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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Lille-Métropole, le 15 décembre 2025, n°2025030450

Le tribunal de commerce de Lille-Métropole, dans un jugement contradictoire rendu le 15 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société exerçant un négoce de produits alimentaires. Une déclaration de cessation des paiements avait été régularisée le 4 décembre 2025 par le gérant comparant en chambre du conseil. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales permettant l’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en prononçant cette procédure et en autorisant une poursuite d’activité jusqu’au 20 décembre 2025.

L’état de cessation des paiements et la situation irrémédiablement compromise sont établis par les pièces produites. Le tribunal constate que “l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible échu de 54.543,76 euros avec son actif disponible de 15.280,00 euros” (Attendu). Ce constat objective une insuffisance d’actif justifiant juridiquement l’ouverture de la procédure collective. La valeur de cette analyse réside dans la vérification concrète du passif exigible et de l’actif disponible pour caractériser la cessation des paiements.

Le tribunal retient également que la poursuite d’activité n’est pas envisageable, ce qui écarte tout redressement. La portée de cette décision est de confirmer que l’état irrémédiablement compromis est une condition cumulative à l’état de cessation des paiements. En l’espèce, le tribunal a suivi la demande du débiteur sans contestation, renforçant le caractère objectif de cette appréciation.

Les conditions de la liquidation judiciaire simplifiée sont remplies au regard des seuils légaux. Le tribunal indique que “le nombre de salariés du débiteur au cours des 6 mois précédant l’ouverture et son chiffre d’affaires hors taxe sont égaux ou inférieurs aux seuils fixés” (Attendu). Cette constatation permet d’appliquer la procédure simplifiée, allégeant les formalités et les délais pour les petites entreprises. La valeur de ce point est d’assurer une célérité procédurale adaptée à la taille modeste du débiteur.

La portée de cette disposition est d’éviter des lourdeurs inutiles tout en protégeant les créanciers par un traitement accéléré. Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 31 août 2025, conformément aux pouvoirs conférés par le code de commerce. Cette fixation provisoire pourra être contestée ou modifiée ultérieurement.

La nomination des organes de la procédure assure le bon déroulement de la liquidation judiciaire. Le tribunal nomme un juge-commissaire, désigne un liquidateur et commet un commissaire de justice pour dresser l’inventaire des actifs. Il ordonne que “l’inventaire soit déposé au Greffe par le Commissaire de Justice dans le délai d’1 mois” (Dispositif). Cette mesure garantit une traçabilité rapide des biens du débiteur et sécurise les droits des créanciers.

La portée de cette organisation est de permettre une réalisation efficace des actifs dans les six mois suivant leur inventaire. Le tribunal dit que l’affaire sera appelée au rôle dans douze mois pour clôture de la procédure, fixant un horizon temporel précis. Enfin, le jugement rappelle que les dirigeants sociaux demeurent en fonction sauf disposition contraire, assurant une continuité juridique pendant la liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».