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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Compiègne, le 10 décembre 2025, n°2025P00437

Le Tribunal de commerce de Compiègne, dans un jugement contradictoire du 10 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société exploitant une station-service.

La procédure a été initiée par une requête du ministère public, constatant un passif exigible de 10 582,54 euros. Après enquête et audition du mandataire judiciaire, le tribunal a dû se prononcer sur l’état de cessation des paiements.

La question de droit portait sur la caractérisation de la cessation des paiements et l’opportunité d’ouvrir un redressement judiciaire. Le tribunal a répondu par l’affirmative en prononçant la mesure.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal constate que la société débitrice est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible. Il relève que « cette entreprise est donc en état de cessation des paiements » (Attendu).

La cessation des paiements est fixée au 10 juin 2024, date correspondant à l’antériorité des dettes. Cette fixation provisoire permet de délimiter la période suspecte et d’organiser la suite de la procédure.

Sur la valeur de cette solution, le juge applique strictement l’article L.631-1 du code de commerce. Il vérifie l’absence de réserves de crédit ou de moratoires susceptibles d’exclure l’état de cessation.

La portée de ce constat est l’ouverture immédiate d’une procédure collective, sans possibilité pour le débiteur de s’y soustraire. Le tribunal privilégie ainsi la protection des créanciers.

II. L’organisation de la période d’observation

Le tribunal écarte la nomination d’un administrateur judiciaire en raison du faible chiffre d’affaires. Il désigne un juge commissaire et un mandataire judiciaire pour suivre la procédure.

La période d’observation est fixée jusqu’au 10 juin 2026, soit une durée de dix-huit mois. Le débiteur devra déposer un rapport sur ses capacités financières à poursuivre l’activité.

Sur le sens de ces mesures, le tribunal aménage une procédure simplifiée adaptée à la taille de l’entreprise. Il impose des obligations strictes de coopération et de transmission d’informations.

La portée de cette organisation est de permettre un diagnostic rapide de la situation. Le tribunal convoque d’ores et déjà les parties à une audience de suivi le 14 janvier 2026 pour statuer sur la poursuite d’activité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».