Le Tribunal de commerce de Brive, par un jugement du 12 décembre 2025, a prononcé la liquidation judiciaire immédiate d’une société de plomberie. La procédure a été initiée par la déclaration de cessation des paiements effectuée par le gérant assisté de son conseil. Après avoir constaté l’état d’impasse financière et l’impossibilité de présenter un plan de redressement, le juge a ouvert la procédure prévue à l’article L. 640-1 du Code de commerce. La question de droit portait sur les conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire sans poursuite d’activité. La solution retient que l’entreprise ne peut faire face à son passif exigible et ne peut être redressée.
La constatation de l’état de cessation des paiements
Le tribunal a vérifié que la société ne pouvait pas faire face au passif exigible avec son actif disponible. Il ressort des explications du débiteur et des pièces que « le chiffre d’affaires est insuffisant au regard des charges de la société et qu’elle se retrouve dans une impasse de trésorerie empêchant la poursuite de toute activité » (Motifs). Cette analyse concrète de la trésorerie établit le caractère irrémédiable de la situation financière. La date de cessation des paiements est fixée provisoirement au 1er novembre 2025, conformément à l’article L. 631-8 du Code de commerce. Cette fixation permet de déterminer la période suspecte pour les actions en nullité de la période légale.
L’ouverture de la liquidation judiciaire immédiate
Le tribunal écarte la liquidation simplifiée car l’entreprise emploie sept salariés, rendant nécessaire un suivi collectif renforcé. Il nomme un juge commissaire titulaire et un suppléant, ainsi qu’un mandataire judiciaire pour gérer les opérations. La décision ordonne un inventaire du patrimoine par un expert et fixe un délai de vingt-quatre mois pour examiner la clôture. Le jugement rappelle que le délai de déclaration des créances est de deux mois à compter de la publication au BODACC. Il impose au gérant de remettre la liste certifiée des créances et des dettes dans les huit jours.
La valeur de cette décision réside dans l’application stricte des conditions légales de la liquidation judiciaire. Elle illustre le pouvoir du juge de constater l’absence de perspective de redressement avant toute ouverture de procédure collective. La portée de l’arrêt est de préciser que l’insuffisance de trésorerie, même sans passif exigible immédiat, justifie la liquidation.