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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Reims, le 9 décembre 2025, n°2025F05264

Le Tribunal de commerce de Reims, dans un jugement du 9 décembre 2025, a ouvert une procédure de sauvegarde à l’égard d’une société de restauration. Le dirigeant de la société débitrice avait saisi la juridiction en déclarant des difficultés insurmontables. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales permettant l’ouverture de cette procédure préventive. La solution retient que la société justifie pleinement de difficultés qu’elle ne peut surmonter, justifiant l’ouverture de la sauvegarde.

L’appréciation des difficultés justifiant la sauvegarde.

Le tribunal fonde sa décision sur la constatation que la société débitrice « justifie pleinement rencontrer des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter » (Attendu). Le sens de cette motivation est de vérifier l’existence de difficultés avérées, sans exiger un état de cessation des paiements. La valeur de ce critère est qu’il distingue la sauvegarde du redressement judiciaire, en permettant une intervention avant la faillite. La portée de cette solution est d’offrir un outil de prévention aux entreprises confrontées à des obstacles économiques, sans attendre une situation irrémédiable.

Les finalités poursuivies par l’ouverture de la procédure.

Le jugement précise que la procédure « serait susceptible de faciliter la réorganisation de l’entreprise afin de permettre la poursuite de l’activité économique, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » (Attendu). Le sens de cette disposition est de lier l’ouverture de la sauvegarde à des objectifs économiques et sociaux précis. La valeur de cette approche est d’ancrer la procédure dans une logique de sauvetage global de l’entreprise, au-delà du seul intérêt des créanciers. La portée de cette solution est d’imposer au juge une appréciation prospective de la viabilité du plan à venir.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».