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Facture électronique : comment la recevoir au 1er septembre 2026 sans logiciel ?

Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France devront pouvoir recevoir une facture électronique, même lorsque leur propre obligation d’émission ne commencera qu’en 2027. Cette échéance approche dans un contexte nouveau : le 11 juillet 2026, Bercy a confirmé le calendrier tout en annonçant une phase de démarrage guidée par la tolérance et la bienveillance. Cette annonce ne dispense pourtant aucune entreprise d’organiser sa réception. Un PDF joint à un courriel, une adresse comptabilité@entreprise.fr ou un logiciel qui crée des factures ne suffisent pas nécessairement.

Le dirigeant qui n’a ni logiciel de facturation ni plateforme doit donc répondre à des questions très concrètes : faut-il souscrire directement auprès d’une plateforme agréée, passer par l’expert-comptable, accepter un mandat proposé par un prestataire, contrôler l’annuaire central ou conserver un second canal de preuve ? Une mauvaise configuration peut rendre la facture introuvable, retarder son approbation et provoquer un litige sur le paiement ou la déduction de TVA. Ce guide expose la marche à suivre avant l’échéance, les contrôles à exiger, les preuves à conserver et les recours utiles si une facture n’arrive pas ou si la plateforme devient indisponible.

I. Comment recevoir une facture électronique au 1er septembre 2026 sans logiciel ?

A. Qui doit choisir une plateforme agréée pour recevoir ses factures ?

La première distinction oppose la réception à l’émission. Selon la page officielle de Bercy consacrée au lancement de la facturation électronique, toutes les entreprises devront avoir la capacité de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026. À cette même date, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront aussi émettre dans le nouveau circuit et transmettre les données attendues à l’administration. Les PME, TPE et micro-entreprises ne passeront à l’émission obligatoire qu’au 1er septembre 2027. Une petite société qui ne facture qu’en 2027 doit donc quand même préparer sa boîte de réception électronique en 2026.

Cette obligation ne dépend pas du nombre de factures reçues. Elle concerne l’assujetti établi en France entrant dans le champ de la réforme, y compris une entreprise qui n’emploie personne, travaille depuis son domicile ou confie toute sa comptabilité à un cabinet externe. La fiche de l’Urssaf mise à jour le 28 juillet 2026 rappelle que la facturation électronique remplace, dans son champ, la facture papier scannée, le PDF ordinaire ou le document envoyé par courriel. Le sujet n’est donc pas de posséder un fichier numérique, mais de recevoir une facture structurée par le circuit réglementaire.

Le point de départ juridique demeure l’article 289 du code général des impôts, dont la version applicable au 3 août 2026 a été vérifiée. Il pose notamment la règle suivante : « Tout assujetti est tenu de s’assurer qu’une facture est émise, par lui-même, ou en son nom et pour son compte, par son client ou par un tiers ». Le même article exige que l’authenticité de l’origine, l’intégrité du contenu et la lisibilité soient assurées de l’émission jusqu’à la fin de la conservation. Recevoir un fichier sans pouvoir identifier son origine, son statut et son rattachement à l’opération ne répond pas correctement à cette logique.

Le dispositif propre à la réforme figure à l’article 289 bis du code général des impôts. Son texte officiel indique mot pour mot : « L’émission, la transmission et la réception des factures électroniques s’effectuent en recourant à une plateforme agréée. » Le choix utile porte donc sur une plateforme agréée par l’État, parfois encore désignée par son ancien nom de plateforme de dématérialisation partenaire. Une entreprise peut utiliser une solution compatible comme interface, mais elle doit savoir quelle plateforme agréée assure effectivement la réception et sous quel contrat.

L’annuaire central sert à orienter la facture vers la plateforme du destinataire. Le même article 289 bis prévoit : « Cet annuaire est constitué et mis à jour à partir des informations transmises par ces plateformes et recense les informations nécessaires à l’adressage des factures électroniques aux plateformes agréées des destinataires de ces factures. » L’adresse postale ou le courriel du client n’est donc pas l’adresse de routage au sens de la réforme. Le SIREN, les établissements, les services de facturation et le choix de plateforme doivent être cohérents dans l’annuaire.

Une micro-entreprise en franchise en base de TVA ne doit pas conclure trop vite qu’elle est hors sujet. La franchise peut modifier la collecte de TVA sans faire disparaître automatiquement la qualité d’assujetti. Il faut examiner l’activité, le lieu d’établissement, la nature des opérations et les exonérations applicables. Une association, une société civile ou un professionnel exerçant plusieurs activités peut aussi avoir une situation mixte. Avant de signer un contrat pluriannuel, demandez à l’expert-comptable ou au conseil fiscal de confirmer par écrit le périmètre retenu.

L’absence de logiciel n’est pas une impossibilité technique. Une plateforme peut proposer son propre portail : l’entreprise s’y connecte, consulte les factures reçues, les télécharge, les accepte ou les conteste et les transmet ensuite à sa comptabilité. Une autre solution consiste à utiliser le portail de l’expert-comptable ou un outil de gestion relié à une plateforme agréée. Dans les deux cas, le dirigeant doit conserver un accès autonome aux factures et aux journaux de statut. Une délégation comptable ne doit pas rendre l’entreprise incapable de prouver ce qu’elle a reçu.

Le cadre commercial de la facture continue parallèlement de s’appliquer. L’article L. 441-9 du code de commerce dispose : « Tout achat de produits ou toute prestation de service pour une activité professionnelle fait l’objet d’une facturation. » Le texte ajoute que le vendeur doit délivrer la facture et que l’acheteur est tenu de la réclamer. Si aucun document n’apparaît sur la plateforme, le client professionnel ne doit pas attendre passivement l’échéance : il contacte le fournisseur et ouvre une demande horodatée auprès de la plateforme.

Le calendrier de démarrage ne doit pas être confondu avec une amnistie. Bercy a annoncé une attitude de tolérance envers les entreprises qui rencontreraient des difficultés au lancement, mais ce communiqué ne supprime ni l’obligation de réception ni les textes de sanction. Il constitue un signal sur la manière dont l’administration entend accompagner les incidents réels et documentés. Une entreprise qui a choisi sa plateforme, contrôlé l’annuaire et signalé l’incident ne se trouve pas dans la même position qu’une entreprise qui n’a entrepris aucune démarche.

Un test pratique peut être organisé avant le 1er septembre. Il faut demander à la plateforme de confirmer l’inscription du SIREN et des SIRET utiles, l’adresse de routage, la date d’activation, les utilisateurs autorisés et les notifications. Lorsque le service le permet, une facture de test ou un flux pilote valide la chaîne. L’entreprise conserve la confirmation d’activation, la capture de l’annuaire, la liste des habilitations et le résultat du test. Ces quatre éléments forment la première preuve de sa préparation.

B. Quelle plateforme choisir et quelles clauses vérifier avant de donner un mandat ?

Le choix ne doit pas commencer par le prix affiché sur une page commerciale. Il commence par la liste officielle des plateformes agréées, puis par une comparaison des services nécessaires à l’entreprise. Un artisan qui reçoit vingt factures par mois n’a pas les mêmes besoins qu’un groupe multi-établissements. Les fonctions minimales à contrôler sont l’adressage, la réception des formats réglementaires, la visualisation lisible, le suivi des statuts, l’export comptable, l’archivage, la gestion des droits et la possibilité de récupérer toutes les données en fin de contrat.

Un contrat ou un mandat doit identifier sans ambiguïté la plateforme agréée, même lorsque l’entreprise utilise l’interface d’un éditeur, d’une banque ou d’un expert-comptable. Demandez le nom juridique du cocontractant, le numéro d’agrément, le rôle de chaque sous-traitant et le point de contact en cas d’incident. L’entreprise doit savoir qui inscrit son adresse dans l’annuaire, qui reçoit le flux, qui conserve l’historique et qui répond lorsqu’une facture n’est pas visible.

La portée du mandat doit être bornée. Une proposition peut autoriser le prestataire à inscrire l’entreprise dans l’annuaire, choisir des adresses de routage, recevoir les factures, transmettre certaines données et communiquer avec l’administration. Chaque pouvoir doit être lu séparément. Le signataire vérifie sa propre habilitation et conserve la version exacte acceptée, la date, l’identité du signataire et la preuve du consentement. Une case cochée dans un parcours commercial ne doit pas masquer un mandat très large.

Le contrat doit aussi organiser la disponibilité. Fixez un taux de service, un délai de prise en charge, un délai de rétablissement, un canal d’urgence et une procédure de reprise. Prévoyez l’export des factures, des statuts et des journaux dans un format exploitable. La clause de responsabilité doit être rapprochée du risque réel : perte de déduction, pénalité fiscale, retard de paiement, coupure fournisseur, temps de reconstitution et atteinte aux données. Un plafond d’indemnisation limité au prix d’un abonnement mensuel peut être dérisoire face à ces conséquences.

La jurisprudence relative aux services informatiques montre l’importance des engagements mesurables. Dans un arrêt du 19 mai 2022, n° 20/05106, la cour d’appel de Versailles a examiné une perte de données comptables et un engagement de rétablissement. Son constat, reproduit à partir de la décision officielle, est précis : « Il résulte de ce compte-rendu que la société Claranet n’a pas été en mesure de résoudre l’incident qui s’est produit le 28 juin 2017 ». Cette affaire ne portait pas sur la réforme de 2026, mais elle illustre la valeur d’un compte rendu d’incident, d’un délai contractuel et d’une preuve de restauration.

Le contrat de plateforme doit prévoir la sortie. L’article 289 bis annonce lui-même des règles sur le changement de plateforme et les services minimaux de l’ancienne plateforme. Avant de changer, l’entreprise exporte la liste des factures, les accusés, les statuts, les utilisateurs, les adresses de routage et la preuve de leur bascule. Elle fixe une date de coupure et contrôle que l’annuaire n’envoie pas encore les factures à l’ancien prestataire. Un chevauchement organisé vaut mieux qu’une migration instantanée sans retour possible.

La sécurité des accès mérite un protocole simple. Activez l’authentification multifacteur, limitez les droits d’administration, supprimez les comptes des salariés partis et interdisez les comptes partagés. Désignez au moins deux personnes capables de consulter les factures afin qu’une absence ne bloque pas l’entreprise. Les notifications doivent arriver sur une adresse fonctionnelle surveillée, sans devenir l’unique preuve de réception : la plateforme et son journal de statuts restent la source à contrôler.

La relation avec l’expert-comptable doit être formalisée. Qui choisit la plateforme ? Qui valide l’adressage ? Qui consulte les rejets ? Qui rapproche la facture de la commande et du bon de livraison ? Qui conserve l’original et pendant quelle durée ? Qui répond au fournisseur ? Une lettre de mission ancienne, rédigée avant la réforme, ne répond pas forcément à ces questions. Un avenant court peut répartir les tâches et fixer le délai de transmission des alertes.

L’entreprise sans logiciel doit enfin prévoir son circuit interne. La facture reçue doit être rapprochée du fournisseur, de la commande, de la livraison et de la personne qui a engagé la dépense. Un statut technique de réception ne vaut pas validation du montant. À l’inverse, une contestation commerciale ne justifie pas de supprimer la facture du système. Conservez le document, marquez le désaccord, formulez les motifs et joignez les pièces. Le journal doit permettre de distinguer la réception, le contrôle, l’approbation, la contestation et le paiement.

Un tableau de choix peut comparer cinq critères : agrément et pérennité ; fonctions de réception ; interopérabilité avec la comptabilité ; sécurité et réversibilité ; responsabilité et assistance. Notez chaque offre sur des preuves contractuelles, pas sur une démonstration orale. Ajoutez le coût total : abonnement, utilisateurs, volume, archivage, export, assistance et migration. Cette comparaison réduit le risque d’accepter dans l’urgence un service inadapté ou un mandat trop large.

La bonne foi reste une obligation contractuelle générale. L’article 1104 du code civil énonce exactement : « Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Cette disposition est d’ordre public. » Une plateforme qui constate une erreur d’adressage, un fournisseur qui sait que le client ne reçoit rien ou un client qui exploite un incident purement technique pour retarder artificiellement un paiement s’expose à une discussion qui dépasse la seule conformité du fichier.

II. Que faire si la facture électronique n’arrive pas ou si la plateforme est bloquée ?

A. Comment prouver la réception, la livraison et le paiement d’une facture électronique ?

Un incident doit d’abord être qualifié. La facture peut ne jamais avoir été émise, avoir été rejetée pour une donnée incorrecte, être adressée au mauvais SIRET, être arrivée sur une ancienne plateforme, rester invisible en raison d’un droit utilisateur ou avoir été reçue mais non rapprochée en comptabilité. Chaque cause appelle une action différente. Le support doit fournir l’identifiant du flux, l’horodatage, le statut, le code d’erreur, l’adresse de routage et la date de correction.

Le fournisseur conserve la facture structurée, sa représentation lisible, l’accusé de dépôt et les statuts transmis par la plateforme. Le client conserve la trace d’adressage, la date de mise à disposition, les éventuels rejets et sa réponse. Les deux parties gardent le contrat, la commande, les bons de livraison, les relevés de temps ou comptes rendus de prestation, les courriels de validation et le paiement. Le nouveau circuit facilite l’horodatage ; il ne remplace pas la preuve que le bien a été livré ou que le service a été réalisé.

La charge de la preuve est posée par l’article 1353 du code civil : « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. » La facture électronique constitue une pièce importante, mais le créancier doit pouvoir la relier à une commande et à son exécution. Le débiteur qui affirme avoir payé doit produire un relevé, un avis d’exécution ou une quittance exploitable.

La Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt de la chambre commerciale du 8 mars 2023, pourvoi n° 21-12.244. La citation suivante a été contrôlée mot à mot dans la décision officielle : « En statuant ainsi, alors qu’il incombait à la société Ill & Pro de prouver que les prestations avaient été réalisées, la cour d’appel, qui a inversé la charge de la preuve, a violé le texte susvisé. » Le fournisseur ne doit donc pas compter uniquement sur l’absence de contestation technique du fichier.

Dans un arrêt du 1er février 2024, n° 22/05580, la cour d’appel de Versailles a refusé une demande de paiement faute de preuve suffisante de la livraison. Elle juge : « Dès lors que la société Dentsply échoue à rapporter la preuve de la livraison de la marchandise facturée, la demande en paiement de la facture n°ARVE00411105 émise le 20 novembre 2020 ne peut prospérer. » L’accusé de réception électronique prouve un flux ; le bon de livraison, la signature, le relevé du transporteur et les échanges prouvent l’opération.

Une solution plus nuancée apparaît dans l’arrêt de la cour d’appel d’Orléans du 11 septembre 2025, n° 23/01470. La décision officielle énonce : « En revanche, une unique facture ne peut suffir à établir l’existence d’une obligation de paiement, en l’absence d’acceptation ou d’éléments corroborants (Com, 10 mars 2021, n°19-17.054). » La cour admet cependant un faisceau d’indices dans une relation commerciale suivie. Il faut donc conserver des pièces qui se corroborent au lieu d’exiger systématiquement un document unique.

Si la facture n’arrive pas, le client envoie au fournisseur un message factuel : identité et SIREN, numéro de commande, plateforme attendue, date de contrôle et demande de retransmission ou de correction. Il ouvre simultanément un ticket auprès de sa plateforme. Le fournisseur répond avec l’identifiant du flux et le statut. Une capture seule peut être modifiée ; exportez si possible le journal ou le rapport horodaté produit par la plateforme.

Le paiement ne doit pas être analysé par réflexe. Une facture qui ne suit pas le circuit attendu peut soulever une difficulté fiscale et comptable, mais l’obligation contractuelle sous-jacente ne disparaît pas automatiquement. Vérifiez le contrat, la livraison, l’exigibilité, la date de paiement et le vade-mecum publié par l’administration pour le démarrage. Si le montant ou la prestation est contesté, formulez le grief indépendamment de l’incident technique. Si la dette n’est pas contestée, organisez une solution documentée avec le fournisseur et le comptable.

Les données transmises à l’administration obéissent à un régime distinct. L’article 290 du code général des impôts prévoit notamment : « Les données relatives aux opérations mentionnées aux I et II du présent article sont transmises à l’administration sous forme électronique par la plateforme agréée choisie par la personne assujettie. » Une entreprise peut donc avoir reçu une facture sans que toutes les données attendues aient été correctement transmises. Le ticket d’incident doit distinguer le flux de facture, son statut et la transmission fiscale.

Le dossier de preuve d’un incident comporte au minimum : le contrat de plateforme et le mandat ; la confirmation d’inscription dans l’annuaire ; l’identifiant de facture ; les statuts horodatés ; le code d’erreur ; les tickets et réponses ; la facture structurée et sa version lisible ; la commande ; la preuve d’exécution ; la contestation éventuelle ; le paiement ; l’écriture comptable ; et la chronologie des corrections. Un tableau d’une page permet de comparer l’heure d’émission, de routage, de réception, de visualisation, de contestation et de régularisation.

B. Quelles sanctions et quels recours si l’entreprise ne peut pas recevoir ses factures ?

Le régime de sanction vise directement l’absence persistante de capacité de réception. L’article 1737 du code général des impôts, dans sa version applicable au 3 août 2026, prévoit d’abord une mise en demeure de se conformer dans un délai de trois mois. Le texte poursuit : « La persistance de la méconnaissance par l’assujetti de l’obligation mentionnée au premier alinéa à l’expiration du délai prévu au même premier alinéa donne lieu à l’application d’une amende de 500 €. » Une nouvelle persistance peut entraîner 1 000 euros, puis une nouvelle amende de 1 000 euros après chaque période de trois mois visée par le texte.

Cette graduation rend la preuve de régularisation essentielle. Si l’administration adresse une mise en demeure, l’entreprise ne se contente pas de répondre qu’elle a contacté son comptable. Elle joint le contrat de plateforme, la date d’activation, l’adressage dans l’annuaire, le test de réception et les tickets résolus. Si le problème vient du prestataire, elle lui adresse une mise en demeure parallèle fixant les mesures techniques attendues et un délai compatible avec l’échéance fiscale.

Les manquements de transmission de données sont aussi sanctionnés. L’article 1788 D du code général des impôts dispose : « Le non-respect par l’assujetti des obligations prévues à l’article 290 donne lieu à l’application d’une amende égale à 500 € par transmission, sans que le total des amendes appliquées au titre d’une même année civile puisse être supérieur à 15 000 €. » Sa version vérifiée prévoit également une exception pour une première infraction réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande, selon les conditions du texte.

Une entreprise doit donc corriger rapidement sans détruire les traces. Sauvegardez l’état avant correction, notez l’heure de chaque action et conservez l’accusé final. Une régularisation non documentée peut être difficile à dater. Inversement, une chronologie montrant le choix d’une plateforme, le test, l’incident externe, les relances et la restauration aide à distinguer une difficulté de démarrage d’un refus persistant de se conformer.

Le recours contre le prestataire dépend du contrat et de la gravité du manquement. L’article 1217 du code civil offre plusieurs sanctions : « La partie envers laquelle l’engagement n’a pas été exécuté, ou l’a été imparfaitement, peut : – refuser d’exécuter ou suspendre l’exécution de sa propre obligation ; – poursuivre l’exécution forcée en nature de l’obligation ; – obtenir une réduction du prix ; – provoquer la résolution du contrat ; – demander réparation des conséquences de l’inexécution. » La réponse doit rester proportionnée et tenir compte des clauses de préavis, de remède et de réversibilité.

Les dommages et intérêts supposent de relier le manquement au préjudice. L’article 1231-1 du code civil énonce : « Le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure. » Conservez donc la pénalité fiscale, les frais de reconstitution, les relances fournisseurs, la perte d’escompte, la coupure de service et les heures mobilisées.

Avant d’engager un contentieux, la mise en demeure adressée à la plateforme doit être opérationnelle. Elle rappelle le contrat, l’agrément, l’adresse concernée, les identifiants de flux, les engagements de service, les tickets déjà ouverts et la conséquence constatée. Elle demande une correction, un export de sauvegarde, un rapport de cause et la confirmation des données transmises. Elle réserve les droits de l’entreprise sans annoncer un montant de préjudice impossible à justifier à ce stade.

En cas de conflit avec le fournisseur, séparez trois questions : la prestation a-t-elle été commandée et exécutée ; la facture est-elle conforme et correctement adressée ; la somme est-elle exigible et payée ? Une réponse unique du type « facture non reçue, donc je ne dois rien » fragilise souvent le dossier. Le client formule ses réserves sur le fond et demande la correction du flux. Le fournisseur produit les preuves d’exécution et régularise l’adressage sans prétendre que la facture suffit seule à prouver sa créance.

Pour une entreprise à Paris ou en Île-de-France, l’incident fiscal se traite avec le service gestionnaire du dossier et les canaux officiels, tandis que le litige contractuel relève de la juridiction désignée par les règles de compétence et, le cas échéant, par la clause attributive valable. Le siège parisien ne suffit pas à rendre automatiquement compétent le tribunal des activités économiques de Paris. Il faut relire le contrat, identifier le défendeur et localiser l’exécution.

La checklist des trente jours précédant l’échéance tient en dix actions : confirmer le périmètre TVA ; choisir une plateforme dans la liste officielle ; signer un mandat borné ; vérifier le SIREN, les SIRET et l’adressage ; créer deux comptes utilisateurs ; activer les alertes ; tester la réception ; documenter le circuit d’approbation ; organiser l’export ; et remettre aux fournisseurs les informations utiles. Le dirigeant signe une fiche interne indiquant qui contrôle chaque matin les nouveaux flux et qui traite un rejet.

Si l’entreprise découvre le problème après le 1er septembre, elle agit le jour même : plateforme, annuaire, fournisseur, comptable et administration si une mise en demeure existe. Elle ne crée pas plusieurs inscriptions concurrentes sans comprendre le routage. Elle ne demande pas non plus au fournisseur de supprimer puis recréer au hasard la facture. Un diagnostic ordonné évite les doublons, les avoirs injustifiés et les incohérences de TVA.

Pour comprendre un problème d’identification, consultez aussi notre analyse sur l’entreprise introuvable dans l’annuaire de facturation électronique. Si le litige dépasse l’incident technique et concerne le contrat, le paiement ou la responsabilité du prestataire, la page du cabinet relative au droit des affaires à Paris présente les interventions possibles.

Conclusion

Recevoir une facture électronique au 1er septembre 2026 ne suppose pas nécessairement d’acheter un logiciel de facturation complet. L’entreprise doit en revanche disposer d’une plateforme agréée, directement ou par l’intermédiaire d’une solution compatible, et vérifier son adressage dans l’annuaire. Le mandat, les habilitations, les engagements de service, l’export et la réversibilité doivent être documentés avant l’échéance.

Lorsqu’une facture n’arrive pas, le bon réflexe consiste à identifier le statut du flux, réunir les preuves de la commande et de l’exécution, ouvrir des tickets horodatés et corriger l’adressage sans effacer l’historique. La tolérance annoncée pour le lancement ne dispense pas d’agir. Elle renforce au contraire l’intérêt d’un dossier montrant une préparation sérieuse, un incident identifié et une régularisation rapide.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».