Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Fermeture administrative d’un restaurant : que faire après un contrôle d’hygiène ?

Un contrôle d’hygiène peut placer un restaurant dans une situation de crise en quelques heures. L’établissement ferme, les salariés ne peuvent plus travailler, les réservations sont annulées, les denrées périssables deviennent une perte sèche et l’image du commerce se dégrade immédiatement.

Depuis le début de l’année 2026, les contrôles coordonnés par les services de l’Etat rappellent que la fermeture administrative n’est pas une menace théorique. Le ministère de l’Economie a par exemple relaté, le 25 février 2026, la fermeture immédiate d’un restaurant après un contrôle CODAF ayant relevé des irrégularités sanitaires, des problèmes d’hygiène dangereux pour la santé publique et d’autres infractions fiscales, sociales et administratives.

Pour l’exploitant, la question n’est donc pas seulement de savoir si l’administration peut fermer. Elle est de savoir quoi faire dès la notification de l’arrêté, quelles pièces réunir, comment demander la réouverture, et dans quels cas saisir le juge administratif en urgence.

Voir aussi notre page dédiée au droit des affaires à Paris, notamment lorsque la fermeture administrative menace la trésorerie, le bail commercial, les contrats fournisseurs ou la responsabilité du dirigeant.

Fermeture administrative d’un restaurant : de quoi parle-t-on ?

La fermeture administrative est une décision prise par l’autorité administrative, en principe le préfet, qui interdit temporairement l’exploitation de l’établissement.

Pour les débits de boissons et les restaurants, l’article L. 3332-15 du Code de la santé publique permet notamment une fermeture à la suite d’infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements, ou en cas d’atteinte à l’ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques.

Le texte distingue plusieurs situations.

Lorsque la fermeture est fondée sur des infractions aux règles applicables à l’établissement, la durée ne peut pas excéder six mois. Un avertissement doit en principe précéder la fermeture, et peut même s’y substituer lorsque les faits résultent d’une défaillance exceptionnelle ou facilement réparable.

Lorsque la fermeture est fondée sur une atteinte à l’ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la durée ne peut pas excéder deux mois.

Lorsque la fermeture est motivée par certains actes criminels ou délictueux, elle peut atteindre six mois et entraîner l’annulation du permis d’exploitation.

À Paris, les compétences du préfet sont exercées par le préfet de police. Ce point est important pour identifier rapidement l’autorité à laquelle adresser les observations, la demande de réouverture ou le recours.

Quels motifs peuvent justifier une fermeture administrative ?

Dans un restaurant, les motifs les plus fréquents tiennent à l’hygiène, à la sécurité, au travail dissimulé, à l’emploi de personnes non déclarées ou à des troubles liés aux conditions d’exploitation.

Un simple défaut mineur ne suffit pas nécessairement à justifier une fermeture immédiate. Tout dépend de la gravité des manquements, du risque pour les clients, de la répétition des faits, de la capacité de l’exploitant à corriger rapidement la situation et de la motivation de l’arrêté.

En pratique, l’administration peut s’appuyer sur un contrôle de la DDPP, de la DREETS, de l’URSSAF, de la police, de la gendarmerie, des services fiscaux ou d’une opération CODAF. Le dossier peut donc mélanger plusieurs sujets : hygiène alimentaire, droit du travail, séjour des salariés, caisse, facturation, sécurité incendie, affichage obligatoire, licences ou permis d’exploitation.

Le premier réflexe consiste à séparer les griefs. Un problème de stockage des denrées ne se traite pas comme une absence de déclaration d’embauche. Une non-conformité matérielle réparable ne se défend pas comme une fraude organisée. Un rapport de contrôle doit être relu ligne par ligne.

Que faire dès la notification de l’arrêté de fermeture ?

Il faut d’abord identifier la décision exacte.

L’exploitant doit récupérer l’arrêté de fermeture, sa date de signature, sa date et son heure de notification, sa durée, son fondement juridique, les faits reprochés et les voies de recours mentionnées.

Ensuite, il faut réunir les pièces. Les plus utiles sont le rapport de contrôle, les photographies prises le jour du contrôle, les factures de nettoyage ou de désinfection, les contrats de maintenance, les registres de température, les attestations de formation hygiène, les plannings salariés, les déclarations sociales, les justificatifs de travaux, les échanges avec le bailleur, les bons de commande et les constats de remise en conformité.

Il ne faut pas attendre la fin de la fermeture pour agir. Une fermeture de quinze jours peut déjà suffire à créer une crise de trésorerie, surtout pour un restaurant qui supporte un loyer commercial élevé, des salaires, des charges sociales, des fournisseurs et des remboursements d’emprunt.

Il faut aussi éviter les réponses improvisées. Un courrier agressif, une contestation générale ou une réouverture non autorisée peuvent aggraver le dossier. La bonne réponse est factuelle : ce qui était exact, ce qui est contesté, ce qui a été corrigé, ce qui peut être contrôlé à nouveau, et ce qui rend la durée disproportionnée.

Peut-on demander la réouverture avant la fin de la fermeture ?

Oui, lorsque les manquements ont été corrigés ou lorsque la décision paraît disproportionnée, il est possible de demander à l’administration une réouverture anticipée ou un réexamen de la mesure.

La demande doit être documentée. Elle ne doit pas se limiter à affirmer que le restaurant est désormais conforme. Elle doit produire des preuves concrètes : nettoyage complet, intervention d’une société spécialisée, destruction des denrées non conformes, réparation de chambres froides, modification des procédures internes, formation du personnel, régularisation des déclarations sociales, mise à jour des affichages, et, si nécessaire, attestation d’un professionnel.

Il faut aussi proposer un contrôle de vérification. Une demande crédible consiste souvent à dire : voici les corrections réalisées, voici les preuves, voici les personnes responsables, voici les procédures nouvelles, et nous sollicitons une visite de contrôle afin de permettre la réouverture.

Dans un dossier d’hygiène, les photographies seules sont rarement suffisantes. Elles doivent être accompagnées de factures, de fiches techniques, de relevés, de registres et d’une explication claire sur l’organisation future.

Faut-il exercer un recours administratif ou saisir le juge ?

Deux voies peuvent être envisagées.

Le recours administratif consiste à demander à l’autorité qui a pris la décision de la retirer, de la réduire ou d’autoriser une réouverture anticipée. Il peut être utile lorsque la situation a été corrigée rapidement et que l’administration accepte un dialogue.

Le recours contentieux consiste à saisir le tribunal administratif. En urgence, l’article L. 521-1 du Code de justice administrative permet de demander la suspension d’une décision administrative lorsqu’il existe une urgence et un moyen propre à créer un doute sérieux sur sa légalité.

L’urgence peut résulter de la perte immédiate du chiffre d’affaires, du risque de cessation des paiements, de l’impossibilité de payer les salariés, de la perte de denrées, de la résiliation possible de contrats ou de l’atteinte à la réputation du restaurant.

Le doute sérieux peut tenir, selon les cas, à une insuffisance de motivation, une erreur de fait, une absence de lien entre les faits reprochés et l’exploitation, une durée excessive, un défaut de procédure contradictoire lorsqu’elle était requise, ou une disproportion entre les manquements et la sanction.

Le référé-liberté de l’article L. 521-2 du Code de justice administrative est plus exigeant. Il suppose une urgence et une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il doit être réservé aux situations où l’illégalité est particulièrement nette.

La procédure contradictoire est-elle obligatoire ?

Le principe est posé par l’article L. 121-1 du Code des relations entre le public et l’administration : certaines décisions individuelles défavorables doivent être précédées d’une procédure contradictoire permettant à la personne concernée de présenter ses observations.

Mais l’article L. 121-2 prévoit des exceptions, notamment en cas d’urgence ou de circonstances exceptionnelles.

En matière de fermeture de restaurant, cette distinction est essentielle.

Si l’administration invoque un risque immédiat pour la santé publique, elle peut soutenir que l’urgence justifiait de fermer sans attendre les observations préalables de l’exploitant. En revanche, si les faits sont anciens, déjà connus, limités ou facilement corrigibles, l’absence de contradictoire peut devenir un angle sérieux de contestation.

L’article L. 3332-15 du Code de la santé publique prévoit d’ailleurs que l’arrêté de fermeture est exécutoire quarante-huit heures après sa notification lorsque les faits le motivant sont antérieurs de plus de quarante-cinq jours à la date de sa signature. Ce délai peut être déterminant pour organiser la réponse.

Quels arguments sont réellement utiles ?

Un bon recours ne nie pas tout. Il hiérarchise.

Il faut d’abord contester les faits inexacts. Si le rapport mentionne une chambre froide défectueuse alors qu’elle fonctionnait, il faut produire les relevés de température, la facture de maintenance, ou un constat.

Il faut ensuite démontrer les corrections. Une fermeture administrative n’a pas vocation à punir indéfiniment lorsque le risque a disparu. Si les manquements ont été corrigés, il faut le prouver point par point.

Il faut aussi discuter la proportion. Une fermeture de plusieurs semaines n’a pas le même impact qu’un avertissement, une mise en demeure ou une fermeture courte. Le juge administratif examine la gravité des faits, leur répétition, leur lien avec l’exploitation, le risque pour le public et les garanties apportées.

Enfin, il faut documenter l’urgence économique. Les relevés de chiffre d’affaires, les réservations annulées, le loyer, les échéances bancaires, les charges de personnel, les factures fournisseurs et les stocks périssables permettent de montrer que la fermeture produit des effets immédiats.

Paris et Île-de-France : points d’attention pratiques

À Paris, l’interlocuteur administratif n’est pas le même que dans les autres départements. L’article L. 3332-15 du Code de la santé publique confie les compétences du préfet au préfet de police.

En Île-de-France, les contrôles peuvent impliquer plusieurs services selon la commune, l’activité et les griefs : préfecture, préfecture de police à Paris, DDPP, DREETS, URSSAF, police, mairie, services d’hygiène, ou services fiscaux.

Cette pluralité complique la réponse. Il faut identifier qui a contrôlé, qui a signé, qui peut organiser une contre-visite et qui peut décider de la réouverture.

Pour un restaurant situé à Paris ou en petite couronne, le dossier doit aussi intégrer les contraintes de bail commercial. Une fermeture prolongée peut entraîner un impayé de loyer, une tension avec le bailleur, une mise en demeure, voire une clause résolutoire si la trésorerie se bloque. Le recours administratif ne suffit donc pas toujours : il faut aussi sécuriser la relation avec le bailleur, les salariés, les fournisseurs et la banque.

Les erreurs à éviter

La première erreur consiste à attendre. Chaque jour fermé pèse sur la trésorerie et réduit les chances de régler le dossier simplement.

La deuxième erreur consiste à répondre sans pièces. Un exploitant peut avoir raison sur le fond, mais perdre du temps faute de preuves organisées.

La troisième erreur consiste à confondre régularisation et contestation. Il faut parfois corriger immédiatement certains points tout en contestant la durée ou la proportion de la fermeture.

La quatrième erreur consiste à rouvrir sans autorisation. Une réouverture prématurée peut créer un nouveau grief et rendre le dossier plus difficile.

La cinquième erreur consiste à traiter seulement l’hygiène alors que le contrôle a aussi relevé du travail dissimulé, des problèmes de déclaration, de sécurité ou d’affichage. Le dossier doit être traité dans son ensemble.

Sources officielles utiles

La fermeture administrative des restaurants et débits de boissons est encadrée par l’article L. 3332-15 du Code de la santé publique, consultable sur Légifrance.

Le principe de procédure contradictoire préalable figure aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du Code des relations entre le public et l’administration.

Les recours d’urgence devant le juge administratif sont prévus par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du Code de justice administrative.

Le ministère de l’Economie a publié, le 25 février 2026, un exemple de fermeture immédiate d’un restaurant après contrôle CODAF pour travail dissimulé et manquements d’hygiène : Charente : fermeture d’un restaurant pour travail dissimulé et manque d’hygiène.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Nous vérifions l’arrêté de fermeture, le rapport de contrôle, les pièces de régularisation, la stratégie de réouverture et l’opportunité d’un recours en urgence.

Pour un restaurant ou un commerce situé à Paris ou en Île-de-France, appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture