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Refus d’assurance prêt immobilier : achat bloqué, condition suspensive et recours en 2026

Un achat immobilier peut se bloquer alors même que l’acquéreur pensait avoir fait le plus dur : compromis signé, dossier bancaire transmis, accord de principe obtenu. Le point de blocage vient parfois de l’assurance emprunteur. L’assureur refuse de couvrir le risque, impose une exclusion, applique une surprime ou tarde à répondre. La banque peut alors refuser d’éditer l’offre de prêt, le délai prévu dans le compromis expire, et le vendeur réclame le dépôt de garantie.

Le sujet est devenu plus sensible en 2026. La DGCCRF a publié, le 17 avril 2026, le bilan d’une enquête sur l’application de la loi Lemoine auprès de banques, assureurs et courtiers. L’administration constate que les changements d’assurance sont mieux acceptés, mais relève encore des difficultés pratiques sur les délais, les refus et le questionnaire de santé. Pour l’acquéreur, ce n’est pas seulement un sujet bancaire : un refus d’assurance mal documenté peut fragiliser la condition suspensive de prêt.

Voici comment réagir si l’assurance emprunteur bloque l’achat, quelles preuves réunir, et dans quels cas le vendeur peut contester la restitution du séquestre.

La banque peut demander une assurance, mais le refus doit être clair

L’assurance emprunteur n’est pas obligatoire par la loi pour tout crédit immobilier. En pratique, la banque l’exige presque toujours pour accepter le financement, notamment sur les garanties décès, perte totale et irréversible d’autonomie, invalidité et incapacité.

La banque peut donc conditionner son offre à une couverture suffisante. Elle ne peut pas, en revanche, refuser une assurance alternative sans respecter le droit de l’emprunteur. L’article L. 313-30 du Code de la consommation prévoit que le prêteur ne peut pas refuser un autre contrat d’assurance si ce contrat présente un niveau de garantie équivalent. Le même texte impose une décision de refus explicite, avec les motifs et les garanties manquantes.

La fiche officielle du ministère de l’Economie sur le changement d’assurance emprunteur rappelle aussi que le contrat proposé doit respecter les garanties minimales exigées par la banque. Le débat se joue donc souvent sur l’équivalence : décès, PTIA, IPT, IPP, ITT, exclusions, franchise, durée, quotité assurée.

La première règle est simple : il faut un écrit. Une phrase orale du conseiller bancaire ou du courtier ne suffit pas. L’acquéreur doit demander une réponse datée indiquant si le problème vient d’un refus total d’assurance, d’une garantie insuffisante, d’une surprime, d’un questionnaire incomplet ou d’un refus de délégation.

Refus, exclusion, surprime : les conséquences ne sont pas les mêmes

Tous les blocages d’assurance n’ont pas la même portée juridique.

Le refus total signifie que l’assureur ne veut pas couvrir l’emprunteur ou le co-emprunteur. Il peut être lié à l’état de santé, à une activité professionnelle, à un sport à risque ou à une combinaison de facteurs. Dans ce cas, il faut vérifier si un autre assureur, une délégation ou le dispositif AERAS peut encore permettre le financement.

L’exclusion de garantie est différente. L’assureur accepte le contrat, mais exclut une pathologie, une activité ou une garantie précise. La banque peut considérer que cette couverture n’est pas équivalente à celle qu’elle exige. L’enjeu est alors de savoir si le refus bancaire est réellement motivé par une insuffisance de garantie.

La surprime peut aussi bloquer l’achat. Une assurance très chère augmente le coût total du crédit, peut modifier le taux annuel effectif global et rendre le financement différent de celui prévu dans le compromis. Le problème n’est pas seulement le montant mensuel : il faut vérifier si l’offre reste conforme à la condition suspensive.

Enfin, le retard de traitement est fréquent. Demande de pièces médicales, avis du médecin-conseil, examen AERAS, retour tardif de l’assureur : pendant ce temps, le délai prévu au compromis continue de courir. L’acquéreur doit prévenir le notaire avant l’expiration du délai et demander une prorogation si nécessaire.

Questionnaire de santé et AERAS : les règles à vérifier

Depuis la loi Lemoine, le questionnaire de santé est supprimé dans certains dossiers. La fiche officielle du ministère de l’Economie sur le questionnaire de santé indique que l’emprunteur n’a pas à le remplir lorsque la part assurée par personne est inférieure ou égale à 200 000 euros et que le remboursement total du prêt est prévu avant ses 60 ans.

Si ces conditions ne sont pas réunies, l’assureur peut demander des informations de santé. En cas de risque aggravé, la convention AERAS peut s’appliquer. Elle organise un examen approfondi du dossier et peut ouvrir l’accès à une assurance dans des conditions adaptées. Elle ne garantit pas toujours l’obtention d’une assurance, mais elle évite qu’un dossier soit écarté sans examen sérieux.

Pour l’acquéreur, l’enjeu est de garder la preuve du parcours suivi : dossier complet, questionnaire transmis lorsqu’il était légalement exigible, demande de pièces complémentaires, réponse de l’assureur, passage AERAS, refus motivé ou proposition avec exclusions. Ce sont ces pièces qui permettront ensuite de discuter avec le notaire, le vendeur ou la banque.

Le refus d’assurance suffit-il à faire jouer la condition suspensive de prêt ?

Pas toujours. La condition suspensive protège l’acquéreur lorsque l’achat dépend d’un prêt immobilier. La fiche Service-Public sur la condition suspensive d’obtention du prêt rappelle que l’avant-contrat doit indiquer si le prix est payé avec ou sans prêt, et que l’acquéreur doit avertir le vendeur et le notaire en cas d’accord ou de refus.

Mais un refus d’assurance n’est pas automatiquement un refus de prêt suffisant. Il faut relire le compromis. Certains actes prévoient que le prêt est considéré comme obtenu seulement si l’offre est accompagnée de l’agrément de l’assurance décès-invalidité-incapacité. D’autres se concentrent sur le montant, la durée, le taux et le nombre de demandes de prêt à déposer.

La jurisprudence récente insiste sur la conformité des démarches de l’acquéreur. La cour d’appel de Montpellier, dans un arrêt du 28 mai 2026, a retenu que l’acquéreur ne justifiait pas d’une demande de prêt conforme, notamment faute d’éléments sur le taux, les garanties et le second bénéficiaire de la promesse. La cour écrit : « ne justifie pas avoir déposé une demande de prêt conforme aux stipulations de la promesse de vente » (CA Montpellier, 28 mai 2026).

Un tribunal peut aussi sanctionner l’acquéreur qui produit des refus incomplets ou non conformes. Le tribunal judiciaire de Strasbourg a rappelé, le 24 avril 2025, qu' »il appartient à l’emprunteur de démontrer qu’il a sollicité un prêt conforme aux caractéristiques définies dans le compromis » (TJ Strasbourg, 24 avril 2025).

La leçon pratique est nette : l’acquéreur doit relier le refus d’assurance au refus du crédit, puis démontrer que ses demandes correspondaient bien au compromis. Un refus portant sur un montant différent, une durée différente ou un dossier incomplet peut être contesté par le vendeur.

Que faire dans les 10 jours suivant le blocage ?

La première action consiste à demander un refus écrit et détaillé. Il faut identifier l’auteur du refus : assureur, banque, courtier, médecin-conseil ou service d’étude du prêt. Il faut aussi connaître la cause : refus total, exclusion, surprime, défaut d’équivalence, dossier incomplet ou délai de traitement.

La deuxième action consiste à relire la clause de financement du compromis. Vérifiez le montant du prêt, la durée, le taux maximal, le nombre de banques à solliciter, le délai de dépôt, la date limite de réalisation de la condition et la manière de notifier le refus. Si la clause impose deux demandes, un seul refus peut être insuffisant.

La troisième action consiste à demander une solution alternative : délégation d’assurance, autre assureur, modification de la quotité, garantie différente, examen AERAS, ou prorogation du délai de condition suspensive. Il faut éviter les demandes informelles. Chaque démarche doit être datée et conservée.

La quatrième action consiste à écrire au notaire avant l’échéance. Le message doit être factuel : date du compromis, date de dépôt du dossier, réponses reçues, pièces manquantes, demande de prorogation ou demande de constat de non-réalisation de la condition. Plus le notaire est alerté tôt, plus il est possible d’éviter une discussion brutale sur le dépôt de garantie.

Vendeur : pouvez-vous garder le dépôt de garantie ?

Le vendeur ne peut pas conserver automatiquement le séquestre parce que l’assurance a été refusée. Il doit vérifier si la condition suspensive a réellement échoué du fait de l’acquéreur.

Trois questions sont décisives. L’acquéreur a-t-il déposé les demandes prévues dans le compromis ? Les demandes correspondaient-elles au montant, à la durée et au taux prévus ? Le refus de prêt est-il bien lié au blocage d’assurance ou à une cause indépendante ?

Si l’acquéreur a tardé, sollicité un prêt non conforme, demandé un montant supérieur ou laissé expirer le délai sans alerter le notaire, le vendeur peut contester la restitution du dépôt de garantie et invoquer la clause pénale. Si, au contraire, l’acquéreur prouve un vrai refus de financement malgré des démarches conformes, le vendeur prend un risque en bloquant abusivement les fonds.

Le bon réflexe consiste à demander les pièces par l’intermédiaire du notaire : courriers de refus, accusés de dépôt, caractéristiques des demandes, échanges sur l’assurance, éventuel avis AERAS et demande de prorogation. La discussion doit rester probatoire, pas intuitive.

Paris et Île-de-France : attention aux délais courts

A Paris et en Île-de-France, les prix élevés rendent les dossiers plus sensibles. La part assurée par personne dépasse plus vite les seuils, les quotités peuvent être importantes, et les délais de promesse sont parfois serrés. Un refus ou une surprime d’assurance peut donc avoir un effet immédiat sur l’offre de prêt.

Dans un dossier francilien, préparez un paquet de pièces simple : compromis, clause de financement, fiche standardisée d’information, demande de prêt, demande d’assurance, refus ou réserve de l’assureur, courriers de la banque, échanges avec le courtier, pièces AERAS, messages au notaire et demande de prorogation.

Le cabinet peut intervenir pour qualifier rapidement la situation : refus valable, prorogation à demander, dépôt de garantie à récupérer ou à contester, responsabilité de la banque, de l’assureur, du courtier ou de l’acquéreur. Pour une vision plus large du financement immobilier, vous pouvez aussi consulter notre article sur le refus de prêt immobilier et le séquestre, ainsi que la page du cabinet en droit immobilier à Paris.

Les erreurs à éviter

Ne cachez jamais une information médicale lorsque le questionnaire est légalement exigible. Une fausse déclaration peut entraîner un refus de garantie beaucoup plus grave au moment du sinistre.

Ne vous contentez pas d’un appel téléphonique. Sans écrit, il sera difficile de prouver le blocage.

Ne laissez pas expirer le délai du compromis. Un refus d’assurance tardif ne prolonge pas automatiquement la condition suspensive.

Ne confondez pas refus d’assurance et refus de prêt. Pour sécuriser la condition suspensive, il faut souvent obtenir un courrier bancaire clair indiquant que le crédit ne peut pas être accordé en raison de l’assurance.

Ne signez pas une prorogation ou une renonciation sans mesurer ses effets sur le dépôt de garantie, la clause pénale et la date de réitération.

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Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez la page contact du cabinet.

Pour un achat bloqué à Paris ou en Île-de-France, le cabinet peut vous aider à préparer les pièces utiles avant l’expiration du délai prévu dans la promesse de vente.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».