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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Tarbes, le 15 décembre 2025, n°2025004681

Le tribunal de commerce de Tarbes, dans un jugement du 15 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société à responsabilité limitée. La société débitrice avait déclaré elle-même sa cessation des paiements le 1er décembre 2025. Le tribunal devait vérifier la réunion des conditions légales pour ouvrir cette procédure collective.

L’application de la procédure de liquidation judiciaire est subordonnée à la constatation de l’état de cessation des paiements et de l’impossibilité manifeste de redressement.

La condition de la cessation des paiements est caractérisée par l’insuffisance de l’actif disponible pour couvrir le passif exigible. Le tribunal constate que « le passif exigible tant privilégié que chirographaire de 1100 € » ne peut être couvert par « un montant de 0 € » d’actif disponible (Motifs). Cette situation établit que la société est dans l’impossibilité de faire face à ses dettes exigibles avec ses liquidités immédiates. La valeur de cet attendu est de rappeler la méthode comptable de comparaison entre actif et passif pour caractériser l’état de cessation des paiements. Sa portée est de fixer un seuil clair pour l’ouverture de la procédure, même pour un passif modeste.

L’impossibilité manifeste de redressement est également établie par les éléments du dossier. Le tribunal relève que « le débiteur considère lui-même que tout redressement est impossible » et que son « crédit est totalement obéré » (Motifs). Cette double constatation, fondée sur l’aveu du débiteur et l’analyse judiciaire, exclut toute perspective de continuation de l’activité. La valeur de ce raisonnement est de démontrer que l’appréciation de l’impossibilité de redressement peut reposer sur des indices concordants. Sa portée est d’éviter le maintien artificiel d’une entreprise sans avenir économique.

Le tribunal devait ensuite déterminer le régime procédural applicable et fixer la date de cessation des paiements.

L’application de la procédure simplifiée est justifiée par l’absence d’actif immobilier et des seuils d’activité réduits. Le tribunal constate qu' »il n’existe dans cette procédure aucun actif immobilier » et que « le chiffre d’affaires et le nombre de salariés sont inférieurs aux seuils » (Motifs). Cette décision simplifie et accélère les opérations de liquidation pour les petites entreprises. La valeur de ce choix est d’adapter la procédure à la taille modeste de la société. Sa portée est de permettre une clôture rapide, fixée à six mois par le jugement.

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements au 1er mai 2025 est justifiée par une « insuffisance d’information » (Motifs). Cette mesure permet de préserver la possibilité d’un report ultérieur dans la limite légale de dix-huit mois. La valeur de cette fixation provisoire est de sécuriser les actes accomplis pendant la période suspecte. Sa portée est de laisser au liquidateur la faculté de rechercher une date plus précise pour d’éventuelles actions en nullité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».