Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Tarbes, le 15 décembre 2025, n°2025004739

Le tribunal de commerce de Tarbes, dans un jugement du 15 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société par actions simplifiée. La société débitrice avait déclaré elle-même sa cessation des paiements le 5 décembre 2025, saisissant ainsi la juridiction compétente. La question de droit centrale était de savoir si les conditions légales de l’ouverture d’une liquidation judiciaire étaient réunies. Le tribunal a répondu par l’affirmative, constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement.

I. La réunion des conditions de fond de la liquidation judiciaire

Le tribunal a d’abord vérifié que la société exerçait une activité commerciale, condition nécessaire pour l’application de la procédure. Il a constaté que la société justifiait d’une inscription au registre du commerce et des sociétés, la rendant éligible à la procédure. Cette vérification formelle est la première étape avant tout examen au fond.

Ensuite, l’état de cessation des paiements a été caractérisé par un déséquilibre entre le passif et l’actif. Le tribunal a relevé que le passif exigible s’élevait à 34 376 euros tandis que l’actif disponible était nul. Il a donc conclu que la société ne pouvait faire face à son passif exigible, conformément à l’article L.631-1 du code de commerce.

Enfin, l’impossibilité de redressement a été retenue, le débiteur considérant lui-même tout redressement impossible. Le tribunal a ajouté que le crédit de la société était totalement obéré et ses facultés de remboursement insuffisantes. La décision a ainsi valeur de constat de l’absence de toute perspective de poursuite de l’activité.

II. Le choix de la procédure simplifiée et ses conséquences pratiques

Le tribunal a fait application de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée prévue à l’article L.641-2 du code de commerce. Il a constaté l’absence de bien immobilier et un chiffre d’affaires inférieur aux seuils réglementaires. Cette qualification simplifiée vise à accélérer et alléger le traitement des petites entreprises.

La portée de cette décision est de permettre une réalisation rapide de l’actif mobilier, de faible valeur. Le liquidateur a été autorisé à procéder à la vente de gré à gré ou aux enchères publiques dans un délai de quatre mois. Le tribunal a également fixé un délai de six mois pour la clôture des opérations, conformément à l’article L.644-5.

Enfin, la date de cessation des paiements a été fixée provisoirement au 30 novembre 2025, faute d’informations suffisantes. Cette fixation provisoire pourra être reportée dans la limite de dix-huit mois, conformément à l’article L.631-8 du code de commerce. La décision permet ainsi une souplesse dans la détermination de la période suspecte.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».