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Prêt relais 2026 : que faire si la vente tarde ou si la banque refuse ?

Le prêt relais revient dans les dossiers immobiliers de 2026 parce que beaucoup de propriétaires veulent acheter avant d’avoir vendu. Les taux se sont stabilisés, les acheteurs reviennent progressivement, mais les délais de vente restent très variables selon les villes, l’état du bien, son DPE et son prix réel de marché. Le risque n’est donc pas seulement bancaire : il est aussi juridique, parce qu’un compromis mal rédigé peut faire perdre du temps, bloquer un dépôt de garantie ou placer l’acquéreur en faute face au vendeur.

La demande Google confirme l’intérêt immédiat du sujet : prêt relais et crédit relais ressortent autour de 14 800 recherches mensuelles en France, simulation prêt relais autour de 4 400, prêt relais condition autour de 1 600, prêt relais sec autour de 720 et prêt relais avec compromis de vente signé autour de 260, avec des CPC élevés sur plusieurs variantes. La question recherchée n’est donc pas théorique. Elle arrive souvent au moment où l’acheteur doit signer vite, rassurer un vendeur, obtenir une offre bancaire et vendre son ancien logement sans brader.

La réponse courte

Un prêt relais peut permettre d’acheter avant de vendre, mais il doit être traité dans le compromis comme un financement à part entière. Si le nouvel achat dépend d’un crédit relais, d’un prêt complémentaire ou de la vente effective de l’ancien bien, ces éléments doivent être cohérents avec la condition suspensive de prêt, les délais, le prix de vente attendu et les justificatifs demandés par la banque.

Si la banque refuse, l’acquéreur doit vérifier si le refus correspond exactement aux conditions prévues au compromis : montant, durée, taux maximal, nombre de banques à solliciter, délai. Si le refus ne correspond pas, le vendeur peut soutenir que la condition suspensive n’a pas été correctement mise en œuvre.

Si la vente de l’ancien logement tarde, le sujet change : la condition suspensive de prêt ne couvre pas automatiquement l’échec ou le retard de cette vente. Une clause spécifique de vente préalable peut être négociée, mais elle n’est pas automatique et elle est souvent discutée par le vendeur.

Prêt relais : ce que finance réellement la banque

Le prêt relais est un crédit immobilier de courte durée. Il avance une partie de la valeur du bien que l’emprunteur souhaite vendre pour financer le nouveau bien. Le site des notaires rappelle que ce mécanisme sert à acheter un logement avant d’avoir vendu l’ancien, avec un montant généralement calculé sur une fraction de la valeur estimée du bien à vendre.

En pratique, la banque ne finance pas un espoir de vente. Elle examine :

  • la valeur prudente de l’ancien logement ;
  • le capital restant dû sur le prêt actuel ;
  • le prix du nouveau bien ;
  • le montant du prêt complémentaire ;
  • les revenus et charges du foyer ;
  • la liquidité du marché local ;
  • l’existence d’un compromis déjà signé sur l’ancien bien ;
  • le niveau de marge si la vente se fait moins cher que prévu.

L’article PAP du 2 mars 2026 souligne que les établissements raisonnent souvent sur une avance partielle de la valeur du bien et sur une durée courte, classiquement 12 mois renouvelable une fois. Cet élément est central : si le prix de vente affiché est trop ambitieux, le montage peut tenir sur le papier mais devenir dangereux au bout de quelques mois.

Compromis : la condition suspensive doit coller au montage réel

Le premier piège est de signer un compromis trop simple alors que le financement est complexe. Service-Public rappelle que, lorsqu’un achat immobilier est financé par un prêt, la promesse comprend une condition suspensive d’obtention du prêt. Cette condition doit indiquer les éléments essentiels du financement, notamment le délai, le montant, le taux, la durée et le nombre de banques à solliciter.

Le texte officiel est l’article L. 313-41 du code de la consommation. Il prévoit que l’acte financé au moyen d’un ou plusieurs prêts est conclu sous condition suspensive d’obtention du ou des prêts, avec une durée qui ne peut pas être inférieure à un mois. Si la condition n’est pas réalisée, les sommes versées d’avance doivent être remboursées sans retenue ni indemnité.

Cela ne veut pas dire que tous les refus bancaires protègent automatiquement l’acquéreur. Il faut que le dossier présenté à la banque corresponde au compromis. Par exemple, si le compromis mentionne un prêt immobilier classique de 350 000 euros sur 25 ans, alors que l’acquéreur demande en réalité un prêt relais de 220 000 euros plus un prêt complémentaire de 180 000 euros, le vendeur peut contester la bonne foi ou la conformité des démarches.

Le bon réflexe consiste à faire relire la clause avant signature lorsque le projet dépend d’une vente préalable. La clause doit dire clairement si le financement inclut un prêt relais, un crédit complémentaire, un remboursement anticipé de l’ancien prêt, une franchise d’intérêts ou une condition liée à la vente du bien actuel.

Vente qui tarde : ce que la condition de prêt ne règle pas

Le deuxième piège est de confondre refus de prêt et retard de vente. La condition suspensive de prêt protège l’acquéreur contre l’absence de financement conforme. Elle ne protège pas nécessairement contre une vente qui prend plus de temps que prévu.

Si le prêt relais est accordé, mais que l’ancien logement ne se vend pas, le problème devient bancaire et patrimonial : intérêts, assurance, prorogation, renégociation, baisse de prix, transformation éventuelle du relais en prêt amortissable ou revente sous pression. Juridiquement, le nouvel achat peut déjà être engagé.

Si l’acquéreur veut pouvoir renoncer à l’achat faute d’avoir vendu son ancien bien, il faut en principe une clause distincte. Cette clause de vente préalable n’est pas imposée par la loi comme la condition suspensive de prêt. Le vendeur peut la refuser, l’encadrer strictement ou exiger un délai court.

Le risque est fréquent dans les marchés tendus : l’acquéreur supprime ou affaiblit les conditions pour rendre son offre plus attractive, puis découvre que la banque exige une vente rapide, une baisse de prix ou un compromis déjà signé sur l’ancien bien.

Banque qui refuse le prêt relais : les preuves à réunir

Si la banque refuse le prêt relais ou le prêt complémentaire, il faut réunir les preuves immédiatement. Le dossier doit permettre de répondre à trois questions :

  1. La demande envoyée à la banque respectait-elle les caractéristiques du compromis ?
  2. Le refus est-il clair, daté et motivé au moins par référence au financement demandé ?
  3. Le notaire et le vendeur ont-ils été informés dans le délai prévu ?

Service-Public indique que l’acquéreur doit respecter strictement les termes de la condition suspensive et avertir le notaire et le vendeur dès l’accord ou le refus de prêt. C’est une règle pratique décisive. Un refus transmis trop tard ou sur un montage différent peut donner lieu à un litige sur le dépôt de garantie.

Le dossier doit contenir la demande de prêt, les échanges avec la banque ou le courtier, les simulations, les estimations du bien à vendre, le mandat de vente, les justificatifs de revenus, l’offre de prêt refusée ou la lettre de refus, et la notification au notaire. En cas de contestation, cette chronologie vaut souvent plus qu’un long argumentaire.

Offre acceptée, délai de réflexion et calendrier notarial

Même lorsque la banque accepte, le calendrier reste serré. Service-Public rappelle que l’offre de prêt immobilier ne peut pas être acceptée avant un délai de réflexion de 10 jours calendaires, et que la banque doit maintenir ses conditions pendant au moins 30 jours. Ces règles figurent notamment dans le régime du crédit immobilier et sont utiles quand le vendeur presse l’acquéreur de signer l’acte définitif.

Le prêt relais ajoute une contrainte : la banque peut demander des estimations récentes, un compromis de vente sur l’ancien bien, la preuve du mandat, ou une actualisation si le marché bouge. L’acquéreur doit donc éviter les calendriers irréalistes. Une promesse avec signature définitive trop proche, alors que l’offre de prêt n’est pas encore éditée, peut créer un conflit inutile.

Les clauses à vérifier avant de signer

Avant de signer un compromis avec prêt relais, plusieurs points doivent être revus avec soin.

Le montant du prêt doit être compatible avec le montage réel : prêt relais seul, prêt relais adossé, prêt complémentaire, remboursement de l’ancien crédit, frais d’acquisition et travaux. La durée doit laisser assez de temps pour obtenir les offres, respecter le délai de réflexion et organiser la signature.

Le taux maximal doit être réaliste. Une clause qui prévoit un taux trop bas peut rendre les démarches bancaires difficiles à justifier. À l’inverse, une clause trop large peut exposer l’acquéreur à devoir accepter un financement plus coûteux que prévu.

Le nombre de banques à solliciter doit être respecté. Si la clause exige deux ou trois demandes, un seul refus ne suffira pas toujours. Le courtier peut aider, mais il faut conserver des preuves des dépôts de demandes et des réponses.

La clause doit aussi préciser ce qui se passe si la vente de l’ancien bien n’est pas signée à temps. Si ce point n’est pas écrit, l’acquéreur risque de découvrir trop tard que le compromis du nouveau bien reste engageant.

Vendeur : faut-il accepter un acquéreur avec prêt relais ?

Pour le vendeur, le prêt relais n’est pas forcément un signal négatif. Un acquéreur déjà propriétaire peut avoir de l’apport, un patrimoine et une capacité de financement sérieuse. Mais le vendeur doit comprendre le montage.

Il peut demander que la condition suspensive soit précise, que le délai soit raisonnable et que le notaire vérifie la cohérence du financement. Il doit aussi éviter les formulations ambiguës : « financement personnel », « vente en cours » ou « accord bancaire en principe » ne suffisent pas si le prix dépend en réalité d’un crédit relais.

Le vendeur doit surtout surveiller le délai. Si l’acquéreur laisse passer les échéances sans preuve de demandes bancaires conformes, il faut réagir par le notaire. Le sujet n’est pas de bloquer abusivement la vente, mais d’éviter qu’un compromis reste suspendu pendant des semaines sans visibilité.

Paris et Île-de-France : le point de vigilance

À Paris et en Île-de-France, le prêt relais est particulièrement sensible. Les prix élevés augmentent le montant du relais, les frais d’acquisition absorbent vite l’apport, et certains biens se vendent rapidement tandis que d’autres restent bloqués si le prix ne correspond plus au marché.

Le risque est plus fort lorsque l’ancien bien est en copropriété avec travaux votés, DPE défavorable, procédure de copropriété, locataire en place, servitude, indivision ou succession. La banque peut alors retenir une valeur prudente ou demander une marge de sécurité plus importante.

Dans un dossier francilien, il faut donc documenter le prix de vente attendu : estimations récentes, prix comparables, mandat sérieux, diagnostics, état du bien et calendrier. Pour un achat à Paris, le compromis doit aussi intégrer les délais notariaux, les éventuels sujets de copropriété et la capacité réelle de l’acquéreur à absorber un retard.

Que faire maintenant ?

Si vous êtes acquéreur, commencez par comparer le compromis, la demande bancaire et la réalité du projet. Si ces trois documents racontent trois histoires différentes, il faut corriger avant de signer ou notifier immédiatement les difficultés.

Si vous êtes vendeur, demandez au notaire une clause lisible et un calendrier de production des justificatifs. Un prêt relais peut être solide, mais seulement si le montage est transparent.

Si la banque refuse ou si la vente de l’ancien logement tarde, ne vous contentez pas d’un échange téléphonique. Il faut constituer une chronologie écrite, obtenir les refus ou demandes complémentaires, informer le notaire et vérifier les délais contractuels.

Notre article sur le compromis de vente signé avant l’accord de la banque détaille les risques de clause de financement. Notre article sur le refus de prêt après compromis et la récupération du dépôt de garantie traite le contentieux du dépôt. Le présent article vise le cas plus spécifique du prêt relais, de la vente préalable et du montage achat-revente.

Pour une stratégie globale en droit immobilier, vous pouvez aussi consulter notre page avocat droit immobilier à Paris.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».