur une petite partie des travaux réalisés ». Les juges ont constaté que les défauts signalés étaient décrits de façon imprécise et ne concernaient que quelques postes secondaires du chantier commercial réalisé. En conséquence, « la preuve de la gravité de l’inexécution n’est pas rapportée, de sorte que la société Sophrea n’est pas fondée à invoquer une telle inexécution ».

La jurisprudence consulaire refuse avec la même fermeté d’accueillir l’exception d’inexécution lorsque les retards de livraison ne sont pas précisément quantifiés et établis. C’est ainsi que la Cour d’appel de Versailles dans son arrêt du 25 mars 2025 a rejeté les prétentions d’une société commerciale distributrice. Les magistrats ont souligné que l’acquéreur ne démontrait point la date convenue pour la livraison ni l’ampleur exacte du retard imputable au fournisseur des marchandises. Dès lors, la société demanderesse « ne rapporte donc pas la preuve d’une inexécution suffisamment grave » selon l’arrêt du 25 mars 2025.

La preuve de la gravité incombe de manière constante et exclusive à la partie qui prétend se soustraire à ses obligations contractuelles échues. À cet égard, la production de simples allégations unilatérales ou de correspondances vagues ne permet pas de renverser la force obligatoire issue de l’article 1103 du Code civil. Les juridictions commerciales exigent des éléments techniques probants tels que des constats de commissaire de justice ou des expertises contradictoires régulières. Par conséquent, l’entreprise doit soigneusement documenter la matérialité et l’impact économique du manquement avant d’actionner le mécanisme protecteur de l’article 1219 du Code civil.

B. L’absence de mise en demeure préalable et l’obligation d’information loyale

Sur le plan procédural, la mise en œuvre de l’exception d’inexécution sous l’empire de l’article 1219 du Code civil se distingue par une remarquable souplesse formelle. Contrairement à la résolution unilatérale du contrat, l’exercice de cette voie de défense ne requiert pas la délivrance préalable d’une mise en demeure formelle. Cette dispense a été solennellement confirmée par la Troisième chambre civile de la Cour de cassation dans son arrêt du 5 mars 2026. La haute juridiction a jugé que le cocontractant peut se prévaloir de l’exception sans être tenu de délivrer une mise en demeure préalable à son partenaire.

Dans cette décision majeure rendue au visa des textes contractuels, la Cour de cassation dans son arrêt du 5 mars 2026 a précisé l’office du juge du fond. La haute juridiction a énoncé que « lorsque le locataire invoque une exception d’inexécution, le juge doit en vérifier le bien-fondé ». Le magistrat est donc tenu d’examiner la réalité des manquements opposés, nonobstant la délivrance d’un commandement de payer demeuré sans effet durant le délai légal. Par ailleurs, l’exigence de bonne foi contractuelle posée par l’article 1104 du Code civil impose toutefois un devoir strict d’information loyale entre les parties.

Le Tribunal des activités économiques de Paris dans sa décision du 22 juin 2026 a souligné la portée de cette articulation entre textes civils. La juridiction consulaire a relevé que « l’article 1219 écarte la nécessité d’une mise en demeure préalable » face à la défaillance adverse. L’entreprise qui décide de suspendre unilatéralement ses prestations doit impérativement préciser les manquements concrets reprochés à son partenaire afin de lui permettre d’y remédier. Le silence prolongé ou la dissimulation des motifs réels de l’arrêt des règlements caractérise une attitude déloyale privant le débiteur du bénéfice de l’article 1219 du Code civil.

La loyauté contractuelle impose ainsi de notifier clairement la nature exacte des désordres constatés dès leur survenance afin de préserver l’équilibre des relations commerciales. Or un contractant qui dissimule ses griefs et continue d’utiliser les prestations sans émettre de réserves ne peut invoquer tardivement l’article 1219 du Code civil. À cet égard, les juges consulaires examinent la chronologie des échanges pour vérifier si la suspension ne dissimule point une simple difficulté de trésorerie du débiteur. En conséquence, l’information immédiate et détaillée du partenaire défaillant constitue le gage indispensable de la bonne foi requise par le droit positif.

Cette exception d’inexécution présente en outre la nature juridique d’une exception inhérente à la dette contractuelle directement transmissible à l’égard des tiers cessionnaires. C’est ce qu’a rappelé la Cour d’appel de Versailles dans son arrêt du 2 juin 2026 statuant sur les recours d’une société d’affacturage. Les juges ont relevé que « le débiteur peut opposer au cessionnaire les exceptions inhérentes à la dette, telles que l’exception d’inexécution ». À cet égard, la notification formelle de la cession contractuelle régit l’opposabilité de ces moyens de défense conformément à l’arrêt de la Chambre commerciale du 2 juillet 2025.

Dans cet arrêt topique rendu par la Chambre commerciale de la Cour de cassation le 2 juillet 2025, la haute cour a réaffirmé les principes de cession. La Cour a énoncé que la cession ne produit effet à l’égard du cédé que si le contrat conclu lui est notifié ou lorsqu’il en prend acte. Dès lors, le débiteur conserve la faculté d’opposer l’exception d’inexécution née des manquements du cédant au cessionnaire subrogé dans les droits de la créance. Cette opposabilité protège efficacement l’entreprise contre les transferts de créances commerciales organisés pour contourner les sanctions de l’article 1217 du Code civil.

Dans le cadre de la rédaction de contrats commerciaux, les praticiens doivent veiller à organiser contractuellement les modalités de notification des incidents techniques. L’insertion de clauses de réclamation encadrant les délais d’expertise contradictoire permet de prévenir l’arbitraire d’une suspension brutale et injustifiée des flux financiers. En conséquence, la traçabilité des échanges épistolaires et la formulation d’observations précises constituent des précautions indispensables pour sécuriser la position juridique de l’entreprise. Dès lors, l’exception d’inexécution demeure une mesure temporaire d’attente qui ne saurait emporter la disparition définitive du lien obligatoire issu de l’article 1103 du Code civil.

II. La suspension par anticipation et l’encadrement judiciaire des risques d’invalidation

A. Les critères cumulatifs stricts de l’exception préventive de l’article 1220 du Code civil

L’ordonnance portant réforme du droit des obligations a consacré à l’article 1220 du Code civil une faculté novatrice de suspension préventive des engagements contractuels. Ce texte permet de suspendre l’obligation « dès lors qu’il est manifeste que son cocontractant ne s’exécutera pas à l’échéance » sous l’article 1220 du Code civil. Cette disposition subordonne toutefois la suspension à la démonstration que « les conséquences de cette inexécution sont suffisamment graves pour elle ». Il s’agit donc d’un mécanisme hautement dérogatoire qui requiert la réunion cumulative d’une certitude probatoire et d’un préjudice futur d’une exceptionnelle gravité.

La mise en œuvre de ce dispositif préventif a été explicitée par la Cour d’appel de Paris dans sa décision du 2 mai 2025. Les magistrats de la capitale ont affirmé avec netteté la répartition stricte de la charge probatoire pesant sur l’auteur de la mesure conservatoire. La juridiction a jugé que le créancier « doit établir le caractère manifeste de la future défaillance du débiteur » pour agir licitement. À défaut d’apporter cette double preuve formelle, la suspension unilatérale décidée par l’entreprise constitue un manquement direct aux prévisions de l’article 1103 du Code civil.

Dans cette espèce examinée par la Cour d’appel de Paris le 2 mai 2025, une société d’exploitation funéraire avait interrompu ses versements conventionnels. L’entreprise se fondait sur des articles de presse évoquant l’état de santé du dirigeant prestataire pour alléguer une incapacité d’exécution future. Or les magistrats ont relevé que les déclarations du prestataire démontraient sa volonté inaltérée d’assurer la mission d’accompagnement convenue entre les parties. Dès lors, les juges ont estimé que la société cliente ne démontrait aucunement l’impossibilité manifeste d’exécution de la mission convenue.

Cette rigueur prétorienne est également illustrée par le jugement rendu par le Tribunal judiciaire de Mulhouse le 17 janvier 2025. Dans ce litige relatif à un contrat international de fourniture industrielle, le vendeur avait unilatéralement interrompu la livraison de matériaux métalliques. Le fournisseur prétendait qu’il était manifeste que l’acquéreur ne règlerait point le solde restant dû lors de la livraison définitive des marchandises commandées. Or les juges ont constaté qu’aucun élément objectif ne permettait d’établir cette certitude d’inexécution future aux termes de l’article 1220 du Code civil.

Le Tribunal judiciaire de Mulhouse dans son jugement du 17 janvier 2025 a estimé que le vendeur avait agi sous le coup d’une simple perte de confiance. La juridiction consulaire a jugé que cette appréhension subjective ne caractérisait nullement la certitude manifeste exigée impérativement par les dispositions du Code civil. En conséquence, la juridiction a prononcé la résolution judiciaire du contrat commercial aux torts exclusifs du fournisseur au visa de l’article 1217 du Code civil. Le fabricant défaillant a été lourdement condamné à restituer l’intégralité des acomptes perçus et à indemniser les préjudices subis par l’acheteur évincé.

La jurisprudence refuse donc avec constance de valider la suspension par anticipation lorsque celle-ci repose sur des craintes purement hypothétiques ou subjectives. À cet égard, l’analyse développée par les juridictions commerciales souligne la nécessité d’une preuve matérielle irréfragable de l’impossibilité d’exécuter sous l’article 1220 du Code civil. La survenance d’un litige distinct ou de simples rumeurs de marché ne saurait suffire à justifier l’arrêt unilatéral des prestations contractuelles convenues. Dès lors, l’entreprise qui souhaite suspendre préventivement son engagement doit réunir des éléments comptables ou techniques démontrant l’inévitabilité de la carence future.

Par ailleurs, l’article 1220 du Code civil impose une condition de forme substantielle consistant en une notification expresse effectuée « dans les meilleurs délais ». La Cour d’appel de Rennes dans son arrêt du 26 février 2025 a rappelé le caractère impératif de cette communication préalable et circonstanciée. L’absence de notification rapide prive le cocontractant de la possibilité d’offrir des garanties alternatives de paiement ou de dissiper les doutes entourant sa solvabilité. Dès lors, le non-respect de ce formalisme prive immédiatement la suspension préventive de toute légitimité juridique devant les juridictions commerciales saisies.

La notification de suspension anticipée exigée par l’article 1220 du Code civil doit exposer avec une précision chirurgicale les motifs de la mesure. Elle doit détailler les éléments factuels précis établissant le risque manifeste de défaillance ainsi que la gravité prévisible du dommage à venir. En conséquence, un courrier laconique ou imprécis ne satisfait aucunement aux exigences probatoires et formelles imposées par la jurisprudence des cours d’appel. Ce formalisme rigoureux garantit la loyauté des échanges commerciaux et prévient les dérives opportunistes contraires aux prescriptions de l’article 1104 du Code civil.

B. Le contrôle judiciaire de proportionnalité et les sanctions de la suspension injustifiée

L’exercice abusif de l’exception d’inexécution emporte un risque majeur d’inversion des responsabilités contractuelles au détriment de la partie qui l’a imprudemment invoquée. L’entreprise qui bloque indûment ses paiements s’expose à une demande reconventionnelle en résolution du contrat sur le fondement de l’article 1226 du Code civil. C’est ce qu’a rappelé le Tribunal des activités économiques de Paris dans sa décision du 22 juin 2026. Les magistrats ont souligné que le juge consulaire vérifie toujours si la réaction du contractant n’a pas excédé les limites imposées par la proportionnalité contractuelle.

Dans cette affaire parisienne, le tribunal a rejeté les prétentions d’un prestataire ayant indûment invoqué la déchéance du terme selon le jugement du 22 juin 2026. Les juges ont posé que la suspension du paiement des redevances était pleinement justifiée face à l’abandon total des prestations promises par le loueur. À l’inverse, dans un litige portant sur une solution informatique, le Tribunal de commerce de Saint-Etienne dans son jugement du 22 mai 2026 a écarté l’exception opposée. Les magistrats stéphanois ont jugé que les prestations ayant été reçues sans réserve, le client ne pouvait refuser le règlement des redevances convenues.

Le Tribunal de commerce de Saint-Etienne dans sa décision du 22 mai 2026 a donc fait droit à l’acquisition de la clause résolutoire contractuelle. Le client récalcitrant a été condamné au paiement de l’arriéré intégral, majoré de la clause pénale forfaitaire et des intérêts au taux légal. La charge probatoire pèse exclusivement sur l’auteur de la rétention financière selon l’arrêt de la Cour d’appel de Paris du 5 juin 2023. La cour a jugé qu’il « appartient à la société Aziosmanoff, qui se prévaut de l’exception d’inexécution, de démontrer l’inexécution » alléguée.

Dans l’affaire jugée par la Cour d’appel de Paris le 5 juin 2023, la société cliente invoquait des défauts de développement logiciel. Or la cour a relevé que les rapports techniques produits par la cliente n’avaient pas été établis contradictoirement et manquaient de fiabilité. En conséquence, la cour a condamné la société cliente au paiement intégral de la facture de prestations de développement informatique litigieuse. L’absence d’expertise contradictoire prive donc l’exception d’inexécution de son assise probatoire essentielle devant le juge du fond sous l’article 1219 du Code civil.

En matière commerciale, le rejet judiciaire de l’exception d’inexécution déclenche de plein droit l’application des pénalités prévues par l’article L. 441-10 du Code de commerce. Tout retard injustifié dans le règlement d’une facture commerciale entraîne l’exigibilité des intérêts au taux de refinancement de la BCE majoré de dix points. Cette sanction financière automatique a été expressément appliquée par la Cour d’appel de Paris dans son arrêt du 5 juin 2023. La même juridiction a en outre alloué l’indemnité forfaitaire légale de quarante euros pour frais de recouvrement conformément à l’article L. 441-10 du Code de commerce.

De même, la Cour d’appel de Versailles dans sa décision du 2 juin 2026 a prononcé une condamnation similaire. Les magistrats versaillais ont appliqué les pénalités de retard de l’article L. 441-10 du Code de commerce dès l’échéance contractuelle de la facture. Ces pénalités substantielles peuvent rapidement alourdir de manière considérable la dette de l’entreprise ayant suspendu ses règlements à tort. Dès lors, le coût financier d’une exception d’inexécution mal maîtrisée dépasse fréquemment l’enjeu initial de la contestation commerciale soulevée par les parties.

La position des entreprises engagées dans un contentieux commercial à Paris requiert donc la constitution préalable d’un dossier probatoire rigoureusement étayé. L’établissement de procès-verbaux de constat d’huissier et de rapports d’expertise contradictoire constitue le préalable technique indispensable avant toute mesure de rétention financière. En conséquence, les dirigeants avisés doivent solliciter une analyse juridique préalable pour mesurer la gravité réelle du manquement avant d’interrompre l’exécution de leurs contrats. Dès lors, un maniement imprudent transforme la victime apparente en débiteur fautif au sens de l’article 1103 du Code civil.

Dans la gestion quotidienne des contrats d’affaires, l’accompagnement par des praticiens aguerris à la rédaction de contrats commerciaux permet d’anticiper ces blocages. La structuration de clauses d’escalade graduée et de médiation préalable offre une alternative constructive à la brutalité de la suspension unilatérale des prestations. Par ailleurs, ces stipulations contractuelles précisent les délais d’avertissement et organisent la continuité d’exploitation des entreprises partenaires en cas de difficulté technique imprévue. À cet égard, la prévention contractuelle demeure le meilleur rempart contre les risques de déstabilisation financière issus d’une suspension mal calibrée sous l’article 1219 du Code civil.

Conclusion

L’exception d’inexécution consacrée aux articles 1219 et 1220 du Code civil constitue un instrument de justice privée indispensable à la régulation des relations d’affaires. Qu’elle intervienne à titre curatif face à une faute consommée ou à titre préventif par anticipation, elle garantit l’équilibre économique des contrats synallagmatiques. Or son efficacité pratique demeure strictement tributaire de la démonstration d’une inexécution suffisamment grave et de la proportionnalité rigoureuse de la mesure de rétention. L’absence d’obligation de mise en demeure sous l’article 1219 du Code civil ne dispense nullement les parties du devoir d’information loyale posé par l’article 1104 du Code civil.

De même, la suspension par anticipation régie par l’article 1220 du Code civil exige une certitude manifeste et une notification formelle dans les meilleurs délais. Le non-respect de ces garde-fous expose l’opérateur économique au risque d’une résiliation à ses torts exclusifs au titre de l’article 1226 du Code civil. Il s’expose également aux sanctions pécuniaires drastiques et aux pénalités de retard d’ordre public de l’article L. 441-10 du Code de commerce. Face à ces enjeux déterminants pour la trésorerie des entreprises, l’accompagnement par des praticiens du contentieux commercial à Paris demeure un gage de sécurité juridique.

En définitive, la maîtrise des conditions de fond et de forme de l’exception d’inexécution confère aux dirigeants une arme défensive particulièrement dissuasive. Toutefois, la manipulation de ce remède suppose une vigilance constante quant à la proportionnalité des mesures conservatoires mises en œuvre selon l’article 1219 du Code civil. La traçabilité rigoureuse des échanges et la constitution d’un dossier technique contradictoire constituent les clés de voûte de toute démarche précontentieuse réussie. Dès lors, les entreprises sécurisent durablement leurs intérêts patrimoniaux et préservent la force obligatoire de leurs engagements conformément à l’article 1103 du Code civil.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».