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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Arras, le 12 décembre 2025, n°2025006530

Le tribunal de commerce d’Arras, par un jugement réputé contradictoire du 12 décembre 2025, a prononcé une mesure de faillite personnelle. Le ministère public poursuivait le gérant d’une société placée en redressement puis en liquidation judiciaire. Le défendeur, absent à l’audience, ne s’est pas présenté pour opposer des moyens. La question était de savoir si ses manquements justifiaient une sanction commerciale d’une durée maximale de dix ans. La juridiction a répondu par l’affirmative en retenant plusieurs griefs caractérisés.

L’usage abusif de la liberté d’entreprendre fonde la sanction prononcée.

Le tribunal rappelle d’abord le principe selon lequel « toute liberté trouve sa limite dans son abus ». Il écarte ainsi des professions commerciales ceux qui ont méconnu leurs obligations. La non-comparution du gérant démontre, selon les juges, qu’il « ne dispose d’aucun moyen sérieux à opposer aux demandes » (Attendu). Cette absence est interprétée comme un aveu implicite des fautes reprochées.

La valeur de ce raisonnement est de lier le comportement processuel du dirigeant à la matérialité des griefs. La portée est pratique : l’absence du défendeur ne paralyse pas la sanction mais l’aggrave. La décision consacre ainsi une présomption simple de culpabilité tirée de la carence aux débats.

Les manquements retenus sont ensuite énumérés avec précision par le jugement.

Le dirigeant n’a pas déclaré l’état de cessation des paiements dans le délai légal de quarante-cinq jours. Il était absent lors de l’ouverture du redressement judiciaire et de la conversion en liquidation. Il ne s’est pas présenté à la convocation du liquidateur et n’a communiqué aucune comptabilité. Ces faits sont visés aux articles L.653-4-5° et L.653-5-5° et 6° du code de commerce.

Le sens de cette accumulation de fautes est de démontrer une carence globale dans la gestion. La valeur de la solution est de sanctionner l’inertie totale du dirigeant face à ses obligations légales. La portée est dissuasive pour tout gérant tenté d’abandonner ses fonctions sans respecter le cadre procédural.

La durée de la sanction est fixée au maximum légal de dix ans.

Le tribunal prononce « une mesure de faillite personnelle pour une durée de 10 ans emportant interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler » toute entreprise commerciale ou personne morale (Motifs). Cette sévérité s’explique par la gravité des manquements cumulés et l’absence totale de collaboration.

Le sens de cette durée maximale est de marquer une exclusion durable du monde des affaires. La valeur de la décision est de rappeler que la liberté d’entreprendre impose des devoirs stricts. La portée est exemplaire : le tribunal de commerce entend protéger le crédit et la confiance nécessaires au commerce en écartant les dirigeants défaillants pour une période significative.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».