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Assurance habitation résiliée après sinistre climatique : refus, CatNat et recours du propriétaire en 2026

Votre assureur vous écrit après une inondation, une sécheresse, un dégât lié à une catastrophe naturelle ou une série de sinistres : le contrat d’assurance habitation sera résilié. La recherche Google est souvent très directe : « assurance habitation résiliée », « assurance habitation après résiliation », « refus assurance habitation », « assureur résilie après sinistre » ou « catastrophe naturelle assurance ». En 2026, cette inquiétude monte avec le débat parlementaire sur l’adaptation au changement climatique et les mécanismes d’assurance, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 8 avril 2026 puis transmis au Sénat le 9 avril 2026.

L’actualité ne signifie pas que chaque propriétaire vient d’obtenir un droit automatique à être assuré au même prix. Elle montre surtout que le sujet devient sensible : certains biens exposés aux inondations, aux mouvements de terrain, à la sécheresse, au retrait-gonflement des argiles ou aux risques littoraux deviennent plus difficiles à assurer. Pour un propriétaire, un bailleur, un copropriétaire ou un locataire, le risque n’est pas seulement financier. Sans assurance, la banque peut s’inquiéter, la location peut devenir fragile, le syndic peut demander des justificatifs, et un nouveau sinistre peut laisser le propriétaire seul face aux travaux.

La première erreur serait de confondre trois questions : l’indemnisation du sinistre déjà déclaré, la résiliation du contrat pour l’avenir, et le refus d’un nouvel assureur de reprendre le risque. Ces trois sujets n’obéissent pas exactement aux mêmes règles. Il faut donc agir vite, mais avec méthode : lire la clause de résiliation, vérifier la date de notification, conserver les preuves du sinistre, contester l’expertise si nécessaire, chercher une solution d’assurance et préparer un recours si la position de l’assureur est abusive ou insuffisamment motivée.

Assurance habitation résiliée après sinistre : ce que dit la règle

Un assureur peut prévoir dans le contrat une faculté de résiliation après sinistre. Cette faculté n’est pas illimitée. L’article R. 113-10 du Code des assurances prévoit que, lorsque la police permet à l’assureur de résilier après sinistre, la résiliation ne prend effet qu’un mois après la notification faite à l’assuré.

Ce délai d’un mois est essentiel. Il donne le temps de rechercher une nouvelle assurance, de demander des explications, de vérifier si la clause existe réellement dans le contrat et d’examiner si l’assureur respecte ses propres obligations. Si le courrier indique une résiliation immédiate, s’il ne renvoie à aucune clause, ou s’il intervient dans un contexte confus, il faut reprendre le contrat et la chronologie.

Le même article prévoit aussi une protection pratique : si l’assureur accepte, plus d’un mois après avoir eu connaissance du sinistre, une prime correspondant à une période postérieure au sinistre, il ne peut plus se servir de ce sinistre pour résilier le contrat. Cette règle peut devenir décisive lorsque l’assureur laisse courir les prélèvements, renouvelle l’échéance, puis tente de résilier plusieurs semaines après.

Enfin, lorsque l’assureur résilie la police sinistrée, le contrat doit reconnaître à l’assuré le droit de résilier, dans le mois de la notification, les autres contrats souscrits auprès du même assureur. Cela peut concerner une assurance auto, une assurance propriétaire non occupant, une protection juridique ou une autre police. Il faut donc regarder l’ensemble de la relation avec l’assureur, pas seulement le contrat habitation.

Catastrophe naturelle : indemnisation et résiliation sont deux sujets différents

La garantie catastrophe naturelle repose sur un mécanisme légal. L’article L. 125-1 du Code des assurances prévoit que les contrats garantissant les dommages aux biens situés en France ouvrent droit, dans les conditions prévues par le texte, à la garantie contre les effets des catastrophes naturelles. L’état de catastrophe naturelle est constaté par arrêté interministériel.

Cela ne veut pas dire que l’assureur doit conserver le contrat indéfiniment après chaque sinistre. Il faut distinguer le passé et l’avenir. Pour le sinistre déjà couvert, l’assureur doit traiter la déclaration, instruire le dossier et indemniser si les conditions sont réunies. Pour l’avenir, il peut chercher à sortir du contrat si une clause régulière le lui permet et si les conditions de résiliation sont respectées.

Cette distinction est souvent mal vécue par les assurés. Un propriétaire peut se dire : « la catastrophe naturelle a été reconnue, donc l’assureur ne peut pas me résilier ». Ce n’est pas toujours exact. Le vrai débat porte sur la clause, le délai, la bonne foi, la justification du motif, le traitement de l’indemnisation et l’existence éventuelle d’une pratique abusive.

L’article L. 125-2 du Code des assurances est également utile. Il encadre notamment l’insertion de la clause CatNat dans les contrats et les conditions d’indemnisation. Pour les mouvements de terrain différentiels liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la garantie est désormais particulièrement technique : il faut établir le lien avec l’intensité anormale de l’agent naturel, la solidité du bâti ou l’usage normal du bâtiment, et la nature des dommages indemnisables.

En pratique, un dossier « CatNat » doit donc rester double. D’un côté, on conteste ou sécurise l’indemnisation du sinistre. De l’autre, on anticipe la suite du contrat et la recherche d’une nouvelle couverture. Attendre la fin de l’expertise avant de traiter la résiliation peut faire perdre un mois précieux.

Refus d’assurance habitation : propriétaire, locataire ou copropriétaire, les réflexes changent

La situation juridique dépend d’abord de votre qualité.

Un propriétaire occupant d’une maison individuelle n’a pas toujours une obligation légale générale de souscrire une assurance multirisque habitation. Mais l’absence d’assurance reste dangereuse. La banque peut l’exiger dans le cadre du prêt, le risque de sinistre peut être considérable, et certains biens exposés aux aléas climatiques deviennent difficiles à revendre ou à financer s’ils ne sont plus assurables correctement.

Un locataire est dans une situation plus stricte. L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire. Si le locataire ne justifie pas de l’assurance, le bailleur peut, selon les cas, souscrire une assurance pour compte du locataire et récupérer la prime, ou engager une procédure sur le fondement du bail.

Un copropriétaire doit aussi être attentif. L’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire de s’assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre, qu’il soit occupant ou non-occupant. Le syndicat des copropriétaires doit également être assuré pour sa propre responsabilité civile. Une résiliation non traitée peut donc devenir un sujet avec le syndic, surtout après un dégât des eaux, un incendie, une infiltration ou un dommage aux parties communes.

La stratégie n’est donc pas la même. Le propriétaire occupant doit surtout sécuriser son patrimoine, son prêt et son indemnisation. Le locataire doit éviter une difficulté avec le bailleur. Le copropriétaire doit protéger sa responsabilité et éviter que le défaut d’assurance ne s’ajoute au litige de copropriété. Dans les trois cas, il faut conserver les refus d’assurance, les propositions avec surprime, les exclusions, les échanges de courtier et les courriers de résiliation.

Assurance habitation après résiliation : comment chercher une solution sans fragiliser son dossier

Après une résiliation, beaucoup d’assurés multiplient les demandes en ligne et répondent trop vite aux questionnaires. C’est risqué. Une déclaration inexacte peut ensuite aggraver le problème. L’article L. 113-2 du Code des assurances impose à l’assuré de répondre exactement aux questions posées par l’assureur et de déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent le risque.

Il ne faut donc pas cacher une résiliation, minimiser un sinistre climatique, ou déclarer un bien comme non exposé si un plan de prévention, un arrêté CatNat, une zone argileuse ou un historique de dommages existe. En revanche, il ne faut pas non plus accepter une formulation défavorable. Dire qu’un bien a subi « un sinistre catastrophe naturelle reconnu » n’est pas la même chose que dire que le bien est « structurellement irréparable » si aucune expertise ne l’établit.

La recherche d’assurance doit être organisée. Il faut préparer un dossier court :

  • le courrier de résiliation ;
  • le contrat et les conditions générales ;
  • la déclaration de sinistre ;
  • l’arrêté CatNat si le sinistre est lié à une catastrophe naturelle ;
  • le rapport d’expertise ;
  • les devis de réparation ;
  • les travaux déjà réalisés ;
  • les mesures de prévention prises ;
  • les photos datées ;
  • les refus ou propositions d’autres assureurs ;
  • les échanges avec le courtier.

Ce dossier permet de discuter avec un courtier, de comparer les motifs de refus, d’identifier une exclusion excessive et de prouver, si nécessaire, que la recherche d’assurance a été sérieuse. Il est aussi utile si un assureur refuse de reprendre le risque sur une base manifestement disproportionnée.

Résiliation après sinistre : les points à vérifier dans le courrier de l’assureur

Le courrier de résiliation doit être lu comme une pièce juridique. Il faut vérifier cinq points.

Premier point : la clause. Le contrat contient-il bien une clause de résiliation après sinistre ? Si la clause n’existe pas ou si elle ne couvre pas la situation, l’assureur ne peut pas simplement se fonder sur une formule générale.

Deuxième point : la date de notification. La résiliation prend effet un mois après la notification. Une date d’effet trop courte doit être contestée rapidement.

Troisième point : le sinistre visé. L’assureur vise-t-il le sinistre climatique précis, une série de sinistres, une aggravation du risque, un défaut de paiement ou une fausse déclaration ? Le fondement change la défense.

Quatrième point : les primes. L’assureur a-t-il continué à encaisser une prime correspondant à une période postérieure au sinistre plus d’un mois après en avoir eu connaissance ? Si oui, l’article R. 113-10 peut neutraliser la résiliation fondée sur ce sinistre.

Cinquième point : les autres contrats. Si vous avez plusieurs contrats chez le même assureur, il faut vérifier s’il est opportun de les résilier aussi. Cette décision n’est pas automatique : elle dépend du prix, de la couverture, de la confiance dans l’assureur et de la possibilité de trouver mieux ailleurs.

Une contestation utile doit reprendre ces points avec précision. Une lettre qui se contente d’écrire « je conteste la résiliation » est souvent insuffisante. Il faut citer la clause, la date, l’article R. 113-10, les primes encaissées, les conséquences pratiques et la demande : maintien du contrat, report de la date d’effet, attestation provisoire, explications, réexamen ou indemnisation du préjudice.

Recours contre l’assureur : mise en demeure, médiation, référé expertise, action au fond

Si l’assureur résilie irrégulièrement, refuse d’indemniser, applique une exclusion discutable ou laisse l’assuré sans réponse, plusieurs recours sont envisageables.

La première étape est souvent la mise en demeure. Elle doit être factuelle : contrat, sinistre, date de déclaration, date de notification, clause invoquée, textes applicables, pièces jointes et demande claire. Pour un sinistre climatique, elle doit aussi distinguer l’indemnisation du sinistre et la résiliation du contrat.

La deuxième étape peut être la réclamation interne puis la médiation de l’assurance. Elle est utile lorsque le litige porte sur un refus de garantie, un montant d’indemnisation, une clause mal appliquée ou une réponse incomplète. Mais elle ne remplace pas toujours l’urgence judiciaire, surtout si la résiliation expose le logement à une période sans assurance ou si des travaux doivent être autorisés très vite.

La troisième étape est l’expertise. En matière de fissures, sécheresse, inondation, infiltrations ou affaissement, le débat technique est central. Si le rapport de l’expert d’assurance est contestable, une contre-expertise privée peut être nécessaire. Dans les dossiers graves, un référé expertise peut permettre d’obtenir la désignation d’un expert judiciaire, de fixer les désordres, leur cause, les travaux nécessaires et les responsabilités possibles.

La quatrième étape est l’action au fond. Elle peut viser l’exécution du contrat, l’indemnisation du sinistre, la responsabilité de l’assureur, ou la réparation d’un préjudice causé par une résiliation irrégulière. L’action doit être calibrée : demander seulement le maintien du contrat n’a pas le même intérêt que réclamer une indemnité, une provision, une expertise ou l’exécution d’une garantie.

Le cabinet intervient dans les litiges de droit immobilier à Paris lorsque l’assurance bloque une vente, une location, des travaux, une indemnisation ou une sortie de crise après catastrophe naturelle.

Quand la dommages-ouvrage ou la garantie décennale entre aussi en jeu

Certains dossiers ne relèvent pas seulement de l’assurance habitation. Si le bien est récent, si des travaux importants ont été réalisés, ou si les désordres touchent la solidité de l’ouvrage, il faut vérifier l’existence d’une assurance dommages-ouvrage et d’une garantie décennale.

L’article L. 242-1 du Code des assurances impose au maître de l’ouvrage de souscrire, avant l’ouverture du chantier, une assurance garantissant le paiement des travaux de réparation des dommages de nature décennale, en dehors de toute recherche préalable de responsabilité. Cette assurance ne se confond pas avec la multirisque habitation.

Exemple : une maison présente des fissures après un épisode de sécheresse, mais une partie des désordres révèle aussi une mauvaise conception des fondations, une étude de sol insuffisante, une extension mal reprise ou des travaux récents défectueux. L’assureur habitation peut discuter la catastrophe naturelle. L’assureur dommages-ouvrage ou l’assureur décennal peut discuter la construction. Les deux débats doivent être coordonnés.

Il faut donc rechercher :

  • l’attestation d’assurance dommages-ouvrage ;
  • les attestations décennales des entreprises ;
  • le procès-verbal de réception ;
  • les réserves éventuelles ;
  • les factures ;
  • les plans ;
  • l’étude de sol ;
  • les rapports d’expertise ;
  • les courriers de déclaration aux différents assureurs.

Si vous avez fait construire, rénové lourdement ou acheté un bien récent, le dossier doit être analysé sous l’angle de l’assurance dommages-ouvrage, des malfaçons de construction et de la garantie décennale. Oublier cette branche du dossier peut faire perdre un recours plus efficace que la seule contestation de l’assurance habitation.

Paris et Île-de-France : pourquoi l’assurance habitation devient un sujet local

À Paris et en Île-de-France, le risque climatique ne se résume pas aux maisons fissurées en zone rurale. Les dossiers peuvent concerner des caves inondées, des infiltrations en copropriété, des immeubles exposés à la Seine ou à la Marne, des anciennes carrières, des mouvements de terrain, des sous-sols fragiles, des maisons de petite couronne construites sur argiles, ou des biens locatifs pour lesquels le bailleur doit préserver la continuité d’assurance.

La dimension locale compte aussi pour les procédures. Le lieu de situation de l’immeuble, le siège de l’assureur, le domicile de l’assuré, la nature du contrat et l’urgence déterminent la juridiction et la stratégie. Dans un dossier urgent, il peut être nécessaire de préparer une mise en demeure, une demande d’expertise, une assignation en référé ou une action au fond devant le tribunal compétent.

Les pièces doivent être réunies avant que le dossier ne se disperse : contrat, avenants, échéanciers, courriers recommandés, mails du courtier, rapport d’expertise, photos avant/après, factures de réparation, PV de copropriété, déclaration de sinistre, arrêté de catastrophe naturelle, échanges avec la mairie, diagnostics techniques et preuves des refus d’assurance.

Le point le plus important est souvent le calendrier. Si le contrat prend fin dans un mois, il faut agir pendant ce mois. Si un sinistre est encore en cours d’expertise, il faut contester sans attendre le rapport définitif lorsque les premières conclusions sont manifestement incomplètes. Si un bien doit être vendu, loué ou financé, il faut informer la banque, le notaire ou le syndic avec prudence, sans créer inutilement une alerte qui fragilise l’opération.

Ce qu’il faut faire tout de suite si votre assurance habitation est résiliée

La méthode peut être résumée en sept étapes.

  1. Identifier le fondement exact de la résiliation : sinistre, non-paiement, aggravation du risque, fausse déclaration, échéance annuelle ou autre motif.

  2. Relire la clause de résiliation après sinistre et vérifier si elle correspond au cas invoqué.

  3. Calculer la date d’effet : le délai d’un mois de l’article R. 113-10 doit être respecté lorsque la résiliation est fondée sur un sinistre.

  4. Vérifier les primes encaissées après la connaissance du sinistre par l’assureur.

  5. Séparer le dossier d’indemnisation du dossier de résiliation : l’assureur peut tenter de traiter les deux ensemble, mais les réponses juridiques ne sont pas identiques.

  6. Chercher une nouvelle assurance sans déclaration inexacte, en gardant toutes les preuves de refus, surprimes et exclusions.

  7. Envoyer une contestation motivée si la résiliation est irrégulière, si elle intervient trop brutalement, si elle compromet un bien loué ou financé, ou si l’assureur se sert du sinistre pour éviter une indemnisation légitime.

Cette méthode vaut aussi pour un propriétaire non occupant, un bailleur, une SCI familiale ou un copropriétaire. Les enjeux peuvent être différents, mais la logique reste la même : ne pas subir la résiliation comme une simple formalité commerciale. Il faut contrôler le contrat, la loi, les dates et les conséquences.

Sources juridiques utilisées

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À Paris et en Île-de-France, l’analyse doit intégrer l’urgence d’assurance, les échanges avec la banque, le syndic ou le bailleur, et le tribunal compétent si une action rapide est nécessaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».