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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Paris, le 15 décembre 2025, n°2025056485

Le Tribunal des Activités Économiques de Paris a rendu un jugement réputé contradictoire le 15 décembre 2025 dans un litige opposant un cessionnaire de contrat de location à une société locataire défaillante. Un contrat de location de matériel de sécurité avait été conclu le 12 octobre 2022 puis cédé au demandeur le 31 octobre suivant. La locataire a cessé tout paiement dès le 1er décembre 2022 ce qui a conduit le cessionnaire à prononcer la résiliation du contrat après mise en demeure. La question centrale portait sur le montant des sommes dues au titre de la résiliation et sur la qualification de l’indemnité contractuelle. Le tribunal a fait droit à la demande en résiliation et en paiement des loyers échus tout en modulant partiellement l’indemnité de résiliation.

La régularité de la procédure et le principe de la résiliation contractuelle ont été validés par le tribunal. Le juge a d’abord constaté que la clause attributive de compétence désignait sa juridiction et que la procédure était régulière. Il a ensuite rappelé que « les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits » (article 1103 du Code civil). La résiliation a été acquise le 15 mars 2025 faute de paiement dans les huit jours suivant la mise en demeure conformément à l’article 9 des conditions générales. Cette solution illustre la force obligatoire du contrat et la rigueur des clauses résolutoires en matière commerciale.

Le tribunal a opéré un contrôle judiciaire de la clause pénale en modérant son montant. L’indemnité de résiliation prévue à l’article 9.4 constituait une clause pénale au sens de l’article 1231-5 du Code civil. Le juge a considéré que l’indemnité réclamée était « cohérente avec l’équilibre économique du contrat » mais a réduit le nombre d’échéances à échoir de 34 à 24. Cette décision rappelle le pouvoir modérateur du juge même en présence d’une clause pénale contractuellement valide. La portée de cet arrêt réside dans la protection du débiteur contre des pénalités disproportionnées.

La restitution du matériel a été ordonnée sous astreinte pour garantir l’exécution du jugement. Le tribunal a condamné la locataire à restituer les biens dans un délai de trente jours sous peine de 50 euros par jour de retard. Il a également autorisé le créancier à appréhender les matériels avec le concours de la force publique en cas de besoin. Cette mesure confirme l’effectivité des décisions de justice en matière de résiliation de contrat. La valeur de cette solution est d’assurer la protection des droits du propriétaire après l’anéantissement du titre du locataire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».