Le tribunal de commerce d’Arras a rendu un jugement le 10 décembre 2025 prononçant l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Une salariée avait assigné son employeur, une société de menuiserie, pour obtenir cette mesure après l’échec des voies d’exécution. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales justifiant l’ouverture du redressement judiciaire pour une entreprise défaillante. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et en ouvrant la procédure.
I. La reconnaissance de la cessation des paiements comme condition d’ouverture
Le tribunal a constaté que la créance salariale était certaine, liquide et exigible depuis une décision prud’homale. Il a relevé que « les voies d’exécution qui les ont suivies, tels que signification, commandements de payer, sont restées inopérantes » (Attendu). Ce constat établit l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. La valeur de ce raisonnement est de rappeler le caractère objectif de la cessation des paiements, apprécié par le juge. La portée est ici d’ouvrir la voie à une procédure collective malgré l’absence de comparution du débiteur.
II. La fixation des mesures d’organisation de la procédure collective
Le tribunal a nommé un juge-commissaire et un mandataire judiciaire pour encadrer la période d’observation de six mois. Il a également désigné un expert « aux fins de réaliser l’inventaire et la prisée prévue à l’Article L 622-6 du même Code » (Jugement). Cette décision organise concrètement le suivi de l’entreprise tout en respectant les seuils légaux d’application. La valeur de ces mesures est d’assurer la transparence et la protection des créanciers. Leur portée est de permettre une évaluation précise de la situation en vue d’une éventuelle continuation ou liquidation.